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29 mars 2026

Maralago Delenda Est

Sauf à être empêché par Le Marché et ses fils & gendre qui, en l'affaire d'Iran, se sont fait un max de thunes comme on dit chez les gens qui n'en ont pas, l'Agent Orange est au seuil de la déflagration du Moyen-Orient dans le droit fil de l'impéritie de ses prédécesseurs. Dieu nous sauvera-t-Il en envoyant l'ascenseur ? Auquel cas, lui succèderait un suprémaciste reconstruit sur un véritable système de gouvernance fachiste, Jedi Vance. Les foucades du roi Ubu à la cour du roi Pétaud cesseraient comme par enchantement dès le débarquement des singes comiques de la Trumposphère qui laisseraient la place à des gens intelligents et bien plus dangereux. A la réserve près que Jédi Vance, dès ce moment, entrerait en campagne électorale pour la présidence de 2028, ce qui changerait beaucoup de choses jusqu'à redevenir simplement sérieux.

Sinon quoi ?
La guerre erratique de Donald Trump en couverture de celle du Likoud, menace d'un chaos complet tous les déséquilibres endémiques à la région, arrêtés un instant par leur propre complication. Ce monde "intermédiaire" est la mine immense des énergies fossiles et des dérivés pétrochimiques indispensables à l'industrie moderne dont la raréfaction tuera sûrement tous les projets de développements transitionnels de l'Occident et ceux de pays assoiffés d'énergie étrangère comme la péninsule indienne, la Chine et le Japon. Ne parlons pas des engrais pour l'agriculture du tiers-monde et du nôtre.

L'hypothèse la plus funeste sur le Moyen-Orient serait...
  1. le déchirage du tissu ethnique iranien entre Kurdes, Mazanderanis, Azéris, Perses et Baloutches, laissant de larges provinces incontrôlées propices à une résistance séculaire contre l'Occident global, à la manière de l'EI, attisée par nos éternels contempteurs wahhabites et autres fondamentalistes musulmans, comme on l'a déjà vu pour le califat de Raqqa ;
  2. la ruine des pétro-monarchies du Golfe persique ramenées à l'état de stations-services ;
  3. la déstabilisation de l'Irak des marais qui s'étendrait à la Syrie orientale jusqu'à l'Euphrate et remettrait une pièce dans le flipper.

Sur le Proche-Orient, on verrait...
  1. la liquéfaction du Liban mandataire partagé entre Israël au sud et la Syrie d'al-Charaa à l'est, laissant une principauté libanaise cosmopolite sur les Echelles ;
  2. le renforcement du projet sioniste par nettoyage ethnique entre le Jourdain et la Méditerranée ;
  3. l'accroissement vertigineux de la haine antisémite des peuples arabes voisins qu'ils soient égyptien, libanais, syrien ou jordanien, annonçant un refinancement à compte ouvert de la guerre asymétrique contre nous.

Au final, un état de guerre accru par rapport à l'avant 7-Octobre, et la menace jamais effacée d'une oblitération à terme de l'Etat hébreu par des pays dotés qui y verraient leur intérêt en cherchant l'intrus.

On voit que tant sur le Liban que sur l'Iran, c'est Israël qui provoquera le dynamitage des nations qu'il jugera hostiles, et pas seulement celui de leurs Etats. A moins que la nation juive d'Israël ne se ressaisisse et force son gouvernement à la réinsérer dans son espace historique sans détruire ses voisins (relire ?! la conquête de Canaan), la nation palestinienne aura disparue, on ne sait où ! Les Etats-Unis de Donald Trump seront depuis longtemps retournés en Amérique, ne comprenant plus rien aux abysses stratégiques qu'ils auront ouverts.

Comme le dit très clairement Rory Stewart sur SkyNews, les Arabes vont constater que leur relation américaine est perverse et toxique. Alors qu'ils pensaient être protégés et défendus par le pacte américain qu'ils ont financé, ils voient chaque jour qu'ils ne le sont pas, et que le petit corps expéditionnaire US arrivé ce week-end est calibré pour encocher une petite portion de la côte iranienne à des fins obscures mais pas pour vaincre leur agresseur.
Libérés des Ottomans, puis des Anglais, ils seraient mieux inspirés aujourd'hui de foutre dehors les Américains ; mais structurellement faibles, leurs Etats auront besoin d'un nouveau sponsor. La Chine est déjà à Gwadar et ses intérêts stratégiques remontent jusqu'à Bassorah !

L'hypothèse la moins pire serait que La Chose s'arrête cette semaine, avec ou sans négociations, laissant chacun panser ses plaies (combien de milliards de dollars pulvérisés qui auraient mieux trouvé leur emploi dans la misère sociale américaine ?) pendant que les flux logistiques reprendront vie et les bourses avec. Cosco a rouvert mercredi dernier ses contrats de general cargo sur le Golfe persique et les supertankers sortent au compte-goutte selon les pays destinataires.

Mais dans cette hypothèse, la frustration d'Israël sera si grande de n'avoir pu écraser complètement son ennemi, qu'il y aura forcément une fissure dans la relation judéo-américaine qui s'élargira. Les récriminations seront réciproques et Les jours de l'AIPAC seront comptés : le lobby sioniste américain a fourvoyé la politique américaine dans une folle enchère - le sponsoring d'eretz Israël - et il faudra lui faire porter le chapeau de tous les désagréments encourus dans une guerre de choix ingagnable, dont celui de la mise en danger de toute la diaspora juive sur la planète depuis que M. Nétanyahou s'est affranchi de toutes les lois de la guerre, écrites et non écrites. De toute façon, Donald Trump est par nature innocent de tout échec et trouvera le coupable qui va bien.

Les accords d'Abraham entre les oligarchies arabes et juives sont morts, la Rue arabe ne les accepte plus après soixante-dix mille morts indiscriminés à Gaza. Et c'est bien parti au Liban. La haine tout-azimut est installée durablement au Proche-Orient. S'ils sont abandonnés par l'Oncle Sam, combien de temps tiendront huit millions de juifs dans un monde arabe de 450 millions d'âmes qui ont appris de la bouche de personnalités américaines de premier plan (ambassadeur Mike Muckabee et sénateur Ted Cruz) que Le Plan va du Nil à l'Euphrate ? Laissons-là nos aigreurs et apaisons l'ulcère !

congre au fusain

Les municipales qui se sont achevées vendredi dernier par l'élection des maires pour six ans en conseil ont révélé tous les travers de notre classe politique, prête à tout pour être élue, à des exceptions rares mais bien réelles parfois. Mais ce qui a offusqué les chroniqueurs, c'est l'incivilité des masses laborieuses et démocratiques victorieuses. Rendez-vous compte, Chère Médème, que des maires sortants, jugés par eux-mêmes très méritants, ont dû quitter la salle des mariages sous les lazzis de la foule survoltée de joie, parfois sous la protection de leur police municipale. Quelle idée aussi de vouloir vivre encore un peu par un discours d'adieu recentré sur un glorieux bilan quand les urnes vous ont chassé dans les ouatères de la démocratie ! C'est le jeu ! Dégage et tais-toi !,
D'aucuns, archi-battus, veulent siéger au nouveau conseil municipal et s'étonnent de ne pas recevoir les mêmes égards qu'ils savouraient comme président de séance ; ils sont coupés, moqués, sifflés. Mais que font-ils là ? Un maire battu ne siège plus, c'est du simple bon sens.
Bayrou à Pau, Estrosi à Nice ne siègent plus. Mais Teyssèdre à Rodez insiste et se plaindra.

Intéressant est l'axe de reconstruction séparée prônée par Bally Bagayoko, nouveau maire insoumis de Saint-Denis. S'y voit comme en laboratoire la créolisation du pays dans le cas non exclu de l'avènement de Jean-Luc Mélenchon à l'Elysée en mai 2027. D'ailleurs Manuel Bompard (docteur en mathématiques aéronautiques, hein ?) l'a confirmé explicitement ici : ce n'est que le début.

La démocratie n'est pas une étiquette, un savoir-vivre ; la démocratie c'est violent, l'écrasement de la minorité par la majorité du jour est la règle, souvent le détricotage du mandat précédent, à charge de revanche pour la prochaine fois. L'heure n'est plus à la rhubarbe et au séné, le programme s'assène ! D'ailleurs M. Retailleau parle déjà de radicalités : « Nous sommes au bout d’un cycle (ndlr: le macronisme). Les Français désirent une rupture avec les habitudes anciennes ; nos solutions ne peuvent se limiter à des rectifications superficielles. Il est crucial de conserver la force de nos idées sans les diluer dans une soupe insipide.» En face, ils pensent pareil !

S'ouvre déjà la pré-campagne électorale pour la présidentielle de l'an prochain. Le succès possible du jeune président du Rassemblement national met en tension le parti lepéniste ; des lignes programmatiques s'affrontent ; si près du but, la "famille" ne veut pas lâcher le morceau. On en reparlera.

ALSP !

11 janvier 2026

L'ordre et le droit

Sur un plateau télévisé, Henri Guaino a surpris son auditoire la semaine passée par une analyse plus fine des conséquences de l'enlèvement du président vénézuélien, en séparant à l'international l'ordre et le droit. Le tambour médiatique bat la mesure du droit international alors qu'il n'est qu'une idéologie. Pour les plus jeunes de nos lecteurs, les grandes dates du droit international sont 1648 avec la Paix de Westphalie, 1815 avec le Congrès de Vienne, 1919, la Conférence de la paix de Paris et 1969, la Convention de Vienne. On notera qu'à chaque fois, la réunion des puissances impliquées acte la supériorité des uns et l'acceptation des autres ; c'est donc bien un faisceau de rapports de force qui fonde le droit au moment considéré, jusqu'au prochain aggiornamento consécutif au renversement du rapport précédent. En ce sens, c'est une certaine idée du monde qui va s'imprimer dans les relations internationales et qui va écraser l'idée précédente. C'est donc bien une idéologie. Guaino, 1 point, Guaino, one point !

Ce n'est pas l'intervention de Donald Trump à Caracas qui aurait ruiné le droit international mais bien les transgressions précédentes de traités signés sur la seule base de la confiance et du respect de la parole donnée. On citera pour faire court le traité de Minsk entre la Russie, l'Ukraine, la Grande Bretagne et les Etats-Unis ; et le traité de non-prolifération nucléaire auquel la République islamique d'Iran a adhéré. Le droit international ne règne pas longtemps sur les affaires du monde s'il se résume à une version adulte du jeu de "chat-perché". On vient de le voir au Vénézuéla, qu'en sera-t-il au Groënland si Grand Condor s'enhardi dans le spectaculaire inégalable de la téléréalité ? Par contre, comme le dit très justement M. Guaino, si le droit international a été bafoué par la mafia Trump, c'est l'ordre international qui en a pris un sacré coup par le rapt des époux Maduro à Caracas ! Toute l'Amérique latine est impactée avec deux cibles imminentes plus une différée (selon les sources généralement bien informées) : La Havane, Bogota et accessoirement Managua.

Cuba est un pays complètement failli par le castrisme canal historique qui faisait mouiller les mitterrandiennes, et son existence même est une insulte à l'intelligence de l'espèce mais surtout à l'imperium américain. La Colombie, présidée par un ancien guérillero du M-19, est le producteur de référence de la cocaïne consommée par l'Occident. C'est devenu un péché mortel, et Petro le faraud devrait s'en souvenir. Quant à Daniel Ortega qui colle à sa réputation de grand bandit sandiniste du Nicaragua, ses écarts sont désormais surveillés, surtout s'ils concernent l'immigration. clandestine.
Reste que l'obstacle majeur à l'hubris trumpien est double : le Mexique à sa porte qui est outré des conditions faites à ses ressortissants émigrés économiques aux Etats-Unis, et le Brésil qui cherche à affirmer une certaine forme de puissance au sein des BRICS sans toutefois convaincre. Mais il faut en venir maintenant au viol de souveraineté, soulevé par les détracteurs de Trump.

Là encore, Henri Guaino dirige le faisceau de la lampe où il faut, en expliquant que la souveraineté en soi n'est pas négociable, parce qu'elle n'est pas un principe d'existence des nations par essence. Nul ne devrait défendre la souveraineté d'autrui parce qu'elle n'est qu'une affirmation volontaire et appropriée de l'entité qui se considère souveraine dans tel ou tel domaine, et pas du tout l'effet du droit. La revendication de souveraineté doit s'appuyer sur un schéma de force qui la protège. A défaut, c'est du vent. On va peut-être le toucher du doigt au royaume de Danemark dans l'affaire du Groënland. Copenhague n'est souveraine à Nuuk qu'aussi longtemps qu'elle pourra y faire la police parmi les agitateurs stipendiés par les services américains. On attend qu'elle en mette en cabane ! A défaut de quoi, le gouverneur Julie Wilche pourra reprendre le ferry avec quelques cadeaux d'adieu dans sa valise, après que les Américains auront un par un acheté les électeurs convoqués à "leur" référendum. C'est bien le cas d'école qui boucle la démonstration : la souveraineté s'affirme et se défend ; elle appartient tout entière au "souverain". Elle est fractionnée, cessible aussi et, contrairement à ce que disent les tenants de la droite dure, elle n'est pas inaliénable. A preuve, l'abdication monétaire française ou la dévolution du tarif douanier à l'Union européenne dans le cadre du marché unique.

Reste la force. Elle fonde la puissance qui tient en respect les contempteurs d'une nation. Si on comprend bien qu'elle ait été dénigrée par les penseurs européens après deux guerres mondiales nées en Europe, le concept aurait dû se revisiter au terme d'une analyse stratégique qui nous aurait montré que la seule "force du droit" ne pouvait rivaliser avec la force brute. Si elle n'est pas d'application première dans les différends entre nations, on doit y adosser au moins l'affirmation de souveraineté et toute autre revendication vitale pour notre pays. Je crois M. Macron conscient de ce vide structurel français commencé sous Chirac et aggravé par Sarkozy, mais nous revenons de si loin que la reconstruction d'une force globale est un chantier démesuré pour ses petits bras. Gabriel Attal, dont la position n’est guère éloignée de celle du président Macron sur les affaires internationales (nous dit Philippe Bilger), a souligné que « nous n’avions plus les moyens de nos indignations » — ce qui est vrai — mais surtout que « les démocraties devaient dorénavant retrouver la voie de la force, si elles souhaitent que le droit prévale de nouveau » (in Le Figaro). Pour le moment elles n'en ont que la voix ! Et ça ne va pas suffire.

Dans le cadre d'une thèse, on devrait ouvrir maintenant un paragraphe "Force et Ordre" selon Bruno Retailleau avec une dérivée conclusive "Force et Droit". La justice sans la force est inaudible ; la force sans la justice est une satrapie, vous avez quatre heures ! Mais comme nous ne faisons pas de thèse depuis que Pascal a tout dit, nous allons nous en priver. A la place de quoi nous parlerons du Mercosur.

On qualifie cet accord de "libre-échange" laissant croire au défoncement de portes jusqu'ici entrouvertes, alors qu'il n'est qu'un accord douanier sélectif sur quotas. Avant de s'énerver, les syndicats agricoles devraient relire la page de la Wikipédia qui les concerne ici. Il y verraient que les filières françaises ne seront pas plus au bord de la ruine qu'elles ne le sont déjà, savoir :

La plupart des œufs "pâtissier" fournis à l'agro-alimentaire viennent déjà d'Ukraine. Pour cent raisons dont une : il faut deux ou trois ans de démarches pour construire un poulailler industriel en France. Par la connexion de l'épidémie de dermatose bovine, la critique se concentre actuellement sur l'augmentation des importations de viande. C'est un dossier plus compliqué que vous ne l'apprendrez sur les barrages, et je vous conseille d'aller voir d'abord le dossier de la profession en cliquant ici. Vous serez surpris.

Rien ne dit que la viande de premier choix sudaméricaine soit inférieure à la viande de premier choix française, et pourquoi parler de concurrence déloyale sur la viande de transformation quand on sait que notre agro-industrie consomme de la vache laitière de réforme française piquée aux antibiotiques toute sa vie, certes sur prescription de tiers mais piquée tout de même ? Bonjour les spaghettis bolognaises ! Le dossier ad hoc de l'Institut de l'élevage nous dit aussi que le plus gros client des viandes sudaméricaines et de beaucoup, c'est la Chine populaire. Il n'en sont pas morts et ils s'y connaissent autant que nous.
En conclusion, quand le peuple se mue en foule, il en perd la raison.

Bibliographie élémentaire du droit international :
  1. Westphalie 1648
  2. Vienne 1815
  3. Versailles 1919
  4. Vienne 1969

ALSP !

09 novembre 2025

Dans les pas de la Brute

"Un con qui marche ira plus loin qu'un intellectuel assis" nous prédisait Michel Audiard. Cet aphorisme qui va de pair avec "celui qui ose tout" nous précipite dans l'analyse comportementale du Grand Con d'or qui défie la loi de la gravitation universelle puisque le chef d'escadrille ne se crashe pas encore. C'est bien de Donald Trump qu'il s'agit. Sa politique orthogonale de destruction du wokisme coupe à angle droit tous les canons de gouvernance, et si sa popularité décline, elle ne crée pas d'appel d'air pour le parti d'opposition. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il résout la problématique inextricable de l'immigration sauvage en lançant sa propre Gestapo (ICE) à leurs trousses. C'est inhumain mais les résultats sont là, et il sait qu'on en tiendra compte au jour du jugement dernier, dans un an aux Mid-Terms. Le dit-parti d'opposition s'est fendu en deux entre les gérontes de l'âne d'un côté, et de l'autre, le vit de mulet d'une génération en érection. La victoire de New York du melted candidate pose autant de problèmes au GOP qu'aux Démocrates "canal historique" qui sont de fait éjectés de l'assiette au beurre. Après un tweet de dépit sur Truth Social, la marche en avant du Golem continue.

Les observateurs ont noté que l'aversion du Satrape doré pour la bureaucratie a transformé l'échec du shutdown en purge administrative, des milliers de fonctionnaires fédéraux ayant été débarqués sans préavis au lendemain de la cessation des paiements. L'échec relatif d'Elon Musk au DOGE - mais les annonces étaient trop emphatiques - est contrebalancé par les effets de la controverse parlementaire. Il faut remarquer que devant son écran ou devant sa tablette, Trump ne rate aucune occasion de faire avancer la réalisation de son programme sur l'axe annoncé.
Si la guerre douanière a connu son lot de reculades (la Chine récemment), il n'en demeure pas moins qu'en l'état, les droits d'importation à l'instant T sont plus favorables aux Etats-Unis aujourd'hui qu'ils ne l'étaient sous Joe Biden. La balance commerciale est légèrement améliorée. La limite de l'exercice est le surenchérissement des intrants de l'industrie domestique qui augmente le prix des produits transférés à la consommation, et celui des biens importés non-fabricables en Amérique, les deux propageant une hausse des prix inflationniste que Joe-Six-Pack-tout-à-crédit scrute attentivement. La décision judiciaire actant l'étonnement manifesté à l'égard de la guerre tarifaire par la Cour Suprême des Etats-Unis, nous fera juges de son impartialité. N'en doutons pas a priori.

Une économie de la taille de l'économie américaine avec ses centaines de boutons de contrôle doit se régler assez finement, sinon part en vrille comme en 2007. On devine que le réglage fin n'est pas la première qualité de Trump - mais il n'est pas seul au monde non plus - et que c'est sur ce front, pour lui secondaire, qu'il pourrait bien périr à la fin…

… car (1) le Chicano est indispensable à l'agriculture intensive comme à l'économie générale de base. Au niveau zéro de l'économie californienne (les rez-de-chaussée), on vit très bien les six jours de la semaine en ne parlant que l'espagnol. Et le dimanche, on va à l'église de ND de Guadalupe pour se souvenir que ces terres étaient hispaniques jadis ;

... car (2) le Noir (d'importation) a été inséré dans tous les compartiments de la sphère publique et qu'il prend des parts de marché dans l'entreprise privée, refoulant ce faisant les préjugés racistes du monde MAGA ;

… car (3) les conditions de production du Tiers-Monde ne seront jamais transposables aux Etats-Unis où les Unions syndicales sont puissantes, et donc que les produits nécessaires à la satisfaction des besoins de la consommation de masse devront toujours être importés. A combien reviendrait un T-shirt authentique fait de pur coton américain aujourd'hui ? le produit importé vaut sur l'étagère de 2 à 4 dollars contre 16 à 24 pour le vrai (clic). Autre exemple : qui a vu, hors de Manhattan, un américain chaussé de cuir à l'italienne ? tout le monde est en basket importé ;

... car (4) il existera toujours une frange de la population inadaptée aux conditions de la vie moderne, et qu'à moins de les réduire par tous moyens même légaux, il faudra bien continuer à servir la Morale de l'espèce humaine en s'occupant d'une façon ou d'une autre de tous les laissés-pour-compte de la communauté des hommes. Il y a aussi une religion pour ça.

Justement ! L'autre champ de manœuvre est la guerre déclarée aux narcotrafiquants qui ravagent la société américaine dans des proportions inouïes. Contrairement à nos ministres va-de-la-gueule qui cherchent des yeux la caméra et le micro, la Brute coule les go-fast des cartels avec l'incinération des équipages et montre ensuite la vidéo. Ceux qui ont cru le bloquer en l'assignant devant un quelconque tribunal, fut-il médiatique, ont découvert au petit matin sous leurs fenêtres le plus gros porte-avions du monde armé jusqu'aux dents. C'est donc bien vrai "qu'ils osent tout et que c'est à ça qu'on les reconnaît !". On s'attend donc à ce qu'il affronte directement l'insistance des cartels sans tenir compte d'aucune frontière.
Il faut dire que le spectacle des trottoirs américains jonchés de morts-vivants complètement déshumanisés par le fentanyl vous soulève le cœur, et que le premier mot qui vient à l'esprit c'est "pas de quartier pour les producteurs". Probablement qu'il les tuera dans les exécutions extrajudiciaires qui vont bien.

Nous mesurons ici le chemin à parcourir pour nous défaire des freux de la drogue qui règlent la vie des zones de non-droit. Nous n'avons pas l'équivalent politique en rayon et nous nous en félicitons en plus ! Des fois que nous résoudrions un problème vital, réputé insoluble par les curés de la pensée unique ! Au fait, on n'a plus de nouvelles de l'hypnothérapeute Miller qui se répandait en référence morale sur les antennes du service public. Il nous aurait dit quoi penser de Donald le Dingue et de l'Etat de droit sacré.

On peut, comme le fait avec talent le sénateur de Vichy, Claude Malhuret, dénoncer la brutalité des dérives trumpiennes et la connerie "augmentée" du modèle. On ne peut pas lui dénier d'obtenir des résultats, jugés improbables a priori, et acquis de son labeur propre, même s'il ne lit que des résumés d'une demi-page écrits gros. La brute-qui-marche laissera à son successeur un paysage politique dévasté mais une société américaine assainie de nombreuses dérives mortifères portées par les nouveaux illuminés qui sont à leur manière des barbares au sens grec, la gauche pour ne pas la citer.

L'état de calamités aggravé de notre pays convoque à son redressement un Homme d'Etat suffisamment gonflé voire féroce pour passer sur le ventre de tous les docteurs de la loi et ligues morales qui autrement le feront trébucher dans une guérilla de tous les instants, au motif du pouvoir suprême du Sed Lex. Je pense que les forces de l'ordre sont prêtes à fondre sur le crime organisé et la délinquance open bar qui se rit des rappels à la loi et des sursis. Il ne reste à trouver que le satrape couillu qui osera se salir les idées pour vaincre les malfaisants. Débattre ensuite des voies et moyens nécessaires au grand nettoyage de printemps nous mettrait en mauvaise posture, à la merci des gardiens de la Révolution avides d'amendes. Aussi, comme on dit à l'orchestre, restons en la, et vérifions le stock d'Armistol !

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Demain, nous commémorerons le succès de nos armes à la Grande Guerre obtenu par le sacrifice de la fine fleur du pays, comme il en allait dans les guerres napoléoniennes qui tuèrent une génération de géants. Un million quatre cent mille soldats tués en quatre ans et autant d'estropiés manqueront à tout jamais dans la société française qui mettra plus de dix ans à se reconstruire, juste avant le krach mondial de 1929 ! Quand ça veut pas !!! En fait la nation française ne s'en remettra finalement pas, et perdra toutes les guerres s'en suivant. N'oublions jamais qu'en 1918 les Allemands capitulèrent chez nous, pas chez eux, et rebelotte en 1945. Un peu de modestie ne nuit pas. Achetez un bleuet de France pour nos invalides de guerre, à défaut trois violettes, c'est la fleur qui convient.

ALSP !

24 août 2025

Le renard et le chat de Zélensky

Après la main sur le cœur de Steve Witkoff au Kremlin, voyant s'avancer vers lui le tsar dandinant de toutes les Russies, ce sont les applaudissements spontanés et réitérés de Donald Trump accueillant le même roulant des épaules sur le tarmac de la base d'Anchorage, qui nous laissent croire que ces deux Américains ont rencontré leur héros ! Quoiqu'il ait fait ou fera ne pourra jamais assombrir leur admiration non feinte de ce petit apache des fortifs de Léningrad, lieutenant-colonel de bureau du KGB, parvenu à la force du poignet à grimper sur les décombres du plus grand effondrement de l'histoire moderne après celui du IIIè Reich, pour se dresser enfin sur le toit du monde et y pisser debout. Un vrai winner, chère médème !

Certes il y a les massacres, les gosses, le malheur partout qui te fait marcher dans des bottes flic-floc pleines de sang, mais il faut bien nourrir la presse à jet continu d'horreur. C'est un winner, je vous dis !

D'ailleurs, sauf si la démarche d'ostracisation de l'Inde importatrice de pétrole russe aboutissait à tarir le flux rémunérateur - mais c'est l'Arabie séoudite avec l'OPEP qui sont à la manœuvre pour éviter un tsunami sur le marché, pas Washington (clic) - l'administration actuelle n'a pris aucune mesure contraignante supplémentaire à celles de l'administration Biden contre la Russie de Poutine.
Le héros-en-canard peut mentir avec aplomb, bombarder en aveugle les villes ukrainiennes, promettre et dé-promettre, faire tourner en bourrique les chancelleries, rien n'entamera la pâmoison des crétins qui ont pris le pouvoir à Washington.

Il ne s'est rien passé de significatif à Anchorage malgré les menaces théâtrales de Donald le Dingue, sauf à gagner du temps pour l'un, et à désigner une fois encore l'empêcheur de tourner en rond pour l'autre. C'est un slogan de pompes funèbres adressé au président Zélensky : capitulez, nous nous chargeons du reste ! Les experts à plateaux dissèquent les propos et leurs démentis jour après jour pour faire vivre l'audience qui les rémunère en pub. La vérité est là : garder de l'espace disponible dans le cerveau de l'auditeur pour le CocaCola Zéro (faire vivre un plateau télé est un art publicitaire qui a des règles précises, on en reparlera). Ainsi à partir de ce rien, vous entendrez tout qui puisse faire tourner les moulins à nouvelles.

La "paix à tout prix" et ses dommages se paient sur la bête dans l'extermination lente et programmée d'une nation sur ses terres. On lui retire ses enfants, ses ressources, jusqu'à ses collections muséales, ça peut servir, et tout le reste est à jeter aux chiens, sauf la terre noire qui fit le blé qu'elle avait mis sur le drapeau. Mais que ne ferait-on pas pour avoir son nom sur l'immeuble civil le plus haut de Moscou et des trous de golf partout comme des taupinières. C'est intelligent le golf, c'est à ça qu'on les reconnaît.

Ce malfaisant que le Ciel a raté une fois déjà, rompt la solidarité atlantique de la manière la plus déloyale, juste au moment où la partie européenne en a besoin. On avait compris qu'il se torchait de l'Article 5 - il faut être batave pour y croire encore - et que ses ronds de jambe diplomatiques n'étaient là que pour meubler la pièce de nos consentements. Sa haine de l'Europe est paranoïaque comme l'était Carthage pour Rome. Ça ne se soigne pas.
Quels que soient les sous-entendus d'Anchorage, c'est à l'application concrète que les choses se jugeront, mais le fond de sauce sera toujours le même : « L'Europe, la salope impuissante, paiera ! ». Et de cela, pleureuses syndicales et députés de la Dépense Publique doivent être informés :
Trump va venir chercher ses sous !

L'Europe, à travers ses Etats souverains, est à la croisée des chemins. On l'a dit quelques autres fois, mais ce coup-ci, ce n'est plus une formule car c'est plus facile à voir.
Et déjà l'institution censée représenter les dits-Etats est disqualifiée par la reddition de la présidente de la Commission entre les mains de Donald Trump à Turnberry. Elle n'avait ni le choix, ni la marge pour manœuvrer, ni les épaules. Ursula VDL est une employé de bureau montée en graine dont s'est débarrassée Angela Merkel en la nommant à Bruxelles. Il en est résulté en Ecosse un pire moins pire que le pire possible ; mais la messe est dite : la Commission est hors-jeu en matière de stratégie. Ce qui n'est pas dommage car ses membres ne font pas la toise.
Elle a la main sur les économies européennes et doit fournir les subsides du réarmement des nations qui le demandent. Point barre. Si elle doit garder la possibilité d'auditer les comptes abondés sous peine de corruption possible à l'étage national, un contrôle préalable des programmes financés est à proscrire. C'est une bureaucratie, pas un commissariat au Plan.

L'abandon de l'Europe par les Etats-Unis face à la revendication ultime de la Fédération de Russie signifie à tous que le choix est entre le sursaut et les fers. Les fers, beaucoup en parlent, certains s'en accommodent, quelques-uns s'imaginent déjà en profiter comme kapo. Mais il est difficile de voir la réalité future de cet assujettissement au quotidien. Sauf qu'il y aura une langue vivante de plus au programme. Par contre on peut parler ad libitum du sursaut, tant qu'il n'est pas décrété. Cela permet de se rassurer, yaka, fokon, facile, etc !

Inutile de tourner en rond, d'en appeler aux mânes des grands anciens, au Saint Empire et à la Grande Armée, au grand général. Tout est devenu petit. Dans un temps très court, les pays européens doivent consacrer à leur réarmement l'argent qu'ils ont gagné au titre des dividendes de la paix, illusoires profits de la tchache socialiste, on le sait maintenant. Vu les sommes en jeu, c'est tout le modèle social européen qui est remis en cause, à commencer par le plus généreux du monde, le nôtre.
Donc pour la France, nous sommes allés chercher les préconisations du Pr Brighelli de Nébian édictées dans la revue Causeur, que nous résumerons ci-dessous en l'améliorant un peu. Le recours à l'impôt est un puits sans fond en France car il ferme la porte aux économies indispensables, donc on sabre dans la paresse nationale. Le texte original est accessible par ici : "France – Grèce ou le destin qui guette".

  • Réduction de 30% de toutes les pensions servies par l'Etat, et 45 annuités cotisées pour bénéficier d'une retraite, ce qui porte la génération Z à l'âge légal de 70 ans ;
  • Revenir aux quarante heures hebdomadaires et aux quatre semaines de congés payés ;
  • Supprimer les régimes spéciaux ;
  • Supprimer le RSA et l'aide aux sans-emploi ; (ndlr : le chômage est une assurance, pas un droit, donc les Assedics ne sont pas concernées)
  • Réviser les aides médicales à l'oisif ;
  • Privatiser la Sécurité sociale ;
  • Supprimer les subventions syndicales, à la presse, supprimer les subventions culturelles, l'avance sur recettes des navets, le ministère de la Culture ;
  • Supprimer le Sénat , ramener le nombre de députés à un chiffre raisonnable (300 ?);
  • Ramener le nombre de ministres à un chiffre raisonnable (15 ?);
  • Appliquer une politique d'économies drastiques aux régions rongées par le copinage et le népotisme en détruisant tous les doublons à partir du besoin essentiel et non de l'existant.

Bien sûr, il faut prendre ce brûlot estival de Jean-Paul Brighelli pour ce qu'il est : un brûlot estival ! Mais affronter l'ours russe - du moins être en capacité de le menacer sérieusement plus qu'en paroles pour le dissuader - exigera des économies violentes dans un pays addicté aux passe-droits et privilèges, et finalement au hamac social de La Glande ! Fini le Club Med à la grecque, sauf à apprendre le russe ! Des doigts se lèvent pour s'inscrire déjà aux cours du soir.

Il resterait à chiffrer ces économies, mais nul doute que nous serions déjà vus à l'étranger comme des gens "réveillés" pour le coup, et capables de tout après ça.
Pour le moment c'est plutôt l'inverse. Les rodomontades exaspérantes de M. Macron qui bat l'estrade tel un paon ne nous font pas du bien, à tel point que certains nous appliquent déjà l'expression "d'homme malade de l'Europe".
La déconfiture de l'Etat français qui peut s'achever en faillite déclarée avant la fin du quinquennat si les marchés le décident, nous ôte toute crédibilité sur la scène internationale, même si la presse subventionnée ne rate jamais une occasion de glorifier les proclamations ou confidences publiques du président. Les autres soupirent ou sourient, comme on le faisait tantôt des sorties de Justin Trudeau.

Après le renversement d'alliance à Washington, il va être intéressant d'observer la réaction concrète des pays européens impliqués dans le soutien à l'Ukraine, et voir ce qu'ils vont réellement engager en défense du front oriental ; car le déni de Trump nous met là, en fenêtre, face à la tanière de l'ours atomique à la gueule qui pue ! Il sera temps d'oublier les grands principes dont la France est le premier émetteur et de se sortir les doigts.

Le pacte moral d'Anchorage ruine le droit international. On revient aux fondamentaux : "en tuer" le plus possible pour ne pas être soi-même tué, et ma foi, certains ne manqueront à personne sur terre. Nous arrivons à l'ère de la Force qui annule cent ans de consentement au Code commun de bonne conduite (la SDN fut fondée à Genève en 1920) et l'état de droit se fissure de partout.

Par la loi du Nombre, la fée Démocratie a élu dans la fonction la plus éminente un enfant de 78 ans, rancunier, colérique et grossier, inculte et fier de l'être. Les Lumières, c'est fini !
Entre Poutine et Trump, Zélensky est en péril. Il lui reste quand même ses meilleurs amis, les Pink Flamingo, ce qui nous prouve qu'il a compris.

ALSP !

18 mai 2025

Défier les dieux !

La mise à niveau d'un vieux pays qui affronte maintenant le retour de la barbarie, passe par les fourches caudines d'un nouveau paradigme, qu'on l'appelle Libération ou Renaissance. Le vieux pays perclus de déficits, impôts et taxes, est déclaré en faillite morale et financière à ce qu'on en a vu du grand oral de M. Macron. Il n'a pu faire autrement que ce qu'il a fait durant huit ans, tout va mal certes ou quoique, mais la dynamique de dépense de notre modèle social que le monde entier nous envie sans jamais oser se l'appliquer, est inarrêtable. Seule la pensée magique ou les rogations peuvent le sauver. On ne touche à rien tant que l'orchestre joue "Plus près de Toi mon Dieu !". Euh, pas vraiment, on peut quand même incanter, incanter encore, il en restera toujours quelque chose… dans les urnes à défaut de burnes !

L'écosystème européen se modifie à vue d'œil alors que la France est empêtrée dans une inertie structurelle grave que signale aux autres notre incapacité à nous gouverner. Le chef de l'Etat passe d'une estrade à l'autre mais à sec, quel que soit le sujet en séance ; son premier ministre patauge dans un procès stalinien qui fait penser à l'Aveu de Costa-Gravas (moins les lunettes de bronzage) alors qu'il aurait dû envoyer dès le départ les Enragés se faire foutre en prenant sa perte. Le sparadrap ne le lâchera plus maintenant que la calomnia le suivra où qu'il aille. S'il ne peut être battu à la Chambre basse, il le sera dans l'opinion, comptent ses ennemis. Nous sommes au niveau zéro de la démocratie avant la Marche sur Rome qui chez nous s'appellera les Gilets gris, jaunes ou verts.
Va se poser très vite la question du périmètre pertinent pour faire face à la convergence de nos ennuis : national ou européen ? A part ça, il y a deux (grands) textes à lire cette semaine :

Dominique de Villepin qui entrera dans l'histoire par son discours fameux à la tribune de l'Assemblée générale des Nations unies, hausse le niveau d'analyse stratégique dans un article du Grand Continent qu'on peut lire ici tant qu'il est en libre service. L'article est classé par le site dans la rubrique "Pièces de doctrine". Phrases-clés ? ou mieux introduction et conclusion :

« L’épuisement du monde prométhéen. Prométhée est épuisé. Voilà ce que nous devons reconnaître sans détour, avec la gravité qui s’impose. Notre monde, ivre de puissance, vacille désormais au bord de ses propres limites. Le sol se dérobe sous nos pas et l’horizon s’assombrit. Ma thèse est simple : les transformations politiques actuelles et à venir du monde s’enracinent dans un phénomène unique, l’épuisement du modèle de développement de la modernité, fondé sur l’exploitation intensive des ressources naturelles, sur l’intensification continue des échanges mondiaux, sur l’expansion de la sphère marchande dans nos vies, sur la centralité de la puissance militaire pour garantir l’ordre, et sur l’illusion de rivaliser avec les dieux. Cinq épuisements qui n’en font qu’un... »

« La nation n’est pas un réflexe. C’est un projet. Il sera celui de la république des vivants. Une république des limites, de la justice, de la dignité. »


Nous devons le second article important de cette semaine à une réfugiée de l'esprit qui a abandonné le royaume de la Connerie aboyeuse pour la Liberté des neiges, Marci Shore. Son titre : Trump, Poutine : peut-on parler de fascisme ? (cf. PS). Elle déroule avec talent le nouveau concept de « l'obnazhénie ». Intraduisible en français ou en anglais, c'est un mot-valise slave qui enferme des vices du gouvernement des hommes comme "le mensonge, le nihilisme moral, l’obscénité, la cruauté pour la cruauté, la destruction pour la destruction". On pourrait synthétiser le concept dans une forme de régression morale de l'espèce humaine, un darwinisme à l'envers voire back to the trees ! Il s'applique facilement au gouvernement pervers du clan Poutine, et si on y ajoute l'exaltation de la Bêtise, à celui de l'administration Trump. La différence entre les deux est assez nette : d'un côté, des monstres avides de faire mal à qui refuse l'adoration ; de l'autre, l'incompétence et l'outrance comme drapeau avec le loyalisme le plus bruyant des petits pions atterrés par les foucades du roi Ubu. Des malins et des cons, chère Médème !

Cet article fondamental, proposé par Telos, est accédé par ici. Traiter Trump de "Joker de l'apocalypse" mérite déjà le détour. Contrairement à l'article précédent, la proposition de Marci Shore est inédite (à ma connaissance) et fait du neuf.

Postscriptum : pour le blogmestre, le fascisme est un mouvement daté et soutenu par une idéologie spécifique enracinée dans l'histoire de la nation italienne. Sauf à brandir le culte du chef et l'omnipotence de l'Etat, le fascisme n'est pas universel et les resucées d'après-guerre de pâles copies purement rhétoriques. On devrait dériver le mot actuel du concept original en utilisant la graphie "fachisme".

Liens en clair :
  1. https://legrandcontinent.eu/fr/2025/04/07/doctrine-villepin-le-pouvoir-de-dire-non/
  2. https://www.telos-eu.com/fr/trump-poutine-peut-on-parler-de-fascisme.html
  3. https://legrandcontinent.eu/fr/2025/05/18/thiel-nihilisme/
ALSP !

13 avril 2025

Ad libitum

Ce billet #2516 s'écrit à la pleine lune d'avril, celle qui est la plus éloignée de notre bonne vieille terre avec 405224 kilomètres de distance, nous disent les éphémérides de l'Observatoire. Même avec un puissant télescope on n'y voit pas tourner des cons, et pourtant ils sont bien ce qu'il nous manque le moins. Avec un plus fort grossissement on y verra dans le futur la tombe d'Elon Musk illuminée comme le Taj Mahal, parce qu'il nous semble très osé de capitaliser sur une sépulture martienne, quoique de la gueule ça aurait, dirait Yoda. Elon ne mourra pas sur Mars, nous non plus et c'est bien dommage car de l'ennui nous guéririons en ce monde trop vieux où nous vinrent trop tard (c'est de Musset). Risquons-nous plutôt, à pas de loup (garou), sur les traces de la fin de vie, traces effacées par la presse à sensation pour coller à l'actualité parlementaire et nous faire croire que tout se découvre aujourd'hui.

Depuis toujours, on a dépêché les incurables en phase de douleurs terminales au seul motif de les soulager de l'insupportable. Depuis toujours, dans la haute bourgeoisie on a sû hâter la constitution des hoiries dès que le testateur n'était plus en capacité physique de s'y opposer. Les lois de défaisance de la vie qui se discutent en commissions, ne sont que l'application au populaire de mœurs réservées jusqu'ici à l'élite. Faire pénétrer le vulgum pecus dans le privilège lève beaucoup de préventions sur la possibilité qu'on lui accorde de contourner de cent façons la règle écrite pour "gérer" ses anciens de manière économiquement justifiée. On sait que les familles sont parfois plus dures que les juges quand il y va de leur intérêt bien compris. En écho, le législateur se défend d'arguer de toute résonnance économique dans l'octroi du privilège d'euthanasie, alors qu'on entend partout que les vieux coûtent décidément bien cher.

A la fin de la séquence la loi passera, avec les précautions d'usage pour qu'elle soit digérée par la société, un peu comme on avait enrobé la loi Veil sur l'avortement à destination des croyants. Toutes les barrières ont depuis lors sauté. Il en sera de même avec l'euthanasie. Peut-être sera-t-il avisé de prendre bientôt sa retraite dans des pays moins normateurs. Le deuxième point est du même tonneau.

La France va reconnaître un Etat palestinien au mois de juin prochain, a déclaré le président Macron. Les Israéliens n'ont pris aucun retard pour dénoncer ce pas de clerc qui, selon eux, reviendrait à accorder une prime au Hamas pour le pogrom du 7 octobre 2023 qui a réveillé la cause palestinienne dans le monde. Et le fils Nétanyahou, portevoix de son père, a copieusement insulté le président français depuis le soleil de Floride, par un "Va te faire f***". Qu'importe à la fin ! Israël n'entend discuter avec aucun alter ego sur ses terres bibliques à lui données par Yahweh et n'a pas d'autre projet que de "foutre" les Arabes à la mer, de vider le squat. Les Palestiniens s'accordent tous entre eux, maintenant que la Bande de Gaza est détruite et cinquante mille morts plus tard, sur un projet identique : "foutre" les Juifs à la mer ! Du fleuve à la mer ! Le conflit n'a pas de solution en conséquence surtout de la colonisation à outrance des collines cisjordaniennes et de l'appropriation de tous les captages d'eau au bénéfice d'Israël pour mettre à merci cultivateurs et bergers.
Pourtant un pressentiment secret suggère aux juifs de bonne foi qu'il ne faut pas brandir le pogrom comme un totem d'impunité et massacrer à l'envi des femmes et des enfants réputés dommages collatéraux d'une guerre légitime aux preneurs d'otages ; l'hystérie mortifère de Nétanyahou qui a rompu toutes les digues morales, est la garantie la plus sûre qu'il y aura un huit octobre, puis un neuf, un dix octobre... et le monde lassé aura déjà pleuré ! Pauvre Israël et sa revanche sur l'histoire qui devient un problème insoluble à l'instar de la quadrature du cercle. On attendait mieux d'une race réputée supérieure. La faute aux nuts !
Justement :

La semaine écoulée fut marquée et brillamment par une notice psychiatrique émise par l'ancien Ministre-président de Wallonie, Rudy Demotte, sur sa page Facebook : Trump, ou l'incarnation du chaos mondial. La revue satirique belge L'Asymptomatique l'a reproduite in extenso, richement illustrée sur cette page-ci. On y lit (extrait) : « Ce que Donald Trump a livré à l’Amérique et au monde n’est d’ailleurs pas un discours. C’est un flux verbal. Un tourbillon désarticulé. Un vortex de mots en abîme. Un monologue haletant, saturé de redites, d’exclamations, de chiffres brandis comme des pancartes, sans transition, sans hiérarchie, sans logique apparente. Il passe d’une attaque contre le lait canadien à une anecdote sur Shinzo Abe, glisse sans transition d’un graphique à une déclaration d’amour à sa ministre de l’Agriculture, évoque sa beauté juvénile dans la même respiration qu’une menace de prison pour fraude douanière. Ce n’est plus un programme. C’est un zapping intérieur.»

La diarrhée verbale, le flux de ventre trumpique évacué en bouche est analysé jusqu'au dernier grumeau. Et M. Demotte de conclure : « Nombre de psychiatres américains avaient tenté d’alerter, depuis des années, sur ce qu’ils nomment le "Dangerous case of Donald Trump" : trouble narcissique, absence d’empathie, impulsivité dangereuse. L’ancien ministre étasunien Robert Reich parle d’un homme qui "ne distingue plus l’autorité du pouvoir personnel, ni la vérité de l’auto-affirmation". Mais inutile de trancher ici entre diagnostic et mise en scène. Le trouble, justement, est qu’on ne sait plus. Ce discours n’est ni vraiment improvisé, ni réellement cohérent. Il n’est ni projet, ni vision. Il est un chaos réverbéré. Un entrechoc de pulsions, de fierté blessée et de ressentiment bruyant. Ce n’est pas le symptôme d’un désordre mental. C’est peut-être bien pire : le spectacle d’un pouvoir convaincu que ce désordre est une forme d’ordre supérieur — parce qu’il vient de lui.»

(source : https://www.asymptomatique.be/trump-ou-lincarnation-du-chaos-mondial-par-rudy-demotte)

Les adorateurs français de l'Agent Orange ne liront pas ce brûlot. Il les tuerait !

ALSP !