Mais ce garçon sans histoires n'avait pas la carrure d'un régulateur, pas plus d'ailleurs que Clément Méric à l'époque, et c'est ce qui nous amène à questionner la pertinence du happening politique en voirie dans la France d'aujourd'hui. Oui, le droit de manifester, mais à quoi cela sert-il dans la semaine qui suit ?
Qui veut vraiment prendre le pouvoir par la rue de nos jours en 2026 ? Depuis 1848, personne n'y est arrivé en France, même dans des circonstances favorables. Et ce ne sont pas les exaltations alcooliques de l'insurrection populaire qui ont jamais manqué ! Mais, que voulez-vous, le pouvoir a de l'expérience acquise depuis deux siècles pour savoir soit l'écraser, soit la dévier. "La République se défend bien" disait le Martégal. A quoi servent donc les tractages, les collages, les piquets du mécontentement, les défilés tout mégaphone dehors ?
A impressionner les politiciens en charge au moment, qui tremblent de perdre leurs avantages acquis "à la force du poignet". Le comble de la couardise fut observée en mai 1968 - qui n'y fut pas n'en parle pas - quand tous les ministères se vidèrent de leurs ministres, lesquels partirent pour la province se cacher chez leur mère et que ne restaient à Paris que le Premier ministre Pompidou à Matignon, et le préfet Grimaud en l'île. L'Etat survécut en ne faisant pas trop de dégâts chez la jeunesse en ébullition qui rejouait les Gardes Rouges.
"Il fallait que tout change pour que rien ne change", disait Alain Delon dans Le Guépard. Ce fut fait, on supprima le latin aux examens et bien d'autres choses, on leva les contraintes de tous ordres, puis la relève releva comme si de rien n'était, et les hooligans de 1968 sont aujourd'hui dans la ouate avec les dents du fond qui baignent. Leurs petits-enfants, bercés par l'insurrection qui vient, ont pris l'emploi bourgeois de black blocs.
L'application de la violence à une séquence militante a été théorisée par Chantal Mouffe dans le cadre d'une stratégie de propagande par le fait qui remonte à l'époque de la grande anarchie et des bombes à mèche, et qui s'oppose à la dialectique de confrontation des idées. Nous vous épargnerons les citations vaseuses, notre propos n'étant pas une thèse d'université. Sauf que les vaillantes cohortes qui veulent retourner l'Etat bourgeois rechignent à prendre en ville plus qu'un bâton. Les anciens retournaient les faux. Et, de vous à moi, la "rue" est aujourd'hui... numérique !
Cette petite guerre autour d'un fascisme fantasmé valorise les idées courtes, et dévoile la veulerie chronique de la classe politique qui, à de très rares exceptions près comme le sénateur du Rhône Etienne Blanc, s'est empêtrée dans la distanciation et le relativisme pour équilibrer les parties prenantes à ce drame. L'équilibre efface l'ardoise. S'y sont prêtés des politiques de deuxième division comme Dominique de Villepin et Ségolène Royal. Ne parlons pas des écologistes de parti, ils sont soumis aux règles de report des voix plus que les autres, c'est leur marque ! La France insoumise quant à elle assume carrément le lynchage par des propos détournés. Bref, on avait le droit de vomir. L'autre "petite guerre" a commencé mercredi dernier. Elle est faite à soi-même.
Le carême ne peut se définir comme un jeûne bien qu'il y soit réduit par l'Eglise catholique qui rame à faire passer dans les communautés chrétiennes la notion d'ascèse spirituelle ; car c'est une période de retrouvailles avec soi-même, les volets clos sur son for intérieur. Sa propre découverte de la distance qu'il reste à franchir vers la lumière de la vérité n'est pas à portée du vulgum pecus. Où sont passés les grands prédicateurs qui sortaient des monastères au carême pour électriser la foule des fidèles accourus ? Martyriser le corps pour élever l'âme est un grand classique religieux que l'on retrouve partout pour l'asservissement des âmes. C'est petit jeu.
On dit que la jeunesse revient au carême mais d'abord sur le plan spirituel. J'ai croisé il y a quelques années une jeune femme convertie par l'abbé Beauvais à Saint-Nicolas et je lui avais demandé pour quelle raison elle avait fait le pas. Après un instant de réflexion, elle me répondit qu'elle voulait être « parfaite » ce qui voulait dire, finie, achevée. Elle était devenue cathare sans le savoir.
Le carême n'est pas non plus une période de "partage" issue du biais caritatif qui transmute le message essentiel en manifestation publique de la richesse des uns contre la pauvreté des autres. Quand on ne sait quoi faire, on fait la charité. Le carême doit être éminemment égoïste. D'ailleurs le Christ des évangiles n'est pas parti au désert en joyeuse compagnie au milieu d'une cohorte d'orants jouant des flûtes et des tambourins ; mais seul, ne comptant que sur la force de son esprit. Et pour ne pas laisser mourir avant l'heure son corps d'homme, il le laissa certainement boire et manger contrairement aux écritures, sinon quelque chose cloche.
Celui qui cherche un sens à la vie, croyant ou moins croyant - il n'existe pas d'incroyant viscéral - devrait profiter de ce temps d'ascèse pour faire le récolement de son être trinitaire. Son corps menacé par le mal est-il préparé à accueillir l'âme qui l'anime ? Cette âme est-elle connectée à l'esprit supérieur qui la guide ? Si oui, que lui insuffle-t-il ?
Les règles du combat intime !
L'esprit va l'aider à interagir avec l'ordre partagé et le chaos originel, plus simplement le bien et le mal. Le carême n'est donc pas affaire de perdrix et de truites. Et l'homme n'a que quarante jours à consacrer chaque année à cette immersion en lui-même. C'est pareil pour le vrai ramadan.
Le ramadan est aussi le temps du djihâd spirituel qui est le devoir religieux de lutter contre soi-même, amalgamant l'abnégation et la résistance aux penchants mauvais. Il est organisé différemment du carême chrétien, sur la base d'une journée renouvelée pendant trente jours, de jeûne, prière, introspection. Il est un des cinq piliers de l'islam, et il prend à son compte la vulgarité de l'espèce humaine puisqu'on y mange beaucoup la nuit. Mais il est des guerres plus grandes.
Commence aujourd'hui la cinquième année de l'opération militaire spéciale russe contre la République ukrainienne. Le bilan est au débit du Nain maléfique, grand stratège devant l'Eternel qui pouffe de rire et joueur d'échecs tant vanté, collé comme une mouche sur la vitre du Donbass.
Ses "amis" commencent à douter de leur choix, craignant de passer à leur tour pour des c*ns. La Chine qui certes continue de facturer l'industrie de guerre russe, envoie de l'aide humanitaire à Kiev pour parer le « Kholodomor*» criminel de Moscou, et l'Inde réduit considérablement ses importations de brut Oural même remisé rock bottom. Cent vingt millions de barils flottants russes attendent preneur dans toutes les rades mouillables.
* Kholodomor littéralement "extermination par le froid" en résonance de l'Holodomor stalinien de 1933.
Bien malin qui prédit aujourd'hui l'avenir. La politique américaine est illisible :
d'un côté Zig et Puce tordent le bras de Zelensky pour monter leur casino sur la Place Rouge ; de l'autre, Trump étrangle les exportations de pétrole russe qui financent la guerre. Et Kiev s'organise pour continuer les hostilités pendant trois ans, soit jusqu'au terme du mandat trumpien ! Affaiblir les deux parties ne les privera pas de continuer à mains nues tant est exacerbée la haine réciproque.
Il se pourrait que la lassitude chinoise pousse jusqu'au Kremlin l'expression du mépris céleste pour les délires rabiques du mini-tsar impuissant, juché sur les échasses de son cauchemar impérial.
Avant de rompre, on saluera la résistance du peuple ukrainien contre la politique d'éradication de leur nation, qui va être un modèle pour beaucoup, à l'heure du retour de la brutalité des empires aujourd'hui dételés du droit international.
Слава Україні ! Slava Oukraïni ! Gloire à l'Ukraine !
ALSP !
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