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01 mars 2026

La berline de Gand est avancée

C'est une Classe S gris foncé avec les porte-fanions de chaque bord d'aile. Gand-Téhéran : 5200 kilomètres par le lac Van. Reza Shâh Pahlavi y est attendu en provenance de Washington. La fiction va bon train, le rêve passe.
Sauf que le "peuple iranien" qui est descendu en ville à l'annonce de l'assassinat d'Ali Khamenei n'est pas celui qu'attendaient les stratèges américains. Des partisans en foule sont sortis dans les rues pour crier leur douleur à cette disparition, les démocrates ayant depuis longtemps refermés leurs fenêtres et rangé leurs casseroles car chat échaudé craint l'eau froide dit le proverbe. La pieuvre chi'ite a refait ses tentacules et ça ne rime avec rien.
L'ayatollah est entré dans le panthéon des chi'ites duodécimains où règne l'Imam Ali, gendre du Prophète, assassiné lui-aussi pendant le ramadan.
Le soulèvement attendu par les Quatre Formidables n'a pas eu lieu !
La berline de Gand¹ a coupé son moteur.

Outre le doute que le prétendant impérial ait la carrure nécessaire à tenir l'emploi visé, après 47 ans de rééducation des masses persanes, rien ne prouve qu'il soit attendu autant que le lui assurent ses courtisans en exil. Cette médiation de transition fut déjà essayée, en vain ! L'agneau sacrificiel s'appelait Chapour Bakhtiar († Paris 1991). Deux points le confirmeront :

Le premier est le souvenir, transmis en Iran de père en fils depuis la chute du Chah, d'une dictature qui s'est comportée de manière atroce avec les gens du commun martyrisés par la SAVAC², la police impériale comparable à la Securitate de Ceaucescu. La révolution islamique ne s'est pas faite ex-nihilo. Elle a tout emporté parce que le peuple en entier lui était acquis d'avance. A preuve, l'armée, dans son analyse, est restée l'arme au pied en attendant que retombe la poussière de l'insurrection. Puis, après la guerre Iran-Irak favorisée par les Etats-Unis, la répression des réformateurs prit de l'ampleur jusqu'à retourner la population contre la mollarchie, mais pas toute. Les défilés pro-régimes furent toujours importants et le demeurent. A preuve, les cortèges immenses des affligés dans les villes d'Iran aujourd'hui et les tirs de représailles exécutés sur les pays du Golfe par des échelons subalternes autonomisés.
On ne pliera pas les Pasdaran et le Bassidj comme ça, sauf à répéter l'erreur irakienne qui a conduit au proto-califat de l'Etat islamique d'Irak et du Levant !
Restent actifs, les étudiants et les chômeurs, le Bazar est retourné à ses échoppes, la classe moyenne se méfie.
Il n'y a pas de vague Reza II Pahlavi.

Le second point est plus trivial.
La succession d'Ali Khamenei et des chefs qui l'ont accompagné peut se faire de trois façons :
  1. l'accession "naturelle" d'un politicien réformateur ou qui le deviendra subitement, comme on l'a vu à Caracas avec Delcy Rodriguez et son frère Jorge ; sa devise : à chacun son tour de passer à table !
  2. la nomination par les mollahs d'un général de l'armée régulière qui garantirait leurs avoirs (comme on le vit en Russie) et prendrait le commandement des Gardiens de la Révolution dans un grand projet d'unification à l'intention des masses, avant de discuter avec Grand Satan ;
  3. l'irruption sur les tréteaux d'un ambitieux tribun ayant bien analysé les ressorts complexes de la société iranienne et de ses attentes profondes et diverses, qui, avec le renfort des médias d'Etat qu'il aurait convertis, subjuguerait les foules comme le fit l'ayatollah Khomeini en son temps.

Même si Reza Pahlavi est un monsieur tout à fait comme il faut, et que parfois l'habit fait le moine comme nous l'a prouvé M. Zélensky, pitre professionnel et chef de guerre étonnant, il n'y a pas encore de fenêtre d'opportunité pour un parachutage dans une société incandescente comme l'Iran.
Cette assertion est péremptoire et me sera reprochée comme d'habitude, mais ce blogue n'est pas académique, n'appelle pas aux dons et propose des analyses ressenties.

Au défi de me surprendre, l'actualité va maintenant se focaliser sur les buts n°2 et n°3, le régime (but n°1) n'étant toujours pas tombé à l'heure où nous mettons sous presse.

(n°2) Le programme nucléaire va être entravé voire détruit, gagnant de ce fait en pertinence : sans la bombe la Perse mourra la prochaine fois. Il m'étonnerait beaucoup que l'on retrouve les 440 kilos d'uranium enrichi jusqu'au seuil du précurseur nécessaire à la détonation, sans mettre des forces au sol. Et tout "contrôle" de la marche à la bombe restera illusoire sinon. Sur ce plan, Israël a de quoi s'inquiéter.

Le but n°3 était l'industrie balistique. Après consommation des missiles par les frappes de représailles, il n'y aura presque plus de stock. Les usines seront aplaties. Mais l'arme atomique n'a pas besoin de tout cet attirail pour oblitérer un pays de la taille d'Israël. La question balistique sera résolue au chapitre conventionnel. Au-delà, ce sera plus compliqué et des amis ont les vecteurs qu'ils pourraient prêter à l'Iran pour copie.

Voilà un billet à chaud qui transmet une certaine perplexité. Je ne crois pas au Roi d'au-delà de la mer. La Perse est un tissu ethnique et religieux très ancien, peu accessible aux brutes à cervelle de moineau de la Maison Blanche. Pourtant, le deuxième prénom de Reza Pahlavi est Cyrus. Une prochaine fois peut-être.

Restent cent questions, dont les suivantes :
  • Où s'arrêtera Benyamin Netanyahou, tout à l'hubris de son succès initial ?
  • Les condoléances appuyées de Recep Tayyip Erdoğan au régime islamique pour la disparition de son guide suprême présagent-elles une redéfinition des relations turco-américaines après la rupture avec Israël ?
  • Les masses arabes vont-elles ou non se dissocier de leurs oligarchies qui ont signé les Accords d'Abraham pour s'en mettre plein les fouilles sur le dos des Palestiniens ?
  • Combien de temps mettra un régime désarmé et humilié à poser des bombes dans les capitales occidentales ?
  • Eretz Israel est-il au menu de la connivence israélo-américaine ? L'ambassadeur à Jérusalem Mike Huckabee et le sénateur Ted Cruz y poussent explicitement, depuis l'Euphrate jusqu'au Nil. Ça a le mérite de la franchise.

ALSP !

Notes :
(1) La "berline de Gand" évoque le retour à Paris et le retour à Gand du comte de Provence, frère de Louis XVI, ayant régné sous le nom de Louis XVIII.
(2) La "SAVAK" était la police politique de l'Etat fondée par Mossadegh (wiki).

22 février 2026

Petites et grandes guerres

Nous ne dirons jamais assez la peine que nous avons ressentie à la mort de Quentin Deranque, étudiant généreux et studieux, converti par la Fraternité Saint-Pierre et qui y avait amené son père. Il a répondu à l'appel des filles de Nemesis qui craignaient de déployer leur banderole devant SciencesPo Lyon pour protester contre la conférence islamiste de Rima Hassan au bénéfice du Hamas.
Mais ce garçon sans histoires n'avait pas la carrure d'un régulateur, pas plus d'ailleurs que Clément Méric à l'époque, et c'est ce qui nous amène à questionner la pertinence du happening politique en voirie dans la France d'aujourd'hui. Oui, le droit de manifester, mais à quoi cela sert-il dans la semaine qui suit ?

Qui veut vraiment prendre le pouvoir par la rue de nos jours en 2026 ? Depuis 1848, personne n'y est arrivé en France, même dans des circonstances favorables. Et ce ne sont pas les exaltations alcooliques de l'insurrection populaire qui ont jamais manqué ! Mais, que voulez-vous, le pouvoir a de l'expérience acquise depuis deux siècles pour savoir soit l'écraser, soit la dévier. "La République se défend bien" disait le Martégal. A quoi servent donc les tractages, les collages, les piquets du mécontentement, les défilés tout mégaphone dehors ?
A impressionner les politiciens en charge au moment, qui tremblent de perdre leurs avantages acquis "à la force du poignet". Le comble de la couardise fut observée en mai 1968 - qui n'y fut pas n'en parle pas - quand tous les ministères se vidèrent de leurs ministres, lesquels partirent pour la province se cacher chez leur mère et que ne restaient à Paris que le Premier ministre Pompidou à Matignon, et le préfet Grimaud en l'île. L'Etat survécut en ne faisant pas trop de dégâts chez la jeunesse en ébullition qui rejouait les Gardes Rouges.

"Il fallait que tout change pour que rien ne change", disait Alain Delon dans Le Guépard. Ce fut fait, on supprima le latin aux examens et bien d'autres choses, on leva les contraintes de tous ordres, puis la relève releva comme si de rien n'était, et les hooligans de 1968 sont aujourd'hui dans la ouate avec les dents du fond qui baignent. Leurs petits-enfants, bercés par l'insurrection qui vient, ont pris l'emploi bourgeois de black blocs.

L'application de la violence à une séquence militante a été théorisée par Chantal Mouffe dans le cadre d'une stratégie de propagande par le fait qui remonte à l'époque de la grande anarchie et des bombes à mèche, et qui s'oppose à la dialectique de confrontation des idées. Nous vous épargnerons les citations vaseuses, notre propos n'étant pas une thèse d'université. Sauf que les vaillantes cohortes qui veulent retourner l'Etat bourgeois rechignent à prendre en ville plus qu'un bâton. Les anciens retournaient les faux. Et, de vous à moi, la "rue" est aujourd'hui... numérique !

Cette petite guerre autour d'un fascisme fantasmé valorise les idées courtes, et dévoile la veulerie chronique de la classe politique qui, à de très rares exceptions près comme le sénateur du Rhône Etienne Blanc, s'est empêtrée dans la distanciation et le relativisme pour équilibrer les parties prenantes à ce drame. L'équilibre efface l'ardoise. S'y sont prêtés des politiques de deuxième division comme Dominique de Villepin et Ségolène Royal. Ne parlons pas des écologistes de parti, ils sont soumis aux règles de report des voix plus que les autres, c'est leur marque ! La France insoumise quant à elle assume carrément le lynchage par des propos détournés. Bref, on avait le droit de vomir. L'autre "petite guerre" a commencé mercredi dernier. Elle est faite à soi-même.

Le carême ne peut se définir comme un jeûne bien qu'il y soit réduit par l'Eglise catholique qui rame à faire passer dans les communautés chrétiennes la notion d'ascèse spirituelle ; car c'est une période de retrouvailles avec soi-même, les volets clos sur son for intérieur. Sa propre découverte de la distance qu'il reste à franchir vers la lumière de la vérité n'est pas à portée du vulgum pecus. Où sont passés les grands prédicateurs qui sortaient des monastères au carême pour électriser la foule des fidèles accourus ? Martyriser le corps pour élever l'âme est un grand classique religieux que l'on retrouve partout pour l'asservissement des âmes. C'est petit jeu.

On dit que la jeunesse revient au carême mais d'abord sur le plan spirituel. J'ai croisé il y a quelques années une jeune femme convertie par l'abbé Beauvais à Saint-Nicolas et je lui avais demandé pour quelle raison elle avait fait le pas. Après un instant de réflexion, elle me répondit qu'elle voulait être « parfaite » ce qui voulait dire, finie, achevée. Elle était devenue cathare sans le savoir.

Le carême n'est pas non plus une période de "partage" issue du biais caritatif qui transmute le message essentiel en manifestation publique de la richesse des uns contre la pauvreté des autres. Quand on ne sait quoi faire, on fait la charité. Le carême doit être éminemment égoïste. D'ailleurs le Christ des évangiles n'est pas parti au désert en joyeuse compagnie au milieu d'une cohorte d'orants jouant des flûtes et des tambourins ; mais seul, ne comptant que sur la force de son esprit. Et pour ne pas laisser mourir avant l'heure son corps d'homme, il le laissa certainement boire et manger contrairement aux écritures, sinon quelque chose cloche.

Celui qui cherche un sens à la vie, croyant ou moins croyant - il n'existe pas d'incroyant viscéral - devrait profiter de ce temps d'ascèse pour faire le récolement de son être trinitaire. Son corps menacé par le mal est-il préparé à accueillir l'âme qui l'anime ? Cette âme est-elle connectée à l'esprit supérieur qui la guide ? Si oui, que lui insuffle-t-il ?
Les règles du combat intime !
L'esprit va l'aider à interagir avec l'ordre partagé et le chaos originel, plus simplement le bien et le mal. Le carême n'est donc pas affaire de perdrix et de truites. Et l'homme n'a que quarante jours à consacrer chaque année à cette immersion en lui-même. C'est pareil pour le vrai ramadan.

Le ramadan est aussi le temps du djihâd spirituel qui est le devoir religieux de lutter contre soi-même, amalgamant l'abnégation et la résistance aux penchants mauvais. Il est organisé différemment du carême chrétien, sur la base d'une journée renouvelée pendant trente jours, de jeûne, prière, introspection. Il est un des cinq piliers de l'islam, et il prend à son compte la vulgarité de l'espèce humaine puisqu'on y mange beaucoup la nuit. Mais il est des guerres plus grandes.

cul de lampe typo aux dauphins affrontés


Commence aujourd'hui la cinquième année de l'opération militaire spéciale russe contre la République ukrainienne. Le bilan est au débit du Nain maléfique, grand stratège devant l'Eternel qui pouffe de rire et joueur d'échecs tant vanté, collé comme une mouche sur la vitre du Donbass.

Ses "amis" commencent à douter de leur choix, craignant de passer à leur tour pour des c*ns. La Chine qui certes continue de facturer l'industrie de guerre russe, envoie de l'aide humanitaire à Kiev pour parer le « Kholodomor*» criminel de Moscou, et l'Inde réduit considérablement ses importations de brut Oural même remisé rock bottom. Cent vingt millions de barils flottants russes attendent preneur dans toutes les rades mouillables.
* Kholodomor littéralement "extermination par le froid" en résonance de l'Holodomor stalinien de 1933.

Bien malin qui prédit aujourd'hui l'avenir. La politique américaine est illisible :
d'un côté Zig et Puce tordent le bras de Zelensky pour monter leur casino sur la Place Rouge ; de l'autre, Trump étrangle les exportations de pétrole russe qui financent la guerre. Et Kiev s'organise pour continuer les hostilités pendant trois ans, soit jusqu'au terme du mandat trumpien ! Affaiblir les deux parties ne les privera pas de continuer à mains nues tant est exacerbée la haine réciproque.

Il se pourrait que la lassitude chinoise pousse jusqu'au Kremlin l'expression du mépris céleste pour les délires rabiques du mini-tsar impuissant, juché sur les échasses de son cauchemar impérial.

Avant de rompre, on saluera la résistance du peuple ukrainien contre la politique d'éradication de leur nation, qui va être un modèle pour beaucoup, à l'heure du retour de la brutalité des empires aujourd'hui dételés du droit international.

Слава Україні ! Gloire à l'Ukraine !



ALSP !


14 décembre 2025

En attendant l'hiver

Profitant du redoux, j'ai décidé la semaine passée d'émonder le grand figuier d'en haut dont les branches se reposaient par terre après leur fructification généreuse. Au débit de bois d'hier pour mettre au poêle dans deux ans, j'ai découvert combien sa croissance l'avait torturé, au point de tendre l'oreille pour entendre ses remerciements. On dit les arbres sensibles en ce qu'ils rayonnent comme toute matière et font varier cette intensité. Je suis prêt à le croire au spectacle du gui que l'on pend au lustre et qui dans la journée fait plier toutes les plantes du salon qui cherchent désespérément à s'éloigner de lui. Faites l'expérience. Sinon que dire ? La journée de mardi fut si douce qu'une rose a décidé d'éclore pour en profiter. Elle est encore bien vivante sur mon piano mais c'était un triste anniversaire auquel elle est venue.
Les deux pieds de vigne sont taillés à trois yeux, les pruniers aérés avec prudence, ne reste que les rosiers que je veux rabattre plus bas que l'an dernier et la sauge médicinale qu'il faut partout contenir tant elle a de vigueur. Ceci dit, l'hiver est dans six jours et bien malin sera celui qui le prédira aux tisons ou au balcon. Même Météo France hésite. Fin des Géorgiques de la semaine. Que savez-vous du projet stratégique de Trump nous concernant ?

On lit beaucoup d'analyses déroulant les conséquences de cette haine subite à notre endroit, sans trop s'attarder d'ailleurs sur l'écho qu'elle peut avoir dans la sphère post-fachiste chez nous et en Allemagne, à énoncer des vérités primaires qui n'en sont pas moins des vérités, sur la créolisation et le contrôle social surtout. Par paresse peut-être, on cherche moins à comprendre le Grand Condor, même s'il est osé de prétendre extraire un fil conducteur de sa sénilité montante. Mais quand même ! Allons aux fondamentaux américains en éliminant d'entrée un épiphénomène au sens littéral qui est la corruption en costume de toute la famille d'Or, avançant vers sa fortune immense en voie de constitution avec ses affidés, gendre et malins de la onzième heure qui ne rêvent que d'argent, d'argent, d'argent.

Les Etats-Unis d'Amérique sont la puissance écrasante du Nouveau Monde. Ce continent devrait suffire à réaliser toutes leurs ambitions. Historiquement ils contrôlent plus ou moins l'Amérique latine selon la doctrine Monroe-Roosevelt afin de ne pas avoir d'ennemi à leur porte. Trump opère les rectifications nécessaires au contour de son hégémonie et va sans doute y arriver au Venezuela, en Colombie et sur toute la côte pacifique jusqu'en Patagonie. Le Brésil est au programme, Bolsonaro peut être sauvé des griffes du vieux populiste corrompu (son fils se présente aux élections).

Normalement les Etats-Unis n'avaient pas besoin de s'intéresser jadis ni à l'Europe, ni à la Chine. Nous les avons appelés deux fois mais la première, ils avaient actionné l'élastique pour rentrer chez eux l'affaire pliée. La seconde fois, l'Europe occidentale les a suppliés de s'investir dans la défense du vieux continent jusqu'à donner leur garantie nucléaire contre l'Union soviétique. De l'autre côté, ils n'étaient pas allés plus loin que quelques centaines de convertisseurs apostoliques qui sillonnaient la Chine impériale, jusqu'à ce que l'Empire du Japon soit étranglé par des sanctions économiques sévères pour sa guerre d'une sauvagerie inouïe en Chine, et les attaque à Pearl Harbor. On peut dater de cette bataille la naissance d'une ambition mondiale de Washington. Aujourd'hui ça leur coûte un bras sinon deux, et seul le privilège d'émettre la monnaie de réserve mondiale leur permet d'assurer leurs positions. Pour combien de temps ?

Il faut bien comprendre avant de continuer qu'il est parfaitement exclu aujourd'hui que Washington troque Chicago, San Francisco ou Miami contre Copenhague, Strasbourg ou Osaka. L'article 5 du Traité de l'Atlantique Nord est réduit aux limites du texte exact (clic), il se liquéfie, la dissuasion américaine est morte en Europe, elle n'existe encore que dans les powerpoints d'état-major. La même question se pose à la nôtre, mais ce n'est pas le sujet.

Pour nous abandonner à notre sort peu enviable, ce vieux verrat aux couilles plates qu'est le président des Etats-Unis d'Amérique a choisi l'insulte pour nous chosifier. Qui pouvait penser qu'il nous détestait à ce point ? Son complexe d'inculte peut-être ! Le tropisme mafieux de sa famille sinon, qui jette l'anathème contre sa proie pour se donner un motif d'attaquer ? Heureusement qu'il en dit plus qu'il n'en fait et il se lasse vite. Sa fenêtre de conscience étrécit chaque jour un peu. Il radote, hésite, cherche ses phrases et ne lui viennent à la bouche que les gros mots d'un charretier du Bronx. Ses adversaires sont faillis, corrompus, moches ou laids s'ils sont des femmes, Biden, ce "fils de pute endormi" (sleepy son of a bitch) etc... C'est sa nature première qui ressort, celle d'un porc. Provoquera-t-il un sursaut des pays européens ? Mark Rutte, SG de l'OTAN y appelle, qui le connaît et s'en méfie. J'en doute pour la France, empêtrée dans son théâtre diplomatique et au-dedans dans une république impécunieuse et vermoulue. La seule voie pour nous arracher au déclin, sans attendre encore l'Europe, c'est de retourner le hamac social et d'en faire tomber deux millions d'allocataires non cotisables (et je ne parle pas des chômeurs indemnisés) puis d'augmenter significativement la durée de travail. Un pays de 30 millions d'actifs seulement ne peut pas se défendre dans la compétition mondiale avec 2 millions de gens payés à rien foutre ! Quoi faire des deux millions ?
Avez-vous vu l'état des routes en France ?

Donc le sursaut se fera obligatoirement car la vieille Europe ne peut rester à "ciel ouvert" mais pas chez nous. Vraisemblablement en Allemagne et en Pologne ; quant aux pays scandinaves, c'est déjà commencé. De toute façon lors du G7 de Taormina en 2017, Angela Merkel avait commenté les objurgations de Trump I en affirmant qu'il fallait désormais changer de paradigme de défense. Elle ne comptait plus sur les Etats-Unis. La première réaction européenne au défi trumpien pourrait être le gel indéfini des fonds souverains russes séquestrés en Europe occidentale, qui vient d'être décidé à la majorité qualifiée au titre de l'article 122 du Traité FUE. Ce gel sine die les préserve d'une prédation américaine annoncée par Trump qui en veut 50% pour se rembourser de ses efforts sous couvert de reconstruction. Le second mouvement européen est une posture offensive et bientôt agressive contre la Russie dans le domaine des cyberattaques menée par l'Allemagne. Les fermes à trolls russes sont certainement géolocalisées. On verra. Reste à faire tomber les drones sans idée de manœuvre pour identifier les fréquences et l'origine des émissions de pilotage. Si c'est satellitaire, pas besoin d'embêter Momo la Bataille qui se prend pour le Rambo des hélices, c'est les Russes, sinon les Russes.

Dans deux ans, faute de capacités industrielles de défense tout simplement, nous serons comparativement déclassés dans le domaine de la guerre, ce n'est pas faute d'avoir fait illusion ; mais tous les pays européens se souviennent encore d'avoir été embarqués au Sahel par M. Macron jusqu'à ce que l'armée française, largement sous-calibrée pour l'enjeu, plie les gaules à première demande ; et ces renforts d'être rentrés chez eux avec un pouce dans le cul. On ne les y reprendra pas. Oublions donc le majorat français cher à notre président. Nous ne donnons pas confiance.

L'autre question très irritante de la semaine passée est la célébration des lois de séparation de l'Eglise et de l'Etat de 1905. Cent vingt ans déjà ! Les plateaux ont dégouliné de moraline et de liberté de croire ou de ne pas croire, de pratiquer ou de ne pas pratiquer, jusqu'à parler de lois garantissant notre liberté de conscience. Quelle foutaise !

La brutalité de la mise en application de ces lois à l'époque où l'on fit donner la troupe contre les congrégations, indiquait plutôt une prise de pouvoir par les loges maçonniques que la libération des esprits captifs. Il fallait aux politiques aplanir l'obstacle du magistère catholique qui pouvait critiquer les nouvelles orientations mercantiles et sociales en se servant des masses subjuguées. D'ailleurs, aujourd'hui encore, les assignations de la Libre Pensée Départementalisée contre les croix, les calvaires, les crèches ou les statues mariales ne recherchent pas une liberté de conscience mais l'autorité d'un ordre athée maintenu par la force publique. Evidemment on ne les a jamais entendu rouspéter contre les prières de rue de nos concitoyens musulmans parce que l'islam a un totem d'immunité à gauche. Ce pays est de tradition catholique malgré tout et ces messieurs les "esprits forts" devront se résoudre à l'accepter sauf à se prendre un jour une branlée mémorable de la part des masses laborieuses et démocratiques excédées par les pisse-vinaigre de la laïcité honteuse.

Je termine sur l'interview que Xavier Tytelman a obtenue de la directrice technique de Fire Point*, la start-up ukrainienne open-source qui produit le missile de croisière Flamingo à partir de rien : mille kilos de brisant à trois mille kilomètres ! Vous serez étonnés par le génie humain dès qu'on le débarrasse des chaînes de la bureaucratie :

***Xavier Tytelman chez FLAMINGO***


* Fire Point a été fondée mi-2022 par un groupe d'ingénieurs, d'architectes et de concepteurs de jeux vidéo souhaitant développer des systèmes aériens sans pilote rentables et performants pour soutenir l'industrie de la défense ukrainienne. Initialement implantée dans des ateliers de fortune, l'entreprise a rapidement développé plusieurs sites de production clandestins à Kiev et dans les régions environnantes (Wiki dit).

ALSP !

28 septembre 2025

Chocs !

La déflagration judiciaire jetant Paul Bismuth au gnouf n'a pas fini d'inquiéter le Landerneau politique si elle prouve que les juges ont décidé de se constituer en République. Augias ! Tes écuries envahies de merde vont être bientôt lavées ?

En l'affaire, il suffit d'oublier le comment que tout le monde raconte par le menu, pour chercher le pourquoi : pourquoi la Jamahiriya libyenne, Etat paria s'il en fut, apparaît-elle en 2005 dans le paysage politique francais, alors que la Justice française a émis des mandats d'arrêt internationaux contre des officiels libyens du premier cercle en conclusion de ses enquêtes sur l'explosion du vol UTA 772 au-dessus du Ténéré en 1989 (170 morts). Pourquoi ? Pourquoi ne parle-t-on que du "comment" ?

Question : quel était le pacte verbal sous la tente bédouine entre le ministre de l'intérieur français, candidat déclaré à la succession de Chirac, et le Guide de la Révolution libyenne qui finira dans un égout de Syrte ? Qui fera croire que le prévenu ignorait la mise en oeuvre qui en fut faite ensuite ? Le reste est littérature, les valises tout çà, mais nourrit l'Audimat.

La peine de prison, quelle qu'en soit la purge, est infamante. Elle est perçue comme telle dans les chancelleries. Elle est aussi acceptée in pectore à droite où la réprobation est assez molle quand on monte le son. Le cirque Sarkozy continuera quand même puisque the show must go on comme on le dit justement aux enterrements du showbiz. Mais l'allumette de l'honneur aura été craquée.
Il y a quand même plus important cette semaine.

La Chine populaire s'est affranchie des super-puces NVidia américaines qui sont indispensables au développement de l'intelligence artificielle. Celles qu'elle produit désormais sont au même niveau. Pour marquer le coup sans doute, elle a annoncé au même moment qu'elle renonçait au statut de pays en développement qui lui permettait un accès plus facile aux crédits internationaux. Dans son combat avec l'administration Trump2, la Chine populaire coupe tout ce qui peut donner prise à ses adversaires. Donald le Dingue n'est pas sorti des ronces de Chine.

Par contre, pour continuer à faire tourner ses usines et éviter la révolution des masses laborieuses instruites du passé prolétarien offensif de leur pays dès l'école primaire, Pékin a besoin de l'Europe. Saurons-nous tirer parti de notre avantage ? Ce serait une première. Ursula VDL a une carte à jouer, celle de la vengeance différée après l'humiliation de Turnberry. Il y faudra de la finesse et de la discrétion, la fameuse transparence démocratique devrait-elle en souffrir. Le geste à faire est un voyage à Pékin.

Même si la diplomatie n'est pas dans les compétences de la présidente, elle peut lier des assouplissements commerciaux à une certaine détente du soutien chinois à la Russie dans sa guerre en Ukraine. Ce qui nous amène à douter du pronostic de succès émané de la présidence russe. Son armée formidable est collée au Donbass comme une mouche sur la vitre.

Comme le dit Mark Rutte, quand on est une puissance militaire, il n'est pas besoin de le rappeler au monde chaque matin. Avec ses capacités de raffinage fortement dégradées par les drones Ukrainiens (on parle de 25% déjà), la pénurie s'installe aux pompes puisque l'armée est prioritaire. Les acheteurs de brut russe (Inde et Turquie) capables de raffiner du substitut ont perdu l'enthousiasme des premiers jours et craignent l'ostracisation commerciale de l'Occident global.
D'un autre côté, la boucherie tactique commence à produire ses effets sur la société russe, jusque dans les riches métropoles slaves même timidement. Le retour des criminels ayant survécu à la guerre va poser un problème de sociopathie générale. La Russie de monsieur Poutine va devenir une satrapie de merde, c'est bien mérité de ce peuple taré.

Sur le front même, les Ukrainiens ont repris l'initiative dans certains secteurs critiques (suivre les opérations sur La Voie de l'Epée), ce qui signale que le moral est encore bon et la créativité avec.

Le dépit amoureux de Donald Trump le pousse à virer sa cuti et les assurances d'allonge données par le président Zélensky à New York lui laisse imaginer une issue cette fois favorable à Kiev, jusqu'à voir l'Ukraine recouvrer bientôt le territoire volé par la Russie. Son abhorration des louseurs va plomber la manœuvre psychologique de Poutine, ce qui expliquerait la diversion russe à gros sabots sur la Baltique, voire jusqu'à Mourmelon.
L'affaire devrait mobiliser la peur européenne jusqu'à filer la courante aux états-majors qui préfèrent la guerre d'hier. D'hier pour sûr, puisque ils s'avèrent incapables de fermer le ciel aux intrusions de drones russes qui nous testent maintenant chaque jour. Ils parlent d'un mur anti-drones. Ils parlent ! Ces drones peuvent parfaitement lâcher une bombe bactériologique ou chimique, ni vu ni connu. Mais comme ce n'est jamais arrivé dans le passé, il n'y a pas de protocole de sûreté NBC mis à jour. Ce n'est pas qu'une formule.

Le dernier choc de la semaine est le discours lunaire du premier ministre israélien au pupitre de l'assemblée générale des Nations-Unies devant un hémicycle aux trois-quarts vides sinon bien moins.
S'il n'accepte aucune remontrance sur la tactique de destruction massive pour déportation s'en suivant de la Bande de Gaza, il montre sa complète lucidité d'un combat à mort entre Juifs et Palestiniens sur tout le territoire de la Palestine mandataire, dès lors que le Hamas a transmuté en une idée d'expulsion, à défaut d'éradication du peuple juif en ses foyers, comme le verbalise le régime de Téhéran.

Il n'est pas douteux non plus que l'exaspération mélangée aux souffrances et aux humiliations subies quotidiennement par les Cisjordaniens, amène le "Hamas politique" au pouvoir à Ramallah. L'idée du fleuve à la mer est la seule qui survivra à la guerre. Il le sait, mais de cela Israël est comptable aussi. La guerre judéo-arabe fêtera ses cent ans en 2048 sans garantie de s'arrêter là.

ALSP !

24 août 2025

Le renard et le chat de Zélensky

Après la main sur le cœur de Steve Witkoff au Kremlin, voyant s'avancer vers lui le tsar dandinant de toutes les Russies, ce sont les applaudissements spontanés et réitérés de Donald Trump accueillant le même roulant des épaules sur le tarmac de la base d'Anchorage, qui nous laissent croire que ces deux Américains ont rencontré leur héros ! Quoiqu'il ait fait ou fera ne pourra jamais assombrir leur admiration non feinte de ce petit apache des fortifs de Léningrad, lieutenant-colonel de bureau du KGB, parvenu à la force du poignet à grimper sur les décombres du plus grand effondrement de l'histoire moderne après celui du IIIè Reich, pour se dresser enfin sur le toit du monde et y pisser debout. Un vrai winner, chère médème !

Certes il y a les massacres, les gosses, le malheur partout qui te fait marcher dans des bottes flic-floc pleines de sang, mais il faut bien nourrir la presse à jet continu d'horreur. C'est un winner, je vous dis !

D'ailleurs, sauf si la démarche d'ostracisation de l'Inde importatrice de pétrole russe aboutissait à tarir le flux rémunérateur - mais c'est l'Arabie séoudite avec l'OPEP qui sont à la manœuvre pour éviter un tsunami sur le marché, pas Washington (clic) - l'administration actuelle n'a pris aucune mesure contraignante supplémentaire à celles de l'administration Biden contre la Russie de Poutine.
Le héros-en-canard peut mentir avec aplomb, bombarder en aveugle les villes ukrainiennes, promettre et dé-promettre, faire tourner en bourrique les chancelleries, rien n'entamera la pâmoison des crétins qui ont pris le pouvoir à Washington.

Il ne s'est rien passé de significatif à Anchorage malgré les menaces théâtrales de Donald le Dingue, sauf à gagner du temps pour l'un, et à désigner une fois encore l'empêcheur de tourner en rond pour l'autre. C'est un slogan de pompes funèbres adressé au président Zélensky : capitulez, nous nous chargeons du reste ! Les experts à plateaux dissèquent les propos et leurs démentis jour après jour pour faire vivre l'audience qui les rémunère en pub. La vérité est là : garder de l'espace disponible dans le cerveau de l'auditeur pour le CocaCola Zéro (faire vivre un plateau télé est un art publicitaire qui a des règles précises, on en reparlera). Ainsi à partir de ce rien, vous entendrez tout qui puisse faire tourner les moulins à nouvelles.

La "paix à tout prix" et ses dommages se paient sur la bête dans l'extermination lente et programmée d'une nation sur ses terres. On lui retire ses enfants, ses ressources, jusqu'à ses collections muséales, ça peut servir, et tout le reste est à jeter aux chiens, sauf la terre noire qui fit le blé qu'elle avait mis sur le drapeau. Mais que ne ferait-on pas pour avoir son nom sur l'immeuble civil le plus haut de Moscou et des trous de golf partout comme des taupinières. C'est intelligent le golf, c'est à ça qu'on les reconnaît.

Ce malfaisant que le Ciel a raté une fois déjà, rompt la solidarité atlantique de la manière la plus déloyale, juste au moment où la partie européenne en a besoin. On avait compris qu'il se torchait de l'Article 5 - il faut être batave pour y croire encore - et que ses ronds de jambe diplomatiques n'étaient là que pour meubler la pièce de nos consentements. Sa haine de l'Europe est paranoïaque comme l'était Carthage pour Rome. Ça ne se soigne pas.
Quels que soient les sous-entendus d'Anchorage, c'est à l'application concrète que les choses se jugeront, mais le fond de sauce sera toujours le même : « L'Europe, la salope impuissante, paiera ! ». Et de cela, pleureuses syndicales et députés de la Dépense Publique doivent être informés :
Trump va venir chercher ses sous !

L'Europe, à travers ses Etats souverains, est à la croisée des chemins. On l'a dit quelques autres fois, mais ce coup-ci, ce n'est plus une formule car c'est plus facile à voir.
Et déjà l'institution censée représenter les dits-Etats est disqualifiée par la reddition de la présidente de la Commission entre les mains de Donald Trump à Turnberry. Elle n'avait ni le choix, ni la marge pour manœuvrer, ni les épaules. Ursula VDL est une employé de bureau montée en graine dont s'est débarrassée Angela Merkel en la nommant à Bruxelles. Il en est résulté en Ecosse un pire moins pire que le pire possible ; mais la messe est dite : la Commission est hors-jeu en matière de stratégie. Ce qui n'est pas dommage car ses membres ne font pas la toise.
Elle a la main sur les économies européennes et doit fournir les subsides du réarmement des nations qui le demandent. Point barre. Si elle doit garder la possibilité d'auditer les comptes abondés sous peine de corruption possible à l'étage national, un contrôle préalable des programmes financés est à proscrire. C'est une bureaucratie, pas un commissariat au Plan.

L'abandon de l'Europe par les Etats-Unis face à la revendication ultime de la Fédération de Russie signifie à tous que le choix est entre le sursaut et les fers. Les fers, beaucoup en parlent, certains s'en accommodent, quelques-uns s'imaginent déjà en profiter comme kapo. Mais il est difficile de voir la réalité future de cet assujettissement au quotidien. Sauf qu'il y aura une langue vivante de plus au programme. Par contre on peut parler ad libitum du sursaut, tant qu'il n'est pas décrété. Cela permet de se rassurer, yaka, fokon, facile, etc !

Inutile de tourner en rond, d'en appeler aux mânes des grands anciens, au Saint Empire et à la Grande Armée, au grand général. Tout est devenu petit. Dans un temps très court, les pays européens doivent consacrer à leur réarmement l'argent qu'ils ont gagné au titre des dividendes de la paix, illusoires profits de la tchache socialiste, on le sait maintenant. Vu les sommes en jeu, c'est tout le modèle social européen qui est remis en cause, à commencer par le plus généreux du monde, le nôtre.
Donc pour la France, nous sommes allés chercher les préconisations du Pr Brighelli de Nébian édictées dans la revue Causeur, que nous résumerons ci-dessous en l'améliorant un peu. Le recours à l'impôt est un puits sans fond en France car il ferme la porte aux économies indispensables, donc on sabre dans la paresse nationale. Le texte original est accessible par ici : "France – Grèce ou le destin qui guette".

  • Réduction de 30% de toutes les pensions servies par l'Etat, et 45 annuités cotisées pour bénéficier d'une retraite, ce qui porte la génération Z à l'âge légal de 70 ans ;
  • Revenir aux quarante heures hebdomadaires et aux quatre semaines de congés payés ;
  • Supprimer les régimes spéciaux ;
  • Supprimer le RSA et l'aide aux sans-emploi ; (ndlr : le chômage est une assurance, pas un droit, donc les Assedics ne sont pas concernées)
  • Réviser les aides médicales à l'oisif ;
  • Privatiser la Sécurité sociale ;
  • Supprimer les subventions syndicales, à la presse, supprimer les subventions culturelles, l'avance sur recettes des navets, le ministère de la Culture ;
  • Supprimer le Sénat , ramener le nombre de députés à un chiffre raisonnable (300 ?);
  • Ramener le nombre de ministres à un chiffre raisonnable (15 ?);
  • Appliquer une politique d'économies drastiques aux régions rongées par le copinage et le népotisme en détruisant tous les doublons à partir du besoin essentiel et non de l'existant.

Bien sûr, il faut prendre ce brûlot estival de Jean-Paul Brighelli pour ce qu'il est : un brûlot estival ! Mais affronter l'ours russe - du moins être en capacité de le menacer sérieusement plus qu'en paroles pour le dissuader - exigera des économies violentes dans un pays addicté aux passe-droits et privilèges, et finalement au hamac social de La Glande ! Fini le Club Med à la grecque, sauf à apprendre le russe ! Des doigts se lèvent pour s'inscrire déjà aux cours du soir.

Il resterait à chiffrer ces économies, mais nul doute que nous serions déjà vus à l'étranger comme des gens "réveillés" pour le coup, et capables de tout après ça.
Pour le moment c'est plutôt l'inverse. Les rodomontades exaspérantes de M. Macron qui bat l'estrade tel un paon ne nous font pas du bien, à tel point que certains nous appliquent déjà l'expression "d'homme malade de l'Europe".
La déconfiture de l'Etat français qui peut s'achever en faillite déclarée avant la fin du quinquennat si les marchés le décident, nous ôte toute crédibilité sur la scène internationale, même si la presse subventionnée ne rate jamais une occasion de glorifier les proclamations ou confidences publiques du président. Les autres soupirent ou sourient, comme on le faisait tantôt des sorties de Justin Trudeau.

Après le renversement d'alliance à Washington, il va être intéressant d'observer la réaction concrète des pays européens impliqués dans le soutien à l'Ukraine, et voir ce qu'ils vont réellement engager en défense du front oriental ; car le déni de Trump nous met là, en fenêtre, face à la tanière de l'ours atomique à la gueule qui pue ! Il sera temps d'oublier les grands principes dont la France est le premier émetteur et de se sortir les doigts.

Le pacte moral d'Anchorage ruine le droit international. On revient aux fondamentaux : "en tuer" le plus possible pour ne pas être soi-même tué, et ma foi, certains ne manqueront à personne sur terre. Nous arrivons à l'ère de la Force qui annule cent ans de consentement au Code commun de bonne conduite (la SDN fut fondée à Genève en 1920) et l'état de droit se fissure de partout.

Par la loi du Nombre, la fée Démocratie a élu dans la fonction la plus éminente un enfant de 78 ans, rancunier, colérique et grossier, inculte et fier de l'être. Les Lumières, c'est fini !
Entre Poutine et Trump, Zélensky est en péril. Il lui reste quand même ses meilleurs amis, les Pink Flamingo, ce qui nous prouve qu'il a compris.

ALSP !

08 juin 2025

Aux morts 🎺

La commémoration du Débarquement de Normandie avait un goût bizarre cette année, avec le désengagement américain d'Europe, la guerre intestine en Union soviétique dont le légataire universel ayant muté en Etat terroriste de plein exercice n'était pas convié sur les plages de sable blond, et pour faire bon poids, avec les ravages perpétrés en Palestine par les enfants des survivants des camps de la mort. Beaucoup d'invités quand même au jour J mais au fond des choses, trois nations ont fait tout le boulot, les Américains, les Britanniques et les Canadiens. L'excursion à faire est celle des cimetières militaires pour s'imprégner des sacrifices consentis à l'avant, sans oublier celui de La Cambe où les croix portent le même âge qu'à Colleville. Paris Match a publié un hors-série de 116 pages richement illustrées pour les 80 ans de la Libération.

Dans huit jours, lundi 17 juin et jusqu'au 20, la France coprésidera avec l'Arabie séoudite une conférence onusienne à New York pour remettre sur la table la solution à deux États en Palestine mandataire. Le gouvernement israélien est au bord de l'apoplexie d'autant que la Grande Bretagne par qui tout a commencé, et le Canada s'apprêteraient à suivre ; ce n'est pas faute pourtant de l'avoir prévenu que les pays de l'Atlantique ne pourraient tenir longtemps leurs opinions publiques mouillées par procuration dans le bain de famine et de sang de Gaza. L'Europe ne mettra pas à l'amende ses universités comme tente de le faire Ubu-Trump car elle sait qu'au fond du fond, la résistance palestinienne est légitimée en droit ; ce sont les résolutions de l'ONU bafouées par Israël qui le suggèrent. Donc l'antisionisme comme son ombre portée, l'antisémitisme, vont progresser partout. Bibi est aussi nul à la boule de cristal que Poutine.

Sans avoir la science infuse, il n'était pas difficile d'imaginer l'impasse actuelle à partir du moment où le pouvoir juif colonisait la Cisjordanie avec une brutalité toute biblique (ndlr: ne pas mettre ce livre entre toutes les mains) pour soumettre et humilier un peuple de presque trois millions d'âmes et d'un autre côté, décaissait les subsides qataris dans les mains-mêmes des dirigeants palestiniens leur servant de matons dans la prison à ciel ouvert ; sans oublier de stipendier tout gang local opposé aux Freux du Hamas, ainsi qu'on le voit de la milice Abou Chabab aujourd'hui (source Avigdor Liberman). N'est-ce pas le Shin Bet qui a créé jadis le Hamas pour pourrir la vie de l'OLP d'Arafat ? Ça continue aujourd'hui avec les pilleurs de camions protégés par Tsahal ! Qui a parlé de l'Orient compliqué ? Faire des phrases courtes ! L'opération est interminable parce que Tsahal ne veut pas sortir les fourchettes à escargot pour extraire de leurs tanières les miliciens/terroristes (rayez la mention inutile) de Gaza, et parce que deux acteurs du match sur trois sont morts : le Hamas militaire quelque part car ce n'est au fond qu'une idée, le Fatah complètement liquide à Ramallah. Comment se battre contre des morts ? Je ramasse les copies dans quatre heures.

En attendant, revenons au jardin. Le plant de tabac à trois tiges (voir les épisodes précédents) culmine maintenant à trois mètres (3,14m hier) en portant des sommités florales jaunes de la taille d'une pâquerette qui signalent la fin de l'érection. Elles ne ressemblent pas à celles du Nicotiana tabacum ; d'ailleurs les feuilles sont embrassantes à leur attachement et plus longilignes. Il faut continuer à chercher. Sinon le seringat double (mock) a explosé, embaumant tout le coin sous le vent, quand la pluie a ruiné les pivoines blanches. Le jasmin est à fond aussi mais son odeur est bien plus discrète cette année. La grande bignone en colocation attend qu'il ait fini. En dégageant le pied de la longue haie de deux mètres-cubes de ronces à mûres, vigne vierge, lierre rampant, je me disais que la proclamation d'un Etat palestinien, dépouillé de tous ses atours sauf diplomatiques, ne répondra pas à la revendication réciproque des parties au conflit : du fleuve à la mer et pas moins ! ou dit autrement, ne fera pas sa juste place aux Palestiniens. Probablement que l'Etat hébreu - ses ministres bigots l'ont déjà annoncé - augmentera l'empreinte de ses bottes en Cisjordanie, achevant ainsi l'apartheid dont il se défend, en même temps que sa réputation spéciale de victime en revanche de l'histoire à qui tout est permis. C'était le plus mauvais cadeau à faire aux Juifs de Palestine et d'ailleurs, mais il semblerait que la fuite en avant vers "Eretz Israel" soit irrépressible dans l'optique d'un fait accompli sur lequel on ne reviendra pas. Effet trompeur car s'il peut s'appliquer aux gouvernements arabes corruptibles comme l'ont démontré les Accords d'Abraham, il ne convaincra jamais la Rue arabe. La chaîne qatarie al-Jaezeera s'en est chargée, qui diffuse en arabe et en continu 7/24 les évènements de Gaza. La haine séculaire judéo-arabe voit ses fondations bétonnées par l'intense satisfaction exprimée publiquement par le gouvernement israélien à chaque grosse bombe qui tue bien ! Les femmes et les enfants de Gaza ne seront plus jamais pacifiés. Que dire des hommes ! La ressource militaire est déjà prête pour l'intifada générale.

Si cette dispute sémitique n'est pas de notre ressort, elle va impacter les nations européennes et, comme Elisabeth Lévy dans Causeur, la diaspora peut bien dénoncer l'amalgame de la compassion zélée envers les familles gazaouies décimées par les Juifs et le slogan définitif de la nécessité de les "foutre à la mer" que ça ne changera rien à la détestation nouvelle à leur endroit qui a fait aujourd'hui le tour du monde. Les otages sont oubliés comme les risques du métier, pourrait-on dire et leur éventuelle libération n'arrêtera rien. Israël serait-il finalement ce "peuple sûr de lui et dominateur" ? Au sortir des camps etc etc... tout ça pour ça... vous avez compris sans le dire !

L'autre sujet de la semaine passée : violences domestiques à la Maison Blanche, l'amoureux éconduit a piqué sa crise mais la vaisselle avait été rangée (protocole Trierweiler). Un proverbe ottoman dit que lorsqu'un auguste entre au palais, il ne devient pas sultan pour autant mais le palais, un cirque ! Le grand con d'or a transformé le Bureau ovale en un studio télévisé diffusant ad libitum le verbe et la gesture de la puissance incarnée. Il nous sert en direct la prise de bec entre Elon Musk et lui. L'un tient les crédits d'Etat dont bénéficie le second, l'autre le vaisseau spatial qui relie l'ISS à la terre et les fusées qui font 90% des lancements de la NASA. Quand on pense à la majesté du lieu qui abrita de dramatiques contributions à l'histoire du monde et cette table magnifique sous laquelle Monica Lewinsky rampait ver le chibre aveugle du 42è président des Etats Unis d'Amérique qu'elle engloutissait dans un grand bruit de succion, on voit combien bas la fonction suprême est tombée de nos jours : un géronte sous bonbons bleus traite tous ses amis sous kétamine de "crazy" parce qu'ils ne le supportent plus. Des salauds parlent même de destitution au profit du vice-prez Vance pour connerie aggravée du 47. Arrive alors au Congrès une loi baptisée officiellement OBBBA (sic) (One Big Beautiful Bill Act) annulant quatre trillons d'impôts et forçant la protection sociale à lui donner deux trillons en retour. Elon Musk mais n'importe quel singe ayant fait deux ans d'arithmétique voit qu'il manque deux trillons et surtout la prime à l'achat d'une voiture électrique. L'affaire peut s'envenimer au point de chasser le génie des Carpates africaines vers un empire plus accueillant. Et justement : sa mère Maye est la reine de Shanghaï, on se presse, on l'admire, on lui passe tout et pour cela les Chinois savent icôner ! Il ne m'étonnerait pas qu'un projet d'asile technologique soit façonné par les Shanghaïens qui pour le coup, mettraient un rude coup au satrape de Mar a Lago. Qu'en pense Melania ?
Ça lui ferait des vacances surtout depuis que l'autre ingrat suggère que son Donald, non content d'aller aux dames, est dans le dossier Epstein, ce qui, dit en passant, met en danger Ghislaine Maxwell qui elle, sait tout, absolument tout sur le baisodrome de Little Saint James Island. Dommage ce serait, avant qu'elle ne dédouane le prince Andrew qui n'a sans doute pas trempé le biscuit, mais s'est comporté en micheton de la rue Sainte-Appoline surpris par sa femme au bar-tabac du coin. Sa fameuse interview ratée à la BBC lors du procès Giuffre (clic) nous a montré un type sûr de lui puis déstabilisé par la monstruosité des reproches mais pas un coupable (idéal) ! La photo d'elle et lui l'incriminant ne montrait aucune souffrance de sa "victime", juste un petit flirt tout sourire ! Sa mère l'a cru et pour lui c'était le principal. Par contre le nouveau chef de maison a montré qu'il ne savait pas gérer sa famille ni résister à la pression médiatique parce que son emploi n'était plus que de communication ; il a banni son frère de la Firme obligeant Edward le falot et de vénérables goutteux encore droits comme les frères de Kent ou le duc de Gloucester, à monter en ligne. Seul Andrew avait l'allure et la carrure mais le droit d'aînesse a prévalu. Et on en vient à la monarchie anglaise. Vous avez du temps ?

Les grands Windsor sont tous morts. Règne aujourd'hui un prince âgé et sa maîtresse, arrivé tard et cramponné aux rites qu'il ne peut pas totalement assumer parce qu'ils ont été établis pour un hiérarque, ce qu'il n'est pas, ni sous la toise ni en esprit. La bonne humeur, les légumes bio et les bons mots ne suffisent plus. Aucun charisme et pourtant on parle de roi. La descendance n'est pas non plus dans le film, et l'héritier semble bien plus préoccupé de sa propre famille que des enjeux d'une couronne qui lui pèse déjà.
Les fondamentaux de la monarchie anglaise sont simples mais exigent un réglage assez fin pour asseoir la fonction. Le monarque occupe en permanence la pointe de pyramide des nations britanniques qu'il incarne et il préside l'Eglise anglicane, deux fonctions qui réclament une certaine stature. Il barre l'accès au sommet à tout politicien douteux, démagogue ou demi-habile. Personne en Grande Bretagne ne peut "se la péter" comme en France, au hasard, un Sarkozy. La position ecclésiale est symétrique de la logique politique : aucune autorité morale autre que Dieu ne surplombe le monarque. Dans cette fonction de parafoudre, il est aussi le chef d'Etat symbolique de nombreux pays du Commonwealth. Au-dessous de lui, le pays est gouverné par les principes démocratiques du régime parlementaire de Westminster en toute liberté, sauf à respecter deux usages bien définis qui réclament, eux, une certaine intelligence :
  1. le premier ministre va chaque semaine parler d'on ne sait quoi avec le monarque qui peut exercer trois droits : celui de savoir, celui de remontrance et celui de conseil.
  2. le monarque lit aux Communes le discours de politique générale écrit par le premier ministre qui, par l'effet de cette intervention, est dès lors accepté par la nation incarnée devant lui dans le roi.
On peut aller plus loin en consultant ce blog dédié à la monarchie : Changing The Guard, sans oublier que ce régime qui fit florès dans le passé, se ressent d'abord comme une avalanche d'évidences dans les tripes plutôt que par des démonstrations savantes qui existent aussi. Mais c'est une autre histoire...

A la semaine prochaine !

11 mai 2025

Des murs et des hommes

Pourquoi les murs en pierres et terre tombent-ils à l'ouest ? J'ai quatrevingt-cinq mètres de murs de jardin du début du siècle... dernier et plusieurs sections ont été ruinées par le temps et le mauvais temps, toujours du même côté. Que sont ces murs ? Ce sont des murs-poids épais (45 cm en moyenne) édifiés jusqu'à 2m50 de haut à partir des pierres arrachées au sol de calcaire grossier. Ils ne portent qu'eux-mêmes. Les pierres emboîtées sans taille sont liées avec un mortier fait de poussière de calcaire et de terre gypsée mouillées à plâtre disponibles sur la propriété. Ces murs de couleur blanche qui fonctionnent comme des accumulateurs de chaleur pendant la demi-saison sont l'enclos idéal pour une vigne à laquelle ils coupent en plus le vent. Mais pourquoi tombent-ils à l'ouest, toujours à l'ouest ? Le plus probable est que le soleil de l'après midi jusqu'au couchant est plus dessiccateur que celui du matin et provoque des fissures infinitésimales sur la paroi qui fragilisent l'appareil. Au moindre mouvement du sol - il y en a toujours même si vous ne les percevez pas - par la fissure s'amorce un processus de dislocation dans lequel entrent en jeu la dilatation et la dissolution du mortier par la pluie. Comment réparer un mur poids ?

Le défi est le mortier d'origine. S'il est impossible de le recomposer sur place, il faut se rabattre sur la chaux hydraulique qu'on pourra allonger de sable fin. Le problème est de refaire le volume du mortier-terre. A défaut de suffisamment de pierres de remploi, il faut se résoudre à abaisser le mur. Penser à une finition parfaite du sommet de l'ouvrage en donnant une légère pente d'évacuation de la pluie, vers le côté ouest, hein ?

Pourquoi les peuples vont à l'ouest ? Ça n'a rien à voir avec les murs. Ils suivent le soleil tout bêtement et pensent découvrir sa chambre à coucher resplendissante d'or. Ceci dit, le pape nouveau est bien à l'ouest, lui. Brave Chicagoyan, l'augustinien Robert Prevost a accumulé les crédits jusqu'au dicastère des relations épiscopales et en l'état de la Curie, il est bien le meilleur choix au moment et surtout le plus lourd, comme un certain Ratzinger. Normal, l'Esprit saint n'y va pas de main morte et après le coup de barre progressiste vient le temps de la re concentration sur les fondamentaux de l'Eglise romaine. En plus, XIV ça claque ! Plus qu'un XVI qui zozote. Bonne chance à lui pour relire les mémoires de Pie XII si ce n'est déjà fait.
Il y apprendra que les manœuvres d'apaisement ne vont nulle part avec les régimes totalitaires. Il se souviendra des remontrances du cardinal Joseph Zen (évêque émérite de Hong Kong) sur la ruine de l'Eglise cachée de Chine populaire que le cardinal Parolin vendit au Parti communiste chinois, on en cherche encore la contrepartie. Il aura aussi entendu lors des congrégations générales préalables au conclave le même cardinal Zen soutenir que le Synode était une aventure de Réforme qui s'avèrera mortelle pour l'Eglise catholique en dessaisissant les évêques du magistère au profit des lobbies laïques. Son intervention est en anglais sur son blog ici. Les prélats de la coterie Parolin ont éclaté de rire, m'a-t-on dit, dès la fin de son intervention. SS Léon XIV s'en souviendra d'autant mieux que son dicastère a eu à connaître la duplicité du PCC qui, dès la mort de SS François, a nommé ses évêques sans concertation - deux sont mariés avec des enfants.
Le vieux cardinal tient un blog, Oldyosef. Il y étayait ses inquiétudes au moment du synode (clic). Le pape a néanmoins opté pour la continuation du synode, afin sans doute de ne pas braquer les progressistes. Pour la Chine communiste, c'est cuit. Grande naïveté du pape défunt mal conseillé par un cardinal italien qui voulait se faire mousser et lui succéder. Faiseur de roi, comme on le chuchote dans les couloirs de la Curie, il s'est précipité à la loggia dès la première minute à la gauche de Léon XIV. Le pape serait bien inspiré de conserver Parolin proche de lui pour le neutraliser avant de le nommer in partibus infidelium évêque de... Luçon.

Pour le moment, on attendait rien moins du pape américain qu'il désigne l'agresseur dans la guerre russo-ukrainienne sans être gêné par la danse du ventre de la Maison Blanche autour du Kremlin. C'est fait ! L'attitude compréhensive du couple François-Parolin qui insupportait les Uniates, a vécu. Reste à inviter le patriarche Kirill à une méga fête au mess des officiers de la Garde Suisse. Dans ses félicitations, le vieux crabe du KGB ne serait pas contre un rapprochement des églises d'orient et d'occident. C'est sûr qu'il tient mieux l'alcool que l'augustinien. Revenons à l'est.

Le Pakistan et l'Inde se regardent en chiens de faïence depuis trop longtemps pour qu'ils n'aient pu résister à l'envie de se mordre. Sachant chacun que sa propre défaite est parfaitement exclue par la bombe atomique, il ne peut s'agir que d'infliger à l'autre le plus de dommages possibles en espérant qu'il les montrera à la télé ! Pour l'instant le plan fonctionne, la détestation est à son comble, qui va soutenir bientôt l'accroissement des bombardements réciproques. A force de voir les ruines ukrainiennes et celles de Gaza, la tentation était forte d'en proposer une meilleure imitation aux chaînes internationales : vous voyez comme on est méchants, nous-aussi. Attendons maintenant les reportages avantageux sur chaque armée et bientôt partout, des monographies du Cachemire. Parlons-en !

Comme toujours avec les Rosbifs, le furoncle s'est développé sur les insuffisances du Foreign Office au cours du processus de décolonisation. Après avoir créé une principauté himalayenne indépendante, le Raj a nommé un maharadja hindou pour gouverner un peuple très majoritairement musulman, mitoyen de la nouvelle Inde musulmane, le Pakistan. Imparable ! C'est à ça qu'on les reconnaît. Il n'a pas fallu longtemps avant que les nouveaux voisins se mettent sur la gueule, trois fois. Nous assistons donc à la quatrième. Martine Bulard a fait sur Orient XXI une synthèse utile avant que d'écouter les "experts" des chaînes d'information en continu. Accessoirement, ce qui est intéressant est que pour la première fois des avions chinois affrontent des avions russes et français ; et pour le moment c'est du "Pakistan un point - Pakistan one point" ! Juste le temps de souffler pendant le cessez-le-feu de Mar-a-Lago et la distribution de gifles a pu reprendre le soir-même en punition de la violation : c'est çuikidi qui est ! Qu'y comprend Donald Trump ? Sans doute rien hormis le plaisir à prendre d'annoncer urbi et orbi un cessez-le-feu dans un pays mal situé sur la mappemonde. On dit qu'il n'assiste à aucun briefing de renseignement (Tulsi Gabbard doit être déçue) et ne lit rien qui ne soit écrit gros à l'écran de son téléviseur ou de son smartphone. Le singe hurleur imprévisible et forcément bruyant, débiné dans toutes les chancelleries y compris celle du Saint-Siège ! Le zélote Jédi Vance va sans doute se déconvertir et se faire mormon.

Pour finir, nous citons un sondage original de l'Institut Elabe sur les questions que les Français aimeraient trancher eux-mêmes par référendum (source primaire).
  1. Etre consultés par référendum à 83% (une certaine défiance à l'égard des jeux parlementaires a joué)
  2. Sur la dépense publique, la dette, les impôts à 59% (M. Bayrou l'a senti venir qui cherche à fonder son budget 2026 sur une orientation populaire)
  3. Sur la réforme des retraites à 52% (ce serait l'occasion de donner les bons chiffres)
  4. Sur l’immigration à 52% (tout gouvernement aura besoin d'une légitimation de sa politique migratoire)
  5. Sur la fin de vie à 43% (les gens peuvent craindre d'être piqués à l'insu de leur plein gré)
Viennent ensuite des sujets d'agitation parlementaire qui ne passent pas les 25% comme les rythmes scolaires, l'embargo sur les écrans infantiles, le millefeuille administratif, le scrutin proportionnel. Il apparaît que les Français s'inquiètent plutôt des "fondamentaux" du pays, ce qui n'enchantera pas les partis de gauche qui ont décidé de ruiner nos petits-enfants. Suit le souci des pensions de retraite : le bon sens populaire, quand il peut s'affranchir de ses porte-paroles imposés, s'interroge sur les capacités d'un pays endetté jusqu'aux yeux et partout déficitaire, à payer à rien foutre les actifs les moins occupés de l'OCDE dès l'âge de soixante ans. C'est de la magie ! Quant à l'immigration… il faudra bien s'y faire si on continue à récompenser l'oisiveté. Pour finir sur un soupçon d'optimisme : il y a deux régions où j'ai vu des "blonds" au cul des bennes le matin : la Savoie et le Pays Basque. On me dit dans l'oreillette que ce sont aussi deux régions connues pour leurs réticences coupables à vendre du foncier à n'importe qui.

Postscriptum (voir le billet précédent): le plant de tabac fait maintenant 1m93 et trois tiges, ou 8m50 de linéaire. De quoi faire plus d'une boîte de Partagas.

ALSP !

30 mars 2025

Le désenchantement

Nul n'a cru longtemps et plus d'une minute que l'équilibre de la terreur puisse durer jusqu'à la fin du monde. Mais les choses en l'état faisant mine de se perpétuer, chacun repoussait à demain la méditation nécessaire à prévoir l'évolution des masses et moments. De grands esprits pétris d'érudition compilaient l'histoire des empires pour prolonger dans le futur les tendances démographiques et économiques confiées au développement continu des richesses produites, sans avoir jamais prédit la rencontre de deux conneries majuscules, l'une émanée des décombres d'un empire fondé sur l'asservissement total des âmes, l'autre, sur la liberté imposée. Les tendances de temps long qui font les thèses de doctorat ont une fois de plus plié devant l'irruption de deux personnalités anormales (atopos) qui se sont forgées une puissance personnelle sur l'exacerbation des mauvais penchants de l'homme au premier rang desquels on reconnaît l'orgueil.

Ici un chimpanzé jaune affublé d'une casquette rouge a pris de force le volant du bus et brûle avec application tous les feux rouges en faisant des selfies ; là, un nain asiate maléfique arraché au ruisseau par la destruction de son écosystème, jouit de la mort d'autrui tant que sa page d'histoire avance. Le choc des Bêtises est porteur de calamités titanesques mais ce qui me désole est bien plus petit, à notre portée : les partis idéologisés prennent fait et cause chez nous pour l'un ou l'autre de ces deux cons ! Des écoles de pensée réputées comme la vieille Action française roulent pour Vladimir Poutine parce que ses buts proclamés résonnent dans la boîte à musique maurrassienne sur la fréquence nationaliste et accessoirement, parce qu'il veut détruire l'organisation de l'Union européenne, bouc émissaire commode des extrêmes en mal d'analyse. C'est une manière de promouvoir le droit du plus fort dans le sillon bismarckien qui stipule que la force prime le droit, très loin de l'esprit français classique qui reste la règle chez eux ou le devrait. Très loin de la philosophie antique si chère au Martégal, on y bégaie la régurgitation du modèle échoué d'une monarchie aléatoire, confisquée maintenant par la ruse, au lieu de proclamer les principes helléniques de vérité éclairés par la raison. On se vautre dans le virilisme des montreurs d'ours en patrouillant des cartes anciennes depuis longtemps périmées. Dans la fermentation d'idées courtes, on en vient à applaudir le singe qui conduit.

Plus grave, parce que finalement, d'un bord comme de l'autre, ces partis bloqués sur le rêve enchanté d'un passé souvent glorieux mais bien inutile à l'époque quantique, nous constatons que deux méga-scélérats sont parvenus au pouvoir au travers des processus d'essence démocratique, même fortement viciés. Cette voie d'accès empruntée par des tyrans en devenir devrait ouvrir la discussion sur le régime politique commun et ses bugs, d'autant qu'on a déjà vu le phénomène se produire dans le passé, avec des millions de morts à la clé. On en viendra finalement un jour à retirer la gouvernance de l'essence-même des nations à la Loi du Nombre, dès qu'on aura inventé la règle substitutive. Du moins souhaitons-le ! Mais revenons-en à l'Alliance.

Fondée en 1949 pour faire pièce aux menaces explicites de l'Union soviétique, elle arrimait les Etats-Unis à l'Europe occidentale pour sa défense et figeait la température de la guerre froide née du blocus de Berlin (1948). Contrairement à une idée reçue, l'Alliance atlantique ne fut pas une création hégémonique de Washington mais une manœuvre diplomatique européenne réintégrant la puissance nucléaire américaine sur le continent pour balancer le test réussi de la première bombe atomique soviétique. L'Europe s'inféodait d'elle-même à l'Empire ne pouvant à la fois se reconstruire et se défendre, tout en restant indécise quant à la place laissée à la nouvelle Allemagne bientôt dénazifiée. L'effondrement subit de la Russie soviétique et du Pacte de Varsovie quarante ans plus tard aurait dû redéfinir le paradigme sécuritaire de l'Europe de l'Ouest, au lieu de quoi, par paresse et confort des habitudes, les missions de l'Alliance furent simplement redéfinies et ses effectifs nationaux débandés mais pas son administration. Celle-ci avait besoin de vivre, elle se trouva des OPEX (Yougoslavie, Afghanistan) et considère aujourd'hui sa possible implication sur le théâtre indo-pacifique, bien loin de l'Atlantique nord.
Avec la réduction drastique des moyens engagés sur un front très hypothétique, les pays européens ont pu récupérer des crédits de développement et de sécurité sociale laissant une charge indue aux Etats-Unis qui compensaient leur implication budgétaire par la prise de commandes dans le domaine des armements. Obama nous en avait prévenus - c'est la Chine mon souci - Trump le fait : Demerden Sie sich ! On sait depuis une bonne dizaine d'années que la prise en charge raisonnable de l'effort de défense européenne exige non pas un budget à hauteur de 2% PIB mais de cinq ! Ce qui fatalement va rendre leur liberté de mouvement aux millions de bras cassés vivant chez nous d'allocations, qui sont aussi des électeurs. On en revient vite aux effets délétères de la Loi du Nombre privilégiant l'immédiat à la perpétuation de l'espèce. Ce blog n'est pas rémunéré pour donner des solutions à tout, mais elles existent sans être politiquement correctes. Vous les devinez déjà.

ALSP !

09 mars 2025

Le petit sakura a fleuri

Il n'était rien jusqu'à hier soir, on ne le distinguait même pas sur le fond des lierres dorés de la falaise mais ce matin, il s'est recréé, le petit sakura a fleuri. Le printemps est arrivé chez nous avec les jonquilles et les primevères. Le forsythia est en retard mais se dépêche. Ceux des lecteurs qui suivent la saga des pies seront étonnés d'apprendre aussi que le couple parti en villégiature après les dégâts de la grosse tempête, est revenu après mûres réflexions. Elles ont choisi le plus gros moignon des trois nids emportés et en utilisant l'appareil restant des deux autres, elles ont doublé le volume du nid initial. Il est rare de voir le darwinisme en action sur une échelle de temps aussi courte. Les autres propriétaires ont bougé eux-aussi. Un couple de ramiers échappés d'un pigeonnier de course établi sur le plateau ont quitté l'étage alors libéré pour redescendre au niveau antérieur. Quant aux merles des lauriers-cerises en dessous, ils ont retraité loin de toute agitation dans le lierre de la falaise ; ils sont en train de se remarier. Les corneilles passent et repassent comme avant, pour intimider les pies. Le rouge-gorge obligatoire est revenu au jardin dès lors que tout s'est remis en place. Un tuyau pour amortir le paragraphe : si vous voulez attirer des mésanges, donnez-leur des cacahuètes. Je vous tiens informés, même si je doute d'une nichée au printemps. Par contre le nid de frelons noirs est probable cette année encore et l'association d'apiculteurs le traitera dès la chute des feuilles cet automne. Sur ce, j'ai écouté ce matin le discours historique de M. Macron prononcé depuis l'Elysée mercredi dernier (clic) et dont on dit tant de bien dans la presse subventionnée.

Donc le réarmement de la France est lancé, au motif légitime d'une insécurité en augmentation de tout bord. Dit en passant, découvrir que la signature de Vladimir Poutine ne vaut pas le prix du papier sur lequel il signe, est assez tardif. On n'a pas entendu non plus une remise en cause des désarmements pratiqués par François Hollande et Nicolas Sarkozy, ce dernier, confondant de bêtise, ayant poussé le bouchon jusqu'à construire des navires d'assaut amphibie pour la Russie qui menaçait déjà la Baltique orientale ! Mais si nous passons en économie de guerre sous le slogan du "Si Vis Pacem", il faut se poser deux ou trois bonnes questions : qui nous menace ? où sommes-nous menacés ?

Qui ?
- La Russie poutinique sur nos valeurs libertaires essentielles et dans notre sphère d'intérêts post-coloniaux (appelons chat un chat...)
- La Chine populaire sur nos territoires ultramarins en Indo-pacifique pour la grande superficie de nos zones économiques exclusives renfermant des ressources halieutiques et minières considérables qu'elle peut juger être mieux à même d'exploiter.
- Un Brésil post-Lula sur la Guyane française dans la nécessité de politique intérieure d'un trophée populiste (ce serait leurs Malouines).
- Les Etats-Unis d'Amérique sur toute notre base industrielle et technologique de défense qui entre en concurrence avec la sienne. Et cette guerre-là est ouverte depuis longtemps dans le domaine aéronautique.
- Les Etats-Unis muskiens sur notre base industrielle astronautique pour la même raison.
- S'ils fédéraient le Canada, les Etats-Unis trumpiens sur l'archipel de Saint-Pierre et Miquelon qui est un poste d'observation trop avancé.
- Le Sud Global au sein du comité de décolonisation des Nations Unies, renforcé de tous les précédents, qui vise les DOM-TOM réputés malheureux en nos mains, au bénéfice de libérateurs en quête d'une carrière de satrapes tropicaux.

Chacun a bien noté que la menace russe n'était pas territorialisée à l'intérieur de notre propre géographie mais explicite sur nos amis partageant nos valeurs de liberté. On pense déjà aux Baltes, Polonais, Tchèques et Roumains qui ont éprouvé dans le passé le feu de la rhétorique soviétique.

Les dividendes de la paix (du premier ministre Fabius) sont taris, définitivement secs. Dans un monde incertain où la brutalité augmente à proportion de l'accession démocratique au pouvoir de parrains incultes issus de la mafia du Fric, il faut, pour financer le réarmement, bouger impérativement l'un ou l'autre des curseurs budgétaires. Pour n'en citer que cinq :

  • durée légale du travail hebdomadaire
  • âge légal de départ à la retraite
  • modèle social (santé, chômage, pensions) en accroissant dans le même élan la lutte contre le coulage et la fraude
  • contribution universelle des ménages à l'IRPP avec réduction du périmètre de l'Etat invasif pour amortir le choc
  • emprunt de guerre plus ou moins forcé de type Barre

Or, tant l'Elysée que Matignon refusent l'augmentation des impôts, l'augmentation générale de l'activité salariée et sanctifient les prestations sociales en l'état. En fait…… on nous balade ! S'éloignant des simplificateurs de préaux vociférant aux extrêmes, les Français sont prêts, selon les sondages, à considérer un changement de paradigme qui consolidera la sécurité de la nation aux dépens de l'assistanat national. Mais on ne laisse parler que les mêmes, les revendicateurs professionnels et autres syndiqués, alors qu'il faudrait écouter les gens ordinaires, les plus nombreux, eux qui se lèvent chaque matin pour gagner leur vie à la sueur de leur front.

M. Macron donne les motifs et les axes du sursaut national, mais il n'ose pas en demander les moyens à son premier ministre qui s'avère être surtout un fin manœuvrier. Achevant son second et dernier mandat présidentiel en mai 2027, M. Macron a-t-il l'ambition de prendre l'Europe dans ses bras, après son échec au plan national ? Tout depuis le début le laisse croire. Fraîchement élu, il était monté à Bruxelles en courant pour réformer l'institution européenne. Avec de bonnes idées ! Mais ce qui lui manque - et six ans de mandat présidentiel l'ont aujourd'hui démontré - ce n'est pas un "entrepreneur". Il n'a pu se maintenir chez Rothschild où Alain Minc l'avait placé car la charge d'associé-gérant est quasiment un sacerdoce éreintant, auquel il a préféré, petite fortune faite, sa réintégration dans la haute fonction publique dispensatrice d'honneurs. S'il est cultivé et connaît bien le tropisme monarchique français, ce n'est pas non plus un créateur ; il fait plus confiance à son cabinet d'algorithmistes en soupentes qu'en ses propres analyses. Or la situation stratégique de l'Europe occidentale convoque beaucoup d'imagination, d'inventivité, de talent, pour passer entre les mâchoires des deux empires ligués contre elle, le temps qu'elle s'affirme elle-même comme un acteur global en puissance et en crainte projetées.

La France et l'Europe occidentale ne manquent pas de carrures capables de prendre le lead européen, mais les Français en capacité d'y prétendre se sont barrés de la politique après la séquence parfois salissante de présidents médiocres et d'un personnel politique douteux ; à moins que ce ne soit pour éviter les quolibets des enfants lors du repas dominical.
Alors, Draghi ? Merz ? Tusk ?

ALSP !