14 septembre 2026
Depuis Sirius c'est clair !
D'un ami au Caire. Alors que les gens du commun étaient sidérés devant les postes de télévision des commerces du Caire, qui montraient en boucle la percussion et l'effondrement des deux tours en ne manifestant généralement que de la stupeur, les quartiers bourgeois de la capitale égyptienne résonnèrent de musiques de fête et du saut des bouchons de mousseux. L'attaque, réussie cette fois contre l'empire, eut pour effet de désinhiber la classe éduquée dans son profond ressentiment contre l'Amérique, "ennemie des Arabes et amie d'Israël". Le lendemain, on parlait d'Oussama Ben Laden comme d'un héros anticolonial qui relevait le monde arabe de ses humiliations ! En fait, à partir de ce coup de maître, la haine à l'endroit du Grand Satan n'a jamais diminué. Le pogrome du 7-Octobre 2023 verra exploser au Caire la même joie mauvaise que la dictature en place aura du mal à canaliser, sans pouvoir la combattre. Le soutien aux Palestiniens ne fut jamais aussi fort dans l'opinion, il perdure et croît. Pourquoi ?
Sans doute parce que depuis les tours jumelles de New-York, la relation nord-sud n'a jamais été mise à plat et étudiée au fond. Seul Barack Obama dans son discours du Caire a tenté quelque chose (clic), un peu intellectuel certes mais au moins fit-il l'essai. Tout cela est la faute d'un empire américain purement mercantile sans projet novateur, sauf celui de continuer un paradigme de domination coercitive par l'extra-territorialisation du droit, qui tend maintenant vers son obsolescence par la dédollarisation rampante. Et c'est ça la nouvelle de la semaine : les BRICS à New Dehli.
Pétri de contradictions, mais les contradictions sont le liant de l'orient, le groupe d'alternative informelle aux institutions de Bretton Woods commence à coaguler en quelque chose qui ressemble à un groupe mondial de pression. Les contradictions nombreuses (et donc moins dolores par leur dilution) ne font pas peur en Asie, si la fréquence porteuse est réglée partout pareil : le consensus est irréfragable contre nous ! Dans le chapitre "faire et laisser dire les experts", la dédollarisation avance autour de la Chine qui promeut le renminbi dans ses échanges avec des pays ostracisés (pour de bonnes raisons), mais aussi par la bilatéralisation des changes, parce qu'il serait contreproductif de remplacer une hégémonie par une autre. Comme le proclame un sous-ministre indien aux affaires étrangères : « Nous pensons que le règlement en monnaies locales est un mécanisme pratique pour réduire les coûts de transaction dans le commerce bilatéral. C'est un outil complémentaire aux systèmes de paiement mondiaux existants, conçu pour fluidifier le commerce entre les nations », et un délégué africain de rajouter : « Rien ne justifie que l'aide de l'Afrique du Sud au Mozambique se fasse en dollars. Vous avez vos meticals, nous avons nos rands. Nous pouvons nous entraider sans nous mettre en danger. C'est une atténuation des risques, bien plus qu'une dédollarisation ».
Véritable "théologie de la libération", la dédollarisation va continuer à ramper sous les affrontements diplomatiques de surface. L'objection des masses en mouvement parce que la planète brasse 6666 milliards de dollars par jour sur les marchés financiers, ne tiendra pas plus longtemps que la mise en doute de plus en plus prégnante des capacités américaines à soutenir leur Dette souveraine. Des opérateurs de marché insoupçonnables comme la France, le Royaume-Uni, la Suède, des importateurs de pétrole comme la Turquie, l'Inde ou la Thaïlande se soulagent de bons du Trésor US pour engranger du cash en prévision de la hausse des cours. D'autres comme la Chine ou le Japon, grands détenteurs devant l'Eternel, vendent du "risque américain" à tour de bras. Personne ne veut être le dernier couillon de la farce !
Il ne faudra pas juger l'avancement de la dédollarisation aux masses des autres devises en mouvement sur les marchés de capitaux, mais plutôt paradoxalement à une liberté de ton que prendront certains pays vis à vis des Etats-Unis. Si la domination technologique de la Silicon Valley a un avenir lointain - on ne voit pas qui leur mangera un jour la soupe sur la tête - il n'en va pas de même de l'Etat fédéral américain en quasi faillite, dirigé par un vieux gamin capricieux de 80 ans, et dont le monde entier se moque et se méfie tout à la fois, à commencer par ses propres alliés. Il y a une pathologie spéciale de Donald Trump à "martyriser" ses alliés tandis qu'il prend des gants vis à vis de ses adversaires déclarés. La dernière en date est cette confrontation stupide avec le Royaume-Uni qui commence par le Canada dont Charles III est le souverain, continue aux Falkland pour réveiller les revendications argentines et continue en Irlande du nord quand il souhaite la réunification de l'île sous la férule de Dublin. Pour aboutir à quoi ? Pour voir l'effet qu'il produit sur son écran de télévision qu'il ne quitte pas des yeux. Heureusement que Néron n'avait pas la télé !
Depuis l'apparition aux Etats-Unis du fruit génétiquement modifié de la démocratie financiarisée à outrance - l'élection de gérontes malhabiles et passablement somnolents - un vent nouveau a parcouru les chancelleries quand fut évidente l'ouverture de tous les possibles. Le règne de la raison le cédait à l'impulsivité de gens en construction qui ne seront jamais fini ! Le tissu de complexité des relations interétatiques se déchirait soudain jusqu'à voir des pays entrer dans des tunnels sans fond au détriment de leurs intérêts bien compris. Ainsi quelque chose a bougé sur terre dans la rationalité des comportements à partir de l'entrée en guerre de la Russie poutinique contre son voisin cousin slave. Un peu comme si on avait décapsulé la "Connerie en bottes de fer".
La deuxième armée du monde, qu'il fallait croire sur parole de ses thuriféraires français, s'est avérée incapable de conquérir un pays mal défendu relativement plat et gelé tout l'hiver. Mais la pierre de touche du New Age stratégique c'est le constat d'impuissance de la première armée de mer du monde à tenir deux détroits indispensables au commerce mondial. Nul doute que la Chine populaire va y regarder à deux fois avant que de franchir la mer démontée de son détroit à elle, pour emmerder une petite nation de la grande famille qui ne lui a rien fait. Pourtant l'état de décrépitude de l'US Navy la tente chaque jour un peu plus d'oser ! L'avantage des Chinois sur les pays occidentaux est qu'ils réfléchissent et tâtent les pierres en traversant la rivière.
Si la formidable Russie est passée en Ukraine de quatre jours à quatre ans dans l'incompréhension générale ; si la redoutable Amérique est enlisée au Moyen-Orient pour longtemps dans un Golfe persique qu'elle ne comprend pas, même après avoir décapité tous les dirigeants iraniens et dévasté tout le pays sur les conseils intéressés du Génie des mille collines ; pourquoi donner à l'Assemblée générale des Nations-Unies un troisième exemple de méjugement et ensabler le nouveau Phare du Monde dans une affaire corne-cul plus facile à prendre qu'à lâcher ? Cette question court les toilettes de Zhongnanhaï.
Si le gouvernement Xi la déclare, la guerre de Taïwan sera sale, une guerre civile où le peuple de l'île se divisera en trois tiers ; le premier se défendra avec acharnement sur les plages et reculera vers des montagnes inexpugnables (3000m en moyenne, la Montagne de Jade à 3950m) pour continuer par une guérilla impitoyable ; un tiers qui vote Kuomintang collaborera activement avec l'envahisseur dès qu'il aura pris pied ; le dernier tiers s'inquiètera de pouvoir faire ses trois repas par jour. L'île se refermera comme un piège à loup, car si les villes seront facilement pacifiées à la chinoise, les campagnes et les hauteurs deviendront des zones d'insécurité létale. A noter que plus personne n'envisage un engagement des Etats-Unis autrement que par des menaces ou des manœuvres d'intimidation du côté de l'océan. La réaction du Japon reste imprécise, mais la ROC est un ennemi ancien et Mme Takaichi n'est pas encore au niveau de réarmement utile. On verra bien qui de l'hubris ou de la raison l'emportera.
Et l'Europe dans tout çà ?
Nous devenons la meilleure destination touristique, pour la demi-saison et l'hiver au ski ou au théâtre, et bientôt la mieux défendue contre les envieux.
Pour le reste ?
Il n'y a plus de reste.
ALSP !
12 avril 2026
Ô Marquises 🎜
Pendant le même temps, j'ai défendu le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN au motif que, trop faible pour entrer seul en guerre, mon pays devrait se battre en coalition. Le plus sûr moyen de vaincre était non pas de s'associer sur les bords à un groupe lui-même intégré, mais d'y entrer inter pares en apportant le meilleur de nous-mêmes. A ce moment-là, le seul système de défense sur étagère était celui de l'Atlantique Nord. On en savait les contraintes exprimées régulièrement par le parrain majeur, on en voyait aussi les meilleurs effets sur notre préparation au conflit de haute intensité, à commencer par la conversion de nos forces d'une pratique élargie de gendarmerie coloniale en une force continentale de choc et rupture au sein de processus et réflexes acquis en commun.
L'embuscade tragique de Sper Kunday en Afghanistan en 2008 avait été un révélateur de cette nécessité (quid). Un détail m'avait glacé le sang : la dizaine de sacs de cartouches de 5,56 balancés par le renfort américain aux groupes bloqués dans le piège taliban n'a servi à rien puisque la cartouche française destinée au FAMAS n'était pas chambrée 5.56 NATO.
C'était déjà le cas en Allemagne où la munition française d'infanterie était du 7,5 alors que tous les autres pays étaient en 7,62. Engagés ensemble dans un combat au sol, nous ne pouvions pas nous entraider. Bref, depuis ce jour en vallée d'Uzbin nous apprîmes beaucoup !
Mais les dividendes de la paix détruisirent dans la masse nos capacités rénovées qui avaient gagné en qualité. Au seuil maintenant de l'effondrement délibéré de la coalition atlantique en application du principe isolationniste américain, exprimé avec vulgarité par Donald Trump mais initié assez sèchement par Barack Obama, nous sommes obligés de concevoir une autre forme de coopération militaire sur le vieux continent, qui prenne en charge des moyens équivalant ceux que les Américains vont retirer pour les redistribuer en Extrême Orient afin de contenir les appétits hégémoniques chinois. Et c'est là que le premier paragraphe de cet article prend tout son sens. En avons-nous la capacité ?
Le sursaut de crédits militaires que va exiger de nos finances la réorganisation de l'alliance européenne de défense, induit le changement de paradigme de nos comportements sociaux parce qu'ils coûtent à l'Etat un "pognon de dingue". Dit autrement, le Club Med où se vautre à milliards d'euros la nation du reste à charge zéro, de la retraite hâtée, de la paresse comme avancée sociale, des 35 heures travaillées 32 et payées 39, des cinq semaines de congés payés, ce Club-là va fermer ses portes. Car on ne va pas chercher une dizaine de milliards pour embellir la nouvelle mariée, non, nous devons repasser au-dessus de 5%pib de dépenses militaires, comme à l'époque de la guerre froide. Surtout qu'elle commence à tiédir ! Le chef d'état-major Lecointre nous en avait prévenu à son pot de départ : fois deux !
Alors bien sûr, tous ces avantages sociaux que le monde entier nous envie sans jamais oser se les appliquer par crainte de la banqueroute, sont justifiés à tous égards par la dureté des temps et la sacralisation de la personne humaine qu'il nous faut assister du berceau à la tombe. Mais si nous aimons la liberté autant que nos pères l'aimèrent, il va falloir tout simplement redevenir sérieux, travailler, et construire la force conventionnelle de guerre que nous n'aurions jamais dû réduire pour plaire à l'électeur. Ce billet n'est pas un catalogue, mais on peut exprimer deux besoins à mon avis incontournables :
- D'abord, nous devons être capable de déployer plusieurs divisions bonnes de guerre afin d'affronter la contestation du sol européen par l'ennemi de toujours, sans s'adosser à la dissuasion nucléaire qui ne doit être que l'ultima ratio. Le CEMAT promet une division bonne de guerre (une seule) pour l'an prochain.
La force nucléaire, elle, fut conçue au départ à côté d'une force conventionnelle importante capable de tenir son créneau au rempart. Elle ne doit pas être intégrée au combat de haute intensité. Elle ne doit pas être discutée, ni négociée dans la construction d'une nouvelle coalition. La démarche de M. Macron est une erreur. La victoire ne peut être que conventionnelle ; nucléaire, c'est une défaite, la dernière défaite : la planète des singes.
- Secondement, l'histoire nous a dotés d'un espace maritime important et lointain. Le choc des hégémons met en tension toutes les mers du globe et accroît la menace sur nos possessions d'outremer.
Si nous voulons conserver cet espace - on peut aussi le larguer et oublier tout ce que ces pays nous ont apporté - il est indispensable de déployer une marine militaire au niveau du défi stratégique, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Et cet effort doit couvrir la sûreté des routes d'échanges nous concernant, et sans doute aucun celle des détroits et canaux empruntés. Nous en sommes loin. Et nos contempteurs le savent. Nous savons qu'ils le savent et nous faisons peu !
Les études en cours déboucheront probablement sur un doublement en tonnage de la flotte actuelle. Sans doute faudra-t-il alors annuler les congés parentaux aux mâles géniteurs et oublier la Porsche modèle 1945-CNR que la nation ne peut plus entretenir !
Voilà ! Ce que le système clientéliste français a détourné de fonds vers la satisfaction de besoins non essentiels pour rémunérer les apports de voix dans les urnes va réapparaître dans les programmes politiques et c'est tant mieux. M. Lecornu va financer sa transition électrique en tapant dans les prestations sociales, mais sans le dire. Le gras est là. Il en sera de même pour la transition militaire mais comme nous sommes partout à l'os, l'arbitrage sera officialisé dans le budget.
Il est dommage que la classe politique française n'ait pas eu le courage de la classe allemande ou canadienne ou suédoise qui ont remis leurs comptes en ordre au cas où ils auraient besoin d'argent plus tard. Ils y sont. Nous y sommes. On voit notre cul à travers le pantalon : 74 milliards d'intérêts à sortir sur la dette l'an prochain et des déficits partout ! Il faut repeindre le Mur des Fédérés.
ALSP !
29 mars 2026
Maralago Delenda Est
Sinon quoi ?
La guerre erratique de Donald Trump en couverture de celle du Likoud, menace d'un chaos complet tous les déséquilibres endémiques à la région, arrêtés un instant par leur propre complication. Ce monde "intermédiaire" est la mine immense des énergies fossiles et des dérivés pétrochimiques indispensables à l'industrie moderne dont la raréfaction tuera sûrement tous les projets de développements transitionnels de l'Occident et ceux de pays assoiffés d'énergie étrangère comme la péninsule indienne, la Chine et le Japon. Ne parlons pas des engrais pour l'agriculture du tiers-monde et du nôtre.
L'hypothèse la plus funeste sur le Moyen-Orient serait...
- le déchirage du tissu ethnique iranien entre Kurdes, Mazanderanis, Azéris, Perses et Baloutches, laissant de larges provinces incontrôlées propices à une résistance séculaire contre l'Occident global, à la manière de l'EI, attisée par nos éternels contempteurs wahhabites et autres fondamentalistes musulmans, comme on l'a déjà vu pour le califat de Raqqa ;
- la ruine des pétro-monarchies du Golfe persique ramenées à l'état de stations-services ;
- la déstabilisation de l'Irak des marais qui s'étendrait à la Syrie orientale jusqu'à l'Euphrate et remettrait une pièce dans le flipper.
Sur le Proche-Orient, on verrait...
- la liquéfaction du Liban mandataire partagé entre Israël au sud et la Syrie d'al-Charaa à l'est, laissant une principauté libanaise cosmopolite sur les Echelles ;
- le renforcement du projet sioniste par nettoyage ethnique entre le Jourdain et la Méditerranée ;
- l'accroissement vertigineux de la haine antisémite des peuples arabes voisins qu'ils soient égyptien, libanais, syrien ou jordanien, annonçant un refinancement à compte ouvert de la guerre asymétrique contre nous.
Au final, un état de guerre accru par rapport à l'avant 7-Octobre, et la menace jamais effacée d'une oblitération à terme de l'Etat hébreu par des pays dotés qui y verraient leur intérêt en cherchant l'intrus.
On voit que tant sur le Liban que sur l'Iran, c'est Israël qui provoquera le dynamitage des nations qu'il jugera hostiles, et pas seulement celui de leurs Etats. A moins que la nation juive d'Israël ne se ressaisisse et force son gouvernement à la réinsérer dans son espace historique sans détruire ses voisins (relire ?! la conquête de Canaan), la nation palestinienne aura disparue, on ne sait où ! Les Etats-Unis de Donald Trump seront depuis longtemps retournés en Amérique, ne comprenant plus rien aux abysses stratégiques qu'ils auront ouverts.
Comme le dit très clairement Rory Stewart sur SkyNews, les Arabes vont constater que leur relation américaine est perverse et toxique. Alors qu'ils pensaient être protégés et défendus par le pacte américain qu'ils ont financé, ils voient chaque jour qu'ils ne le sont pas, et que le petit corps expéditionnaire US arrivé ce week-end est calibré pour encocher une petite portion de la côte iranienne à des fins obscures mais pas pour vaincre leur agresseur.
Libérés des Ottomans, puis des Anglais, ils seraient mieux inspirés aujourd'hui de foutre dehors les Américains ; mais structurellement faibles, leurs Etats auront besoin d'un nouveau sponsor. La Chine est déjà à Gwadar et ses intérêts stratégiques remontent jusqu'à Bassorah !
L'hypothèse la moins pire serait que La Chose s'arrête cette semaine, avec ou sans négociations, laissant chacun panser ses plaies (combien de milliards de dollars pulvérisés qui auraient mieux trouvé leur emploi dans la misère sociale américaine ?) pendant que les flux logistiques reprendront vie et les bourses avec. Cosco a rouvert mercredi dernier ses contrats de general cargo sur le Golfe persique et les supertankers sortent au compte-goutte selon les pays destinataires.
Mais dans cette hypothèse, la frustration d'Israël sera si grande de n'avoir pu écraser complètement son ennemi, qu'il y aura forcément une fissure dans la relation judéo-américaine qui s'élargira. Les récriminations seront réciproques et Les jours de l'AIPAC seront comptés : le lobby sioniste américain a fourvoyé la politique américaine dans une folle enchère - le sponsoring d'eretz Israël - et il faudra lui faire porter le chapeau de tous les désagréments encourus dans une guerre de choix ingagnable, dont celui de la mise en danger de toute la diaspora juive sur la planète depuis que M. Nétanyahou s'est affranchi de toutes les lois de la guerre, écrites et non écrites. De toute façon, Donald Trump est par nature innocent de tout échec et trouvera le coupable qui va bien.
Les accords d'Abraham entre les oligarchies arabes et juives sont morts, la Rue arabe ne les accepte plus après soixante-dix mille morts indiscriminés à Gaza. Et c'est bien parti au Liban. La haine tout-azimut est installée durablement au Proche-Orient. S'ils sont abandonnés par l'Oncle Sam, combien de temps tiendront huit millions de juifs dans un monde arabe de 450 millions d'âmes qui ont appris de la bouche de personnalités américaines de premier plan (ambassadeur Mike Muckabee et sénateur Ted Cruz) que Le Plan va du Nil à l'Euphrate ? Laissons-là nos aigreurs et apaisons l'ulcère !
Les municipales qui se sont achevées vendredi dernier par l'élection des maires pour six ans en conseil ont révélé tous les travers de notre classe politique, prête à tout pour être élue, à des exceptions rares mais bien réelles parfois. Mais ce qui a offusqué les chroniqueurs, c'est l'incivilité des masses laborieuses et démocratiques victorieuses. Rendez-vous compte, Chère Médème, que des maires sortants, jugés par eux-mêmes très méritants, ont dû quitter la salle des mariages sous les lazzis de la foule survoltée de joie, parfois sous la protection de leur police municipale. Quelle idée aussi de vouloir vivre encore un peu par un discours d'adieu recentré sur un glorieux bilan quand les urnes vous ont chassé dans les ouatères de la démocratie ! C'est le jeu ! Dégage et tais-toi !,
D'aucuns, archi-battus, veulent siéger au nouveau conseil municipal et s'étonnent de ne pas recevoir les mêmes égards qu'ils savouraient comme président de séance ; ils sont coupés, moqués, sifflés. Mais que font-ils là ? Un maire battu ne siège plus, c'est du simple bon sens.
Bayrou à Pau, Estrosi à Nice ne siègent plus. Mais Teyssèdre à Rodez insiste et se plaindra.
Intéressant est l'axe de reconstruction séparée prônée par Bally Bagayoko, nouveau maire insoumis de Saint-Denis. S'y voit comme en laboratoire la créolisation du pays dans le cas non exclu de l'avènement de Jean-Luc Mélenchon à l'Elysée en mai 2027. D'ailleurs Manuel Bompard (docteur en mathématiques aéronautiques, hein ?) l'a confirmé explicitement ici : ce n'est que le début.
La démocratie n'est pas une étiquette, un savoir-vivre ; la démocratie c'est violent, l'écrasement de la minorité par la majorité du jour est la règle, souvent le détricotage du mandat précédent, à charge de revanche pour la prochaine fois. L'heure n'est plus à la rhubarbe et au séné, le programme s'assène ! D'ailleurs M. Retailleau parle déjà de radicalités : « Nous sommes au bout d’un cycle (ndlr: le macronisme). Les Français désirent une rupture avec les habitudes anciennes ; nos solutions ne peuvent se limiter à des rectifications superficielles. Il est crucial de conserver la force de nos idées sans les diluer dans une soupe insipide.» En face, ils pensent pareil !
S'ouvre déjà la pré-campagne électorale pour la présidentielle de l'an prochain. Le succès possible du jeune président du Rassemblement national met en tension le parti lepéniste ; des lignes programmatiques s'affrontent ; si près du but, la "famille" ne veut pas lâcher le morceau. On en reparlera.
ALSP !
22 mars 2026
Norouz à Ormuz
Au milieu du saccage de la nation iranienne par le peuple élu réuni aux barbares de l'océan lointain, la fête du feu revêt cette année une importance particulière qui ne vous aura pas échappée. On y attendait une déclaration solennelle du nouveau Guide suprême imposé à la nation par la mollarchie chi'ite, saisissant le flambeau de sa charge et le portant haut comme la statue hiératique de la Liberté, ce ne fut qu'un texte aussi long et funèbre que filandreux (clic), lu à la radio par un speaker, empli de billevesées, à douter même qu'il ait été écrit par l'ayatollah-nouveau-est-arrivé. Est-il comateux, est-il mort ? la situation gazeuse du pouvoir des mollahs arrange le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRi) qui mène à sa guise la guerre à l'Occident global, comme il s'y est préparé depuis quarante ans, sans l'encombrant renfort des clercs.
Des "experts à plateau" comme les négresses éponymes prêtent au CGRi le déroulement d'un plan déjà ancien de résistance, genre Défense opérationnelle du territoire, qui doit amener l'ennemi à finalement débarquer pour se battre d'homme à homme et le vaincre. Aussi, peu leur chaut l'anéantissement de leur aviation et de leur marine si l'infanterie continue. La nation iranienne étant réputée instruite, il est probable que Le Plan ait été établi jusqu'au bout de l'épure par les survivants de la guerre Iran-Irak, et qu'ils attendent de pied ferme le débarquement hollywoodien du matamore de la téléréalité. Convergeraient sur zone deux groupes amphibies et une brigade d'assaut aéroportée. On va voir.
Venons-en aux buts probables de cette guerre de choix judéo-américaine. Ils sont clairs et légitimes du côté d'Israël, menacé des pires outrages depuis le début de la République islamique d'Iran qui rêve, elle, d'une incinération du sionisme sur place :
- Anéantir le régime théocratique des mollahs et ses bras armés est le leitmotiv du Likoud, quoiqu'il en coûte à la population civile. Désolés !
- Oblitérer le programme nucléaire civil et militaire dont le succès futur signerait la rupture stratégique de terreur entre le petit poucet de la fable qu'ils appellent David et l'ogre iranien de la taille de l'Europe occidentale qu'ils appellent Goliath.
- Casser l'industrie balistique et si possible, toute la BITD iranienne.
Sa mise en œuvre justement !
Il semble, vu de loin mais quand même, que la destruction systématique du régime ait débordé sur celle des infrastructures civiles dont le pays a besoin, ce qui n'inquiète en rien le gouvernement de Jérusalem qui s'est déjà fait la main sur Gaza et échantillonne ses répliques au Sud-Liban dans le même esprit de benign neglect - un million de déplacés. Le problème est que la destruction ras-la-planche de l'Iran n'augure pas de la victoire finale. Sauf débandade toujours attendue au Pentagone mais qui tarde, il n'y aura sans doute pas de démotivation des unités combattantes ni des masses fidèles à l'enseignement théologique asséné depuis 47 ans au peuple. Entre un cinquième et un quart de la population est fanatisée et radicalisée. On ne convertit pas les radicaux par des tapis de bombes, Mossoul et Raqqa en ont fait la démonstration. On peut aussi dauber sur la loyauté d'Artesh, l'armée régulière impériale, mais au bout de trois semaines intenses, elle n'a pas bronché et demeure aux ordres. Au final, Tsahal n'ira pas voir à hauteur d'homme ! Trop dangereux. Alors quoi ?
"Les lois claires en théorie tournent parfois au chaos d'application", disait Bonaparte. C'est ce qui arrive aux Américains. Si Israël a le bon motif pour écraser un ennemi attaché à sa perte, l'administration Trump n'en a aucun. Le chien fou du contre-terrorisme US, Joseph Kent, l'a avoué et pris la porte. On soupçonne l'Imbécile-en-chef d'avoir mûri un "deal" à la vénézuélienne avec un successeur des ayatollahs compatible pour l'exploitation conjointe de champs pétrolifères ou gaziers comme aux temps bénis de l'Anglo-iranian Oil Company. Manque de pot, les Gardiens contrôlent la chatière d'Ormuz et instaure un péage à la tête du client. Résultat :
il manque dix pour cent de l'approvisionnement mondial en pétrole et plus encore en gaz. Vous suivez l'actualité et savez donc que le secteur des engrais et celui de l'alumine sont désormais en crise. Les prix flambent, des pénuries s'annoncent, Grand Condor ne sait plus quoi faire.
Saisir les postes de chargement de Kharg n'ouvrira pas pour autant le détroit d'Ormuz. Au final comme un paon, il a chié partout et fait maintenant la roue, mais les Arabes le maudissent déjà. La protection américaine à prix exorbitant est un leurre, l'image touristico-financière des émirats est en passe d'être ruinée si le régime honni de Téhéran se maintient et promet sa vengeance. La vision séoudienne d'un avenir radieux hors-pétrole en a pris un sacré coup : le port industriel de Yanbou el-Baḥr sur la Mer rouge a été bombardé. Une conséquence est positive dans ce chaos et nous concerne au premier chef.
Si la crise iranienne ne nous apprend rien qu'on ne savait déjà, elle nous confirme dans deux projets :
- La transition énergétique
- La défense autonome de l'Europe, fédérée ou pas
(2) C'est sans doute le plus grand service que Donald Trump ait rendu à l'Europe, celui de lui mettre la tête dans son fumier défensif et d'appuyer sur la nuque. L'Europe n'est ni vassalisée ni supplétive, elle n'est pas, tout simplement. Le blocage d'Ormuz par les Gardiens de la révolution islamique aurait dû déclencher un ultimatum européen et une manœuvre navale en coalition pour préserver nos intérêts. Nous n'aurions même pas dû attendre l'injonction ridicule de Trump à l'aider sur zone. Sauf que nous, Français, serons à la peine pour tenir la rive gauche du Rhin et que la topographie de la rive iranienne du détroit convoque des moyens lourds et abondants que nous n'avons pas. Tout ce que vous avez voulu savoir sur le détroit d'Ormuz sans jamais oser le demander est par là. Quant au reste, cela ne nous concerne en rien finalement, sauf intérêts mercantiles particuliers.
Notre posture de juge moral universel n'est crédible voire tenable que si nous avons la force de protéger nos intérêts vitaux autrement que par des communiqués ronflants ou, pour ce qui nous concerne, par la dissuasion nucléaire qui est un pistolet à un coup inadapté aux circonstances présentes.
Que Trump retire les Etats-Unis de l'OTAN serait positif pour l'Europe, jusqu'à mériter que l'on nomme une avenue à son nom dans chaque capitale européenne.
Se défendre nous-mêmes (enfin !) implique de modifier partout le modèle social, dans ses extravagances déjà et dans ses fondamentaux :
- Quelle sécurité raisonnable peut-on assurer aux sociétés européennes ?
- Quel projet de vie soutenable pouvons-nous proposer aux générations montantes ?
- Quelle part un Etat doit-il prendre dans la définition d'une vie humaine ?
Tout est à repenser. Il y a des millions d'Européens à faire tomber du hamac social pour se défendre contre la menace des empires prédateurs, mais plus rapidement encore contre les effets désastreux du réchauffement climatique sur toutes les économies du monde qui vont recréer le chaos à peine en serons-nous sortis. Le combat du Bien contre le Mal va sérieusement se compliquer dès lors qu'il n'y a aucun volet moral dans le dérèglement climatique. Personne ne pourra le dénoncer ou le clouer au pilori ! Il n'est même pas sûr que nous puissions affronter le Léviathan promis.
Et sinon, Ormuz ?
L'île "arc-en-ciel" était il y a peu un spot touristique très prisé des globe-trotters. Sa topologie montagneuse, ses falaises torturées, ses plages rouges sont uniques. Son souk, les échoppes de street food, sa population bigarrée de cinq mille âmes, la chaleur étouffante aussi ; on s'en souvient toujours, disent les voyageurs non organisés.
ALSP !
15 février 2026
Tokyo, Berlin, Rome
TOKYO. Sanae est la fille d'un ouvrier pauvre. Elle a vaincu la tradition patriarcale nippone en exaltant la réaction et le conservatisme tout à la fois, ce qui n'est pas un défi mineur chez l'Empire du Chrysanthème. Les ligues féministes n'auraient pas imaginé vaincre le système des castes aryennes sur un programme nationaliste et quelque part revanchard, pour la simple raison qu'elles n'auront jamais la niaque de Sanae Takaichi (dans les dîners en ville, prononcez Sanaïe Takètchi).
Qui est-elle déjà ? Insubmersible et incombustible. Mon premier est le travail, mon second est le travail, mon troisième est le travail, mon tout est le travail ! Imaginez les laideurs garçonnes de l'écologie féminique française sur cette antienne !
La première nippone est l'avatar de Magareth Thatcher, fille d'épicier, montée en graines libérales jusqu'au 1O, pugnace, persévérante et peu influencée par les émotions contraires à son axe de régénérescence du Royaume-Uni. Les insurgés irlandais s'en souviennent, au paradis.
Takaichi est le copié-collé de la Dame de fer en version punk. Motarde diplômée de l'université, elle montre très tôt un acharnement à sortir de la condition très modeste de ses parents et pour ce faire, prend tout ce qui passe à sa portée. Petits jobs, stages, même la politique tant qu'à y être ! La Wikipédia fait une recension honnête de sa vie par ici.
Son parcours politique, puisqu'on y vient, est un combat de tous les instants ; à terre, elle se relève toujours, c'est le côté "motarde". Bref, elle accède à la primature mais ne dispose pas de la majorité nécessaire à réformer l'économie outrageusement globalisée du Japon. Aussi décide-t-elle de dissoudre la Chambre basse pour y obtenir une majorité des deux-tiers qui lui permettra de travailler à la révision constitutionnelle. Grand éclat de rire de la classe politique et médiatique (comme ici), elle allait se ramasser, sans fortune familiale, une femme en plus ! Mais c'était sans compter la tempête de neige. On a vu par endroit quatre mètres de neige et pas que dans l'île septentrionale d'Hokkaïdo - vous savez, l'île aux singes dans les trous d'eau chaude.
Son taux de popularité parmi les 18-29 ans est de 90 % ! Les "jeunes" ont été séduits par un discours clair sans catachrèses ou hypallages jusqu'à sortir la pelle à neige pour se frayer un chemin vers le bureau de vote. Par millions ! Ainsi a-t-elle obtenu 316 sièges sur 465 soit six sièges de plus que les deux tiers de l'hémicycle, sans compter le renfort d'un parti allié qui lui apporte 35 sièges de sécurité portant sa majorité à 351 sièges, du jamais vu. Un véritable séisme électoral qui a sidéré les chancelleries, jusqu'à Pékin bien sûr qui redoute le réveil du "monstre".
Sanae Takaichi est donc en mesure de tenter d'amender la constitution pacifiste imposée par les Américains en 1945, mais il y faudra les voix de la Chambre haute et un référendum populaire. On n'y est pas encore. Elle va déjà fêter son succès à Washington chez Donald Trump qui a gagné sur un programme similaire au sien, le fameux "MAGA". A la réserve près que les programmes nationalistes purs et durs (nous ne savons pas en France de quoi il s'agit) sont exclusifs de tous autres.
Dans la mise en œuvre de son budget responsable et proactif, l'ambition nationaliste du Japon, réveillé sous l'étendard impérial du soleil rayonnant, va se cogner aux réalités hégémoniques de l'administration américaine qui entend moins que jamais partager ses emprises géopolitiques qui croisent parfois la fierté japonaise.
La différence de mise en œuvre de programmes similaires à l'intérieur mais concurrents dans les affaires extérieures, pourrait se faire aux tempéraments respectifs. Trump est un enfant gâté, un lézard doré peu cultivé qui se prélasse dans la contemplation de lui-même sur les écrans de télévision - en fait il ne fait que ça - quand Takaichi est arrivée à la force du poignet jusqu'à écraser tous ses adversaires politiques sur la base d'un programme solide et partagé qu'elle va appliquer contre vents et marées, fussent-ils américains. Il n'est pas dit qu'elle réussisse. Il n'est pas dit non plus que Trump arrive à plier le Japon. C'est encore un très gros morceau. L'exemple de la résistance chinoise à ses objurgations ridicules est dans tous les esprits d'Asie du sud-est.
Takaichi ne mollira pas quand la relation se gâtera, parce que forcément elle se gâtera ! Il lui faudra sourire et réconforter le vieux bonhomme abandonné par son âge avancé et par toute l'intelligentsia de son pays.
L'autre sujet de la semaine, c'est la mésentente du vieux couple franco-allemand.
BERLIN. Cette amitié, un peu forcée, est un mythe partagé au sortir de la Seconde Guerre mondiale quand il s'est agi de mettre fin une bonne fois à la guerre civile européenne. L'histoire du Couple a fait l'objet de nombreux ouvrages savants, nous nous bornerons à rappeler quelques étapes.
Il n'existe pas de couples de nations, ce sont toujours des humains qui se mettent en couple. L'entente fut quasi-parfaite entre le chancelier Schmidt et Valéry Giscard d'Estaing - il y avait une certaine complicité intellectuelle ; elle fut très productive entre Helmut Kohl et François Mitterrand, à preuve l'établissement de la monnaie commune et l'accord sur un pacte de stabilité remédiant à la gabegie auto-immune française. Puis les choses se gâtèrent à partir de Gerhard Schröder après la décision non concertée de Jacques Chirac (à la fin du mandat Kohl) d'arrêter la conscription, faisant comprendre à notre partenaire le peu de cas qu'il faisait d'une architecture de défense européenne ; à quoi s'ajoutait les déficits sociaux structurels français quand en Allemagne on décidait de remettre les compteurs à zéro par les lois Hartz.
Angela Merkel, chancelière venue de l'est, n'achètera pas le mythe franco-allemand mais elle en laissera vivre la décoration. Elle regardera passer le turbulent Sarkozy à cent lieues du projet allemand de renouveau, assez bête pour attaquer la Libye sur les dires d'un marchand de bois philosophe avide de célébrité, et foutre in fine le désordre par tout l'espace saharien, puis le fade et normal François Hollande, qui l'a surprise quand même par son raid sur Tombouctou, et pour finir, le gémisseur actuel qui réclame continuellement à l'Europe l'argent qu'il jette dans le tonneau des Danaïdes, à nul effet, le pays étant sens dessus-dessous et sa dette, colossale en temps de paix. Olaf Scholz (roi de Hambourg) pas plus que Friedrich Merz ne seront convaincus du bien fondé de ce couple mal assorti dont on parle en France mais en Allemagne jamais.
On en vient maintenant aux deux projets qui devaient réaffirmer l'entente franco-allemande selon Macron : le SCAF et le MGCS. Le premier est un système de combat aérien intégré autour d'un avion de cinquième voire sixième génération, renforcé d'effecteurs sans pilote au sein d'un cloud de combat top du top. On peut s'informer par les deux liens proposés ci-dessous :
- www.defense.gouv.fr/salon-du-bourget-2023-dossier/scaf-est-bien-plus-quun-avion
- www.leparisien.fr/international/projet-couteux-tensions-entre-industriels-5-minutes-pour-comprendre-le-scaf-futur-avion-de-combat-europeen-10-02-2026-YMA42XDXF5GPVILPIAWSNQMMHU.php
Le second est un système de char d'assaut dernier cri, intégré dans un cloud de combat terrestre destiné à rompre les fronts. Wikipédia a fait une bonne notice sur ce projet :
- fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_principal_de_combat_terrestre
- www.defense.gouv.fr/actualites/3-choses-savoir-mgcs-char-du-futur-franco-allemand
Les deux projets sont emblématiques des divergences d'intention.
La France n'a pas besoin de l'industrie allemande pour construire un avion de cinquième génération avec ses ailiers (loyal wingmen), mais elle n'a pas l'argent pour financer la R&D du projet et Dassault ne peut y parvenir sur fonds propres, surtout en prenant le risque d'une banqueroute de l'Etat qui obèrerait la production promise pour rentrer dans ses sous.
L'Allemagne n'a besoin de personne pour faire le super-char du futur et la promesse française d'achat ne lui apporte rien de plus que celle de tous ses clients Leopard qui attendent les yeux fermés le successeur du Leopard 2. Par contre la France n'a pas l'outil industriel pour produire un char de dernière génération et les intentions d'achat de la DGA sont trop faibles pour rentabiliser un développement sur fonds propres d'aucun groupe français.
Sans entrer dans les détails (que vous trouverez facilement sur le Net) on voit déjà que les violons sont désaccordés. La faute principalement à la France qui ne donne confiance à personne dans l'état de calamité financière dans lequel elle se vautre ; jusqu'à récemment réclamer l'émission d'eurobonds pour refinancer un modèle social à la grecque complètement échoué. Le "non" allemand lors du séminaire d'Alden Biesen en Belgique fut cinglant ! C'est à mon avis le dernier clou sur le cercueil du Couple.
L'Allemagne réarme à marche forcée, c'est sa priorité car elle revient de loin après la gestion du pays à l'économie par Scholz et Merkel surtout. Pourquoi s'encombrer des humeurs et vapeurs de la Reine des Gitans, sa voisine, qui paie deux millions de rationnaires à rien foutre, rémunère des fonctionnaires partout en excédent selon la moyenne de l'OCDE, refuse d'équilibrer son régime public de pensions et va dans le mur du FMI ? Le monde est grand et les dangers nombreux. Que pour elle la France continue de fournir ses fromages, ses vins et ses parfums doit suffire à l'Allemagne. L'industrie va discuter avec un partenaire industrialisé par des canaux de coopération déjà explorés : l'Italie.
Ce n'est pas un faux scoop pour embellir l'article :
ROME. « L'Allemagne et l'Italie unissent de plus en plus leurs forces pour donner l'orientation de l'agenda européen, la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le chancelier allemand Friedrich Merz affichant régulièrement leur convergence de vues à Bruxelles, sur l'industrie automobile ou les accords commerciaux, par exemple. Lors d'un sommet des dirigeants de l'Union européenne jeudi, la dirigeante italienne d'extrême droite et le conservateur allemand ont défendu une vision commune visant à stimuler la compétitivité européenne.»
(la suite sur Boursorama)
La séparation des exécutifs allemand et français va se faire en douceur comme dans un vieux couple, sans éclats, naturellement. Que restera-t-il de cette aventure, gaullienne au départ ? Arte !
Giorgia Meloni est devenu rapidement un chef de gouvernement qui en remontre à tous pour le sérieux avec lequel elle gère un pays réputé ingérable. Elle a aussi un talent de conviction qui lui fut utile pour canaliser vers la Botte les subsides européens permettant de relever les défis habituels d'une nation où l'art combinatoire de l'esquive fiscale est au sommet.
Trois choses sont à remarquer : son industrie tourne à plein régime ; son budget primaire est à l'équilibre ; elle a fait de l'immigration un atout en transformant les demandeurs d'emploi étrangers en travailleurs dont elle a besoin. Ils travaillent, ils cotisent et tout le monde est content, les patrons petits et grands les premiers.
Nous ne pourrons jamais l'imiter pour une raison bête : nous n'avons déjà pas assez de travail distribuable parce que les génies français de l'économie ont ruiné l'industrie générale, ne gardant que l'industrie de pointe et de luxe toujours insuffisantes à l'embauche.
Nous n'avons pas de pointures intellectuelles du calibre d'un Draghi, capable de convaincre l'Etat d'aller dans un sens ou dans un autre et de s'y tenir. Le fiasco de la retraite à points qui sortait de l'ornière le schéma de pensions par répartition nous l'a montré. Et surtout, Mme Meloni a l'autorité naturelle et exécutive qui nous manque pour un changement de pied immédiat si c'est meilleur pour le pays. Elle n'a pas d'idéologie sacrée. Elle gou.ver.ne !
On comprend facilement pourquoi les dirigeants allemands et la Deutsche AG estiment perdre leur temps avec la France, ne cherchant que des opportunités de collaboration ponctuelle (il y a des usines allemandes en France) dans le cadre de leurs intérêts privés. Ils abandonnent le cadre de collaboration politique globale qui à la fin n'a rien donné.
Les réalités - un concept très germanique, la realpolitik c'est eux - vont prendre le dessus, et le mythe partagé franco-allemand va s'évaporer dans l'éther des velléités inabouties. M. Macron aura tout foiré. On peut attendre un sursaut de sa part dans les prochains mois pour finir son mandat sur une note positive en dépit d'une dette humiliante. On peut le craindre aussi !
Conclusion.
Trois pays qui affrontent les défis de la mondialisation les yeux grand ouverts, trois pays qui ne philosophent pas sur la dureté des temps, trois pays qui nous ont volé la maxime napoléonienne "impossible n'est pas français !" pour la naturaliser à leur profit.
A côté d'eux, un vieux pays fatigué de lui-même qui veut protéger ses derniers atouts mais ne les exerce pas, un vieux pays écrasé par un Etat obèse, une classe politique obsolète et des partis politiques archaïques. Un pays de revendications qui n'aime plus travailler. Un pays failli qui attend Hercule Godot, lequel tarde à venir.
Et pourtant, la semaine passée, Arianespace a lancé une fusée Ariane 6 construite aux Mureaux (Yvelines) avec une poussée augmentée par quatre boosters italiens pour mettre en orbite une gerbe de 32 satellites Amazon LEO, un premier lancement sur les dix-huit du contrat passé avec Jeff Bezos pour concurrencer Starlink. Ce qui prouve que les Français, quand ils sont débarrassés des injonctions du pouvoir politique, sont capables de belles choses. Mais ne le peuvent que les entreprises de haute technologie comme Arianespace ou trop puissantes à l'international comme Total Energies ou Michelin. Les autres sont harcelées pour corriger les erreurs du politique. Remettons l'Etat dans son champ de responsabilités et concentrons-nous sur nous-mêmes pour régénérer la nation avec la seule ambition de redevenir un jour prochain, même plus éloigné, un exemple d'éthique morale, et pourquoi pas de beauté dans le concert des puissances. Rêvons !
ALSP !
25 janvier 2026
Effondrement d'un mythe universel
C'est la punchline du discours du Premier canadien à Davos le 20 janvier dernier, premier anniversaire de l'intronisation de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis d'Amérique. Son discours fera l'article du jour sur Steppique Hebdo. Il comporte tout ce que nous pourrions maladroitement dire sur la rupture civilisationnelle actuelle et la confrontation du monde libre à la barbarie (au sens premier de dystopie lexicale). Il acte la mort du mythe "droit international universel" et passe à la restauration d'un ordre international ré-imaginé sur les réalités pesantes et la pratique.
Cette (r)évolution dans les relations internationales entame et de beaucoup le rayonnement des pays-penseurs comme le nôtre qui ont cru régenter le monde par des mots. S'il est exact que les peuples de notre planète sont gouvernés par des mythes collectivement partagés, il n'est pas vrai qu'on ne puisse imaginer qu'un seul ordre comme l'a longtemps professé la France. Les mythes collectifs se développent concurremment et peuvent précipiter en des codes distincts voire ennemis. Tout cela est une question d'idées, c'est purement cérébral au départ, un concept. Ce sont les effets d'application du mythe partagé par une société donnée qui matérialisent sa force, le plus souvent de coercition, et sans lesquels le mythe resterait une brise éthérée qui entre par l'oreille pour ressortir de l'autre. Ne sont réels, comme le disait Yuval Harari, que le fleuve, les arbres et les lions qui viennent y boire. On pourrait en parler plus longuement une autre fois.
Nous avons longtemps cru que l'égalité (une fabrication inaboutie), la liberté (mais de qui ?) et la fraternité (souhaitable celle-ci) signaient pour le bonheur des hommes l'abandon par la Révolution française de vieilleries héritées du Moyen-Age, et plus spécifiquement celui du mythe du droit divin qui réglait l'autorité du souverain et celle des castes à lui subordonnées. Il fut remplacé par un nouveau mythe : celui de la souveraineté légale du peuple, fondue dans l'égalité obligatoire. Ce changement de paradigme induisait la caporalisation de l'espace mental parce que la souveraineté d'un peuple égalitariste sur le territoire qu'il maîtrise ne peut s'exercer par des lois différentes qui règleraient les particularismes locaux, lesquels doivent disparaître.
La Constitution politique dressait avant tout les limites de cette souveraineté nouvelle que le peuple a dû abandonner dès le début à des "représentants". Le nouveau souverain était d'entrée bridé dans son imagination au profit de la caste éveillée des rédacteurs du nouvel évangile, qui ne reculera jamais plus et tiendra entre ses mains toute la liturgie du concept. Ce concept fumeux de "peuple", qui pis est souverain, conduit inexorablement au contrôle social par le déport constitutionnel de l'autorité sur l'oligarchie qui a fixé les règles à son bénéfice et qui n'aura de cesse ensuite de défendre ses positions contre la démocratie directe. On se paie de mots, le réel est évacué, c'est à quoi servent les mythes depuis l'aube du monde.
Appliqué à la Corée du nord, le contrôle orwellien ne change pas grand chose autour de lui, mais généralisé aux Etats-Unis d'Amérique comme maintenant, les ronds dans l'eau n'en finissent plus de s'étendre. Ce "1984" américain est plus vieux qu'on ne croit : les wokistes l'ont exercé avant les trumpistes. Il suffit pour s'en convaincre de faire l'inventaire des lois de pensée conforme chez nous, le dernier projet dont on parle interdisant la critique du sionisme, dans le droit fil du pacte vénéneux entre Washington et Jérusalem !
Les empires revenus en force n'achètent plus notre "mythe libertaire universel" et essaient de convaincre leurs clients que nous nous sommes fourvoyés dans le couloir de la mort civilisationnelle, jusqu'à brandir contre nous la décadence de l'espèce dans des mœurs avilissantes, l'occultation de l'histoire et le métissage culturel et racial. Et il y a de l'écho jusque chez nous. Fa Guo, le pays de la loi en chinois, doit refaire ses forces parce qu'il compte beaucoup moins à la table des grands depuis que les mots ont perdu leur prestige, même s'il n'est pas encore au menu. On va voir renaître la marque « Monde Libre™ » qui était devenue obsolète après l'effondrement de l'Union soviétique et qui redevient pertinente. C'est un peu ce que veut nous dire Mark Carney.
Texte intégral à archiver (la mise en page est de SH, ndlr):
Thank you very much, Larry (Larry Fink, BlackRock, co-chairman WEF). I'm going to start in french, and then I'll switch back to English (pas dans cette transcription).
C’est un plaisir – et un devoir – d’être parmi vous en ce point tournant pour le Canada et pour le monde.
Je parlerai aujourd’hui de la rupture de l’ordre mondial, de la fin d’une fiction agréable et du début d’une réalité brutale où la géopolitique des grandes puissances n’est soumise à aucune contrainte.
Mais je vous soumets par ailleurs que les autres pays, en particulier les puissances moyennes comme le Canada, ne sont pas impuissants. Ils possèdent la capacité de construire un nouvel ordre qui intègre nos valeurs, comme le respect des droits humains, le développement durable, la solidarité, la souveraineté et l’intégrité territoriale des états.
La puissance des moins puissants commence par l’honnêteté.
Chaque jour, on nous rappelle que nous vivons à une époque de rivalité entre grandes puissances. Que l’ordre fondé sur des règles tend à disparaître. Que les forts agissent selon leur volonté et que les faibles en subissent les conséquences. Cet aphorisme de Thucydide se présente comme inévitable, telle une logique naturelle des relations internationales qui se réaffirme.
Devant ce constat, les pays ont fortement tendance à suivre le mouvement pour rester en bons termes. Ils s’adaptent. Ils évitent les conflits. Ils espèrent que ce conformisme leur garantira la sécurité. Ce n’est pas le cas.
Quelles sont donc nos options ?
En 1978, le dissident tchèque Václav Havel a écrit un essai intitulé Le Pouvoir des sans-pouvoir. Il y posait une question simple : comment le système communiste a-t-il pu tenir ?
Sa réponse commence par l’histoire d’un marchand de fruits et légumes. Chaque matin, il place une affiche dans sa vitrine : « Travailleurs du monde, unissez-vous ! » Il n’y croit pas. Personne n’y croit. Mais il la place quand même, pour éviter les ennuis, montrer sa coopération, faire profil bas. Et comme tous les commerçants de toutes les rues font de même, le système continue de fonctionner.
Non pas uniquement par la violence, mais par la participation des citoyens ordinaires à des rituels qu’ils savent pertinemment être faux.
Havel appelait cela « vivre dans le mensonge ». Le pouvoir du système ne provient pas de sa véracité, mais de la volonté de chacun d’agir comme s’il était vrai. Et sa fragilité provient de la même source : dès qu’une seule personne cesse d’agir ainsi, dès que le marchand de fruits et légumes retire son enseigne, l’illusion commence à s’effriter. Le moment est venu pour les entreprises et les pays de retirer leurs enseignes.
Pendant des décennies, des pays comme le Canada ont prospéré grâce à ce que nous appelions l’ordre international fondé sur des règles. Nous avons adhéré à ses institutions, vanté ses principes et profité de sa prévisibilité. Grâce à sa protection, nous avons pu mettre en œuvre des politiques étrangères fondées sur des valeurs.
Nous savions que l’histoire de l’ordre international fondé sur des règles était en partie fausse. Que les plus puissants y dérogeraient lorsque cela leur convenait. Que les règles entourant les échanges commerciaux étaient appliquées de manière asymétrique. Et que le droit international était appliqué avec plus ou moins de rigueur selon l’identité de l’accusé ou de la victime.
Cette fiction était utile, et l’hégémonie américaine, en particulier, contribuait à assurer des bienfaits publics : des voies maritimes ouvertes, un système financier stable, une sécurité collective et un soutien aux mécanismes de résolution des différends. Nous avons donc placé l’enseigne dans la vitrine. Nous avons participé aux rituels. Et nous avons généralement évité de signaler les écarts entre la rhétorique et la réalité. Ce compromis ne fonctionne plus.
Permettez-moi d’être direct : nous sommes en pleine rupture, et non en pleine transition.
Au cours des deux dernières décennies, une série de crises financières, sanitaires, énergétiques et géopolitiques a mis en évidence les risques d’une intégration mondiale extrême.
Plus récemment, les grandes puissances ont commencé à recourir à l’intégration économique comme moyen de pression. Aux droits de douane comme levier. À l’infrastructure financière comme moyen de coercition. Aux chaînes d’approvisionnement comme vulnérabilités à exploiter.
Il est impossible de « vivre dans le mensonge » d’un avantage mutuel grâce à l’intégration lorsque celle-ci devient la source de votre subordination.
Les institutions multilatérales sur lesquelles s’appuyaient les puissances moyennes, entre autres l’OMC, les Nations Unies et la COP, qui constituent l’architecture de la résolution collective des enjeux, sont considérablement affaiblies. Ainsi, de nombreux pays tirent les mêmes conclusions. Ils doivent renforcer leur autonomie stratégique dans les domaines de l’énergie, de l’alimentation, des minéraux critiques, de la finance et des chaînes d’approvisionnement.
Cette réaction est compréhensible. Un pays qui ne peut pas assurer son approvisionnement alimentaire, énergétique ou sa défense n’a que peu d’options. Lorsque les règles ne vous protègent plus, vous devez vous protéger vous-même.
Cependant, soyons réalistes quant aux conséquences de cette situation. Un monde cloisonné sera plus pauvre, plus fragile et moins durable.
Il y a une autre vérité : si les grandes puissances renoncent même à faire semblant de respecter les règles et les valeurs pour exercer sans entrave leur pouvoir et défendre leurs intérêts, les avantages du « transactionnalisme » deviennent difficiles à reproduire. Les puissances hégémoniques ne peuvent pas monnayer indéfiniment leurs relations.
Les alliés chercheront à se diversifier pour parer à l’incertitude. Ils auront recours à des mécanismes de protection. Ils multiplieront leurs options. Et cela leur permettra de réaffirmer leur souveraineté, autrefois fondée sur des règles, mais qui reposera de plus en plus sur leur capacité à résister aux influences extérieures.
Comme je l’ai mentionné, cette gestion classique des risques comporte un coût, mais il est possible de partager les investissements liés à l’autonomie stratégique et à la protection de la souveraineté. Il est plus avantageux d’investir collectivement dans la résilience que de bâtir chacun sa propre forteresse. L’adoption de normes communes réduit la fragmentation. Les complémentarités procurent des avantages à tous.
La question pour les puissances moyennes, comme le Canada, n’est pas de savoir s’il faut s’adapter à cette nouvelle réalité. Nous devons le faire. Il s’agit plutôt de déterminer si nous nous adaptons en construisant simplement des murs plus hauts ou si nous pouvons faire preuve de plus d’ambition. Le Canada a été parmi les premiers pays à prendre conscience de la situation, ce qui nous a amenés à modifier fondamentalement notre orientation stratégique.
Les Canadiens et les Canadiennes comprennent que notre conception traditionnelle et rassurante selon laquelle notre situation géographique et nos alliances nous garantissaient automatiquement la prospérité et la sécurité ne tient plus. Notre nouvelle stratégie repose sur ce qu’Alexander Stubb a qualifié de « réalisme fondé sur des valeurs » – ou, autrement dit, nous avons pour objectif de conjuguer principes et pragmatisme.
Nous demeurons fidèles à nos principes quant à nos valeurs fondamentales : souveraineté et intégrité territoriale, interdiction du recours à la force, sauf dans les cas prévus par la Charte des Nations Unies, et respect des droits de la personne.
Nous sommes pragmatiques, car nous reconnaissons que les progrès sont souvent progressifs, que les intérêts divergent et que tous nos partenaires ne partagent pas nécessairement nos valeurs. Nous collaborons de manière ouverte, stratégique et lucide. Nous acceptons pleinement le monde tel qu’il est, sans attendre qu’il devienne celui que nous aimerions voir.
Le Canada adapte ses relations afin que leur portée corresponde à ses valeurs. Nous privilégions un vaste dialogue afin de maximiser notre influence, dans un contexte où l’ordre mondial est particulièrement instable, où les risques sont élevés et où les enjeux pour l’avenir sont considérables. Nous ne comptons plus uniquement sur la force de nos valeurs, mais également sur la valeur de notre force. Nous consolidons cette force dans notre pays.
Depuis l’entrée en fonction de mon gouvernement, nous avons réduit les impôts sur le revenu, sur les gains en capital et sur les investissements des entreprises, nous avons supprimé tous les obstacles fédéraux au commerce interprovincial et nous accélérons la mise en œuvre d’investissements de mille milliards de dollars dans les domaines de l’énergie, de l’intelligence artificielle et des minéraux critiques, dans la mise en place de nouveaux corridors commerciaux et dans bien d’autres choses encore.
Nous doublons nos dépenses de défense d’ici 2030 et nous le faisons de manière à renforcer nos industries nationales.
Nous nous diversifions rapidement à l’étranger. Nous avons conclu un partenariat stratégique global avec l’Union européenne qui prévoit notamment notre adhésion à l’initiative SAFE concernant les accords européens d’approvisionnement en matière de défense.
Au cours des six derniers mois, nous avons signé douze autres accords commerciaux et de sécurité sur quatre continents.
Ces derniers jours, nous avons conclu de nouveaux partenariats stratégiques avec la Chine et le Qatar.
Nous négocions actuellement des accords de libre-échange avec l’Inde, l’ANASE (Association des nations de l'Asie du Sud-Est, ndlr), la Thaïlande, les Philippines et le Mercosur. Pour contribuer à résoudre les problèmes mondiaux, nous privilégions une géométrie variable, c’est-à-dire que nous adhérons à différentes coalitions pour différents enjeux, en fonction des valeurs et des intérêts.
En ce qui concerne l’Ukraine, nous sommes un membre important de la Coalition des volontaires et l’un des plus grands contributeurs par habitant à sa défense et à sa sécurité.
En matière de souveraineté dans l’Arctique, nous soutenons fermement le Groenland et le Danemark et appuyons pleinement leur droit unique de déterminer l’avenir du Groenland. Notre engagement envers l’article 5 est inébranlable.
Nous collaborons avec nos alliés de l’OTAN (y compris le groupe des huit pays nordiques et baltes) afin de rendre plus sûrs les flancs nord et ouest de l’Alliance, notamment par le biais d’investissements sans précédent du Canada dans le radar transhorizon, des sous-marins, des avions et le déploiement de militaires sur le terrain. Le Canada s’oppose fermement à l’imposition de droits de douane relatifs au Groenland et demande la tenue de discussions ciblées en vue d’atteindre les objectifs communs de sécurité et de prospérité pour l’Arctique.
En matière de commerce plurilatéral, nous soutenons les efforts visant à établir un pont entre le Partenariat transpacifique et l’Union européenne, en vue de créer un nouveau bloc commercial de 1,5 milliard de personnes.
En ce qui concerne les minéraux critiques, nous formons des clubs d’acheteurs ancrés dans le G7 pour permettre au monde de se diversifier et d’échapper à la concentration de l’offre.
En matière d’intelligence artificielle, nous coopérons avec des démocraties qui partagent nos vues pour éviter d’être finalement contraints de choisir entre des puissances hégémoniques et des fournisseurs à très grande échelle.
Il ne s’agit pas d’un multilatéralisme naïf. Notre approche ne s’appuie pas non plus sur des institutions affaiblies. Elle consiste à établir des coalitions efficaces, en fonction des enjeux, entre partenaires qui partagent suffisamment de points communs pour agir ensemble. Dans certains cas, ce sera la grande majorité des pays. Et elle consiste à créer un vaste réseau de connexions dans les domaines du commerce, de l’investissement et de la culture, sur lequel nous pouvons nous appuyer pour relever les défis et saisir les opportunités à venir.
Les puissances moyennes doivent agir ensemble, car si vous n’êtes pas à la table, vous êtes au menu.
Les grandes puissances peuvent se permettre d’agir seules. La taille de leur marché, leur capacité militaire et leur pouvoir leur permettent d’imposer leurs conditions. Ce n’est pas le cas des puissances moyennes. Lorsque nous ne négocions qu’au niveau bilatéral avec une puissance hégémonique, nous négocions en position de faiblesse. Nous acceptons ce qui nous est proposé. Nous nous faisons concurrence pour être les plus accommodants.
Ce n’est pas de la souveraineté. C’est faire semblant d’être souverain tout en acceptant la subordination.
Dans un monde marqué par la rivalité entre les grandes puissances, les pays intermédiaires ont le choix : soit se faire concurrence pour obtenir des faveurs, soit s’unir pour créer une troisième voie qui aura du poids.
Nous ne devons pas laisser la montée des puissances dures nous empêcher de voir que la légitimité, l’intégrité et les règles garderont leur force si nous choisissons de les exercer ensemble. Ce qui me ramène à Havel.
Pour les puissances moyennes, qu’est-ce que « vivre dans la vérité » ?
- C’est nommer la réalité. Cesser d’invoquer « l’ordre international fondé sur des règles » comme s’il fonctionnait encore tel qu’on nous le présente. Appeler le système par son nom : une période d’intensification de la rivalité entre les grandes puissances, où les plus fortes d’entre elles agissent selon leurs intérêts en utilisant l’intégration économique comme une arme de coercition.
- C’est agir de manière cohérente. Appliquer les mêmes normes aux alliés et aux rivaux. Lorsque les puissances moyennes critiquent l’intimidation économique venant d’un côté, mais restent silencieuses lorsqu’elle vient d’un autre, nous laissons l’affiche à la vitrine.
- C’est mettre en place ce en quoi nous affirmons croire. Plutôt que d’attendre un rétablissement de l’ordre ancien, créer des institutions et conclure des accords qui jouent le rôle qu’ils sont censés jouer.
- C’est réduire l’influence qui permet la coercition. Tout gouvernement devrait se donner pour priorité de créer une économie nationale forte. La diversification internationale n’est pas seulement une question de prudence économique, c’est aussi le fondement matériel d’une politique étrangère honnête. Les pays gagnent le droit d’adopter des positions de principe en réduisant leur vulnérabilité aux représailles.
Le Canada possède ce que le monde recherche. Nous sommes une superpuissance énergétique. Nous disposons d’importantes réserves de minéraux critiques. Nous avons la population la plus instruite au monde. Nos caisses de retraite figurent parmi les investisseurs les plus importants et les plus sophistiqués au monde. Nous disposons de capitaux, de talents et d’un gouvernement doté d’une immense capacité financière lui permettant d’agir de manière résolue. Et nous adhérons à des valeurs auxquelles beaucoup d’autres aspirent.
Le Canada est une société pluraliste qui fonctionne. Notre espace public est bruyant, diversifié et libre. La population canadienne reste attachée à la durabilité.
Nous sommes un partenaire stable et fiable dans un monde qui ne l’est absolument pas, et qui établit et valorise les relations à long terme.
Le Canada possède autre chose encore : la conscience de ce qui se passe et la détermination à agir en conséquence.
Nous comprenons que cette rupture exige plus qu’une simple adaptation. Elle exige une honnêteté quant à la réalité du monde tel qu’il est. Nous retirons l’affiche de la vitrine. L’ordre ancien ne sera pas rétabli. Nous ne devons pas le pleurer. La nostalgie n’est pas une stratégie. Mais à partir de cette fracture, nous pouvons bâtir quelque chose de mieux, de plus fort et de plus juste.
C’est la tâche des puissances moyennes, qui ont le plus à perdre dans un monde de forteresses et le plus à gagner dans un monde de coopération véritable.
Les puissants ont leur pouvoir. Mais nous avons aussi quelque chose : la capacité de cesser de faire semblant, d’appeler la réalité par son nom, de renforcer notre position chez nous et d’agir ensemble. C’est la voie que le Canada a choisie. Nous l’avons choisie ouvertement et avec confiance.
Et c’est une voie grande ouverte à tout pays qui souhaite la suivre avec nous.
Signé Mark Carney, Premier ministre du Canada le 20.01.2026 au Forum économique mondial de Davos (Suisse), seul le prononcé fait foi (source).
Rien à ajouter ! sauf en commentaires.
ALSP !
07 décembre 2025
D'Etat un coup le faut (Yoda)
Nous avons eu et la conservons bien au chaud, la droite la plus bête du monde, il nous manquait l'hémicycle des parfaits incompétents irresponsables qui par bêtise nous mettent en grave danger. C'est fait. L'Assemblée nationale a voté vingt milliards d'euros de déficits pour la Sécurité Sociale l'an prochain. Nous sommes au complet pour disparaître des livres d'histoire. Comme le disait ailleurs le docteur Pons, les nations sont tout autant mortelles que les civilisations d'antan, enfouies aujourd'hui sous le sable de leur grandeur. La France régresse comme jamais elle n'a reculé, son capital humain s'enfuit déjà alors que la guerre continentale ouverte n'est pas encore déclenchée. Imaginez l'exode au premier pétard mouillé !
Je vois dans la presse qu'un médiat anticapitaliste assumé cherche des noises à Bernard Arnault qui a quand même réussi à construire un empire du luxe mondial en restant dormir à Paris, au seul motif qu'il est trop riche. Enquête habituelle d'insinuations d'Elise Lucet. Je me dis qu'il n'est pas le premier à subir l'opprobre des impuissants vautrés dans le hamac social, mais qu'il pourrait par contre être bientôt le dernier dans la tenaille de l'envie si ses homologues richissimes décident subitement de prendre le train avant la fin de son procès médiatique. Alors mon petit fleuriste de la Rue des Moines m'interpellera d'un bonjour pour savoir à qui vendre ses fleurs. C'est une image et pas une thèse sur le ruissellement.
Radotons ! Depuis la Révolution française, l'Etat s'épand en tache d'huile, continûment, chaque régime - et nous en avons eu beaucoup - augmentant son champ de compétences au-delà de celui qu'il a trouvé en entrant, laissant croire que ce nouveau roi, qui ne dit jamais son nom, était la solution à tous nos défauts. Et beaucoup de gens le croient sincèrement, les appels quotidiens à légiférer contre le moindre dysfonctionnement de notre société le prouvent. Las, c'est exactement l'inverse dont la nation a besoin. La prise en charge individuelle généralisée jusqu'à la conjonction de groupes plus à même d'atteindre l'objectif nécessaire qu'un individu seul. C'est le principe de dévolution par empilement des pertinences. Nous n'y revenons pas.
La seule chance de survivre pour notre nation tient moins à la purification ethnique à laquelle tout le monde pense sans jamais oser la réclamer, qu'à la préservation de l'essentiel, voire sa sacralisation. Et cet essentiel pour la nation, qui n'est pas propre au régime du moment, c'est le domaine régalien et ses cinq doigts qui se ferment comme un poing (clic). Il devient urgent d'arracher le domaine régalien à la dispute démocratique qui est une notion obsolétisée par le rééquilibrage stratégique mondial quand elle sort de ses gonds intérieurs. Dans la pratique il faudrait rompre l'attelage des domaines régalien et public pour autonomiser deux politiques parallèles, l'une immuable défendant les fondamentaux de l'Etat-nation, l'autre évolutive et amendable au gré des circonstances et des grés justement. Pour ce faire, il sera indispensable de débander toute la classe politique rationnaire à vie de la République et de revoir l'organisation du consentement aux étages pertinents, ville, province, Etat et peut-être un jour confédération.
On en vient donc au démontage de l'édifice en grave défaut qu'est l'Etat français invasif, pléthorique, autoritaire et maladroit. Dans ce pays de libertés qui s'en vante par toute la planète, il est interdit d'en parler au fond. C'est la fiche et le gnouf ! Alors quoi ? Mettez-vous dans la tête qu'en l'état des choses, nous n'arriverons jamais à rien, ne rattraperons personne, et que la curatelle du Fonds monétaire international commence à s'inscrire en lettres vacillantes sur l'horizon de nos insuffisances. Mais on peut feinter l'idéologie imposée en citant des poètes disparus - ça fait genre - même comme Charles le Sulfureux qui dans l'Enquête écrivait :
« L’autorité en haut, en bas les libertés, voilà la formule des constitutions royalistes. L’absurde République une et indivisible ne sera plus la proie de dix mille petits tyrans invisibles et insaisissables ; mais des milliers de petites républiques de toute sorte, républiques domestiques comme les familles, républiques locales comme les communes et les provinces, républiques morales et professionnelles comme les associations, s’administreront librement, garanties, coordonnées et dirigées dans leur ensemble par un pouvoir unique et permanent, c’est-à-dire personnel et héréditaire, par là même puissant et sage, étant intéressé au maintien et au développement infini de l’État. »
Pour bien commencer donc, lecteurs comptez sur vous, sur votre propre république !L'autre sujet n'en est pas un. C'est la visite d'Etat des Macron en Chine populaire. Le protocole s'est mis en quatre pour noyer sous des amabilités le déclassement inéluctable du cinquième membre permanent du Conseil de sécurité des Nations-Unies. A la requête fort louable du président Macron de peser à Moscou sur le plateau de la paix, le président chinois a opposé un refus catégorique lors du point de presse, ce qui en diplomatie frise le "vent". Il fait part égale des responsabilités réciproques et dit s'y tenir fermement. Ses mots exacts furent : « La Chine soutient tous les efforts pour la paix et continuera à jouer un rôle constructif pour une solution à la crise ; en même temps, elle s’oppose fermement à toute tentative irresponsable visant à rejeter la faute ou à diffamer quiconque ». Ce qui signifie qu'elle veut ignorer la politique russe de destruction systématique de son voisin dans ses villes, ses utilités et sa population, sans parler des crimes de guerre parfaitement documentés. Ce qui signifie aussi qu'elle mettra son veto au Conseil si la Russie est inquiétée. Sans faire un cours de morale, se prendre cette réponse en pleine face et publiquement nous laisse mesurer par cet épisode la hauteur de la marche que nous avons descendue. On continue ? de descendre.
ALSP !
23 novembre 2025
Les Occidentés
La COP 30 s'achève par un fiasco retentissant puisque le pays organisateur ne trouve pas son compte dans les restrictions d'émissions ; le Chili va reprendre un dictateur comme la plupart de ses voisins car il n'y a que ça qui apporte l'ordre ; les Etats-Unis déclarent la guerre aux narcotrafiquants en marchant sur toutes les souverainetés régionales ; des discussions étrangères au conflit règlent la question palestinienne sans les Palestiniens, comme d'autres discussions étrangères règlent la question ukrainienne sans les Ukrainiens. Et bientôt le sort de Taïwan sera scellé sans les Taïwanais au bénéfice des bénéfices.
- Et moi qu'aurai-je, ô Grand Condor ?
- Toi, mon petit Witkoff, tu auras la concession du tramway Tel-Aviv El-Arish. Ça te rappellera ton premier train électrique.
- Oh oui tout à fait, Grand Condor.
Ce dit, parce que l'Arabie séoudite et les Emirats auront mis au pot, très gros pot !
Entretemps, des esprits curieux s'étouffent à lire le plan de la capitulation ukrainienne concocté par le trio irrésistible Witkoff-Dmitriev-Kushner (clic) sous la probable férule de Jédi Vance, le pire ennemi de l'Ukraine au sein de l'Administration Trump selon Phillips Obrien (clac). Lequel plan, dont le brouillon est certainement russe d'après l'analyse sémantique, organise la paix à l'exclusif avantage de Vladimir Poutine et de son gang. En vingt-huit points, le paquet est toujours celui de départ : le Donbass complet, la Crimée, les oblasts du sud-est jusqu'au Dniepr, le désarmement de l'Ukraine couplé à une interdiction d'intégrer l'OTAN, la levée des sanctions et la mise hors-jeu de Volodymyr Zelensky par des élections arrangées pour ce faire. Le malheureux chef de guerre ne plaît ni à l'un, ni à l'autre. Imaginez Desproges à l'Elysée ! Des points mineurs ont été ajoutés pour d'aventure profiter d'une improbable acceptation, comme la réassurance de sécurité, le retour du patriarcat orthodoxe de Moscou, la langue russe, et cent milliards de fonds russes ciblés sur la reconstruction… etc. Mais on apprend déjà de sources généralement bien informées que le Kremlin refuserait le plan Witkoff-Dmitriev car il ignore des revendications importantes déjà brandies et qu'on ne retrouve pas dans le papelard officiel. Ce serait le comble ! L'entregent diplomatique du Grand Condor en prendrait un sacré coup, mais à confier l'affaire à des amateurs comme Steve Witkoff, on récolte une chimère invendable.
Le Sénat américain, juge en dernier ressort de la politique étrangère, s'est ému du bordel diplomatique généré par cette affaire (clic) qui finalement est très obscure quant à ses origines. Le Secrétaire Rubio a d'abord dit aux sénateurs que c'était un projet russe qui avait été divulgué à la presse (Axios) par les Russes dans son dos (Witkoff a même désigné au premier jour Dmitriev comme responsable de la fuite) pour forcer la main de l'Administration ; pour se rattraper par la suite, en endossant une co-paternité de l'œuvre avec le Kremlin dans une négociation sous-jacente qu'il venait de découvrir ! Pour arrêter la dérive, Jédi Vance a assumé le plan. Trump pour sa part n'a sans doute pas lu plus loin que les titres, il ne lit jamais rien et ne regarde du matin au soir que l'image de lui-même que lui renvoie le poste de télé placé dans le Bureau ovale non loin du bouton à CocaCola. Cette administration de pieds nickelés, gouvernée par un vieil enfant de dix ans, est l'incarnation dans la vraie vie de la cour du roi Pétaud d'où fut tiré le mot "pétaudière".
Quoi qu'il en soit, la signature du Nain maléfique, qualifié de serial liar and mass killer par Roger Wicker (GOP-Missippi), président de la Commission sénatoriale des Forces armées, ne dure pas plus longtemps que le carrosse de Cendrillon. Les chancelleries européennes (sauf Budapest et Bratislava qui signent tout de suite) conseilleront à leur gouvernement de nouer des garanties irréfragables de chaque bord et de prendre les Trumpiens à leur jeu en négociant le Plan point par point avec tout le temps nécessaire à la consultation de toutes les parties chaque fois. Vingt-huit fois ! Ce qui ne sera pas du goût de Trump l'impatient et pourrait bien dévoiler le vrai motif de la démarche : son refus. Méfiant, il a donné jusqu'à Thanksgiving jeudi pour lui répondre, parce que vendredi il rentre en Floride jouer au golf et prendre un bain moussant.
L'inacceptabilité du projet en l'état expliquerait que la Maison Blanche veuille provoquer une position ferme des deux belligérants occidentés que sont l'Ukraine d'aujourd'hui et la "Coalition des Volontaires". En fait, et l'avenir proche va nous l'infirmer ou nous le confirmer, l'Administration Trump prendrait prétexte du refus européen assez probable pour annoncer son retrait du dossier. La queue de trajectoire de cette balistique diplomatique, initiée par on ne sait qui à Washington si ce ne sont les Russes eux-mêmes, viserait à se dégager du terrain boueux russo-ukrainien pour consacrer du temps aux accords juteux d'Abraham et pour sucer la cerise de la riviera gazaouie.
Auquel cas, nous avons pratiquement toutes les réponses sauf une : les Américains continueraient-ils ou pas à fournir le renseignement tactique actuel en cas de refus ? Pour le reste, nous savons que nous sommes impuissants, par notre faute, par bêtise et naïveté, sauf à entrer dans le conflit en commençant par un Skyshield (No-Fly Zone) que nous procurerions à l'Ukraine avec nos propres avions pilotés par nos aviateurs, avec pour mission d'abattre tout ce qui volera vers nous. Est-ce l'idée à creuser de Nathalie Loiseau ? A défaut, c'est Munich 38. L'Ukraine capitule. Ce n'est pas impossible tant leur fatigue est grande. Mais Trump, défrisé par les critiques sévères surgies de toute part, a déjà annoncé qu'il avait un plan de rechange au cas où… avant de repartir dans le triangle Chine-Japon-Taïwan qui se réchauffe. Pouce !
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Nous allons nous attacher aux gens de ce triangle chaud-bouillant, aux gens du commun, pas aux dirigeants, parce que si les livrets diplomatiques du grand jeu sont bien connus, les gens ne s'y reconnaissent pas tous.
On croit par exemple que les Taïwanais sont derrière leur président comme un seul homme à défendre leur liberté et leur mode de vie. Il n'en est rien. D'ailleurs le Yuan législatif a échappé aux indépendantistes. Pourquoi ?
Le peuple taïwanais n'est pas homogène. Il est partagé entre les aborigènes formosans, les immigrés de longue date du Foukien qui ont donné leur langue à Formose, et les pieds noirs continentaux arrivés en 1950 avec l'armée vaincue de Tchang Kai-chek. Les premiers et les seconds ont connu par leurs parents l'occupation japonaise de 1895 à 1945 et s'en trouvaient bien - l'empreinte nippone demeure dans beaucoup de compartiments sociaux - puis vint la colonisation brutale par les nationalistes assoiffés de revanche qui fit pas mal de victimes chez les autochtones récalcitrants.
Les partis autochtones défendent les particularités de l'île et cherchent à rompre avec la "mère-patrie" qu'ils n'ont jamais vue.
Le parti du Kouomintang et le patronat sont sur un axe d'apaisement et veulent négocier la formule proposée antérieurement par Pékin, "un pays - deux systèmes", même s'ils ne se font aucune illusion sur l'évolution du concept une fois qu'il sera appliqué ; si l'argent coule, ils se feront une raison.
La Chine populaire d'aujourd'hui est devenue la seconde puissance mondiale et, quelque part, tous les Chinois en sont fiers. Beaucoup de Taïwanais cachent cette fierté dans leur cœur. Donc attention à certains emballements occidentaux en avant de la main. La main peut ne saisir que le vide.
Pour les Chinois du continent, Taïwan est chinoise depuis toujours ainsi que toutes les îles occupées par le Japon, et bien sûr toute la Mer de Chine méridionale puisque elle s'appelle comme ça. Je suis à jeun d'en avoir rencontré un seul qui accepterait de rationaliser sa position. C'est un fait in.dis.cu.ta.ble pour eux.
Le réflexe est identique sur l'énorme débit du Japon souscrit en Chine lors de la grande guerre sino-japonaise. L'Empire du soleil levant n'arrivera jamais à payer sa dette. Ce qui n'empêche pas la classe moyenne chinoise de priser les produits japonais réputés de meilleure qualité que les produits domestiques et d'aller visiter le Japon pour un oui pour un non parce que sa modernité, son extravagance, sa gastronomie, sa culture maritime et ses traditions obscures les attirent. Des millions de Chinois vont voir le Japon. Certains y envoient leurs enfants passer le bac.
On comprend déjà mieux la réaction épidermique du gouvernement chinois aux quasi-insultes du nouveau premier ministre nippon à l'endroit des revendications communistes sur le détroit de Taïwan. Et comme on pouvait s'y attendre, la société chinoise a suivi en annulant un demi-million de vols d'ici la fin de l'année et en refusant de manger du poisson importé du Japon.
Mais le Japon de tous les jours pulse autant que la Chine, et les gens n'ont pas le temps de se préoccuper de la dispute en cours ; il y en eut, il y en aura. Les gens s'en foutent et Sanae Takaïchi surfe sur leur désintérêt. Elle réarme et suce Trump en sachant que le soutien américain branle dans le manche. Les Japonais sont à Ramstein (RFA) et observent la danse macabre américaine avec l'Ukraine, couplée à l'attaque frontale de leurs propres alliés. Ils ne disent rien mais ont fait leur religion sur le futur du Pacifique. Ils ne doivent compter que sur eux-mêmes, et ils ont les moyens d'y parvenir en rusant un peu avec le statut pacifiste hérité de la guerre. C'est pourquoi Takaïchi s'est plantée à mon avis. Il fallait assurer la Chine d'une ère économique nouvelle "gagnant-gagnant" comme dit Xi Jinping, faire le voyage de Pékin, et pousser dans la même foulée les arsenaux, tout en jurant ses grands dieux qu'il ne s'agit que de contribuer à la paix de la région, cette grande région qui va guider la planète demain... Mr. Mitsuhirato aurait su le faire.
Je termine sur une redondance.
Aujourd'hui les Chinois ont compris que la liberté individuelle de choisir chacun n'importe quoi selon son bon caprice ne mène à rien. Le concept de démocratie a été décapé à l'acide par la propagande officielle comme contre-performant, la preuve sous vos yeux. A ceux qui en doutent, je conseille d'aller voir.
Même le Contrôle Social est accepté puisqu'il sécurise la société au quotidien, et c'est foutrement vrai par rapport à chez nous, ce qui n'empêche pas la classe moyenne et la jeunesse d'avoir deux portables et de tout savoir des VPN. S'ajoute au sentiment de sécurité, celui de progrès indéfini par la numérisation du quotidien en avance de vingt ans sur le nôtre. Faut pas les prendre pour des quiches non plus !
Et quoiqu'on vous raconte sur Hong Kong meurtrie par la sinisation de sa société, est maintenant faux. Les Hongkongais n'ont pas plus de temps à consacrer à la stratégie que les Japonais. Ils ont intégré la nouvelle donne, en prennent leur parti et sont revenus à leurs affaires. Jimmy Laï (Apple Daily) s'est battu pour la démocratie, autant dire pour rien en Asie, et il moisit en prison. Ceux qui ont émigré sont contents de l'avoir fait, ceux qui sont restés, aussi !
On sait bien les défis colossaux que la Chine populaire affronte à l'intérieur, mais le peuple vaque à la seule occupation qui vaille, gagner de l'argent par le travail, et sur ce plan, on est morts dans notre hamac social à crédit. Demain est pour eux un autre jour avant le lendemain du lendemain jusqu'à la fin des temps. Ce peuple existe depuis cinq mille ans au même endroit. C'est une meule qui use ceux qui s'y frottent. Un peu d'intelligence ne nuit pas !
ALSP !
16 novembre 2025
Une orchidée dans les cheveux
En 2013, Madeleine Albright avait fort bien résumé le combat politique d'Aung San Suu Kyi pour le Time-100 de l'année. C'est à lire ci-dessous :
S'ensuivit un test de volonté pour déterminer l'avenir de la Birmanie ; d'un côté se trouvait une junte totalitaire, et de l'autre cette femme indomptable.
Pendant des années, il ne semblait y avoir aucun espoir ; mais ensuite, en 2011, les autorités ont commencé à reculer. La censure a été réduite ; les prisonniers ont été libérés. Suu Kyi a été élue au Parlement. Aujourd’hui, une véritable démocratie est promise.
N’étant plus prisonnière, Suu Kyi est une dirigeante politique qui doit prendre des décisions dans un environnement politique fragile. La bravoure d’Aung San Suu Kyi pour défier — et vaincre — la répression donne de l’espoir à tous ceux qui chérissent la liberté.»
Elle remporte ensuite toutes les élections sous les applaudissements du monde libre, jusqu'à ce que l'irrédentisme musulman s'invite en Arakan, poussé par les prêcheurs du Golfe persique attisant la misère d'une communauté plus ou moins importée par les Anglais sur les terres bouddhistes du petit véhicule, le moins accommodant. Les Rohingyas n'ont pas une meilleure réputation que les Roms ne l'ont chez les Slaves d'Europe orientale, et leur revendications ont donc été écrasées par une répression féroce ; elles le sont toutes !
La Communauté Internationale s'est émue du silence puis de l'approbation par Aung San Suu Kyi de la réaction musclée de l'Etat birman. Les distinctions ont commencé à lui être retirées et les grandes voix de la conscience universelle lui devinrent hostiles, jusqu'à ce qu'elle perde l'aura qui la protégeait des appétits politiques de la junte rampante. Et ce fut le coup d'Etat militaire du 1er février 2021. Les critiques étrangères de son mandat auront abouti à son renversement. Elle est depuis lors assignée à résidence chez elle sous un régime assez permissif, tant qu'elle ne se mêle pas des affaires de ces messieurs à casquette vissée.
La bien-pensance mondialisée s'est trompée sur Aung San Suu Kyi. Elle n'est pas une pigiste féministe au Nouvel Obs mais un homme d'Etat dans un pays compliqué qui affronte une lutte de désintégration permanente menée par les minorités ethiques de la montagne. La déstabilisation de l'Arakan devenait une menace existentielle pour la nation birmane parce qu'elle redoublait au sud la menace venue des communautés du nord. Elle a donc réagi en "chef d'Etat" responsable contre la tenaille qui menaçait son pays, et pas en midinette des droits de l'homme. On pense dans les chancelleries qu'elle aurait pu mieux s'y prendre, elle en convient d'ailleurs. Un peu plus de langue de bois humanitaire, un soupçon d'hypocrisie et d'égotisme auraient pu la sauver sur la piste du grand cirque diplomatique. Mais ce n'est pas son caractère, et son entêtement lui ayant valu deux fois la victoire, elle ne pouvait pas s'en défaire et ruser. La menace islamique était trop visible, des Birmans, mais pas des moralisateurs climatisés d'Occident !
On peut en retenir qu'il existe des pays difficiles qui n'ont pas de chance - le pays était en 2020 sur les rails d'une vraie démocratie - quand d'autres pays, perclus d'atouts uniques au monde, se ruinent consciemment dans des idées évaporées de solidarité et d'assistance des gens du berceau à la tombe. L'autre sujet de la semaine est une synthèse franco-algérienne que nous propose la libération allemande de Boualem Sansal.
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Faisons un sort déjà au contentement de M. Barrot qui y voit l'effet d'une "relation exigeante" quand tout le monde s'accorde à dire que le dialogue avec le Quai d'Orsay est cassé (selon les mots-mêmes de l'ambassadeur de France à Alger) et que la situation du condamné n'avait fait qu'empirer. Les autorités françaises ont cherché à capter immédiatement la gloire de l'élargissement de l'écrivain quand tout le monde sait que c'est la société des amis de Boualem Sansal (éditeurs, libraires, lecteurs et amis) qui a tout fait pour obtenir la grâce présidentielle, sans liaison avec le Quai. Celui qui a eu l'idée de demander à Frank-Walter Steinmeier de passer un coup de fil à Abdelmadjid Tebboune afin qu'il vienne en Allemagne soigner sa condition physique très dégradée, est pour l'instant un génie méconnu. Le président Tebboune a l'habitude de se faire soigner en Allemagne pour des interventions hors de portée du système de santé algérien. Donc c'est bien vu !
On notera dans la séquence des peigne-culs s'en suivant que ni le Premier ministre français ni le ministre des affaires étrangères n'ont daigné citer le nom du président allemand, encore moins le remercier nommément et en public. C'est loin Vergennes, mais nous sommes habitués à une diplomatie de nains de jardin ! Que de la gueule !
Quel était le motif de la condamnation ? Au beau milieu de la guerre froide algéro-marocaine qui est plus un affrontement identitaire qu'une revendication territoriale, il n'est pas très malin d'argumenter sur la marocanité des cantons occidentaux d'Algérie, même s'il y a eu effectivement des confiscations de sol au détriment du protectorat pour renforcer la colonie. Boualem Sansal n'en était pas à sa première imprudence, surtout par sa critique inlassable de l'islamisation forcée de son pays après la loi de Concorde civile de Bouteflika qui rouvrait la porte aux radicaux pour en finir avec la guerre civile. Boualem Sansal a toujours eu la dent dure, prenant à témoin les Français à qui il distribuait ses avertissements contre le quiétisme trompeur des chargés de chaire islamique chez nous.
Je pense que ce sont les religieux qui ont cherché à le faire taire, plus que l'état-major général. Son retour en Algérie était une décision irréfléchie. Maintenant il le sait ! Ce n'est pas pour autant qu'il doive s'abandonner au triomphe d'un retour vainqueur à Paris parmi la communauté des dissidents algériens. Le président allemand a motivé sa requête par des conditions humanitaires de santé justifiant son hospitalisation en Allemagne. Qu'on joue la partition jusqu'au bout. Il est inutile d'étaler maintenant la duperie. Et lui-même serait mieux inspiré de faire profil bas, sa naturalisation, ayant juste un an et quatre mois, ne lui a pas servi à grand chose, le Quai étant incapable d'actionner sa nouvelle nationalité.
En fait, il est assigné à résidence en Europe (il y a pire) avec une liberté de parole retrouvée qu'il ne sert à rien d'exagérer, les destinataires de ses dénonciations étant parfaitement étanches à la critique. Qu'il vieillisse bien et longtemps pour nous faire profiter de livres intéressants, c'est tout le mal qu'on lui souhaite !
Le problème franco-algérien, c'est la relation spéciale et toxique entretenue par chacune des parties depuis l'indépendance et l'exode. Les points de discorde ne peuvent se dissoudre que dans une relation normale, banale, standard, d'Etat à Etat, de nation à nation. Ce sont les passe-droits et les exemptions diverses qui lèvent la colère de part et d'autre. Et, dit en passant, l'abrogation des accords de 1968 n'est pas le remugle d'un passé colonial moisi mais une conversion de la relation spéciale au droit commun universel. Cette situation atypique est de la faute de la France qui a toujours considéré qu'elle avait un devoir d'accompagnement, de commentaire et de critique sur l'Algérie. Les délégations du FLN n'avaient aucun levier pour exiger en 1962 comme 1968 un statut privilégié pour leur pays. Elles devaient se contenter de l'indépendance et des atouts que lui laissait l'ancienne puissance coloniale. Bien gérée, l'Algérie était capable de tutoyer dans les années 60 le niveau économique de l'Espagne. On en est aujourd'hui très loin du fait de la mise en coupe réglée du pays par la junte et ses familles. Elle n'avait besoin d'accompagnement d'aucune sorte, sauf peut-être à laisser ouvert le marché français pour y écouler ses productions exportables. Il y a fort à parier qu'une discussion Macron-Tebboune les yeux dans les yeux pour établir la banalité intégrale de la relation franco-algérienne sans discrimination aucune, aurait dû aboutir pour le plus grand bien des Algériens de France d'abord, et de nos entreprises françaises en Algérie aussi.
Ce paternalisme délétère fut appliqué par l'administration gaulliste à tous les pays décolonisés. "Vous êtes indépendants dans les limites que nous vous octroyons sous la menace de tarir le virement mensuel des fonds structurels". C'est le drame de la France-Afrique, on n'y reviendra pas, elle meurt enfin, puisque les décolonisés sont grands maintenant et que nous sommes raides ! L'Algérie n'était pas une colonie africaine comme les autres, son indépendance une fois assumée convoquait plus d'intelligence que nous n'en avons montrée.
Kamel Daoud ne prendra pas l'avion.
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Pour rester dans le coup, il faut terminer par la COP30 de Bélem. Ce grand raout climatique tiendra sa promesse de réseautage et d'accès des lobbyistes aux décideurs nationaux. Parmi ces lobbies, le plus puissant est toujours celui des pétroliers et "fossiliers" qui négocient leur futur. Ce qui me fait dire que si le réchauffement climatique et ses désordres ne peuvent être contenus que par l'unanimité des pollueurs - nous tous - le pas de côté (inqualifiable) de l'Administration Trump ruine cette perspective, et malgré les efforts colossaux de la Chine populaire, il faut que les peuples - nous tous - se préparent dès maintenant s'adaptater aux événements météorologiques monstrueux.
Le petit grillon de Pinocchio me sussure à l'oreille que la limite arbitraire et quelque part magique des 2 degrés C. sera dépassée avant la fin du siècle, et que les générations nouvelles doivent se préparer à l'assaut des éléments. On peut réclamer des mesures conservatoires au président, au préfet, au maire voire même au Macronard de la circonscription. Mais au niveau de ce blog individuel et portatif, que fait-on, toi, nous, lui, sans attendre l'ouverture promise du four à gaz qui déclarera la planète invivable ? Toi-nous-lui un milliard de fois, cela pourrait quand même changer des choses ! Quelques idées en partant de l'hypothèse (invérifiable) que le réchauffement climatique est provoqué par la surpopulation de la planète, planète confisquée par une espèce prédatrice de toutes ses ressources qui n'arrive plus à les reconstituer. Nous pourrions bien mourir d'overdose de la consommation. Alors ? :
- Réduire sa consommation générale de tout, acquérir un réflexe de refus si la convoitise n'est pas de nécessité.
- Réduire la cylindrée de la prochaine voiture à proportion des limitations de vitesse ; et apprendre à conduire sur le couple, c'est le régime qui consomme le moins.
- Gérer l'eau en récupérant la pluie et les eaux d'évier. Les citernes en maçonnerie creusées dans la garrigue aride de Montpellier paliaient les sécheresses en accumulant l'eau des orages.
- Rafraîchir son environnement proche par la végétalisation des structures. Les vignes vierges d'antan n'étaient pas que décoratives.
- Chauffer moins (quel que soit le mode de chauffage), s'habiller plus chaudement de laine naturelle ou de cotonnades feutrées.
- Ne pas courir à droite et à gauche pour un rien. Eviter Dubaï !
- En un mot, consommer "responsable" en visualisant la chaîne de production et de destruction.
ALSP !