04 octobre 2026

Quand partez-vous Monsieur Macron ?

Allez-vous en Monsieur Macron !

La déconfiture de l'Etat français ne vous est pas toute imputable mais vous avez largement chargé la barque d'une impéritie masquée par une intelligence hors du commun... à débattre. Les nuages s'amoncèlent et nous ne pouvons plus attendre la fin naturelle de votre mandat. Si le pays tient encore debout, si la nation croit encore en elle-même, l'Etat est en ruine morale et financière. Or chez nous c'est, depuis Louis XIV, l'Etat qui fait nation et pas la nation qui s'est trouvée un Etat à sa convenance.

L'amoindrir, au pire le ruiner, met en péril la cohésion de la nation qu'il a créé au fil des siècles. Or l'état calamiteux des finances publiques - en temps de paix - le menace de tutelle dont la main-levée n'interviendra que par la contribution directe de la nation à son rétablissement. C'est le drame d'un Etat invasif comme le nôtre qui veut s'occuper de tout, dans tous les instants de la vie sociale et privée désormais ; qui lorsqu'il s'effondre emporte tout l'ouvrage.

Des prédécesseurs bien insuffisants vous ont savonné la planche, et particulièrement Nicolas Sarkozy qui a dévasté le domaine régalien pour chercher des économies de gestion hors du champ social qui le menaçait de tout casser. M. Sarkozy n'avait aucun courage et rétrospectivement son successeur, même terne, sera plus responsable dans l'emploi et montrera une hauteur de vue qui lui fit toujours défaut. Vous le trahites sans vergogne avec l'appui d'une haute bourgeoisie parisienne et socialisante qui préférait quelqu'un à sa main, quelque yuppie bancable plus sexy devant l'électeur que le doctrinaire besogneux bien trop normal qu'était M. Hollande.

S'est ouverte devant la France émerveillée, l'ère de la jeunesse surdouée qui allait casser les vieux codes obsolètes et aller au fond des choses pour qu'enfin, grâce aux algorithmes des mathématiciens conseillers de l'Elysée, chantent les lendemains que ce pays moderne et inventif méritait. Et l'ISF disparut ! Les gens de biens recevaient leur premier dividende.
Puis tout partit en couille.

Tout était important, mais pas plus ici que là. Vous n'avez jamais su trancher et hiérarchiser les points de l'acupuncture gouvernementale.
Vous a sauvé votre incroyable talent de dialecticien qui pouvait tenir l'estrade en bras de chemise quatre heures durant avec un seul verre d'eau et aucune note. La France était scotchée, nous allions nous sortir de tout mauvais pas grâce au phénix des hôtes de ce p... de bois fréquenté jusqu'ici par des has-been blanchis sous le harnois de la prébende. Il n'en fut jamais rien.
Faire la chronique de ce double mandat serait bien trop long dans ce modeste blog, d'autres s'en chargent qui sont payés pour le faire.

Un essai d'explication pointe votre caractère narcissique mais qui à lui seul ne peut tout expliquer. Il y a une absence d'affect avec le "peuple", et une forme de désintérêt quand vous niez, pour provoquer votre interlocuteur, qu'il y ait une culture française ; quand vous criminalisez la francisation de l'Algérie - c'est à d'autres que vous de s'en occuper - pour plaire au pouvoir d'Alger qui ne vous en saura aucun gré, car il en attend toujours plus pour embellir le roman de son émancipation.

Il y a chez vous un défaut de construction. Vous êtes brillant, vous ne sentez pas les gens. Vous n'avez pas compris les gilets jaunes des ronds-points au point de les payer, alors qu'il s'agissait d'autre chose de plus profond, le mépris de l'Etat à leur endroit. Aujourd'hui toutes les classes sociales sont remontées contre vous - citez m'en une qui ne le soit pas - alors vous bottez en touche et vous vous occupez des affaires étrangères.

A nul effet, Monsieur Macron.

Vous vous êtes cru le second leader occidental derrière l'Américain et ainsi la cheville ouvrière de l'Union européenne en matière diplomatique. Jusqu'à convaincre plusieurs pays et même l'Allemagne pacifiste, de nous aider au Sahel pour contrer une insurrection née de la confrontation historique de races qui se détestent. Ils sont venus, ils ont vu, on est partis ! Vous auriez pu vous calmer.
Non !

Vous vous êtes mis en tête de régler personnellement le conflit russo-ukrainien dans un tête-à-tête grotesque avec le sociopathe du Kremlin. Il ne vous a ni cru, ni écouté ! Après bien des zigzags désescalatoires, vous avez pris la tête d'une Coalition des volontaires avec le Premier britannique, jusqu'à ce que nos partenaires décomptent les participations des uns et des autres pour s'apercevoir que celui qui parlait le plus était celui qui donnait le moins. On ne vous suit plus Monsieur Macron, on ne vous contredit même pas.


Dans la crise palestinienne, vous avez louvoyé puis vous avez cherché l'accompagnement d'autres pays pour reconnaître un Etat palestinien inviable comme si la France, membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, n'était pas capable seule d'opérer un geste diplomatique fort qu'il faille se cacher au milieu des autres ! Ce n'était pas le moment certes, après le pogrom d'épouvante du 7-Octobre, mais il fallait, avant de reconnaître un Etat, déjà condamner le massacre des innocents de la Bande de Gaza par Tsahal et la colonisation à outrance de la Cisjordanie par des voyous, en exigeant de la Commission de Bruxelles la suspension des accords commerciaux avec Israël. Plusieurs pays seraient montés dans ce wagon avec nous.
Non !

La guerre d'Iran nous a permis d'appliquer les accords de défense avec nos clients arabes. C'est bien. Mais la posture narquoise vis à vis des Américains, en amenant quand même le groupe aéronaval sur zone, n'était pas digne de notre tradition. Nous aurions honoré nos anciens si nous avions pris en charge le déminage du détroit d'Ormuz et assuré le CentCom de notre participation à la prise de Bandar Abbas et des ports auxiliaires iraniens en Mer d'Oman. Pourquoi ?

Parce que nous dépendons du gaz qatarien et du gasoil émirien. Nous avons les moyens d'une opération amphibie et les Américains attendaient du renfort pour ne pas y aller seuls. Et sans nous pousser du col, nos unités bien entraînées et de bonne réputation comme la Légion étrangère, donnent confiance. Même si le président foutraque de la Maison Blanche est imprévisible, nous tenions alors un gage pour la suite de la crise pétrolière.
Non !

Et à la fin de la foire, on compte ! La hausse des taux de prise en pension des bons du Trésor français vous signale que les marchés ne vous font plus confiance. Et cela est très grave ! C'est l'épargne des Français qui est menacée par l'Etat que vous avez conduit à vau l'eau. Vous n'avez pas la réponse. Votre dernière intervention télévisée (avec Gilles Bouleau et Caroline Roux le 24 septembre) mettait au compte de vos adversaires la crise budgétaire, de par l'impossibilité politique de réformer le système de pensions trop coûteux. Les taux, ils montent partout, nous avez-vous dit, donc c'est normal.

Aujourd'hui les pouvoirs publics sont nargués par des groupes anarchistes organisés quasiment insaisissables qui multiplient les dommages en ville ; et les ordres donnés sont tout de précaution.
Il y a trop de gens chez nous payés à rien foutre, vous en avez convenu lors du "pognon de dingue", mais vous ne faites rien. Vous avez peur de quoi ?
Vous partez dans huit mois ?

Partez plutôt maintenant. La république a besoin d'un reset sans attendre.

ALSP !