12 avril 2026

Ô Marquises 🎜

J'ai toujours eu envie d'une Porsche 911. Il me souvient même d'être allé dans le showroom occasions de Charles Pozzi, il y a très longtemps. L'envie fut de longue haleine puisque des décennies plus tard, mon fils m'a payé pour mon anniversaire des tours de piste en Porsche type 991 sur circuit, me confirmant s'il en était besoin que j'avais raté quelque chose. Mais je n'ai jamais eu les moyens de m'offrir cette quintessence de la voiture sportive, sauf à trouver et reconstruire une épave à la casse, ce qui se fait parfaitement bien avec du temps et un peu d'argent, car une 911 est une somme de composants à assembler assez simplement. Mais, c'est le temps alors qui m'a manqué. Alors, comme tous les gens revenus de leurs fantasmes automobiles et connaissant le prix des choses, je roule en japonaise, Pearl Harbour connaît pas !

Pendant le même temps, j'ai défendu le retour de la France dans le commandement intégré de l'OTAN au motif que, trop faible pour entrer seul en guerre, mon pays devrait se battre en coalition. Le plus sûr moyen de vaincre était non pas de s'associer sur les bords à un groupe lui-même intégré, mais d'y entrer inter pares en apportant le meilleur de nous-mêmes. A ce moment-là, le seul système de défense sur étagère était celui de l'Atlantique Nord. On en savait les contraintes exprimées régulièrement par le parrain majeur, on en voyait aussi les meilleurs effets sur notre préparation au conflit de haute intensité, à commencer par la conversion de nos forces d'une pratique élargie de gendarmerie coloniale en une force continentale de choc et rupture au sein de processus et réflexes acquis en commun.

L'embuscade tragique de Sper Kunday en Afghanistan en 2008 avait été un révélateur de cette nécessité (quid). Un détail m'avait glacé le sang : les dizaines de sacs de cartouches de 5,56 balancés par le renfort américain aux groupes bloqués dans le piège taliban n'ont servi à rien puisque la cartouche française destinée au FAMAS n'était pas chambrée comme la 5.56 NATO.
C'était déjà le cas en Allemagne où la munition française d'infanterie était du 7,5 alors que tous les autres pays étaient en 7,62. Engagés ensemble dans un combat au sol, nous ne pouvions pas nous entraider. Bref, depuis ce jour en vallée d'Uzbin nous apprîmes beaucoup !

Mais les dividendes de la paix détruisirent dans la masse nos capacités rénovées qui avaient gagné en qualité. Au seuil maintenant de l'effondrement délibéré de la coalition atlantique en application du principe isolationniste américain, exprimé avec vulgarité par Donald Trump mais initié assez sèchement par Barack Obama, nous sommes obligés de concevoir une autre forme de coopération militaire sur le vieux continent, qui prenne en charge des moyens équivalant ceux que les Américains vont retirer pour les redistribuer en Extrême Orient afin de contenir les appétits hégémoniques chinois. Et c'est là que le premier paragraphe de cet article prend tout son sens. En avons-nous la capacité ?

Le sursaut de crédits militaires que va exiger de nos finances la réorganisation de l'alliance européenne de défense, induit le changement de paradigme de nos comportements sociaux parce qu'ils coûtent à l'Etat un "pognon de dingue". Dit autrement, le Club Med où se vautre à milliards d'euros la nation du reste à charge zéro, de la retraite hâtée, de la paresse comme avancée, des 35 heures et des cinq semaines de congés payés, ce Club-là va fermer ses portes. Car on ne va pas chercher une dizaine de milliards pour embellir la nouvelle mariée, non, nous devons repasser au-dessus de 5%pib de dépenses militaires, comme à l'époque de la guerre froide. Surtout qu'elle commence à tiédir ! Le chef d'état-major Lecointre nous en avait prévenu à son pot de départ : fois deux !

Alors bien sûr, tous ces avantages sociaux que le monde entier nous envie sans jamais oser se les appliquer par crainte de la banqueroute, sont justifiés à tous égards par la dureté des temps et la sacralisation de la personne humaine qu'il nous faut assister du berceau à la tombe. Mais si nous aimons la liberté autant que nos pères l'aimèrent, il va falloir tout simplement redevenir sérieux, travailler, et construire la force conventionnelle de guerre que nous n'aurions jamais dû réduire pour plaire à l'électeur. Ce billet n'est pas un catalogue, mais on peut exprimer deux besoins à mon avis incontournables :

  1. D'abord, nous devons être capable de déployer plusieurs divisions bonnes de guerre afin d'affronter la contestation du sol européen par l'ennemi de toujours, sans s'adosser à la dissuasion nucléaire qui ne doit être que l'ultima ratio. Le CEMAT promet une division bonne de guerre (une seule) pour l'an prochain.
    La force nucléaire, elle, fut conçue au départ à côté d'une force conventionnelle importante capable de tenir son créneau au rempart. Elle ne doit pas être intégrée au combat de haute intensité. Elle ne doit pas être discutée, ni négociée dans la construction d'une nouvelle coalition. La démarche de M. Macron est une erreur. La victoire ne peut être que conventionnelle ; nucléaire, c'est une défaite, la dernière défaite : la planète des singes.
  2. Secondement, l'histoire nous a dotés d'un espace maritime important et lointain. Le choc des hégémons met en tension toutes les mers du globe et accroît la menace sur nos possessions d'outremer.

    Si nous voulons conserver cet espace - on peut aussi le larguer et oublier tout ce que ces pays nous ont apporté - il est indispensable de déployer une marine militaire au niveau du défi stratégique, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Et cet effort doit couvrir la sûreté des routes d'échanges nous concernant, et sans doute aucun celle des détroits et canaux empruntés. Nous en sommes loin. Et nos contempteurs le savent. Nous savons qu'ils le savent et nous faisons peu !
    Les études en cours déboucheront probablement sur un doublement en tonnage de la flotte actuelle. Sans doute faudra-t-il alors annuler les congés parentaux aux mâles géniteurs et oublier la Porsche modèle 1945-CNR que la nation ne peut plus entretenir !

Voilà ! Ce que le système clientéliste français a détourné de fonds vers la satisfaction de besoins non essentiels pour rémunérer les apports de voix dans les urnes va réapparaître dans les programmes politiques et c'est tant mieux. M. Lecornu va financer sa transition électrique en tapant dans les prestations sociales, mais sans le dire. Le gras est là. Il en sera de même pour la transition militaire mais comme nous sommes partout à l'os, l'arbitrage sera officialisé dans le budget.

Il est dommage que la classe politique française n'ait pas eu le courage de la classe allemande ou canadienne ou suédoise qui ont remis leurs comptes en ordre au cas où ils auraient besoin d'argent plus tard. Ils y sont. Nous y sommes. On voit notre cul à travers le pantalon : 74 milliards d'intérêts à sortir sur la dette l'an prochain et des déficits partout ! Il faut repeindre le Mur des Fédérés.

ALSP !





05 avril 2026

De l'inégalité des races humaines devant le tribunal médiatique

La guerre des gangs fait rage au Moyen-Orient et il ne faut sans doute pas compter sur les trois parrains du conflit pour annuler le désordre économique mondial qu'ils ont créé. Il n'a jusqu'ici manqué qu'un acteur : le courage. Personne ne semble pressé de charger baïonnette au canon, pas même les nouveaux Huns qui ont eu le temps de se faire la main sur les femmes et les gosses arabes à Gaza et maintenant au Liban. Là vous n'y pensez pas, ces salopards se défendraient !

Entretemps le chancelier Merz redoute une crise mondiale de la taille de celle du coronavirus chinois, par rupture des approvisionnements énergétiques et celle de la circulation des intrants et composants manufacturiers (engrais, alumine, chimie du plastique etc...). Si la guerre s'arrête maintenant, il faudra un année ou plus (selon C. Lagarde -BCE) pour rétablir les flux normaux. C'est dans Politico ici.

On se doute bien que l'imbécile-en-chef n'arrêtera sa guerre de choix que si la classe ouvrière américaine descend dans la rue ou si les camionneurs bloquent tout. D'ici qu'il se décide, laissons donc l'aire biblique à son histoire et revenons ce matin à nos moutons bien français.

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Le clou du spectacle démocratique est sans conteste l'élection d'un enfant du pays à Saint-Denis, cité des rois morts et de divers vivants. Connu comme le loup blanc par toute la ville, maire-adjoint et vice-président du Conseil Général du Neuf-Trois, Bally Bagayoko a dû essuyer une tempête de racisme même pas masqué, pour sa seule couleur de peau. C'est un Malien du fleuve, donc noir. Il a fait des études supérieures sur zone, aime servir son prochain, et procède en tout domaine d'une élocution châtiée et fluide que beaucoup de politiciens pourraient lui envier, surtout Manuel euh euh Valls ! Ses idées ne sont pas iconoclastes et dans la bouche d'un François Ruffin, Benoît Hamon ou d'un Alexis Corbière elles passeraient crème ! Elles forment un catalogue socialiste ou communiste de base et prennent la défense du prolétariat. De quoi parle-t-on ?

En fait, c'est un sacré pavé (250 mesures) que vous pouvez encore ouvrir en cliquant ici sinon faire confiance à la recension de l'essentiel que j'en ai fait ci-dessous :
  1. Enseignement primaire
    • Lutter contre les rats dans les écoles
    • Financer la cantine gratuite et proposer un p'ti dèj aux enfants qui le souhaitent
    • Autres mesures classiques (atsem, sorties scolaires etc) pour tout nouveau maire
  2. Logement
    • Défendre le logement public en maîtrisant loyers et charges
    • Favoriser l'accession sociale à la propriété
    • Lutter contre l'insalubrité et les immeubles en ruine
    • Etablir un syndic des associations de copropriétaires
    • etc.
  3. Démocratie locale
    • Auditer la fusion Saint-Denis-Pierrefitte avant de l'approuver
    • Mettre en place le RIC, référendum d'initiative populaire
    • Favoriser les conseils de quartier
    • Guichet unique des subventions aux associations
  4. Sécurité publique
    • Déployer la police municipale en ville à proximité des besoins
    • Créer un comité d'éthique accessible aux citoyens
    • Supprimer les LBD (pas plus de désarmement dans le programme)
  5. …… Tout le reste est à l'avenant de ce que vous avez lu dans les programmes municipaux distribués dans vos boîtes à lettres et concerne comme partout la jeunesse, l'écologie populaire, l'aménagement foncier, les trajets (transports), le sport populaire, le vivre ensemble, la culture populaire, le bien vieillir, le déploiement du service public, c'est tout ! Mais le lire prend du temps.

Rien de bolivarien, ni de castriste dans le programme à peine insoumis de M. Bagayoko. C'est un programme de gauche très classique, et la bronca, un peu surjouée sur les chaînes de désinformation continue, s'est bien nourrie d'un racisme puant à l'endroit d'un Français noir. La question est : pourquoi lui ? Parce que des maires élus des United Colors of Benetton, il y a pléthore et pas qu'en Petite Couronne à Sarcelles, Fleury-Mérogis, Mantes-la-Jolie, La Courneuve, L'Ile-Saint-Denis, Le Blanc-Mesnil ou Saint-Ouen sur Seine, Saint-Mammès, Yèbles, mais partout.
On en avait trouvé même dans des trous perdus comme Sainte-Juliette-sur-Viaur (Aveyron) ou Saint-Coulitz (Finistère). Et c'est oublier la couleur du président du Sénat Gaston Monnerville, qui a tenu tête à Charles de Gaulle lors de la forfaiture de 1962 qui dépouillait le Congrès de l'élection du président de la République.

Pourquoi lui ?

Parce que LFi, tout simplement ! Et parce que LFi défie en continu à la fois la bourgeoisie socialiste d'Etat et le lobby juif de France.

Ce parti lambertiste du bordel originel qui rêve d'un monde impayable qui n'existera jamais, s'énivre de provocations programmatiques pour tenir la rampe de l'estrade médiatique et se permet toutes les outrances afin de compenser son inaptitude à gouverner. Il y a pourtant des esprits déliés comme Manuel Bompard et Sophia Chikirou qui posent question, mais il leur faut baiser l'anneau.
Alors le maire de Saint-Denis ramasse le shitstorm à la place de Mélenchon, qui n'y cherche lui qu'un levier pour promouvoir sa prochaine candidature. La manifestation de samedi dernier à Saint-Denis contre le racisme a servi de caisse de résonnance. Plus le son monte, mieux il se porte.

Bally Bagayoko a raison d'assigner en justice les racistes de CNews, dont Pascal Praud qui est en roue libre dans ce domaine et que plus rien n'arrête. L'animateur/agitateur se veut gourou maintenant ! Il ne supportait plus la modération des mises au point judiciaires de Philippe Bilger, il l'a viré ! Sonia Mabrouk le vomit. Je l'ai entendu hurler contre le droit international en l'affaire d'Iran. Ce type est devenu la caricature américaine d'un animateur télé, avec un cheveu sur la langue !

Puisqu'on parle de races - qui existent vraiment quoiqu'en dise l'université - j'ai signé hier la pétition parlementaire contre la proposition de loi Yadan qui amalgame antisionisme et antisémitisme afin de faire condamner en France toute critique des graves dérives du cabinet Netanyahou et consorts. Si, si, je n'y croyais pas avant de l'avoir lue.

Quelles que soient les arrières pensées des initiateurs de cette pétition (ISM-France), cette proposition est inacceptable et la députée Caroline Yadan spécialement stupide. Pareille sacralisation dans nos prétoires de l'expansionnisme juif, en Palestine et autour, est inique mais surtout, elle met en réel danger la diaspora israélite chez nous, celle qui endure une hostilité déjà forte de la part des communautés arabo-musulmanes sans qu'il soit besoin de la nourrir, sans parler de l'antisémitisme rampant des groupes d'extrême-gauche qui mènent le bal dans les universités.
Désolé pour tous les relais de M. Nétanyahou chez nous (la liste serait trop longue), mais la construction du Grand Israël, assumée par le gouvernement d'aujourd'hui qui ne recule devant aucun carnage pour l'avancer, condamne d'avance les juifs de France à l'opprobre voire même à la proscription. L'amalgame "Sem & Sion" est criminel, non pour le gouvernement israélien dont l'avenir à la CPI m'indiffère, mais pour la diaspora. Et je m'étonne de ne pas entendre plus de voix israélites qui le condamnent. Elie Barnavi, Jean-Christophe Attias, Esther Benbassa et Dominique Moïsi ne suffisent pas ! Mais il y en a sans doute d'autres.

Tout ceci ne résoudra pas le conflit judéo-palestinien qui est inextricable, mais en attendant un miracle, les lecteurs qui me suivent peuvent signer la pétition sur le site de l'Assemblée nationale par ici.

Il est inutile d'importer dans notre pays un racisme à visage découvert qui prospère aux Etats-Unis, sans entrave aucune depuis l'arrivée à la Maison Blanche des suprémacistes décomplexés. Notre pays a de nombreux défis à relever pour maintenir sa place dans le concert des nations sans y ajouter une fracture supplémentaire de notre société fragilisée par l'incurie macronienne.

ALSP !



29 mars 2026

Maralago Delenda Est

Sauf à être empêché par Le Marché et ses fils & gendre qui, en l'affaire d'Iran, se sont fait un max de thunes comme on dit chez les gens qui n'en ont pas, l'Agent Orange est au seuil de la déflagration du Moyen-Orient dans le droit fil de l'impéritie de ses prédécesseurs. Dieu nous sauvera-t-Il en envoyant l'ascenseur ? Auquel cas, lui succèderait un suprémaciste reconstruit sur un véritable système de gouvernance fachiste, Jedi Vance. Les foucades du roi Ubu à la cour du roi Pétaud cesseraient comme par enchantement dès le débarquement des singes comiques de la Trumposphère qui laisseraient la place à des gens intelligents et bien plus dangereux. A la réserve près que Jédi Vance, dès ce moment, entrerait en campagne électorale pour la présidence de 2028, ce qui changerait beaucoup de choses jusqu'à redevenir simplement sérieux.

Sinon quoi ?
La guerre erratique de Donald Trump en couverture de celle du Likoud, menace d'un chaos complet tous les déséquilibres endémiques à la région, arrêtés un instant par leur propre complication. Ce monde "intermédiaire" est la mine immense des énergies fossiles et des dérivés pétrochimiques indispensables à l'industrie moderne dont la raréfaction tuera sûrement tous les projets de développements transitionnels de l'Occident et ceux de pays assoiffés d'énergie étrangère comme la péninsule indienne, la Chine et le Japon. Ne parlons pas des engrais pour l'agriculture du tiers-monde et du nôtre.

L'hypothèse la plus funeste sur le Moyen-Orient serait...
  1. le déchirage du tissu ethnique iranien entre Kurdes, Mazanderanis, Azéris, Perses et Baloutches, laissant de larges provinces incontrôlées propices à une résistance séculaire contre l'Occident global, à la manière de l'EI, attisée par nos éternels contempteurs wahhabites et autres fondamentalistes musulmans, comme on l'a déjà vu pour le califat de Raqqa ;
  2. la ruine des pétro-monarchies du Golfe persique ramenées à l'état de stations-services ;
  3. la déstabilisation de l'Irak des marais qui s'étendrait à la Syrie orientale jusqu'à l'Euphrate et remettrait une pièce dans le flipper.

Sur le Proche-Orient, on verrait...
  1. la liquéfaction du Liban mandataire partagé entre Israël au sud et la Syrie d'al-Charaa à l'est, laissant une principauté libanaise cosmopolite sur les Echelles ;
  2. le renforcement du projet sioniste par nettoyage ethnique entre le Jourdain et la Méditerranée ;
  3. l'accroissement vertigineux de la haine antisémite des peuples arabes voisins qu'ils soient égyptien, libanais, syrien ou jordanien, annonçant un refinancement à compte ouvert de la guerre asymétrique contre nous.

Au final, un état de guerre accru par rapport à l'avant 7-Octobre, et la menace jamais effacée d'une oblitération à terme de l'Etat hébreu par des pays dotés qui y verraient leur intérêt en cherchant l'intrus.

On voit que tant sur le Liban que sur l'Iran, c'est Israël qui provoquera le dynamitage des nations qu'il jugera hostiles, et pas seulement celui de leurs Etats. A moins que la nation juive d'Israël ne se ressaisisse et force son gouvernement à la réinsérer dans son espace historique sans détruire ses voisins (relire ?! la conquête de Canaan), la nation palestinienne aura disparue, on ne sait où ! Les Etats-Unis de Donald Trump seront depuis longtemps retournés en Amérique, ne comprenant plus rien aux abysses stratégiques qu'ils auront ouverts.

Comme le dit très clairement Rory Stewart sur SkyNews, les Arabes vont constater que leur relation américaine est perverse et toxique. Alors qu'ils pensaient être protégés et défendus par le pacte américain qu'ils ont financé, ils voient chaque jour qu'ils ne le sont pas, et que le petit corps expéditionnaire US arrivé ce week-end est calibré pour encocher une petite portion de la côte iranienne à des fins obscures mais pas pour vaincre leur agresseur.
Libérés des Ottomans, puis des Anglais, ils seraient mieux inspirés aujourd'hui de foutre dehors les Américains ; mais structurellement faibles, leurs Etats auront besoin d'un nouveau sponsor. La Chine est déjà à Gwadar et ses intérêts stratégiques remontent jusqu'à Bassorah !

L'hypothèse la moins pire serait que La Chose s'arrête cette semaine, avec ou sans négociations, laissant chacun panser ses plaies (combien de milliards de dollars pulvérisés qui auraient mieux trouvé leur emploi dans la misère sociale américaine ?) pendant que les flux logistiques reprendront vie et les bourses avec. Cosco a rouvert mercredi dernier ses contrats de general cargo sur le Golfe persique et les supertankers sortent au compte-goutte selon les pays destinataires.

Mais dans cette hypothèse, la frustration d'Israël sera si grande de n'avoir pu écraser complètement son ennemi, qu'il y aura forcément une fissure dans la relation judéo-américaine qui s'élargira. Les récriminations seront réciproques et Les jours de l'AIPAC seront comptés : le lobby sioniste américain a fourvoyé la politique américaine dans une folle enchère - le sponsoring d'eretz Israël - et il faudra lui faire porter le chapeau de tous les désagréments encourus dans une guerre de choix ingagnable, dont celui de la mise en danger de toute la diaspora juive sur la planète depuis que M. Nétanyahou s'est affranchi de toutes les lois de la guerre, écrites et non écrites. De toute façon, Donald Trump est par nature innocent de tout échec et trouvera le coupable qui va bien.

Les accords d'Abraham entre les oligarchies arabes et juives sont morts, la Rue arabe ne les accepte plus après soixante-dix mille morts indiscriminés à Gaza. Et c'est bien parti au Liban. La haine tout-azimut est installée durablement au Proche-Orient. S'ils sont abandonnés par l'Oncle Sam, combien de temps tiendront huit millions de juifs dans un monde arabe de 450 millions d'âmes qui ont appris de la bouche de personnalités américaines de premier plan (ambassadeur Mike Muckabee et sénateur Ted Cruz) que Le Plan va du Nil à l'Euphrate ? Laissons-là nos aigreurs et apaisons l'ulcère !

congre au fusain

Les municipales qui se sont achevées vendredi dernier par l'élection des maires pour six ans en conseil ont révélé tous les travers de notre classe politique, prête à tout pour être élue, à des exceptions rares mais bien réelles parfois. Mais ce qui a offusqué les chroniqueurs, c'est l'incivilité des masses laborieuses et démocratiques victorieuses. Rendez-vous compte, Chère Médème, que des maires sortants, jugés par eux-mêmes très méritants, ont dû quitter la salle des mariages sous les lazzis de la foule survoltée de joie, parfois sous la protection de leur police municipale. Quelle idée aussi de vouloir vivre encore un peu par un discours d'adieu recentré sur un glorieux bilan quand les urnes vous ont chassé dans les ouatères de la démocratie ! C'est le jeu ! Dégage et tais-toi !,
D'aucuns, archi-battus, veulent siéger au nouveau conseil municipal et s'étonnent de ne pas recevoir les mêmes égards qu'ils savouraient comme président de séance ; ils sont coupés, moqués, sifflés. Mais que font-ils là ? Un maire battu ne siège plus, c'est du simple bon sens.
Bayrou à Pau, Estrosi à Nice ne siègent plus. Mais Teyssèdre à Rodez insiste et se plaindra.

Intéressant est l'axe de reconstruction séparée prônée par Bally Bagayoko, nouveau maire insoumis de Saint-Denis. S'y voit comme en laboratoire la créolisation du pays dans le cas non exclu de l'avènement de Jean-Luc Mélenchon à l'Elysée en mai 2027. D'ailleurs Manuel Bompard (docteur en mathématiques aéronautiques, hein ?) l'a confirmé explicitement ici : ce n'est que le début.

La démocratie n'est pas une étiquette, un savoir-vivre ; la démocratie c'est violent, l'écrasement de la minorité par la majorité du jour est la règle, souvent le détricotage du mandat précédent, à charge de revanche pour la prochaine fois. L'heure n'est plus à la rhubarbe et au séné, le programme s'assène ! D'ailleurs M. Retailleau parle déjà de radicalités : « Nous sommes au bout d’un cycle (ndlr: le macronisme). Les Français désirent une rupture avec les habitudes anciennes ; nos solutions ne peuvent se limiter à des rectifications superficielles. Il est crucial de conserver la force de nos idées sans les diluer dans une soupe insipide.» En face, ils pensent pareil !

S'ouvre déjà la pré-campagne électorale pour la présidentielle de l'an prochain. Le succès possible du jeune président du Rassemblement national met en tension le parti lepéniste ; des lignes programmatiques s'affrontent ; si près du but, la "famille" ne veut pas lâcher le morceau. On en reparlera.

ALSP !