05 avril 2026

De l'inégalité des races humaines devant le tribunal médiatique

La guerre des gangs fait rage au Moyen-Orient et il ne faut sans doute pas compter sur les trois parrains du conflit pour annuler le désordre économique mondial qu'ils ont créé. Il n'a jusqu'ici manqué qu'un acteur : le courage. Personne ne semble pressé de charger baïonnette au canon, pas même les nouveaux Huns qui ont eu le temps de se faire la main sur les femmes et les gosses arabes à Gaza et maintenant au Liban. Là vous n'y pensez pas, ces salopards se défendraient !

Entretemps le chancelier Merz redoute une crise mondiale de la taille de celle du coronavirus chinois, par rupture des approvisionnements énergétiques et celle de la circulation des intrants et composants manufacturiers (engrais, alumine, chimie du plastique etc...). Si la guerre s'arrête maintenant, il faudra un année ou plus (selon C. Lagarde -BCE) pour rétablir les flux normaux. C'est dans Politico ici.

On se doute bien que l'imbécile-en-chef n'arrêtera sa guerre de choix que si la classe ouvrière américaine descend dans la rue ou si les camionneurs bloquent tout. D'ici qu'il se décide, laissons donc l'aire biblique à son histoire et revenons ce matin à nos moutons bien français.

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Le clou du spectacle démocratique est sans conteste l'élection d'un enfant du pays à Saint-Denis, cité des rois morts et de divers vivants. Connu comme le loup blanc par toute la ville, maire-adjoint et vice-président du Conseil Général du Neuf-Trois, Bally Bagayoko a dû essuyer une tempête de racisme même pas masqué, pour sa seule couleur de peau. C'est un Malien du fleuve, donc noir. Il a fait des études supérieures sur zone, aime servir son prochain, et procède en tout domaine d'une élocution châtiée et fluide que beaucoup de politiciens pourraient lui envier, surtout Manuel euh euh Valls ! Ses idées ne sont pas iconoclastes et dans la bouche d'un François Ruffin, Benoît Hamon ou d'un Alexis Corbière elles passeraient crème ! Elles forment un catalogue socialiste ou communiste de base et prennent la défense du prolétariat. De quoi parle-t-on ?

En fait, c'est un sacré pavé (250 mesures) que vous pouvez encore ouvrir en cliquant ici sinon faire confiance à la recension de l'essentiel que j'en ai fait ci-dessous :
  1. Enseignement primaire
    • Lutter contre les rats dans les écoles
    • Financer la cantine gratuite et proposer un p'ti dèj aux enfants qui le souhaitent
    • Autres mesures classiques (atsem, sorties scolaires etc) pour tout nouveau maire
  2. Logement
    • Défendre le logement public en maîtrisant loyers et charges
    • Favoriser l'accession sociale à la propriété
    • Lutter contre l'insalubrité et les immeubles en ruine
    • Etablir un syndic des associations de copropriétaires
    • etc.
  3. Démocratie locale
    • Auditer la fusion Saint-Denis-Pierrefitte avant de l'approuver
    • Mettre en place le RIC, référendum d'initiative populaire
    • Favoriser les conseils de quartier
    • Guichet unique des subventions aux associations
  4. Sécurité publique
    • Déployer la police municipale en ville à proximité des besoins
    • Créer un comité d'éthique accessible aux citoyens
    • Supprimer les LBD (pas plus de désarmement dans le programme)
  5. …… Tout le reste est à l'avenant de ce que vous avez lu dans les programmes municipaux distribués dans vos boîtes à lettres et concerne comme partout la jeunesse, l'écologie populaire, l'aménagement foncier, les trajets (transports), le sport populaire, le vivre ensemble, la culture populaire, le bien vieillir, le déploiement du service public, c'est tout ! Mais le lire prend du temps.

Rien de bolivarien, ni de castriste dans le programme à peine insoumis de M. Bagayoko. C'est un programme de gauche très classique, et la bronca, un peu surjouée sur les chaînes de désinformation continue, s'est bien nourrie d'un racisme puant à l'endroit d'un Français noir. La question est : pourquoi lui ? Parce que des maires élus des United Colors of Benetton, il y a pléthore et pas qu'en Petite Couronne à Sarcelles, Fleury-Mérogis, Mantes-la-Jolie, La Courneuve, L'Ile-Saint-Denis, Le Blanc-Mesnil ou Saint-Ouen sur Seine, Saint-Mammès, Yèbles, mais partout.
On en avait trouvé même dans des trous perdus comme Sainte-Juliette-sur-Viaur (Aveyron) ou Saint-Coulitz (Finistère). Et c'est oublier la couleur du président du Sénat Gaston Monnerville, qui a tenu tête à Charles de Gaulle lors de la forfaiture de 1962 qui dépouillait le Congrès de l'élection du président de la République.

Pourquoi lui ?

Parce que LFi, tout simplement ! Et parce que LFi défie en continu à la fois la bourgeoisie socialiste d'Etat et le lobby juif de France.

Ce parti lambertiste du bordel originel qui rêve d'un monde impayable qui n'existera jamais, s'énivre de provocations programmatiques pour tenir la rampe de l'estrade médiatique et se permet toutes les outrances afin de compenser son inaptitude à gouverner. Il y a pourtant des esprits déliés comme Manuel Bompard et Sophia Chikirou qui posent question, mais il leur faut baiser l'anneau.
Alors le maire de Saint-Denis ramasse le shitstorm à la place de Mélenchon, qui n'y cherche lui qu'un levier pour promouvoir sa prochaine candidature. La manifestation de samedi dernier à Saint-Denis contre le racisme a servi de caisse de résonnance. Plus le son monte, mieux il se porte.

Bally Bagayoko a raison d'assigner en justice les racistes de CNews, dont Pascal Praud qui est en roue libre dans ce domaine et que plus rien n'arrête. L'animateur/agitateur se veut gourou maintenant ! Il ne supportait plus la modération des mises au point judiciaires de Philippe Bilger, il l'a viré ! Sonia Mabrouk le vomit. Je l'ai entendu hurler contre le droit international en l'affaire d'Iran. Ce type est devenu la caricature américaine d'un animateur télé, avec un cheveu sur la langue !

Puisqu'on parle de races - qui existent vraiment quoiqu'en dise l'université - j'ai signé hier la pétition parlementaire contre la proposition de loi Yadan qui amalgame antisionisme et antisémitisme afin de faire condamner en France toute critique des graves dérives du cabinet Netanyahou et consorts. Si, si, je n'y croyais pas avant de l'avoir lue.

Quelles que soient les arrières pensées des initiateurs de cette pétition (ISM-France), cette proposition est inacceptable et la députée Caroline Yadan spécialement stupide. Pareille sacralisation dans nos prétoires de l'expansionnisme juif, en Palestine et autour, est inique mais surtout, elle met en réel danger la diaspora israélite chez nous, celle qui endure une hostilité déjà forte de la part des communautés arabo-musulmanes sans qu'il soit besoin de la nourrir, sans parler de l'antisémitisme rampant des groupes d'extrême-gauche qui mènent le bal dans les universités.
Désolé pour tous les relais de M. Nétanyahou chez nous (la liste serait trop longue), mais la construction du Grand Israël, assumée par le gouvernement d'aujourd'hui qui ne recule devant aucun carnage pour l'avancer, condamne d'avance les juifs de France à l'opprobre voire même à la proscription. L'amalgame "Sem & Sion" est criminel, non pour le gouvernement israélien dont l'avenir à la CPI m'indiffère, mais pour la diaspora. Et je m'étonne de ne pas entendre plus de voix israélites qui le condamnent. Elie Barnavi, Jean-Christophe Attias, Esther Benbassa et Dominique Moïsi ne suffisent pas ! Mais il y en a sans doute d'autres.

Tout ceci ne résoudra pas le conflit judéo-palestinien qui est inextricable, mais en attendant un miracle, les lecteurs qui me suivent peuvent signer la pétition sur le site de l'Assemblée nationale par ici.

Il est inutile d'importer dans notre pays un racisme à visage découvert qui prospère aux Etats-Unis, sans entrave aucune depuis l'arrivée à la Maison Blanche des suprémacistes décomplexés. Notre pays a de nombreux défis à relever pour maintenir sa place dans le concert des nations sans y ajouter une fracture supplémentaire de notre société fragilisée par l'incurie macronienne.

ALSP !



29 mars 2026

Maralago Delenda Est

Sauf à être empêché par Le Marché et ses fils & gendre qui, en l'affaire d'Iran, se sont fait un max de thunes comme on dit chez les gens qui n'en ont pas, l'Agent Orange est au seuil de la déflagration du Moyen-Orient dans le droit fil de l'impéritie de ses prédécesseurs. Dieu nous sauvera-t-Il en envoyant l'ascenseur ? Auquel cas, lui succèderait un suprémaciste reconstruit sur un véritable système de gouvernance fachiste, Jedi Vance. Les foucades du roi Ubu à la cour du roi Pétaud cesseraient comme par enchantement dès le débarquement des singes comiques de la Trumposphère qui laisseraient la place à des gens intelligents et bien plus dangereux. A la réserve près que Jédi Vance, dès ce moment, entrerait en campagne électorale pour la présidence de 2028, ce qui changerait beaucoup de choses jusqu'à redevenir simplement sérieux.

Sinon quoi ?
La guerre erratique de Donald Trump en couverture de celle du Likoud, menace d'un chaos complet tous les déséquilibres endémiques à la région, arrêtés un instant par leur propre complication. Ce monde "intermédiaire" est la mine immense des énergies fossiles et des dérivés pétrochimiques indispensables à l'industrie moderne dont la raréfaction tuera sûrement tous les projets de développements transitionnels de l'Occident et ceux de pays assoiffés d'énergie étrangère comme la péninsule indienne, la Chine et le Japon. Ne parlons pas des engrais pour l'agriculture du tiers-monde et du nôtre.

L'hypothèse la plus funeste sur le Moyen-Orient serait...
  1. le déchirage du tissu ethnique iranien entre Kurdes, Mazanderanis, Azéris, Perses et Baloutches, laissant de larges provinces incontrôlées propices à une résistance séculaire contre l'Occident global, à la manière de l'EI, attisée par nos éternels contempteurs wahhabites et autres fondamentalistes musulmans, comme on l'a déjà vu pour le califat de Raqqa ;
  2. la ruine des pétro-monarchies du Golfe persique ramenées à l'état de stations-services ;
  3. la déstabilisation de l'Irak des marais qui s'étendrait à la Syrie orientale jusqu'à l'Euphrate et remettrait une pièce dans le flipper.

Sur le Proche-Orient, on verrait...
  1. la liquéfaction du Liban mandataire partagé entre Israël au sud et la Syrie d'al-Charaa à l'est, laissant une principauté libanaise cosmopolite sur les Echelles ;
  2. le renforcement du projet sioniste par nettoyage ethnique entre le Jourdain et la Méditerranée ;
  3. l'accroissement vertigineux de la haine antisémite des peuples arabes voisins qu'ils soient égyptien, libanais, syrien ou jordanien, annonçant un refinancement à compte ouvert de la guerre asymétrique contre nous.

Au final, un état de guerre accru par rapport à l'avant 7-Octobre, et la menace jamais effacée d'une oblitération à terme de l'Etat hébreu par des pays dotés qui y verraient leur intérêt en cherchant l'intrus.

On voit que tant sur le Liban que sur l'Iran, c'est Israël qui provoquera le dynamitage des nations qu'il jugera hostiles, et pas seulement celui de leurs Etats. A moins que la nation juive d'Israël ne se ressaisisse et force son gouvernement à la réinsérer dans son espace historique sans détruire ses voisins (relire ?! la conquête de Canaan), la nation palestinienne aura disparue, on ne sait où ! Les Etats-Unis de Donald Trump seront depuis longtemps retournés en Amérique, ne comprenant plus rien aux abysses stratégiques qu'ils auront ouverts.

Comme le dit très clairement Rory Stewart sur SkyNews, les Arabes vont constater que leur relation américaine est perverse et toxique. Alors qu'ils pensaient être protégés et défendus par le pacte américain qu'ils ont financé, ils voient chaque jour qu'ils ne le sont pas, et que le petit corps expéditionnaire US arrivé ce week-end est calibré pour encocher une petite portion de la côte iranienne à des fins obscures mais pas pour vaincre leur agresseur.
Libérés des Ottomans, puis des Anglais, ils seraient mieux inspirés aujourd'hui de foutre dehors les Américains ; mais structurellement faibles, leurs Etats auront besoin d'un nouveau sponsor. La Chine est déjà à Gwadar et ses intérêts stratégiques remontent jusqu'à Bassorah !

L'hypothèse la moins pire serait que La Chose s'arrête cette semaine, avec ou sans négociations, laissant chacun panser ses plaies (combien de milliards de dollars pulvérisés qui auraient mieux trouvé leur emploi dans la misère sociale américaine ?) pendant que les flux logistiques reprendront vie et les bourses avec. Cosco a rouvert mercredi dernier ses contrats de general cargo sur le Golfe persique et les supertankers sortent au compte-goutte selon les pays destinataires.

Mais dans cette hypothèse, la frustration d'Israël sera si grande de n'avoir pu écraser complètement son ennemi, qu'il y aura forcément une fissure dans la relation judéo-américaine qui s'élargira. Les récriminations seront réciproques et Les jours de l'AIPAC seront comptés : le lobby sioniste américain a fourvoyé la politique américaine dans une folle enchère - le sponsoring d'eretz Israël - et il faudra lui faire porter le chapeau de tous les désagréments encourus dans une guerre de choix ingagnable, dont celui de la mise en danger de toute la diaspora juive sur la planète depuis que M. Nétanyahou s'est affranchi de toutes les lois de la guerre, écrites et non écrites. De toute façon, Donald Trump est par nature innocent de tout échec et trouvera le coupable qui va bien.

Les accords d'Abraham entre les oligarchies arabes et juives sont morts, la Rue arabe ne les accepte plus après soixante-dix mille morts indiscriminés à Gaza. Et c'est bien parti au Liban. La haine tout-azimut est installée durablement au Proche-Orient. S'ils sont abandonnés par l'Oncle Sam, combien de temps tiendront huit millions de juifs dans un monde arabe de 450 millions d'âmes qui ont appris de la bouche de personnalités américaines de premier plan (ambassadeur Mike Muckabee et sénateur Ted Cruz) que Le Plan va du Nil à l'Euphrate ? Laissons-là nos aigreurs et apaisons l'ulcère !

congre au fusain

Les municipales qui se sont achevées vendredi dernier par l'élection des maires pour six ans en conseil ont révélé tous les travers de notre classe politique, prête à tout pour être élue, à des exceptions rares mais bien réelles parfois. Mais ce qui a offusqué les chroniqueurs, c'est l'incivilité des masses laborieuses et démocratiques victorieuses. Rendez-vous compte, Chère Médème, que des maires sortants, jugés par eux-mêmes très méritants, ont dû quitter la salle des mariages sous les lazzis de la foule survoltée de joie, parfois sous la protection de leur police municipale. Quelle idée aussi de vouloir vivre encore un peu par un discours d'adieu recentré sur un glorieux bilan quand les urnes vous ont chassé dans les ouatères de la démocratie ! C'est le jeu ! Dégage et tais-toi !,
D'aucuns, archi-battus, veulent siéger au nouveau conseil municipal et s'étonnent de ne pas recevoir les mêmes égards qu'ils savouraient comme président de séance ; ils sont coupés, moqués, sifflés. Mais que font-ils là ? Un maire battu ne siège plus, c'est du simple bon sens.
Bayrou à Pau, Estrosi à Nice ne siègent plus. Mais Teyssèdre à Rodez insiste et se plaindra.

Intéressant est l'axe de reconstruction séparée prônée par Bally Bagayoko, nouveau maire insoumis de Saint-Denis. S'y voit comme en laboratoire la créolisation du pays dans le cas non exclu de l'avènement de Jean-Luc Mélenchon à l'Elysée en mai 2027. D'ailleurs Manuel Bompard (docteur en mathématiques aéronautiques, hein ?) l'a confirmé explicitement ici : ce n'est que le début.

La démocratie n'est pas une étiquette, un savoir-vivre ; la démocratie c'est violent, l'écrasement de la minorité par la majorité du jour est la règle, souvent le détricotage du mandat précédent, à charge de revanche pour la prochaine fois. L'heure n'est plus à la rhubarbe et au séné, le programme s'assène ! D'ailleurs M. Retailleau parle déjà de radicalités : « Nous sommes au bout d’un cycle (ndlr: le macronisme). Les Français désirent une rupture avec les habitudes anciennes ; nos solutions ne peuvent se limiter à des rectifications superficielles. Il est crucial de conserver la force de nos idées sans les diluer dans une soupe insipide.» En face, ils pensent pareil !

S'ouvre déjà la pré-campagne électorale pour la présidentielle de l'an prochain. Le succès possible du jeune président du Rassemblement national met en tension le parti lepéniste ; des lignes programmatiques s'affrontent ; si près du but, la "famille" ne veut pas lâcher le morceau. On en reparlera.

ALSP !

22 mars 2026

Norouz à Ormuz

Fête païenne du feu remontant à la Perse antique qui tombe chaque année à l'équinoxe de printemps sur toute l'Asie aride. On la dit mazdéiste, née à l'aube du monde civilisé quand parlait Zarathoustra, dualiste célébré par Nietzsche. En demeurent de beaux restes dans l'Iran contemporain où la lutte du Bien contre le Mal fait rage actuellement. La notice de la Wikipédia vous apprend tout sans peine (clic).

Au milieu du saccage de la nation iranienne par le peuple élu réuni aux barbares de l'océan lointain, la fête du feu revêt cette année une importance particulière qui ne vous aura pas échappée. On y attendait une déclaration solennelle du nouveau Guide suprême imposé à la nation par la mollarchie chi'ite, saisissant le flambeau de sa charge et le portant haut comme la statue hiératique de la Liberté, ce ne fut qu'un texte aussi long et funèbre que filandreux (clic), lu à la radio par un speaker, empli de billevesées, à douter même qu'il ait été écrit par l'ayatollah-nouveau-est-arrivé. Est-il comateux, est-il mort ? la situation gazeuse du pouvoir des mollahs arrange le Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRi) qui mène à sa guise la guerre à l'Occident global, comme il s'y est préparé depuis quarante ans, sans l'encombrant renfort des clercs.

Des "experts à plateau" comme les négresses éponymes prêtent au CGRi le déroulement d'un plan déjà ancien de résistance, genre Défense opérationnelle du territoire, qui doit amener l'ennemi à finalement débarquer pour se battre d'homme à homme et le vaincre. Aussi, peu leur chaut l'anéantissement de leur aviation et de leur marine si l'infanterie continue. La nation iranienne étant réputée instruite, il est probable que Le Plan ait été établi jusqu'au bout de l'épure par les survivants de la guerre Iran-Irak, et qu'ils attendent de pied ferme le débarquement hollywoodien du matamore de la téléréalité. Convergeraient sur zone deux groupes amphibies et une brigade d'assaut aéroportée. On va voir.
Venons-en aux buts probables de cette guerre de choix judéo-américaine. Ils sont clairs et légitimes du côté d'Israël, menacé des pires outrages depuis le début de la République islamique d'Iran qui rêve, elle, d'une incinération du sionisme sur place :
  • Anéantir le régime théocratique des mollahs et ses bras armés est le leitmotiv du Likoud, quoiqu'il en coûte à la population civile. Désolés !
  • Oblitérer le programme nucléaire civil et militaire dont le succès futur signerait la rupture stratégique de terreur entre le petit poucet de la fable qu'ils appellent David et l'ogre iranien de la taille de l'Europe occidentale qu'ils appellent Goliath.
  • Casser l'industrie balistique et si possible, toute la BITD iranienne.
Que pourrait-on leur reprocher en intentions ?
Sa mise en œuvre justement !

Il semble, vu de loin mais quand même, que la destruction systématique du régime ait débordé sur celle des infrastructures civiles dont le pays a besoin, ce qui n'inquiète en rien le gouvernement de Jérusalem qui s'est déjà fait la main sur Gaza et échantillonne ses répliques au Sud-Liban dans le même esprit de benign neglect - un million de déplacés. Le problème est que la destruction ras-la-planche de l'Iran n'augure pas de la victoire finale. Sauf débandade toujours attendue au Pentagone mais qui tarde, il n'y aura sans doute pas de démotivation des unités combattantes ni des masses fidèles à l'enseignement théologique asséné depuis 47 ans au peuple. Entre un cinquième et un quart de la population est fanatisée et radicalisée. On ne convertit pas les radicaux par des tapis de bombes, Mossoul et Raqqa en ont fait la démonstration. On peut aussi dauber sur la loyauté d'Artesh, l'armée régulière impériale, mais au bout de trois semaines intenses, elle n'a pas bronché et demeure aux ordres. Au final, Tsahal n'ira pas voir à hauteur d'homme ! Trop dangereux. Alors quoi ?

"Les lois claires en théorie tournent parfois au chaos d'application", disait Bonaparte. C'est ce qui arrive aux Américains. Si Israël a le bon motif pour écraser un ennemi attaché à sa perte, l'administration Trump n'en a aucun. Le chien fou du contre-terrorisme US, Joseph Kent, l'a avoué et pris la porte. On soupçonne l'Imbécile-en-chef d'avoir mûri un "deal" à la vénézuélienne avec un successeur des ayatollahs compatible pour l'exploitation conjointe de champs pétrolifères ou gaziers comme aux temps bénis de l'Anglo-iranian Oil Company. Manque de pot, les Gardiens contrôlent la chatière d'Ormuz et instaure un péage à la tête du client. Résultat :

il manque dix pour cent de l'approvisionnement mondial en pétrole et plus encore en gaz. Vous suivez l'actualité et savez donc que le secteur des engrais et celui de l'alumine sont désormais en crise. Les prix flambent, des pénuries s'annoncent, Grand Condor ne sait plus quoi faire.
Saisir les postes de chargement de Kharg n'ouvrira pas pour autant le détroit d'Ormuz. Au final comme un paon, il a chié partout et fait maintenant la roue, mais les Arabes le maudissent déjà. La protection américaine à prix exorbitant est un leurre, l'image touristico-financière des émirats est en passe d'être ruinée si le régime honni de Téhéran se maintient et promet sa vengeance. La vision séoudienne d'un avenir radieux hors-pétrole en a pris un sacré coup : le port industriel de Yanbou el-Baḥr sur la Mer rouge a été bombardé. Une conséquence est positive dans ce chaos et nous concerne au premier chef.

Si la crise iranienne ne nous apprend rien qu'on ne savait déjà, elle nous confirme dans deux projets :
  1. La transition énergétique
  2. La défense autonome de l'Europe, fédérée ou pas
(1) Le continent européen doit s'affranchir de toute énergie qu'il ne produit pas chez lui. La transition est bien plus qu'un choix moral ou vertueux eu égard au changement climatique, elle est un impératif stratégique incontournable pour réduire progressivement le chantage éventuel des fournisseurs étrangers ou de malfaisants coupant les routes d'approvisionnement. On notera à cet égard que le refus à l'obstacle d'Ormuz des pays européens est d'abord motivé par notre incapacité à le rouvrir ! Après on brode, NATO pas NATO, ONU pas ONU, mais au pied de la falaise, personne ! Ce qui nous amène au point 2.

(2) C'est sans doute le plus grand service que Donald Trump ait rendu à l'Europe, celui de lui mettre la tête dans son fumier défensif et d'appuyer sur la nuque. L'Europe n'est ni vassalisée ni supplétive, elle n'est pas, tout simplement. Le blocage d'Ormuz par les Gardiens de la révolution islamique aurait dû déclencher un ultimatum européen et une manœuvre navale en coalition pour préserver nos intérêts. Nous n'aurions même pas dû attendre l'injonction ridicule de Trump à l'aider sur zone. Sauf que nous, Français, serons à la peine pour tenir la rive gauche du Rhin et que la topographie de la rive iranienne du détroit convoque des moyens lourds et abondants que nous n'avons pas. Tout ce que vous avez voulu savoir sur le détroit d'Ormuz sans jamais oser le demander est par . Quant au reste, cela ne nous concerne en rien finalement, sauf intérêts mercantiles particuliers.
Notre posture de juge moral universel n'est crédible voire tenable que si nous avons la force de protéger nos intérêts vitaux autrement que par des communiqués ronflants ou, pour ce qui nous concerne, par la dissuasion nucléaire qui est un pistolet à un coup inadapté aux circonstances présentes.

Que Trump retire les Etats-Unis de l'OTAN serait positif pour l'Europe, jusqu'à mériter que l'on nomme une avenue à son nom dans chaque capitale européenne.
Se défendre nous-mêmes (enfin !) implique de modifier partout le modèle social, dans ses extravagances déjà et dans ses fondamentaux :
- Quelle sécurité raisonnable peut-on assurer aux sociétés européennes ?
- Quel projet de vie soutenable pouvons-nous proposer aux générations montantes ?
- Quelle part un Etat doit-il prendre dans la définition d'une vie humaine ?

Tout est à repenser. Il y a des millions d'Européens à faire tomber du hamac social pour se défendre contre la menace des empires prédateurs, mais plus rapidement encore contre les effets désastreux du réchauffement climatique sur toutes les économies du monde qui vont recréer le chaos à peine en serons-nous sortis. Le combat du Bien contre le Mal va sérieusement se compliquer dès lors qu'il n'y a aucun volet moral dans le dérèglement climatique. Personne ne pourra le dénoncer ou le clouer au pilori ! Il n'est même pas sûr que nous puissions affronter le Léviathan promis.

Et sinon, Ormuz ?

L'île "arc-en-ciel" était il y a peu un spot touristique très prisé des globe-trotters. Sa topologie montagneuse, ses falaises torturées, ses plages rouges sont uniques. Son souk, les échoppes de street food, sa population bigarrée de cinq mille âmes, la chaleur étouffante aussi ; on s'en souvient toujours, disent les voyageurs non organisés.

ALSP !