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12 octobre 2026

La révolution ou la mort 😁

L'idée à la mode est le moins d'Etat dans le même sillon que celui de l'Ecole autrichienne d'économie que nous évoquions il y a deux semaines.
Trois vrais acteurs de l'économie appliquée ont mené l'enquête sur le trop d'Etat et publient aujourd'hui un court essai de 84 pages Etat partout, justice nulle part aux Editions Chronique, Paris (Dargaud) à 9,90 euros en version papier (6,50 en kindle), qui vise à dégraisser le mammouth une bonne fois ! Les auteurs sont Ingrid Barrat, Moïse Mitterrand et Arthur Marle.

couverture du livre Etat partout, justice nulle part

  • Ingrid est polytechnicienne, conseil en cabinet ministériel et férue de transactions immobilières en Gironde chez iAD.
  • Moïse est HEC, Boston Consulting Group etc. et maintenant patron du promoteur immobilier Bassac que son père a fondé en 1972 sous le nom plus connu des Nouveaux Constructeurs.
  • Arthur est ESSEC, Vodafone, Lazard etc. et présentement administrateur de sociétés, directeur financier de Bassac.

Lors d'un passage sur le plateau d'Eric Brunet, Moïse Mitterrand faisait l'analogie entre leurs propositions et la réforme étatique procédée par la Constituante de 1789. C'est très juste, car une réforme d'une telle ampleur ne pourra jamais aboutir avec la classe politique en cour et contre le camp retranché de la haute fonction d'Etat. Qu'on en juge :

Le diagnostic est implacable et largement partagé par les économistes sérieux non atterrés : l'État français est partout mais nulle part. Il prélève massivement de la richesse produite par le labeur, se disperse, et ses principaux indicateurs que sont la santé, l'éducation et la sécurité se dégradent chaque année un peu plus.
L'Etat finit par vivre par lui-même pour lui-même.

Le seul remède est de le réduire au nécessaire et suffisant de ses fonctions essentielles en supprimant pour commencer un demi-million de postes dans la fonction publique, et en réduisant les fromages de la République sur la base du besoin raisonnable au bon sens. Huit cents agences, hauts commissariats, fonds et offices ou régies sont à fermer. Les mesures sont prévues de pleine application en une seule fois, sans étalement dans le temps.
Les fonctionnaires débarqués gardent 70% de leur traitement pendant sept ans.

Les Français récupèrent les CSG/CRDS sur leurs fiches de paye (soit une moyenne de 300 €/mois restitués à chaque travailleur ; et le prix de la cession de tous les actifs non indispensables à l'Etat (ce qui pourrait faire dans les 20K€ par foyer fiscal une seule fois).
Réduction drastique du millefeuille territorial qui double ou triple les interventions publiques et remerciement des braves territoriaux.
Réforme progressive des retraites vers un système soutenable financièrement par les cotisations et la gestion d'actifs (points, capitalisation, filet par la répartition).

Plus fort, séparation de l'entreprise et de l'Etat par abandon de toutes les subventions publiques aux entreprises contre la suppression de toute taxe ou impôt autres que celui sur les bénéfices réalisés.

Le site France Résolution vous donne tout en détail en cliquant ici.
On y retiendra :
  1. le Manifeste dont nous nous sommes inspiré ;
  2. les Propositions appliquées à dix-huit situations particulières pour bien comprendre ;
  3. les Données chiffrées en sept classeurs Excel ;
  4. des vidéos de promotion de la réforme par les auteurs.
C'est à lire posément.

Le petit bouquin est carrément un pamphlet libertarien comme on les aime ici, mais c'est d'abord une refondation de la République et en quelque sorte la promesse d'une certaine pérennité. A défaut, le modèle ruiné va s'écrouler sur un peuple désemparé et abandonné par ses maîtres.

Mais il est très douteux que la procédure qui fournit à tous les candidats à la présidentielle cette proposition de réforme en tout ou rien, séduise des ambitieux qui visent la fonction suprême pour s'établir dans l'histoire des hommes et rafistoler le bateau ivre pour qu'il tienne la mer un peu plus longtemps que leur mandat.
Donc, je ne crois pas que cette voie soft soit praticable.

Quand on voit la préparation des corps constitués et ses relais d'agit'prop dans le pays à contrer le succès possible du Rassemblement national à l'élection présidentielle, on imagine sans se forcer la réaction des mêmes à l'annonce du démantèlement de la fonction publique surnuméraire et celui des régimes spéciaux.

Il y faut, sans rire, le dictateur romain de transition qui prendra les pleins pouvoirs sur trois ans, comme on l'a fait en plus petit pour la reconstruction de la cathédrale de Paris. Un chef, des moyens hors-normes, c'est-à-dire débarrassés des normes, règles et conditions d'office.
Repeindre le Mur des Fédérés et apposer 577 plaques de laiton aux lanternes des Champs Elysées. Anastasie, c'est pour de rire ! Mais les sénateurs se tiendront tranquilles et une seule chambre nous suffira pour plus tard.

Comment prévenir le sabotage des prébendiers d'intérêts privés ou catégoriels ?
Sans doute pas par le débat démocratique ou le référendum.

Par la révolution !
Oui oui !



La révolution ne se décrète pas, ne se déclare pas, elle se déclenche par l'alchimie du mécontentement et exige des capacités spécifiques pour la conduire. Reste ensuite à trouver le Buonaparte qui la termine et la fonde dans sa continuité.
Autant dire que l'équation a beaucoup d'inconnues !

Ce qui me laisse croire que ce travail d'équipe assez fouillé et documenté à la source (Bercy) est un challenge que se sont donné trois copains au seul bénéfice du bien commun, mais qu'il n'a aucun avenir en temps de crise contenue comme elles le sont toutes en France depuis 1936. Par contre, cette diatribe contre l'Etat pachyderme contribue aux bases idéologiques nécessaires à toute révolution qui déboucherait. Mais à lui seul il n'y suffira pas.

Achetez-le quand même.
On trouve ce petit livre partout, même chez Eyrolles.

ALSP !


28 septembre 2026

De si haut au plus bas !

Le triomphe du pape Léon XIV à Paris réveille bien des interrogations sur les sentiments profonds du peuple français à la place duquel la classe politique et les lobbies d'influence morale ont l'habitude de parler. Presqu'un million de fidèles en prière entre l'Etoile et la Concorde a levé le doute sur la laïcité imposée d'en haut par une république mal assurée jadis sur ses jeunes fondations.
Ce large succès nie toutes les réticences et les objurgations émanées d'idéologues rejetés du corps de la nation pour leur obsession mortifère. Les responsables politiques ont pris les précautions d'usage en finassant sur le sujet sensible qui n'en est pas un pour la majorité des gens : celui de la laïcité ; à l'exception notable d'un maire mis dans la boucle par les circonstances, qui a dit avec un certain talent tout le bien qu'il pensait de l'événement. C'est Bally Bagayoko, maire de la ville de Saint-Denis qui accueillait le pape au Stade de France, et dont on lira l'entretien édifiant donné à la Vie catholique ici. Ça vous la coupe ? Moi-aussi !

Apostille cathare : s'opposent à ce week-end de joie non feinte, tous les malheurs du monde que provoquent les puissances avides d'augmentation par la domination de leurs voisins. Comment ne pas devenir dualiste ? Le Mal serait une absence et non pas une substance ? Saint Augustin en formation à Carthage fut dix ans durant un disciple de Manès. Il doit en rester quelque chose dans la désespération du pape Léon, prieur général des Augustiniens, qui ne cesse de dénoncer le Mal en substance.

Mais la vie continue, après ce moment d'unisson populaire, tourne la crécelle à lépreux de tous les dangers. La Dette monte, les déficits sont l'ADN du régime. Au fil du temps, il a tout pris à son compte, du berceau de chacun à sa tombe ou au four, il a tout pris malgré sa réputation de gestionnaire médiocre, les Français ont accepté son invasion dans tous les recoins de leur vie. Ils vont le payer cher car l'Etat ne compte pas mourir seul, il a sans doute le projet d'entamer fortement l'épargne des ménages pour se prolonger un peu dans les juteuses prébendes qu'il s'est constituées, jusqu'à ce que les petits hommes gris du Fonds monétaire international amènent les huissiers dans la caverne aux voleurs, lesquels auront déjà décollé comme une compagnie de perdreaux. Alors ils se rabattront sur nous.

La situation catastrophique du domaine public est assez simple pour qu'on se pose de troublantes questions. L'arithmétique du compte d'exploitation souveraine de la France est déficitaire dans tous les compartiments parce que la dépense publique n'est pas assujettie à la recette publique. Remonter celle-ci est presque impossible puisque les prélèvements fiscaux, même inégalement répartis, sont déjà au maximum possible d'entre les pays de l'OCDE. Reste donc à baisser la dépense, en commençant par ce qui dépasse de la moyenne de nos concurrents, à savoir, les pensions de retraite et l'effectif pléthorique de nos fonctionnaires. Le reste n'est que flûte et pipeau.

Si l'avenir des "gens" est fortement contraint par les dérives du système clientéliste de l'Etat-providence, celui de la caste dirigeante ne semble pas menacé, à croire qu'ils ont pris partout déjà leurs précautions. Rien d'extraordinaire non plus, l'exil temporaire se pratique couramment chez les familles aisées et il n'est pas répréhensible en soi, s'il ne sert pas d'échappatoire aux responsabilités managériales des dirigeants.

Relire Beau de Loménie* et comprendre comment un certain 18 brumaire de l'an VIII, la haute bourgeoisie, qui avait fait faire la révolution à son profit, siffla la fin de la récréation et reprit ses affaires des mains de politiques épuisés de cauchemars pour renouer avec le tropisme de suceur de sang du labeur et avec le profit des contrats d'Etat bien canalisés. Elle nomma un fondé de pouvoirs, malheureusement plus intelligent qu'elle et qui les lui prit tous, jusqu'à ce que la fortune d'Arès ne ramène à Paris la juste raison des vieux Bourbons impuissants qu'on ne pouvait redouter. La Banque et la Forge finiront par les virer quand il fut sûr que les Enragés ne reviendraient plus. Après quelques soubresauts dus aux illusions de la liberté chérie, nous sommes toujours sur le plateau bourgeois d'un régime co-dirigé par les deux fortunes, celle des gens de biens et moyens de leur accroissement, celle des chances électorales. Quand l'Etat se liquéfie dans le service de la Dette, la haute bourgeoisie prospère sur ses culbutes décennales, et si elle se défend mollement, c'est le signe qu'elle contrôle tout encore et saura esquiver les désagréments à nous promis.
* Les Responsabilités des dynasties bourgeoises chez Denoël Paris 1943-1973

Nous sommes sur la pente savonneuse de la stagflation à la japonaise où les prix montent car ils sont de plus en plus souvent formés à l'étranger et que nous importons beaucoup (déficit commercial), quand l'activité générale stagne dans l'atonie générale d'un pays sans rente autre que touristique, bridé, qui pis est, dans son activité par des normes écrasantes et des lois sociales obsolètes. S'y ajoute une pyramide démographique qui n'en est plus une et met en question la soutenabilité de la population inactive en fin de course par la tranche active qui décroît. Le déclin naturel ne peut être inversé, si on veut bien regarder ce qu'il se passe dans les autres pays, même en décidant de favoriser les naissances par des dispositifs alléchants sur le papier, qui ne décident pour autant pas les couples à s'augmenter. Il n'est même pas sûr qu'une immigration, quand bien même gérée finement, rétablira les équilibres, même s'il faudra de plus en plus importer de talents dans des professions nécessaires et pour les travaux trop pénibles. La stagflation pourrait insensiblement muter en récession à paradigme constant.

L'affolement qui saisit le pays aux mauvaises nouvelles en tout genre a incité la 1ère chaîne de télévision à rendre visite au bon docteur Knock d'Amérique latine qui a des remèdes qui marchent apparemment. Ainsi, le président argentin qui ringardise toutes les caricatures politiques, a accepté un entretien avec la vedette persique de la télé française depuis le palais de Buenos Aires sur l'actualité internationale, la mondialisation, le populisme, mais également sur l'élection présidentielle française qui se tiendra dans sept mois. On n'a pas été déçu (clic), surtout des résultats que celui-là a obtenu à la hache dans un pays rétif à toute économie depuis le temps béni d'Evita chérie et de Juan Perón.

J'y crois pas ! L'Argentine sort enfin de la nuit démago-populiste et les gens ont fait un sort aux statistiques en usant de la règle du bon sens dans leur appréciation de la situation nouvelle. Ils approuvent au général et manifestent au particuier. Normal ! Javier Milei est un libertarien, c'est-à-dire plus que réservé sur l'expansion indéfinie de l'Etat. Libertarien n'est pas une insulte hors de France mais le disciple d'une école autrichienne d'économie politique qui vise à se passer d'Etat autant que faire se peut et qui l'explique dans des ouvrages parfaitement construits, écrits par des gens bien sous tout rapport comme Carl Menger (†1921), Eugen von Böhm-Bawerk (†1914), Ludwig von Mises (†1973), Friedrich von Hayek (†1992), Murray Rothbard (†1995) et Jesús Huerta de Soto (SGS, still going strong)) auxquels j'ajouterai l'assassin des gens de l'Etat qu'est Hans-Hermann Hoppe (SGS). Il y en a d'autres et ils ont tous leur page dans la Wikipédia (clic) ; à n'en choisir que trois, je recommanderais La Route de la servitude de von Hayek, L'Action humaine de von Mises et Démocratie, le Dieu qui a échoué de Hoppe. On trouve ces textes en ligne, ou dans des recensions copieuses.

Avant d'être un tribun spectaculaire brandissant les Forces du Ciel habillées en tronçonneuse, Javier Milei est d'abord un prof d'économétrie qui a pratiqué son art vingt ans durant dans les facs du pays sous le sobriquet d'El Loco, et qui a écrit une dizaine de bouquins dans sa spécialité. Il fut aussi économiste en chef de la Hong Kong & Shanghai Bank d'Argentine (c'est pas des touristes) et il a traîné ses guêtres à la Chambre de commerce internationale jusqu'à Davos. Ce n'est pas un animateur hirsute de la téléréalité même s'il est bizarre : il préfère les chiens aux enfants et va se convertir au judaïsme Loubavitch à la fin de son mandat, s'il ne crée pas une secte pour rejoindre un ashram au Ladakh. Pour enrichir l'icône, il est d'une grossièreté rare, à faire pâlir un Dmitri Medvedev ! Violence discursive, disent les médecins !

Les pays plus proches de nous qui ont réussi à se sortir des griffes du FMI en faisant les réformes nécessaires de leur modèle sont passés aussi dans les mains d'économistes ou financiers accomplis. La renaissance du Portugal est due au social-démocrate Pedro Passos Coelho qui fut consultant de grosses boîtes et très actif sur le terrain économique avant de revenir en politique.
Les succès de Giorgia Meloni que certains jugent mitigés mais qui nous feraient tant de bien en France, sont dus en grande partie à Mario Draghi (à la base prof d'économie comme Milei, puis Banque mondiale, Goldman Sachs, BdI, BCE etc etc) qui a accepté de la conseiller pour le retour en grâce à Bruxelles. Mais avant lui, l'Italie a eu Mario Monti, un calibre qu'on n'a pas chez nous.
Si en Espagne c'est un conservateur des hypothèques qui sauvera le pays de la banqueroute, Mariano Rajoy, c'est bien un libertarien qui mettra les mains dans le cambouis : Luis de Guindos est la figure économique centrale du gouvernement Rajoy. Ancien de Lehman Brothers, économiste de formation (CUNEF), il sera nommé ministre de l'Économie et de la Compétitivité en décembre 2011. S'inscrivant dans la lignée de l'Ecole autrichienne, c'est lui qui a piloté les réformes structurelles de libéralisation du marché du travail, assainissement bancaire et réduction du déficit. Il sera nommé ensuite vice-président la Banque centrale européenne en 2018.
Quel est l'économiste libertarien qui suppléera avec succès aux insuffisances notoires de Mme Le Pen et de son premier ministre pour de rire ? De fait on ne rit pas.

Ceux qui veulent aller plus loin dans l'analyse froide des résultats de la présidence Milei en Argentine peuvent lire cet article de la BNP en cliquant ici. Lire aussi La-Finance-pour-tous mais encore Investorium sur l'inflation et Imago pour la balance commerciale.

Son action est ancrée dans le terreau des physiocrates qui mutèrent au fil du temps en promoteurs du génie individuel, qu'ils opposent au bruit de chenilles de l'Etat moderne qui a fini par encrasser tous les rouages naturels de nos sociétés. D'autres polémistes ont parlé, après Vincent de Gournay (†1759), du gouvernement des bureaux ; je pense à Charles Maurras. Jusqu'à des auteurs de théâtre satirique ou des romanciers remontés contre le médiocre : les "ronds de cuir", des gens pétris de leur importance qui veillent à ce que leurs décisions prises loin de ceux qui les subissent, soient appliquées sans murmures ! Nous en sommes aujourd'hui envahis, littéralement.

France, l'empire du Cerfa**. Trois ans de démarches pour construire un poulailler en France !
Combien de règles s'appliquent à la gestion des haies champêtres ? Vous ne le savez pas ? Elles sont soumises au Code rural avec des articles dénommés ; à l'Arrêté du 14 mars 2023 relatif aux bonnes conditions agricoles et environnementales européennes ; au Code de l'Environnement pour la protection des espèces avec articles dénommés ; et à la Loi n° 2025-268 du 24 mars 2025 sur la souveraineté alimentaire, en son Article 37 qui clarifie le cadre applicable et définit la haie à l'article L. 412-21 du Code rural précité. Mais qu'est-ce une haie d'abord ?
Ils y ont pensé aussi : l'article L. 412-21 du Code rural définit la haie comme une formation végétale linéaire d'une largeur maximale de vingt mètres, comprenant au moins deux des éléments suivants : arbres, arbustes, ou d'autres ligneux. Sont exclus : les haies en bordure de bâtiments, celles formant l'enceinte d'un jardin ou parc attenant à une habitation, et la chaussée des chemins ruraux. Dans le cadre de la directive européenne BCAE 8, la définition est plus restrictive : une haie est une unité linéaire de végétation ligneuse d'une largeur inférieure à dix mètres (les bosquets font l'objet d'une catégorie séparée, de 1 à 50 ares). En fait ça fait deux pages. Désormais vous savez ce que c'est qu'une haie sans sortir de votre bureau et c'est bien le but, des fois que vous auriez envie d'aller chasser derrière votre chien au lieu de rester devant votre écran.
** formulaire administratif d'Etat réglementé par arrêté

Au bout d'un moment, ça énerve. Des pays qui serrent leurs dépenses comme l'Allemagne, les Pays-Bas, le Danemark, l'Autriche, la Finlande (et la Suède aussi) demandent des centaines de milliards d'euros d'économies à la Commission de Bruxelles sur le budget européen en préparation pour la période 2028-2034, en arbitrant les décaissements bureaucratiques au bénéfice de l'innovation, de la sécurité, de la défense et de la compétitivité. Ce que vont devenir les pays du Club Med sous perfusion n'entre pas dans leurs soucis. La question se pose de débrancher les grands malades en fin de vie, même s'il n'en reste qu'un dans l'Eurogroupe, nous ! Et oui, Nos trois sœurs latines remontent du fond de la piscine que nous n'avons pas encore atteint. Mais nous sommes trop fiers pour importer chez nous les décisions qui ont marché chez elles.

D'ici là, nous aurons élu le prochain président de la République. Les défis qui l'attendent ne sont pas si nombreux mais particulièrement prégnants : transition énergétique qui devra abandonner progressivement l'économie des énergies fossiles en voie de disparition et les modes de vie associés ; adaptation agricole rapide à la sahélisation de l'espace ; gestion d'une décroissance inéluctable ; gestion aussi longtemps que possible des effets de l'exode intertropical de populations menacées de mort par la surchauffe climatique et la hausse des mers ; guerre des empires par satrapies interposées. De quoi parlent les candidats en lice ? Du "reste à charge" ! Nous nous sommes compris.

ALSP !

#S2640

05 juillet 2026

Le pape Léon coupe les ponts

Le temps est à l'orage. On se croirait au lendemain du Quinze-Août. Et ça tombe bien puisque le Supérieur Général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X (FSSPX) invoque la Vierge Marie pour faire rapporter le décret d'excommunication pris le 2 juillet par le Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi au terme d'une procédure d'apaisement qui n'a abouti qu'à la consécration schismatique de quatre évêques à Ecône.

La presse catholique en ligne et en kiosque en parle d'abondance, mais il faut commencer par les deux sites originateurs que sont Vatican News et La Porte Latine. Nous n'entrerons pas dans la relation besogneuse des faits depuis la première excommunication prononcée par le pape Jean-Paul II en 1988, mais pour la faire courte, le pape actuel a prévenu la FSSPX que la consécration d'évêques en dehors de son autorité signerait le schisme et couperait la FSSPX de l'Eglise de Rome. Les hiérarques de la Fraternité sont passés outre le 1er juillet, le pape a excommunié tout le monde le lendemain.

Il est patent que les responsables de la FSSPX ont méjugé le pape Léon. Ce n'est pas un discutailleur. Il étudie, prévient, juge, tranche et coupe ! En fait, c'est un prélat américain formé au Pérou contre les Evangéliques et le Sentier lumineux, qui ne s'en laisse pas compter. Quarante ans d'ondulations pontificales les ont trompés. La FSSPX se retrouve devant le même mur que celui du pape polonais qui ne supportait pas la contestation.

Le nœud gordien est tranché. Un pied dehors, un pied dedans, telle fut la stratégie perdante de la FSSPX qui s'est crue investie d'une mission divine de régénérescence de l'Eglise conciliaire, abusivement modernisée selon elle par Vatican II. En reculant dans le fauteuil, on notera que c'est toujours le Vatican qui a cherché un modus vivendi pour garder cette branche attachée à l'arbre. Après l'allègement des sanctions par Benoît XVI, l'autorisation de confesser et de célébrer des mariages donnée par le pape François, puis l'accueil d'une messe tridentine dans la basilique Saint-Pierre de Rome donné par Léon XIV, rien n'y fit, la Fraternité est restée inébranlable.

Contrairement à ce qui se dit dans la presse généralement bien informée, ce n'est pas le rite en latin ou les gestes célébrant le sacrifice de la messe qui sont en cause, mais tout le droit canon issu du concile contesté. Mais comment contester un concile et rester, ou vouloir rester, dans l'institution ?

Que je sache, Luther, théologien de son temps, voulut réformer l'Eglise de Rome et dut en prendre son parti : La putain rouge de Babylone refusait de se dissoudre dans sa réforme. Il établit donc sa propre confession en dehors d'elle. C'était clair ! Pourquoi la FSSPX s'est-elle enferrée dans un dialogue à sens unique avec la Sainte Inquisition romaine, rebaptisée autrement par Pie X. C'est pour moi une énigme et le restera, dès lors que le raidissement est la réaction la plus visible au décret d'invisibilisation. La Frat ne plie pas mais ne donne pas non plus son projet d'avenir. N'est-il pas temps d'ouvrir une Eglise libre de la Tradition ?

Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a publié la procédure de réintégration des clercs repentis. C'est aussi dur que les sentences de Dom Bernard Gui d'il y a sept siècles et clairement destiné à barrer l'accès des repentis aux communautés diocésaines qu'ils pourraient ensemencer aux rites du schisme. Tout y est provisoire comme si les docteurs de la Foi anticipaient des rechutes dans l'erreur, les repentis sont présumées relaps en devenir.

D'aucuns dans la sphère catholique voudraient débattre du bien-fondé de cette excommunication, en convoquant les positions respectives. Il n'y a rien à débattre. Il n'y a pas de pouvoir du Demos dans l'Eglise catholique. Les espaces de débat sont les conciles. Ils s'ouvrent et ils se ferment. Dans l'intervalle, c'est une monarchie absolue faite d'obéissance au pouvoir suprême, et même si le collège des évêques a l'habitude d'échanges entre ses membres, cette habitude est un clapet de décompression du refus d'évolution des mœurs qui remonte des diocèses. Pour le dicastère, il n'y a plus rien à discuter. C'est une fin de non-recevoir. Le Supérieur général Pagliarani, dans son ultime tentative d'imposer sa vision passablement douceureuse, ne l'a pas encore compris, mais sa base, si ! Il n'y a plus débat.

L'excommunication va conditionner les relations à la marge qu'entretenait la FSSPX avec des communautés situées à sa périphérie comme les associations scoutes, les royalistes, les princes et plus généralement la contre-révolution. Les manifestations patriotiques intégrant un office religieux ne pourront pas accueillir des prêtres schismatiques à sa célébration sauf à rompre elles-aussi avec l'Eglise de France, et dans un autre domaine, des familles en vue dans la classe politique française ne pourront plus mettre leurs enfants dans une institution du schisme. Je pense au comte de Paris actuel. Mais l'été va passer là-dessus, sans pour autant que la situation de rupture ne s'améliore ; au Vatican, la page est déjà tournée.

Reste à comprendre pourquoi cette affaire explose aujourd'hui. Que la FSSPX ait besoin de pasteurs pour guider ses ouailles (600.000 fidèles revendiqués) n'est pas douteux. Mgr Fellay et Mgr Galarreta approchent des 70 ans. Mais qu'ils passent outre l'avertissement sans frais du pape Léon XIV signale une méconnaissance de la stratégie pontificale.

Le pape forme ses bataillons en préparation de plusieurs menaces qu'il perçoit, sans doute pour moi : l'intelligence artificielle en passe de gouverner le monde en lieu et place des dirigeants politiques ; mais aussi la mise en œuvre très prochaine de la physique quantique qui démultiplie le décryptage de toutes les sûretés en tous domaines ; en enfin le risque d'affrontement des empires vers une troisième guerre mondiale, possiblement nucléaire. S'y ajoute une conflagration mondiale plus lointaine mais presque sûre par la ruée des populations tropicales vers des territoires plus tempérés où elles risquent de survivre tout simplement. Il y a de quoi faire.

Face à ces pronostics, le pape juge que l'Eglise doit être unie avec lui sans arrière-pensées et dans toutes ses institutions. L'heure n'est plus à la dispute théologique, le sexe des anges (même si c'est une affabulation) n'est plus au programme. Il n'attend pas non plus le secours d'églises concurrentes dans un œcuménisme bon teint. Finalement il a quelque chose en lui de Jules II.

ALSP !



Liens utiles à copier :
  1. https://laportelatine.org/actualite/declaration-de-foi-catholique-adressee-au-pape-leon-xiv
  2. https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2026-06/pape-derniere-lettre-fraternite-sacerdotale-saint-pie-x.html
  3. https://laportelatine.org/actualite/sacres-episcopaux-ce-que-labbe-pagliarani-a-dit-aux-membres-de-la-fraternite-saint-pie-x
  4. https://laportelatine.org/actualite/communique-de-la-maison-generale-a-lissue-des-consecrations-episcopales
  5. https://laportelatine.org/actualite/lettre-au-saint-pere-concernant-le-decret-du-dicastere-pour-la-doctrine-de-la-foi
  6. https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2026-07/le-schisme-de-lefebvre-se-repete-apres-38-ans.html
  7. https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2026-07/consecrations-episcopales-lefebvristes-excommunication-decretee.html
  8. https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2026-07/pretres-et-laics-lefebvristes-procedure-de-retour-communion.html
  9. https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/intrptxt/documents/rc_pc_intrptxt_doc_19960824_vescovo-lefebvre_it.html (notes de 1996)
  10. https://riposte-catholique.fr/archives/218096 (fermeture des églises et chapelles FSSPX)

28 juin 2026

De l'exaspération d'un peuple

Comment cinquante millions d'Américains MAGA de la classe moyenne inférieure ont-ils pu porter à la présidence des Etats-Unis une caricature d'Ubu-roi sans avoir vu la pièce ? A défaut d'avoir vu ou lu la pièce, ils l'ont apprécié au jour le jour pendant quatre ans lors d'un mandat précédent achevé sur l'assaut de la démocratie en Amérique, pour paraphraser Tocqueville ; et l'ont rétabli dans ses attributs de Roi des singes. Il faut un peu chercher pour comprendre parce que ça va nous servir.

Brave Leo (IA) y voit cinq raisons :
  1. Le désir de contrôle et de stabilité : dans un contexte d’incertitude mondiale, Trump a rassuré une partie de l’électorat en promettant de restaurer l’ordre social, le contrôle des frontières et la maîtrise des prix, contrairement à l’image de perte de contrôle associée aux démocrates.
  2. La faiblesse de l’adversaire démocrate : la candidature de Kamala Harris a été entravée par l’impopularité persistante de Joe Biden et un manque de charisme ou de maîtrise des enjeux par rapport à Trump, ce qui a découragé certains électeurs démocrates.
  3. La défiance envers le système politique : une confiance historique en berne envers le gouvernement et le Congrès a favorisé un candidat anti-establishment qui promet de « drainer le marais » à Washington.
  4. L’appui médiatique et culturel : la popularité de Trump a été soutenue par un écosystème médiatique conservateur (comme Fox News) et des influenceurs majeurs (comme Joe Rogan), tandis que les réseaux sociaux ont amplifié sa polarisation.
  5. Le soutien de la classe ouvrière : sa critique de la mondialisation et ses propositions de tarifs douaniers ont résonné auprès des Américains blancs de la classe ouvrière, ressentis comme appauvris par la délocalisation des emplois.
S'y est ajouté, selon ce que j'ai retiré de mes contacts, un ras-le-bol général des privilèges raciaux (affirmative action), de l'exposition parfois outrageante de minorités tapageuses (LGBT+), du wokisme de souche universitaire dans tous les compartiments sociaux et de la cancel culture qui a renversé des statues et fait amener le drapeau confédéré dans les Etats pauvres du Sud profond. En fait, l'exaspération était telle que le cheval de Caligula avec le même programme aurait été élu. Le peuple n'en pouvait plus d'être contenu dans les fers de la Connerie solidaire sauf pour eux.

Je vais éviter de reprendre les cinq points ci-dessus, sauf à noter que le troisième a été décisif. Je vais également oublier de donner le niveau de progression de toutes les promesses de désinfection du pays correspondant à ce contrat électoral passé par une vedette de la téléréalité. Le déficit d'exécution des tâches est manifeste, jusqu'à entrer en guerre au loin, ce qui était un tabou. Ce n'est pas mieux réalisé que chez nous après deux mandats au centre-deux. Et justement :

50/156 millions de votants représente 32%. C'était à la Noêl le socle de départ du binôme Le Pen/Bardella pour la présidentielle d'avril 2027 que le pré-scrutin de l'IFOP a relevé à 36% la semaine passée. Pour bien comprendre, le fringant président du RN est à 14% de la majorité absolu qui lui éviterait le second tour. Mais restons calmes et constatons que les cinq facteurs de la victoire MAGA s'appliquent chez nous.

Ce que demandent les Français actifs ce n'est pas la lune, ni les lendemains qui chantent, mais le simple bon sens, celui qui a déserté les sphères de pouvoir, addictées à la satisfaction des apporteurs de voix. Le vice qui nous a conduit au désastre de l'Etat est auto-immune au régime démocratique appliqué à un peuple qui ne l'est pas. Un peuple qui accepte sans broncher des syndicats subventionnés et des partis de la revendication permanente un troisième tour social après une élection à deux tours, n'a pas l'imprégnation démocratique des peuples voisins : 36% des gens rejettent le forçage des idées artificielles voire absconces, échouées partout, et réclament une gestion raisonnable de la nation que l'Etat, confisqué par une bourgeoisie d'affaires qui n'arrête pas la culbute, est devenu incapable de fournir.

  • Les actifs comprennent les comptes sociaux parce qu'ils ont des budgets familiaux à gérer et contrairement à ce que les syndicats brandissent, n'ont pas d'autres exigences dans leurs futures pensions que de justice et de bons comptes pérennisant le système.
  • Les actifs ne sont pas tous bien payés mais ne sont pas jaloux - ceux qui ne foutent rien, eux, le sont - et quand ils veulent améliorer leur statut professionnel et social, ils maudissent les entraves administratives à tous bons motifs sauf à les concerner eux !
  • Les actifs ne sont pas racistes - les communautés professionnelles sont depuis longtemps des lieux de mixité raciale - par contre les oisifs et les assistés le sont à leur endroit.
  • Les actifs sont fatigués de voir leur argent distribué à un ramas de fainéants qui peinent à se lever pour aller vérifier leurs droits à la CAF. Mais surtout :
  • Les actifs travaillent plus que la loi en dispose s'ils y trouvent leur compte et ils attendent de l'avenir la rupture des carcans.
    En fait, l'état républicain actuel les emmerde dès lors qu'il les brime, ne les protège pas et exige toujours plus d'impôt pour nourrir les inactifs et les lubies idéologiques de la Casta.

Ils constatent que le "fameux pacte républicain" a été rompu par ceux-là même qui le chérissaient tout en laissant l'Etat régalien s'effondrer sur lui-même.
Justice et Education sont les bateaux ivres de la République qui n'existe plus que comme place parisienne. Et le plus visible et le plus destructeur dans l'opinion, c'est la mansuétude envers les casseurs de plus en plus nombreux pour lesquels l'institution met des gants judiciaires, d'une incroyable lâcheté pour les forces de l'ordre, alors qu'il suffirait d'ôter le cran de sûreté. La gestion des émeutes de Nahel dans l'impassibilité générale des pouvoirs publics est restée incomprise pour le reste du monde.

In fine, ils ont le sentiment que l'Etat profond (le point 3 des "cinq raisons") se moque d'eux en se camouflant derrière une logorrhée de courtier d'assurances pour mieux les embobiner en captant toujours plus d'impôt. Je serais dans la politique, que je commencerais à me méfier. Il y a eu les Bonnets Rouges, les Gilets jaunes, crescendo, que feront les prochains ? Il y a largement de lanternes sur les Champs Elysées pour une Fête éclairée de la Fédération !

Parti comme c'est parti, le champion du Rassemblement national a toutes les chances d'accéder au sommet de la République. Jusqu'ici on ne lui oppose que des imprécations d'un autre âge et personne n'attaque avec de vrais arguments leur programme électoral, sauf à se focaliser sur la précarisation des migrants et la fragilisation du secteur associatif, lequel détourne de l'argent qui serait mieux employé ailleurs. Il ne suffira pas de crier au "fachisme", les gens s'en foutent, le fascisme n'imprime plus.
Par contre, un programme économique décadent dans un pays endetté jusqu'au cou avec les trois déficits structurels, impossibles à combler sauf au canon de marine, donnerait prise à des contradictions d'experts, de vrais experts. De même, une capitulation munichoise au bénéfice de la Russie renouerait avec un déshonneur dont on s'était vacciné. Au lieu de quoi, on entre dans le vacarme des idées courtes à mesure que les sondages confirment l'issue future de la campagne présidentielle, laquelle n'est pas encore finie quand même.

Pas sur Sirius, la bonne gestion d'une nation est à notre porte : celle de la Confédération helvétique : le déficit budgétaire y est interdit et un peuple mature démocratiquement y commande.

ALSP !

31 mai 2026

Où l'on parle des entrelacs judéo-arabes

Philosophe juif de la complication, Edgar Morin est finalement parti à 104 ans. Non que ses facultés aient été entamées par le grand âge, mais la pendule a sonné. Son absence biologique intervient au mauvais moment, quand la pensée complexe est convoquée plus que jamais au Proche Orient, si tant est que "penser" puisse encore servir à quelque chose là-bas !

La question juive vient de très loin. Juste pour vous faire peur : terminée, selon les Ecritures, en 1440 AC par la distribution des territoires aux neufs tribus sédentarisées à l'ouest du Jourdain, la reconquête de Canaan bat son plein aujourd'hui avec la même brutalité que jadis. Les Arabes ont remplacé les Cananéens. Dans ses chapitres 6 à 12, le livre de Josué décrit le système d'extermination des populations des villes conquises : « Josué battit tout le pays : la montagne, le Néguev, le Bas-Pays, les versants, ainsi que tous leurs rois. Il ne laissa pas un survivant. Il voua à l’anathème tout être vivant comme l’avait ordonné le Seigneur, Dieu d’Israël. » (Jos 10:40).
Il y est dit que les populations des villes d'Hazor, Aï, Jéricho, Macéda, Libna, Lachis, Eglon, Hébron, Débir, Madon, Séméron et Achsaph furent passées par le fil de l'épée et cinq rois des sept nations de Canaan capturés et tués. Mais des Cananéens (de souche), il en restera à la campagne, qui causeront des soucis ensuite aux rois d'Israël comme le suggèrent les appels réitérés des prophètes hébreux à abandonner les Baals.

Dans le Pentateuque, les nations conquises devront être "effacées" (Ex 23:23), "chassées" (Ex 23:28-31; Dt 7:1), "expulsées" (Dt 7:1), "repoussées" (Dt 9:4), "retranchées" (Dt 12:29), "détruites" (Dt 12:29), "dépossédées" (Dt 9:5, 12:29)1, "anathémisées" (Dt 7:2, 20:17) voire "interdites" (heherîm), c'est à dire impures. Sympa ! C'est à lire, parce qu'il semblerait que maintenant la logique suprémaciste juive en terre promise suive en l'adaptant ce schéma. L'incantation biblique est sur toutes les lèvres des gens de pouvoir en Israël comme sur celles des influenceurs juifs de par le monde, un métier désormais sans avenir tant pour l'idée que pour le porteur. D'aucuns parlent même de "cadastre" en relisant la Torah. Je suis heureux que les Casques à cornes de la Norvège n'ait pas établi une ferme sur mon terrain en remontant la Seine pour revenir demain y contrôler le bornage.

Le partage de Canaan a trois mille cinq cents ans d'âge. Les Juifs subirent plus tard l'exode de la terre qu'ils avaient conquise sur ordre divin, jusqu'à leur dispersion. Qu'on se rassure, le fruit de cette conquête antique serait toujours mûr et juteux, et sa consommation parfaitement morale aujourd'hui ! Mais nous ne verserons pas dans le littéralisme des Evangéliques qui parent Israël d'un droit universel de surplomb à la seule lecture de l'Ancien Testament.

La question juive et son corollaire actuel, la question palestinienne, ne peuvent être abordées à hauteur d'homme. Il y a trop d'imbrications, de haine, d'ingérences, d'histoire stratifiée et de légendes entremêlées. Pour y comprendre quelque chose - ce qui ne veut pas dire tout comprendre - il vaudrait mieux élargir la focale, monter vers Sirius et abandonner l'idée de tout expliquer. Postulant que la foi est une création intime du cerveau amoral de l’homo sapiens, le compte des dévastations terrestres qu'elle a causées est à faire. Comme disait Alain "C'est la foi même qui est Dieu" : c'est un autoguidage de l'espèce qui reste asservie à ses pulsions animales originelles. D'où le combat de la raison, toujours perdu ! Néanmoins l'honnête homme peut faire son opinion, individuelle, portative et pourquoi pas, diffusée, sur un conflit que l'on prédit éternel et qui meublera pour longtemps son esprit. Réfléchir n'est pas résoudre. Fin de la parenthèse d'astrophysique.

La posture explicite des sionistes israéliens (Netanyahou l'a souvent dit) est celle de défenseurs de l'Occident judéo-chrétien exposés au feu de l'Orient barbare. Si j'osais, je dirais qu'ils se sentent dans la peau des Croisés angevins. Mais ça ne pourrait suffire d'autant que ce feu contenu fut lui-même allumé par ceux qui proclament nous en défendre. Ils ne sont pas les seuls dans l'exacerbation d'une agressivité orientale à notre endroit dès lors que c'est en Europe que fut décidé d'implanter le greffon au sein même du monde arabe.

Pour racheter le crime inexpiable d'extermination des juifs ashkénazes dans les années 40, l'Europe a transformé le refuge du Foyer juif de Lord Balfour en un Etat de plein droit, et elle le défend quoiqu'il lui en coûtera au Jugement dernier. Pour avoir industrialisé cette destruction physique des communautés juives, acceptée en silence par toute l'Europe en guerre, l'Allemagne est en pointe aujourd'hui dans le soutien aveugle et sourd aux politiques de glacis de l'Etat hébreu. S'il est prétentieux d'établir les causes du désastre moral de l'Europe, il est permis d'en voir les conséquences : des inconséquences ! Charles de Gaulle n'était que de bon sens à ce sujet qui, au moment de la Guerre des six-jours, après s'être étonné qu'on ait exposé la diaspora juive aux masses arabes, recommandait aux dirigeants israéliens de cultiver une certaine modestie pour établir un modus vivendi avec leurs voisins.

On a oublié que les pères fondateurs de l'Etat hébreu étaient des juifs d'Europe qui ne connaissaient pas intimement les peuples arabes, à la différence des juifs sépharades d'Afrique du nord. Et même pas le monde musulman, à l'exception des juifs de Salonique ou de Constantinople qui prospéraient sous le joug ottoman. Seules les communautés judaïques résiduelles du Proche Orient savaient à quoi s'en tenir - les pogromes au Levant furent nombreux - mais elles n'avaient pas voix au chapitre, le nouvel Etat étant gouverné par les intellectuels du sionisme originel. Les ashkénazes n'avaient pas les mêmes préventions à l'endroit des bédouins que celles apportées par les sépharades, considérés par eux comme des juifs de seconde zone. Ils en ignoraient la psyché.
La révolte explosive des Palestiniens guidée par l'OLP en 1987 les prit de court alors qu'ils surveillaient d'abord les armées arabes des Etats constitués qui les entouraient. La première intifada est marquée au fer rouge dans l'histoire d'Israël parce qu'elle soulève un peuple résident contre lui à l'intérieur de ses propres frontières reconnues. On sait maintenant qu'il n'y a jamais eu de réel "vivre ensemble" en Palestine, même si des collaborations de labeur ont été facilement établies entre patrons juifs et ouvriers arabes. La piqure de rappel de la seconde intifada en l'an 2000 a vacciné l'Etat hébreu contre la troisième parce que la bascule démographique lui sera bientôt défavorable.
Le slogan "du fleuve à la mer" est réciproque puisque l'incompatibilité d'humeur est patente.

Le processus "vivendi" recommandé par Charles de Gaulle prendra du temps et aboutira aux accords d'Oslo (rappel). Les ultra-sionistes qui gouvernent aujourd'hui firent assassiner le signataire, Yitzhak Rabin, en 1995, tuant dans l'œuf une paix méfiante certes, mais une paix quand même. Trente ans plus tard, l'Arabe en Palestine a vocation à se ghettoïser comme le juif polonais d'antan. On inflige aux Palestiniens le traitement réservé jadis aux juifs d'Europe, humiliations, expulsions, destruction du bâti, exécutions sommaires et pour finir la pendaison à discrétion. L'Occident réagit mollement dans le même esprit de repentance et les défenseurs des Palestiniens lui reprochent le double standard alors que le nombre de morts arabes indiscriminés ne cesse d'augmenter.
La haine coule de forge en continu, ça ne s'arrêtera pas. Des pays jusqu'ici indifférents, surtout en Asie, se retournent contre Israël dans une logique de « Cherchez l'intrus !» et même si les motifs en sont plus mercantiles que moraux - l'affaire d'Iran les impactent beaucoup plus que nous - ils risquent de contrebalancer la doxa judéo-chrétienne dans les enceintes décisionnaires et vérifier a posteriori la pertinence du Choc des civilisations de Samuel Huttington (1927-2008). L'Occident foutraque met tout le monde en danger ; cette thèse est chérie par nos contempteurs chinois, et par bien des peuples d'Asie du sud-est que je connais.

Quand je me projette à vingt ans dans le futur, la question des entrelacs judéo-arabes restera pour longtemps une question brûlante qui, ajoutée aux défis climatiques que les pays ne peuvent plus affronter, s'intègrera dans une politique globale d'adaptation au four universel, avant que ne surviennent les guerres torrides de survie dans toute la zone inter-tropicale. La question évoquée ici finira-t-elle pas s'y fondre et disparaître ? A l'heure des empires revenus, même comme marionnettiste de la culpabilité occidentale, Israël est trop petit. La Bible a ses limites. C'était notre minute Nostradamus.


Postscriptum du lundi soir

Tsahal a repris ce 1er juin les ruines de la forteresse de Belfort qui domine le fleuve Litani et le pays tout autour. Il y ont planté le drapeau immédiatement pour effacer la retraite d'avril 2000 effectuée sous la pression du Hezbollah que l'occupation israélienne avait créé.
La guerre au Hezbollah est une chimère parce que le parti chi'ite est une entité libanaise enracinée qui diffuse son empreinte dans tous les secteurs du Liban, même dans le domaine culturel comme nous le montre le succès phénoménal de Julia Boutros.

Le Quai d'Orsay ne s'y est pas trompé qui a toujours fait la part de la résistance armée au sionisme conquérant et de la mouvance civile. En fait, le parti chi'ite est partout, même dans l'armée libanaise régulière et bien sûr au parlement. Eradiquer une idée comme le Hezbollah à n'importe quel motif a autant de chance de succès qu'avec le Hamas qui a métastasé maintenant sur toute la Palestine. Israël sait tout ça, mais il faut vendre la menace terroriste d'origine iranienne pour élargir le glacis. Pas sûr que ça marche cette fois !

ALSP !

24 mai 2026

De ci de là

Le seringat a explosé à la Pentecôte en même temps que Donald Trump se couchait devant les réalités du Golfe définitivement persique. Je le sens d'ici, le seringat. Ainsi dans la nuit de samedi dernier, le président universel de tous les états unis a tenu depuis le Bureau Ovale une conférence téléphonique avec (accrochez vous !) Mohammed bin Salman Al Saud, Mohammed bin Zayed Al Nahyan, Tamim bin Hamad bin Khalifa Al Thani, Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim bin Jaber Al Thani, Ali al-Thawadi, Field Marshal Syed Asim Munir Ahmed Shah, Recep Tayyip Erdoğan, Marshal Abdel Fattah El-Sisi, King Abdullah II, King Hamad bin Isa Al Khalifa (pour alléger, j'ai enlevé tous les noms des fonctions respectives). Ils ont convenu d'un cadre de discussions (protocole d'accord) dont des détails ont été diffusés hier soir, et dont tout le monde parle depuis quelques jours sur les plateaux télévisés.

L'autre pays coalisé dans la guerre n'est pas dans la boucle diplomatique, même si Donald Trump signale que Benyamin Netanyahou a été informé ensuite de la teneur de l'accord par un coup de fil personnel séparé (source TS). Il est traité comme le cousin de province dont l'insistance agace. Au même moment, Tsahal est passé au nord du Litani ! Rien ne les arrêtera, les autres sont du bétail. On dit que Trump leur a donné la libre pratique.

Israël va-t-il comprendre que son acharnement à vitrifier un glacis sécuritaire autour de lui n'est pas vendeur de la cause sioniste ? La diaspora juive américaine commence à renâcler sous la pression des groupes pro-palestiniens et juge que le projet colonial d'apartheid n'est plus sur la trajectoire de renaissance d'un pays sûr pour les juifs, et accepté de ses voisins donc inclusif. Mais la crainte de la guerre aérienne persane coagule un soutien important de la population israélite locale et fatigue toutes les autres communautés. Le ministre Ben-Gvir pointe du doigt maintenant les Arabes israéliens comme une cinquième colonne prête à trahir. On leur a défendu déjà de descendre aux abris en cas d'alerte aérienne. Sans doute bientôt seront-ils stigmatisés comme "squatters" à l'image des Philistins de Gaza, autres résidents bibliques ! A quand le croissant jaune ?

Il serait de bon ton, dans le cadre d'une future entrée à l'Institut, de jauger maintenant les mesures promises par l'accord américain de Pentecôte, mais la duplicité de tous les acteurs est telle qu'il serait vain de s'y fier. Notons quand même que trois contempteurs d'Israël étaient au téléphone de la conférence, le Turc, le Pakistanais, et le Séoudien qui revient de son abandon moral des bédouins de Palestine. On ne peut dire non plus que le maréchal égyptien soit très attentif aux intérêts de l'Etat hébreu qui n'en finit plus de lui causer des soucis au Sinaï. Le Koweit n'était pas là, ni le sultanat d'Oman, ni l'Irak, pourtant tous très concernés.
Quoi qu'il en soit, la junte de Téhéran détient en ses mains le détroit d'Ormuz, la survie de Doubaï, et les usines de dessalement d'eau de mer sur la côte arabe. Ça équivaut à une dissuasion nucléaire ! Les excités du cabinet israélien, pressés de ruiner l'Iran pour longtemps, en sont pour leurs frais. Trump est dans la nasse des complications et il entend la petite musique de l'opinion républicaine qui lui serine de s'être fait avoir par Bibi.


L'autre bombe du week-end (sourire) c'est le coming out de Gabriel Attal à Mur-de-Barrez (Carladès). Le journal Centre-Presse de Rodez a fait le reportage pour signaler une ferveur populaire non feinte tant à l'endroit d'un jeune politique ayant marqué des points dans le passé qu'à l'annonce de sa candidature offensive à la présidence. C'est par ici (clic).
Il faut dire qu'à côté du maire empoté du Havre qui a peur de son ombre et du canal Seine-Nord, le choix est vite fait, comme nous le montre le ralliement de certaines figures de la macronie et le départ de technorigides comme Mme Borne. Sa campagne ne fait que commencer, c'est un bon candidat avec beaucoup de répartie, mais la tectonique des plaques politiques jouera aussi son rôle. Les thématiques centrales de son programme sont, dit-il, l’école, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle. Ce qu'attendent les Français, ce n'est pas le catalogue Manufrance que feuillettent les journalistes en mal d'audience et de punchlines, mais une image convaincante du nouveau pouvoir dans l'esprit vrai de la constitution présidentielle de 1958, face aux défis monstrueux du pays. Gabriel Attal doit surplomber tout ça. Pas évident, dans le tumulte où toute faute de carre est montée en épingle par les adversaires.

Sur la même estrade médiatique, Raphaël Glucksmann signe un livre ! Faisant fi du désintérêt populaire pour l'essai politique, l'enfant du sérail bobo parisien intellectualise son approche des masses laborieuses qui l'ignorent, pour se rassurer peut-être du faible écho qu'il suscite. Surfer sur le succès d'une élection de liste qui n'intéresse pas l'opinion quand on n'imprime pas, conduit à minorer l'enthousiasme des premiers jours sur la Place de la République jusqu'à l'oubli. La coterie habituelle de la gauche bourgeoise peut se rallier si le parti officiel sort un mauvais candidat, ce qui est probable, mais elle ne suffira pas cette fois à réitérer la promotion fulgurante du yuppie de 2017. Glucksmann n'a pas la niaque. Il en restera un livre pour caler l'armoire.

Ce sera tout pour cette fois.
J'ai mon béret de marsouin à repasser pour le prochain Canon Français.
On chantera :
  • Dans le port de Sahigon
  • Il est une jonque chinoise
  • Mysté-rieuse et sournoise
  • Dont nul ne connaît le nom
  • Et le soir dans l'entrepont...
  • ¤¤¤¤¤¤ (clic)

ALSP !

19 avril 2026

Miscellanées printanières

Je ne sais plus qui a dit : "Dieu a créé le monde mais il fonctionne avec Satan", ou quelque chose d'approchant. Les nouvelles d'où qu'elles viennent nous le prouvent chaque jour, il y a un acharnement du Mal sur les conditions d'existence de la race humaine qui métastase sur tout le règne du vivant. A se demander si les Dualistes du Moyen-Âge étaient vraiment des illuminés ou s'ils avaient perçu un tremblement des enfers sous leurs pieds, l'avertissement sismique d'un anéantissement prochain. Les hommes ne semblent jamais en repos tant ils sont enclins à mater leurs voisins, de la pire des manières parfois, comme nous le montrent de grands criminels en guerre comme Poutine ou Nétanyahou qui sont des éradicateurs patentés à qui nous continuons de parler, sans oublier al-Burhan et Hemedti au Soudan, plus sauvages encore !

Entretemps, le débat corne-cul sur l'antisionisme s'est vautré à la Chambre basse comme il fallait s'y attendre, en dépit des nombreux et prestigieux parrains qui le portaient à bout de bras sans voir que la Sainte Inquisition était une galéjade à côté de l'implicité d'opinion, coupable de reproches formulés à l'endroit de l'Etat hébreu. Les rédacteurs de la proposition Yadan en étaient venus au point de chercher les pensées interdites des prévenus, non exprimées sans doute mais probables, susceptibles d'être qualifiées. Je croyais que nous étions une nation de droit écrit. Non, non, le juge devait prouver le "péché d'intention".
J'abandonne les poursuites et fais mienne l'excuse de légèreté de tous ces gens d'importance* : ils n'ont tout simplement pas lu la proposition de loi ! Sinon nous aurions failli nous faire piétiner par des connards complices du désastre de Gaza, ce qu'à Dieu ne plaise, ils ne peuvent pas l'être.

*NB : la liste est sur le site de l'Assemblée nationale et en code


Revenons à la maison.

Les politiques sentant leur fin prochaine ont consenti, pour amadouer l'indispensable électeur, à la suppression des ZFE, les zones de faibles émissions. Adoptées dans la loi Climat pour diminuer la pollution aérienne des agglomérations, elles avaient le redoutable défaut démocratique de confiner à la campagne par des entraves à leur libre circulation les automobilistes les moins fortunés. Le contrôle technique des moteurs et les analyses de pollution des échappements ne pouvant suffire, il fallait bannir des villes les véhicules les plus anciens et donc les moins chers à acquérir et entretenir. L'incitation à renouveler le parc automobile sous la contrainte prenait en ciseau le budget des ménages pauvres et l'augmentation très sensible des tarifs constructeurs pour des modèles bourrés de gadgets marketing et d'aides à la conduite pour idiots. Finalement la grogne pouvait se transformer en gilets de couleur, un pouvoir aussi décrié que le nôtre ne pouvait en supporter le prix. Exeunt les ZFE, on va garder les vignettes sur les pare-brises pour les jours difficiles à respirer quand il faudra réduire les émissions de gaz d'échappement en triant les pollueurs, ce qui est normal..

Le recul est bien accueilli. Il participe du redressement de la démocratie sincère qui écoute le peuple au lieu de l'éduquer. Tout le malheur du pays gît dans cette fabrication : le peuple est souverain en droit mais n'est pas écouté en fait. On lui explique ! On le dresse ! On l'instruit ! Ainsi laisse-t-on grandir par exemple le malaise de l'immigration. Que craint-on du peuple ? Qu'il veuille la réguler à son idée.
Les gens ne sont pas idiots dans leur quotidien quand ils voient qui les sert. Souvent des étrangers quels que soient leurs papiers. Ils savent aussi que les emplois pris ne sont pas confisqués aux Français de souche mais occupés par ceux qui en supportent la dureté et les inconvénients. Le peuple veut une régulation claire et pour tout dire, une "immigration de travail choisie" sans regroupement familial des ascendants. Le référendum populaire qui menace la classe didactique ne serait rien d'autre que l'expression du bon sens. Ce bon sens ennemi de la prébende et des privilèges qu'il faut absolument contenir. Exemple ? Le décret libératoire du travail le premier mai concocté par le groupe Renaissance sur injonction du président de la République faisant droit aux demandes des boulangers et des fleuristes, est rédigé sur 13 pages ! Treize !

Les députés macronistes en ont profité pour convoquer à leur poste un million et demi de travailleurs chez les grandes enseignes (qui ont des rayons pain et fleurs), chez les usines agro-alimentaires, tout le commerce de bouche jusqu'aux chocolatiers, les enseignes culturelles jusqu'aux fleurs en plastique. Les dérogations étaient jusqu'ici normales et de bon aloi, transports urbains, hôpitaux, coulée continue en sidérurgie etc. mais c'était sans compter avec le prurit législatif de nos grands inutiles. Le Premier ministre a dit stop ! Avec la loi Yadan, c'est par deux fois la semaine passée que M. Lecornu a fait mentir son nom ! Je pense qu'il serait bien cette année de voter des vacances parlementaires du 1er mai au 30 septembre. Qui s'en apercevrait, sauf eux ?

Finissons par le carnet blanc.
Il risquait de plus mal choisir, le héraut de la droite dure qui peaufine un profil chiraquien, s'est mis en tête d'achever la gravure de sa présidentialité. Les dames frontistes en rêvaient, Jordan Bardella l'a fait. Mieux encore, dans une des plus vieilles familles nobles d'Europe, les Bourbons-Deux-Siciles. La Maison Royale de Bourbon, issue de louis XIV, gouverna les deux royaumes de Naples et de Sicile de 1734 à 1816, et successivement les deux royaumes unifiés connus comme les Deux-Siciles, jusqu’en 1860. Une des dynasties les plus anciennes d’Europe gouverna donc l’Etat le plus grand et le plus peuplé d’Italie avant l'unification italienne de Cavour. Le roman de Lampedusa Le Guépard se passe chez eux.

Maria Carolina a 22 ans. Elle est blonde, jolie et éduquée. Elle parle plusieurs langues, a des diplômes, et elle roulait en Harley-Davidson Heritage Classic jusqu'à ce qu'elle se prenne un mur à Monaco. Sauvée par le casque, on ne sait ce que devint sa moto de rebelle. Le couple est sympathique et assorti pour une fois. S'ils accèdent à l'Elysée, ils y feront entrer une fraîcheur qui a manqué jusqu'ici. Une première dame de 23 ans succédant à une cougar de 74 n'est pas pour me déplaire. Quant à lui, et bien, il fera avec lui-même et son bac ES mention TB, plus son entregent, sa répartie, sa tchatche quoi. Ne le connaissant pas, je ne risquerais pas un pronostic, mais si c'est calculé, c'est intelligemment calculé, le candidat est "parfait" au sens d'achevé. En campagne électorale, il fera moins "gendre". Restera ensuite à convaincre le Gotha, mais pourquoi pas, si le corps électoral français le choisit, lui ? Bonaparte y est bien parvenu.

Gabriel Attal se serait lui-aussi remis en ménage, mais ça n'aura pas le même effet sur la ménagère de quarante ans.

Avant de se quitter, je voulais faire un sort à la procédure d'appel visant Nicolas Sarkozy dans l'affaire des fonds libyens de campagne. La notice Wikipédia entre dans les détails (clic) mais il ne s'agit maintenant pas des détails. Il s'agit de l'attitude arrogante du prévenu Sarkozy qui nie tout en bloc et fait porter le chapeau à ses collaborateurs du moment, comme on l'a vu pour Claude Guéant. Sa morgue à nier ce dont tout le monde est convaincu ne cadre pas avec sa pratique du commandement des hommes puisqu'on juge impossible que quoi que ce soit lui bénéficiant puisse avoir été fait à son insu.

Le ministre de l'Intérieur d'abord, le président ensuite, avait l'œil à tout. On l'a vu maintes fois pour des petites choses jusqu'au seuil du ridicule, quand il limoge Dominique Rossi, chef de la Sécurité en Corse, parce qu'il n'a pas su empêcher qu'un groupe nationaliste aille se baigner pacifiquement dans la piscine de Christian Clavier à Porto-Vecchio pour dénoncer la promotion immobilière résidentielle du député de Rocca Serra (clac).
On l'a vu tout au long de son mandat s'occuper de dossiers mineurs, et quand il s'est agi possiblement de cinquante millions, il ne savait rien ; si ce chiffre est exagéré, la manipulation d'espèces en quantité industrielle est avérée jusqu'au coffre géant loué par le préfet Guéant à l'agence BNP Opéra.

Certes le doute profite à l'accusé, mais je ne suis pas sûr que ce déni soit la meilleure défense, surtout de mouiller ceux qui vous ont servi, comme on noie son chien. Qu'il soit bien clair que je n'ai aucune aversion pour l'acquittement de M. Sarkozy si les juges en décident ainsi. Le personnage en lui-même, dans ses travers, son allure et sa vulgarité n'existe plus en vrai. Cet homme ne nous a rien apporté dont il puisse se vanter et ne suscite encore que des reproches. Il devrait s'exiler.


ALSP !



Trouvé ! C'est le grand humoriste juif Tristan Bernard qui disait dans Répliques et bons mots : « c'est Dieu qui a créé le monde, mais c'est le diable qui le fait vivre.»


05 avril 2026

De l'inégalité des races humaines devant le tribunal médiatique

La guerre des gangs fait rage au Moyen-Orient et il ne faut sans doute pas compter sur les trois parrains du conflit pour annuler le désordre économique mondial qu'ils ont créé. Il n'a jusqu'ici manqué qu'un acteur : le courage. Personne ne semble pressé de charger baïonnette au canon, pas même les nouveaux Huns qui ont eu le temps de se faire la main sur les femmes et les gosses arabes à Gaza et maintenant au Liban. Là vous n'y pensez pas, ces salopards se défendraient !

Entretemps le chancelier Merz redoute une crise mondiale de la taille de celle du coronavirus chinois, par rupture des approvisionnements énergétiques et celle de la circulation des intrants et composants manufacturiers (engrais, alumine, chimie du plastique etc...). Si la guerre s'arrête maintenant, il faudra un année ou plus (selon C. Lagarde -BCE) pour rétablir les flux normaux. C'est dans Politico ici.

On se doute bien que l'imbécile-en-chef n'arrêtera sa guerre de choix que si la classe ouvrière américaine descend dans la rue ou si les camionneurs bloquent tout. D'ici qu'il se décide, laissons donc l'aire biblique à son histoire et revenons ce matin à nos moutons bien français.

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Le clou du spectacle démocratique est sans conteste l'élection d'un enfant du pays à Saint-Denis, cité des rois morts et de divers vivants. Connu comme le loup blanc par toute la ville, maire-adjoint et vice-président du Conseil Général du Neuf-Trois, Bally Bagayoko a dû essuyer une tempête de racisme même pas masqué, pour sa seule couleur de peau. C'est un Malien du fleuve, donc noir. Il a fait des études supérieures sur zone, aime servir son prochain, et procède en tout domaine d'une élocution châtiée et fluide que beaucoup de politiciens pourraient lui envier, surtout Manuel euh euh Valls ! Ses idées ne sont pas iconoclastes et dans la bouche d'un François Ruffin, Benoît Hamon ou d'un Alexis Corbière elles passeraient crème ! Elles forment un catalogue socialiste ou communiste de base et prennent la défense du prolétariat. De quoi parle-t-on ?

En fait, c'est un sacré pavé (250 mesures) que vous pouvez encore ouvrir en cliquant ici sinon faire confiance à la recension de l'essentiel que j'en ai fait ci-dessous :
  1. Enseignement primaire
    • Lutter contre les rats dans les écoles
    • Financer la cantine gratuite et proposer un p'ti dèj aux enfants qui le souhaitent
    • Autres mesures classiques (atsem, sorties scolaires etc) pour tout nouveau maire
  2. Logement
    • Défendre le logement public en maîtrisant loyers et charges
    • Favoriser l'accession sociale à la propriété
    • Lutter contre l'insalubrité et les immeubles en ruine
    • Etablir un syndic des associations de copropriétaires
    • etc.
  3. Démocratie locale
    • Auditer la fusion Saint-Denis-Pierrefitte avant de l'approuver
    • Mettre en place le RIC, référendum d'initiative populaire
    • Favoriser les conseils de quartier
    • Guichet unique des subventions aux associations
  4. Sécurité publique
    • Déployer la police municipale en ville à proximité des besoins
    • Créer un comité d'éthique accessible aux citoyens
    • Supprimer les LBD (pas plus de désarmement dans le programme)
  5. …… Tout le reste est à l'avenant de ce que vous avez lu dans les programmes municipaux distribués dans vos boîtes à lettres et concerne comme partout la jeunesse, l'écologie populaire, l'aménagement foncier, les trajets (transports), le sport populaire, le vivre ensemble, la culture populaire, le bien vieillir, le déploiement du service public, c'est tout ! Mais le lire prend du temps.

Rien de bolivarien, ni de castriste dans le programme à peine insoumis de M. Bagayoko. C'est un programme de gauche très classique, et la bronca, un peu surjouée sur les chaînes de désinformation continue, s'est bien nourrie d'un racisme puant à l'endroit d'un Français noir. La question est : pourquoi lui ? Parce que des maires élus des United Colors of Benetton, il y a pléthore et pas qu'en Petite Couronne à Sarcelles, Fleury-Mérogis, Mantes-la-Jolie, La Courneuve, L'Ile-Saint-Denis, Le Blanc-Mesnil ou Saint-Ouen sur Seine, Saint-Mammès, Yèbles, mais partout.
On en avait trouvé même dans des trous perdus comme Sainte-Juliette-sur-Viaur (Aveyron) ou Saint-Coulitz (Finistère). Et c'est oublier la couleur du président du Sénat Gaston Monnerville, qui a tenu tête à Charles de Gaulle lors de la forfaiture de 1962 qui dépouillait le Congrès de l'élection du président de la République.

Pourquoi lui ?

Parce que LFi, tout simplement ! Et parce que LFi défie en continu à la fois la bourgeoisie socialiste d'Etat et le lobby juif de France.

Ce parti lambertiste du bordel originel qui rêve d'un monde impayable qui n'existera jamais, s'énivre de provocations programmatiques pour tenir la rampe de l'estrade médiatique et se permet toutes les outrances afin de compenser son inaptitude à gouverner. Il y a pourtant des esprits déliés comme Manuel Bompard et Sophia Chikirou qui posent question, mais il leur faut baiser l'anneau.
Alors le maire de Saint-Denis ramasse le shitstorm à la place de Mélenchon, qui n'y cherche lui qu'un levier pour promouvoir sa prochaine candidature. La manifestation de samedi dernier à Saint-Denis contre le racisme a servi de caisse de résonnance. Plus le son monte, mieux il se porte.

Bally Bagayoko a raison d'assigner en justice les racistes de CNews, dont Pascal Praud qui est en roue libre dans ce domaine et que plus rien n'arrête. L'animateur/agitateur se veut gourou maintenant ! Il ne supportait plus la modération des mises au point judiciaires de Philippe Bilger, il l'a viré ! Sonia Mabrouk le vomit. Je l'ai entendu hurler contre le droit international en l'affaire d'Iran. Ce type est devenu la caricature américaine d'un animateur télé, avec un cheveu sur la langue !

Puisqu'on parle de races - qui existent vraiment quoiqu'en dise l'université - j'ai signé hier la pétition parlementaire contre la proposition de loi Yadan qui amalgame antisionisme et antisémitisme afin de faire condamner en France toute critique des graves dérives du cabinet Netanyahou et consorts. Si, si, je n'y croyais pas avant de l'avoir lue.

Quelles que soient les arrières pensées des initiateurs de cette pétition (ISM-France), cette proposition est inacceptable et la députée Caroline Yadan spécialement stupide. Pareille sacralisation dans nos prétoires de l'expansionnisme juif, en Palestine et autour, est inique mais surtout, elle met en réel danger la diaspora israélite chez nous, celle qui endure une hostilité déjà forte de la part des communautés arabo-musulmanes sans qu'il soit besoin de la nourrir, sans parler de l'antisémitisme rampant des groupes d'extrême-gauche qui mènent le bal dans les universités.
Désolé pour tous les relais de M. Nétanyahou chez nous (la liste serait trop longue), mais la construction du Grand Israël, assumée par le gouvernement d'aujourd'hui qui ne recule devant aucun carnage pour l'avancer, condamne d'avance les juifs de France à l'opprobre voire même à la proscription. L'amalgame "Sem & Sion" est criminel, non pour le gouvernement israélien dont l'avenir à la CPI m'indiffère, mais pour la diaspora. Et je m'étonne de ne pas entendre plus de voix israélites qui le condamnent. Elie Barnavi, Jean-Christophe Attias, Esther Benbassa et Dominique Moïsi ne suffisent pas ! Mais il y en a sans doute d'autres.

Tout ceci ne résoudra pas le conflit judéo-palestinien qui est inextricable, mais en attendant un miracle, les lecteurs qui me suivent peuvent signer la pétition sur le site de l'Assemblée nationale par ici.

Il est inutile d'importer dans notre pays un racisme à visage découvert qui prospère aux Etats-Unis, sans entrave aucune depuis l'arrivée à la Maison Blanche des suprémacistes décomplexés. Notre pays a de nombreux défis à relever pour maintenir sa place dans le concert des nations sans y ajouter une fracture supplémentaire de notre société fragilisée par l'incurie macronienne.

ALSP !



22 février 2026

Petites et grandes guerres

Nous ne dirons jamais assez la peine que nous avons ressentie à la mort de Quentin Deranque, étudiant généreux et studieux, converti par la Fraternité Saint-Pierre et qui y avait amené son père. Il a répondu à l'appel des filles de Nemesis qui craignaient de déployer leur banderole devant SciencesPo Lyon pour protester contre la conférence islamiste de Rima Hassan au bénéfice du Hamas.
Mais ce garçon sans histoires n'avait pas la carrure d'un régulateur, pas plus d'ailleurs que Clément Méric à l'époque, et c'est ce qui nous amène à questionner la pertinence du happening politique en voirie dans la France d'aujourd'hui. Oui, le droit de manifester, mais à quoi cela sert-il dans la semaine qui suit ?

Qui veut vraiment prendre le pouvoir par la rue de nos jours en 2026 ? Depuis 1848, personne n'y est arrivé en France, même dans des circonstances favorables. Et ce ne sont pas les exaltations alcooliques de l'insurrection populaire qui ont jamais manqué ! Mais, que voulez-vous, le pouvoir a de l'expérience acquise depuis deux siècles pour savoir soit l'écraser, soit la dévier. "La République se défend bien" disait le Martégal. A quoi servent donc les tractages, les collages, les piquets du mécontentement, les défilés tout mégaphone dehors ?
A impressionner les politiciens en charge au moment, qui tremblent de perdre leurs avantages acquis "à la force du poignet". Le comble de la couardise fut observée en mai 1968 - qui n'y fut pas n'en parle pas - quand tous les ministères se vidèrent de leurs ministres, lesquels partirent pour la province se cacher chez leur mère et que ne restaient à Paris que le Premier ministre Pompidou à Matignon, et le préfet Grimaud en l'île. L'Etat survécut en ne faisant pas trop de dégâts chez la jeunesse en ébullition qui rejouait les Gardes Rouges.

"Il fallait que tout change pour que rien ne change", disait Alain Delon dans Le Guépard. Ce fut fait, on supprima le latin aux examens et bien d'autres choses, on leva les contraintes de tous ordres, puis la relève releva comme si de rien n'était, et les hooligans de 1968 sont aujourd'hui dans la ouate avec les dents du fond qui baignent. Leurs petits-enfants, bercés par l'insurrection qui vient, ont pris l'emploi bourgeois de black blocs.

L'application de la violence à une séquence militante a été théorisée par Chantal Mouffe dans le cadre d'une stratégie de propagande par le fait qui remonte à l'époque de la grande anarchie et des bombes à mèche, et qui s'oppose à la dialectique de confrontation des idées. Nous vous épargnerons les citations vaseuses, notre propos n'étant pas une thèse d'université. Sauf que les vaillantes cohortes qui veulent retourner l'Etat bourgeois rechignent à prendre en ville plus qu'un bâton. Les anciens retournaient les faux. Et, de vous à moi, la "rue" est aujourd'hui... numérique !

Cette petite guerre autour d'un fascisme fantasmé valorise les idées courtes, et dévoile la veulerie chronique de la classe politique qui, à de très rares exceptions près comme le sénateur du Rhône Etienne Blanc, s'est empêtrée dans la distanciation et le relativisme pour équilibrer les parties prenantes à ce drame. L'équilibre efface l'ardoise. S'y sont prêtés des politiques de deuxième division comme Dominique de Villepin et Ségolène Royal. Ne parlons pas des écologistes de parti, ils sont soumis aux règles de report des voix plus que les autres, c'est leur marque ! La France insoumise quant à elle assume carrément le lynchage par des propos détournés. Bref, on avait le droit de vomir. L'autre "petite guerre" a commencé mercredi dernier. Elle est faite à soi-même.

Le carême ne peut se définir comme un jeûne bien qu'il y soit réduit par l'Eglise catholique qui rame à faire passer dans les communautés chrétiennes la notion d'ascèse spirituelle ; car c'est une période de retrouvailles avec soi-même, les volets clos sur son for intérieur. Sa propre découverte de la distance qu'il reste à franchir vers la lumière de la vérité n'est pas à portée du vulgum pecus. Où sont passés les grands prédicateurs qui sortaient des monastères au carême pour électriser la foule des fidèles accourus ? Martyriser le corps pour élever l'âme est un grand classique religieux que l'on retrouve partout pour l'asservissement des âmes. C'est petit jeu.

On dit que la jeunesse revient au carême mais d'abord sur le plan spirituel. J'ai croisé il y a quelques années une jeune femme convertie par l'abbé Beauvais à Saint-Nicolas et je lui avais demandé pour quelle raison elle avait fait le pas. Après un instant de réflexion, elle me répondit qu'elle voulait être « parfaite » ce qui voulait dire, finie, achevée. Elle était devenue cathare sans le savoir.

Le carême n'est pas non plus une période de "partage" issue du biais caritatif qui transmute le message essentiel en manifestation publique de la richesse des uns contre la pauvreté des autres. Quand on ne sait quoi faire, on fait la charité. Le carême doit être éminemment égoïste. D'ailleurs le Christ des évangiles n'est pas parti au désert en joyeuse compagnie au milieu d'une cohorte d'orants jouant des flûtes et des tambourins ; mais seul, ne comptant que sur la force de son esprit. Et pour ne pas laisser mourir avant l'heure son corps d'homme, il le laissa certainement boire et manger contrairement aux écritures, sinon quelque chose cloche.

Celui qui cherche un sens à la vie, croyant ou moins croyant - il n'existe pas d'incroyant viscéral - devrait profiter de ce temps d'ascèse pour faire le récolement de son être trinitaire. Son corps menacé par le mal est-il préparé à accueillir l'âme qui l'anime ? Cette âme est-elle connectée à l'esprit supérieur qui la guide ? Si oui, que lui insuffle-t-il ?
Les règles du combat intime !
L'esprit va l'aider à interagir avec l'ordre partagé et le chaos originel, plus simplement le bien et le mal. Le carême n'est donc pas affaire de perdrix et de truites. Et l'homme n'a que quarante jours à consacrer chaque année à cette immersion en lui-même. C'est pareil pour le vrai ramadan.

Le ramadan est aussi le temps du djihâd spirituel qui est le devoir religieux de lutter contre soi-même, amalgamant l'abnégation et la résistance aux penchants mauvais. Il est organisé différemment du carême chrétien, sur la base d'une journée renouvelée pendant trente jours, de jeûne, prière, introspection. Il est un des cinq piliers de l'islam, et il prend à son compte la vulgarité de l'espèce humaine puisqu'on y mange beaucoup la nuit. Mais il est des guerres plus grandes.

cul de lampe typo aux dauphins affrontés


Commence aujourd'hui la cinquième année de l'opération militaire spéciale russe contre la République ukrainienne. Le bilan est au débit du Nain maléfique, grand stratège devant l'Eternel qui pouffe de rire et joueur d'échecs tant vanté, collé comme une mouche sur la vitre du Donbass.

Ses "amis" commencent à douter de leur choix, craignant de passer à leur tour pour des c*ns. La Chine qui certes continue de facturer l'industrie de guerre russe, envoie de l'aide humanitaire à Kiev pour parer le « Kholodomor*» criminel de Moscou, et l'Inde réduit considérablement ses importations de brut Oural même remisé rock bottom. Cent vingt millions de barils flottants russes attendent preneur dans toutes les rades mouillables.
* Kholodomor littéralement "extermination par le froid" en résonance de l'Holodomor stalinien de 1933.

Bien malin qui prédit aujourd'hui l'avenir. La politique américaine est illisible :
d'un côté Zig et Puce tordent le bras de Zelensky pour monter leur casino sur la Place Rouge ; de l'autre, Trump étrangle les exportations de pétrole russe qui financent la guerre. Et Kiev s'organise pour continuer les hostilités pendant trois ans, soit jusqu'au terme du mandat trumpien ! Affaiblir les deux parties ne les privera pas de continuer à mains nues tant est exacerbée la haine réciproque.

Il se pourrait que la lassitude chinoise pousse jusqu'au Kremlin l'expression du mépris céleste pour les délires rabiques du mini-tsar impuissant, juché sur les échasses de son cauchemar impérial.

Avant de rompre, on saluera la résistance du peuple ukrainien contre la politique d'éradication de leur nation, qui va être un modèle pour beaucoup, à l'heure du retour de la brutalité des empires aujourd'hui dételés du droit international.

Слава Україні ! Gloire à l'Ukraine !



ALSP !


08 février 2026

Fuir le bonheur

Il est d'acception commune que la recette du bonheur est dans le détachement, puisque attachement et accumulation sont les fées Carabosse de la frustration. Ce détachement doit s'exercer, avec force méditation, tant à notre périphérie physique et mentale qu'à l'architecture intime de nos désirs et de nos habitudes intérieures. C'est du moins ce qu'en pense le bouddha éveillé.

La racine de la souffrance intime n'est pas de ressentir de la peine ou de la tristesse, voire de ne rien ressentir du tout. Il semblerait au bouddhiste que la cause de cette souffrance gît plutôt dans une quête incessante de sensations éphémères qui met en tension notre esprit, balancé entre l'agitation et l'insatisfaction. Eprouverait-il du plaisir à un instant donné qu'il en ressentirait aussi un mécontentement né de la peur qu'il ne cesse, alors qu'il souhaiterait que ce plaisir se prolonge. La clef est de se libérer de la course au plaisir pour jouir d'un esprit détendu, clair et comblé de sérénité. On n'y parvient pas sans la méditation auprès d'un guide-expert. La robe safran est en vente chez Etsy Irlande.

Il est maintenant intéressant de poser la question de la recette du bonheur à La Machine dont nous parlions la semaine passée, en interrogeant par exemple Le Chat de la société d'intelligence artificielle française Mistral AI (clic). Pour ce faire, il suffit de faire un essai comme proposé...

Q : Quelle est la recette du bonheur ?

...et ça donne ça en deux à trois secondes :

R : La recette du bonheur est une question aussi ancienne que l’humanité, et chaque personne y répondrait probablement différemment selon sa culture, ses expériences et ses valeurs. Cependant, plusieurs ingrédients reviennent souvent dans les réflexions philosophiques, scientifiques et populaires :

1. Des relations humaines de qualité
Les études en psychologie montrent que les liens sociaux solides et bienveillants sont l’un des principaux facteurs de bonheur. Passer du temps avec ses proches, cultiver l’empathie et l’écoute, et se sentir entouré sont essentiels.

2. Un sens à sa vie
Avoir des objectifs, des passions ou des engagements qui donnent l’impression de contribuer à quelque chose de plus grand que soi (famille, travail, art, bénévolat, etc.) est souvent cité comme une source profonde de satisfaction.

3. La gratitude
Prendre conscience des petites et grandes choses positives de la vie, et les savourer, aide à cultiver un état d’esprit plus heureux. Tenir un journal de gratitude est une pratique simple et efficace.

4. L’acceptation et la résilience
Apprendre à accepter ce qui ne dépend pas de nous, et développer la capacité à surmonter les épreuves, permet de réduire le stress et d’avancer plus sereinement.

5. Le soin de soi
Prendre soin de sa santé physique (sommeil, alimentation, exercice) et mentale (méditation, pauses, loisirs) est un pilier souvent sous-estimé.

6. La simplicité et le lâcher-prise
Se libérer de la surcharge matérielle, des attentes irréalistes ou de la comparaison sociale peut apporter une grande légèreté.

7. La curiosité et l’apprentissage
Rester ouvert au monde, apprendre de nouvelles choses, voyager ou explorer de nouveaux horizons stimule la joie et l’épanouissement.

En résumé : Le bonheur ne se trouve pas dans une formule magique, mais plutôt dans un équilibre personnel, une attention portée à soi et aux autres, et une certaine liberté intérieure.

Et toi, qu’est-ce qui te rend heureux ou heureuse ? As-tu déjà trouvé des ingrédients qui fonctionnent particulièrement bien pour toi ?
(fin)

Combien de temps auriez-vous mis à pondre cette réponse, ou même une réponse différente de la proposition "artificielle" ? Dix minutes pour les plus rapides en partant de rien ? Le rapport d'attention serait donc de 3 à 600 secondes soit 200 fois. Comment ne serions-nous pas remplacés ? Le grand remplacement n'est pas celui qu'on croit. Mais des progrès restent à faire.
Le Chat n'a pas saisi le paradoxe du bonheur malheureux : ne vous est-il jamais arrivé de voir votre humeur s'assombrir dans un moment de bonheur intense à la seule pensée que la séquence de sérénité va fatalement s'achever dans l'impermanence du ressenti ?

D'où le sonnet de Serge Gainsbourg dont nous reproduisons ci-dessous les paroles et qui a fait notre titre :

Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve,
Que le ciel azuré ne vire au mauve,
Penser ou passer à autre chose
Vaudrait mieux !

Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve,
Se dire qu'il y a over the rainbow
Toujours plus haut le soleil above
Radieux !

Croire aux cieux croire aux dieux,
Même quand tout nous semble odieux,
Que notre cœur est mis à sang et à feu.

Fuir le bonheur de peur qu'il ne se sauve,
Qu'une petite souris dans un coin d’alcôve,
Apercevoir le bout de sa queue rose, ses yeux fiévreux.


En chantant ?

Que dire à la fin ?
Parler du bonheur, de son accessibilité, de conditions qui le favorisent, de la chance de l'éprouver même s'il est rare comme sont rares le génie et l'amour ; sinon parler de la fin du bonheur ? Les nuages s'amoncèlent sur les sociétés humaines et la planète semble aujourd'hui nous en vouloir. Sommes-nous à la fin de quelque chose ? Indéniablement.

D'après la faculté d'anthropologie, l'espèce a franchi trois révolutions essentielles qui ont modifié ses gènes et grandement amélioré ses chances de déploiement jusqu'à l'encombrement actuel. Ce furent la révolution cognitive qui a conscientisé les apprentissages, nous a projetés dans notre avenir et nous a permis de descendre de l'arbre puisqu'il y avait mieux à faire au sol ; la révolution agricole qui nous a jetés dans l'exploitation du capital Terre et a formé les sociétés modernes imbriquées ; la révolution scientifique qui nous a dévoilé la puissance de l'invisible et de notre propre imaginaire. Cette dernière évolution vient de dépasser notre humanité et ouvre en grand les portes du dernier vertige.

La quatrième révolution est la révolution numérique. La dictature du bit ! Il est impossible d'arrêter les docteurs Frankenstein qui se sont incrustés dans le tissu civilisationnel au point que pour les tuer il faudrait aussi le déchirer à nos dépens. A défaut de les anéantir, peut-on les dévier ? Surgit alors la question vache : non pas "comment", mais "vers quoi", les deux questions étant aussi difficiles l'une que l'autre.
Vers quoi ?

Vers une forme d'entropie des civilisations qui pallierait l'inégalité des races humaines quand elles s'agrègent en nations identitaires, et qui ferait que les différences toujours visibles ne seraient pas assez grandes pour justifier que l'une saute à la gorge de l'autre. Dit autrement, pousser la mondialisation à fond la caisse ! Alors serait lancé par toute la planète ce Projet d'Entropisation que l'on confierait, non pas aux Nations-Unies, mais à La Machine pour la distraire de ses complots funestes, afin de débander les empires prédateurs sur des lois archaïques au bénéfice d'une sagesse universelle qui jusqu'ici n'a jamais existé au niveau des nations, mais pourquoi pas ? Rousseau pas mort. Qu'en pensent les jeunes qui seraient convoqués à ce Projet ? La plupart de ceux que je connais sont partout chez eux, comment dire, décloisonnés et en conversation. C'est un signe de faisabilité.
Sinon il y a la ciguë !

Nous achevons ce billet par l'interrogation philosophique que pose Yuval Noah Harari à la fin de son livre Sapiens :
« la vraie question est non pas "que voulons-nous devenir ?" mais "que voulons-nous vouloir ?". Si cette question ne vous donne pas le frisson, c'est probablement que n'avez pas assez réfléchi. »

Le bonheur, c'est dépassé ; il s'agit maintenant et demain de la mutation de l'espèce que la science va forcer à sortir de sa guenille charnelle, pour aborder aux rivages du pur esprit, délié de sa morale naturelle, délié de ses codes sociaux, reformatés par les algorithmes sur des "biogiciels" nouveaux qui travailleront collectivement à la domination finale d'une planète déjà abandonnée pour le Grand Exode promis par les nouveaux gourous. Le bonheur ? Quel bonheur ? Vous ne serez pas tous du voyage. On ne va pas déporter sur une exoplanète de la série Kepler sept ou huit milliards de bonshommes à deux mille années-lumière de distance.
Ceux qui resteront remonteront dans les arbres en attendant la fin de la sixième extinction. D'ici là, profitez du spectacle de la nature et des aurores boréales bretonnes (mais si !), profitez des douceurs que la vie vous apportera, et ne paniquez pas à l'impermanence du bonheur fugitif, aimez les filles douces qui mettent des fleurs à leurs cheveux, et si ça vous fait du bien, priez le dieu auquel vous êtes habitués. Acceptez votre destin, en attendant peut-être le Sauveur, mais vous n'avez plus le choix.


Liens utiles :
  1. Plaidoyer pour le bonheur de Matthieu Ricard
  2. Le bonheur dans l'Antiquité de Pierre Loret
  3. Mondialisation et dilution du politique de Manuel Castells
  4. Critique d'Homo Deus d'Harari
  5. Exoplanètes habitables (Wikipedia)


ALSP !

18 janvier 2026

Après la démocratie

L'actualité tragique nous montre combien un régime autoritaire assis sur une idéologie barbare est en péril sauf à tuer tout le monde. La Révolution islamique qui a chassé la dictature du Chah de Perse, a dû par le truchement de privilèges spécifiques convertir en force de répression près d'un quart de sa population pour maintenir les trois autres quarts sous son joug pervers et mortifère. Ce régime doit s'effondrer à tous égards, ses dirigeants périr après avoir dégorgé leurs rapines. La République islamique d'Iran pouvait-elle faire autrement ? Chapour Bakhtiar avait essayé ; ils l'ont tué. C'était la dictature d'un dieu vengeur qui leur avait été promise depuis Neauphle-le-Château. Promesse tenue !
Cette obsession à soumettre le peuple aux rites minutieux hérités du haut moyen âge et l'asservissement des femmes aux hommes dès l'enfance sont le marqueur du succès islamique. Il a privé d'intelligence l'Etat iranien qui fut reconstruit sur la base du Coran médiéval. Allah sait tout et moi je vais te dire ce qu'il a dit. Tu parles ! A part les clients du régime et ses nombreux gardiens de la morale publique Neauphle-le-Château qui marchaient en remorque du timon de leur queue, personne n'y a jamais cru. A commencer par les femmes bien sûr, puis tous les déshérités à l'abandon, pour aboutir maintenant aux bazari en faillite et aux étudiants excédés par les revendications religieuses ou nationalistes qui ne visent qu'à les brimer ou les incorporer.

Les régimes qui garantissent au peuple ses libertés basses en protégeant les fondamentaux de la Nation n'ont aucun souci à se faire de leur avenir, s'ils ne sont pas des démocraties à la mode de Westminster.
En ce cas, ils sont à la merci de tribuns démagogues qui changeront le peuple en foule sur la pierre philosophale du populisme. Le régime démocratique est d'expérience le fourrier de la dictature, ce que l'histoire a répété maintes fois depuis que des esprits faibles ont convaincu tous les ambitieux du pays que le suffrage universel était la seule voie possible d'accès au pouvoir quand on n'est pas qualifié. Nous l'allons montrer tout à l'heure avec les espérances sérieuses de Jordan Bardella pour la prochaine échéance.

Si on n'a pas le goût des thèses académiques - qui servent surtout de bibliographie à des articles sans importance comme celui-ci - on peut utiliser l'analyse de l'empirisme organisateur, cher à Charles Maurras qui malheureusement s'en est détaché à la fin de sa vie. Et l'exemple archétypal de cette argument est le fonctionnement actuel de la Chine populaire avec quatorze cent millions de citoyens au compteur.
A ce que j'en vois plus qu'à ce que j'en lis dans la presse occidentale, les libertés basses sont assurées en Chine continentale et dans les RAS de Hong Kong et de Macao, si l'on s'en tient à l'ordinaire : manger à sa faim, aller, venir, téléphoner, monter une activité, travailler, se distraire, voyager à l'étranger, consommer tout (et n'importe quoi), s'enrichir même à outrance, penser ce que l'on veut et posséder même deux téléphones dont un sous VPN un peu caché. Ces libertés "basses" n'autorisent pas la critique du régime et de ses représentants, même si les cadres locaux du Parti communiste chinois sont plus qu'à leur tour pris à partie. Cet Etat, fortement décentralisé, on l'oublie souvent, assume-t-il la protection des fondamentaux de la nation chinoise ? Plus que le nôtre, à tout le moins !
  • Il est armé contre l'étranger et cherche à faire peur pour n'avoir pas à déclencher les hostilités (Sun Tzu pas mort)
  • il assure l'ordre par une police efficace dans le cadre du contrôle social qui chasse les comportements déviants, et pas seulement politiques comme on le serine ici
  • il gère la richesse commune accumulée par le travail des fourmis innombrables qui produisent une valeur ajoutée considérable
  • il juge les différends avec sagesse s'ils restent privés, moins sûrs s'ils vous opposent au domaine public
  • il déploie une présence diplomatique et culturelle sur tous les continents
  • il contrôle un système éducatif de première qualité (çà, ça nous fait mal) mais n'interfère pas dans les sciences exactes

Ce régime est-il préférable au nôtre ? Pour la pérennité de notre nation, sans doute. Est-il applicable en l'état ? oui et non.

NON, parce qu'il est construit pour gouverner 1.400.000.000 d'hommes comprenant la même langue, répartis en trente-trois régions ou provinces disposant chacune de la leur (clic) mais où s'applique le même code de base et les mêmes règles sociales ; avec quelques particularités locales pour les minorités ethniques. C'est la force du momentum, un formidable couple mécanique en newton-mètres qui une fois lancé ne s'arrête plus. On ne peut pas appliquer le modèle chinois à une petite nation faillie de 68 millions d'habitants comme la France (rapport de 1 à 20) qui ne fait pas masse et qui est divisée en une foultitude de partis et de crispations sociales sur des acquis corporatistes et des allocations à compte ouvert pour les rachitiques et difficiles à venir, sinon finalement un agrégat de communautés qui bientôt, dans la crise structurelle qui monte, ne se supporteront plus ! C'est de la solidité de notre société dont on va parler.

OUI, peut-être quand on s'aperçoit que le premier parti est celui du désintérêt politique, couramment appelé le parti des abstentionnistes qui compte pour moitié du corps électoral. Un parti de déserteurs qui ignore les "valeurs démocratiques", le wokisme et la solidarité effrénée à crédit, mais privilégie ses libertés personnelles au quotidien, la sûreté de son environnement et se méfie terriblement des démagogues qui ont aujourd'hui versé le pays au ravin du déclin ! Y ont éclos les gilets jaunes des rond-points. Si à ceux-là vous pouvez garantir que les rouages essentiels de l'Etat convergeront vers les valeurs fondamentales d'une nation, à savoir sécurité, justice et prospérité, en contrepartie de quoi vous les laisserez libres d'agir comme bon leur semble, ils vous laisseront organiser la société de manière efficace et juste, tant qu'on ne leur demandera rien.

De quelle société parle-t-on finalement ? Il faut s'extraire de l'idée imprimée depuis Renan (source) qu'une nation se régénère chaque jour dans ses fondamentaux ethniques et moraux, et comprendre qu'aujourd'hui elle disparaît en tant que telle dans un processus de désagrégation fondé, selon Emmanuel Todd, par le croisement de trois dérives : la sur-éducation qui a créé des légions mal instruites, hypercritiques de toute orientation politique ; l'atomisation des familles qui favorise l'égotisme et la désolidarisation sociale ; le naufrage de la foi qui augmente l'existentialisme et "démoralise" l'individu. Sans mettre en cause les effets-mêmes de l'inassimilation des intrants exotiques, on va vers un effondrement de la société dont les prémices sont les lézardes dans la légitimité des pouvoirs publics, contestée, parfois refusée dans le doute des résultats, souvent niée pour corruption. Renaissance de l'Anarchie confirmée par les études d'opinion.

Restera-t-il une nation française dans vingt ans est la question à poser aux penseurs de l'université. La population demeurant ici se reconnaîtra-t-elle comme particulière ou différente de celles qui l'entourent ou se réduira-t-elle à une communauté linguistique ? Si comme le disait Angela Merkel, Multikulti ist absolut gescheitert" (le multiculturalisme ne marche pas), il se répand quand même en tache d'huile continûment et fragmente partout le tissu social dont il brouille les codes communs. Ce n'est pas un programme, ni un plan maléfique des Sages de Sion, c'est une déstructuration interne de type architectural sur la faille tectonique du socialisme. Le cajolement de l'électeur par les partis aggrave les fractures. Le modèle politique et social attend l'arrêté de péril.

Les cinquante-pour-cent d'abstentionnistes feront-ils des émules ?

Il semblerait que oui à voir l'affiche qui se dessine pour la présidentielle de 2027. Le favori des sondages et des médiats est le copycat de Jacques Chirac dans sa période Pento ou celui de Jean Dujardin dans ses OSS117 ; lequel, candidat à tout, jouit d'une qualité rare en politique, celle de n'avoir pour tout cursus que les séances de communication politique du coach Pascal Humeau, avec quand même une formation générale à Bac plus 1. Tu entres d'une quelconque façon dans la Familia en évitant les tares européennes graves et tu deviens rapidement capo di tutti capi. Ce charmant garçon, rarement débordé par les questions oiseuses d'une opposition acharnée à sa perte qui ne sait par quel bout le prendre, envisagerait à défaut de la présidence de gouverner Matignon, ce qui nous laisse croire qu'il en sait moins encore qu'attendu, puisque c'est le poste techno-politique le plus difficile de la République. Celui de président d'icelle, dans la configuration constitutionnelle explicite du texte, serait possible en ôtant les deux domaines réservés auxquels il ne connaît rien, mais Premier ministre, non ! Ça ne va pas le faire !
Son modèle américain finit sa vie sur un tas d'or, qui ne lui sera pas de trop pour soigner sa sénilité précoce et une érection en peine, mais à 31 ans déjà, Jordan Bardella, lui, n'a toujours produit aucune valeur ajoutée taxable dans son pays, n'a jamais rien fait d'utile de ses dix doigts et semble à jeun de toute proposition législative personnelle au long de son parcours politique qui commence à peser cher !
Et malgré ce maigre bagage, un tiers des Français le bade ! parce qu'il est un fuyard assumé de l'université, chère Médème. C'est un plus de nos jours : même M. Delogu veut prendre la mairie de Marseille, tant il se sent habité par le néant ! On ne parlera pas de Louis Boyard cette fois.

Pour la présidentielle, on verra le moment venu, mais il apparaît déjà que la sélection imposée entre un jeune arriviste impromptu mais gominé et un carriériste blanchi sous le harnois de la prébende ne va pas emballer le corps électoral dormant, voire même le gonflera. S'il est exclu qu'une forte abstention ne décourage aucun homme politique de gouverner sans légitimité, on peut penser que le paradigme actuel sera remis en épure et notre régime en question. Sommes-nous prêts à vendre au peuple en désarroi la garantie régalienne sur l'essentiel contre les libertés basses retrouvées ? Sans doute pas, les partis forts ne s'y sont jamais intéressés, captivés par des chimères comme la souveraineté, le franc national, la submersion migratoire ou le Frexit voire pire, comme la Sixième République du désordre permanent institutionalisant une révolution bolchevique qui ne s'achèverait jamais.

En conclusion, la France a la chance de ne pas être émergée au bord de la fosse des Philippines car à ce qui s'annonce, elle y glisserait tout entière en l'état. Qui va propager maintenant l'idée d'un régime divisif, sauvegardant à part le domaine régalien essentiel et libérant le domaine public en le remettant aux provinces ?
Que nous suggère l'empirisme organisateur ?
Comment l'idée d'une république a-t-elle avancé jadis au cœur du royaume de France ?
Par la franc-maçonnerie et les talents de l'Encyclopédie !

Séquence :
  1. Acheter des mouchoirs à carreaux pour le bas du visage et des Ray-Ban de soudeur
  2. Théoriser abondamment le régime divisif jusqu'à saturation des réseaux classiques et sociaux
  3. Former des clubs ou des cercles d'approfondissement de la doctrine et diffuser leurs travaux
  4. Organiser des débats contradictoires ou faussement contradictoires avec l'IA, l'important est l'empreinte médiatique du projet
  5. Si la mayonnaise prend, commencer à faire des tours de table de financement à côté du projet avec un argumentaire adapté aux cibles
  6. Instiller le régime divisif dans l'opinion après l'avoir moulé dans une version pédagogique à la portée du plus grand nombre
  7. Pousser le corps législatif à ...beep...
  8. Aggraver ...beep…
  9. Pousser ...beep…
  10. Aller fêter ça à La Coupole, encaisser* et disparaître, car il n'est pire conversation que celle d'une victoire à l'impossible obtenue.

Le TED carbonaro convoque trente personnes et cinq millions* d'euros pour trois ans. Ce n'est pas un projet "garage" !
Qui vient de prononcer le mot crowdfunding ?




*Postscriptum :
Cinq millions de budget à dépenser en trois ans n'est pas un chiffre magique. Il couvre l'emploi de +/-30 personnes qualifiées rémunérées en moyenne à 2200 euros nets par mois et les frais généraux. Le point serait à développer dans les détails, mais il est exclu de réussir quoi que ce soit en politique sur la base du bénévolat militant. Par contre s'il ne s'agit que de faire illusion académique ou de se pousser du col comme dans un club de boules, alors ça marche sans objectif mesurable (tant que les cotisations rentrent). Pour finir, la meilleure motivation reste l'enrichissement final des promoteurs. Dernière précision : les plateformes d'influence qui ont été lancées avec un tour de table insuffisant, pourtant au-dessus de deux millions d'euros, ont fermé ou ont été absorbées.

ALSP !