30 mars 2025

Le désenchantement

Nul n'a cru longtemps et plus d'une minute que l'équilibre de la terreur puisse durer jusqu'à la fin du monde. Mais les choses en l'état faisant mine de se perpétuer, chacun repoussait à demain la méditation nécessaire à prévoir l'évolution des masses et moments. De grands esprits pétris d'érudition compilaient l'histoire des empires pour prolonger dans le futur les tendances démographiques et économiques confiées au développement continu des richesses produites, sans avoir jamais prédit la rencontre de deux conneries majuscules, l'une émanée des décombres d'un empire fondé sur l'asservissement total des âmes, l'autre, sur la liberté imposée. Les tendances de temps long qui font les thèses de doctorat ont une fois de plus plié devant l'irruption de deux personnalités anormales (atopos) qui se sont forgées une puissance personnelle sur l'exacerbation des mauvais penchants de l'homme au premier rang desquels on reconnaît l'orgueil.

Ici un chimpanzé jaune affublé d'une casquette rouge a pris de force le volant du bus et brûle avec application tous les feux rouges en faisant des selfies ; là, un nain asiate maléfique arraché au ruisseau par la destruction de son écosystème, jouit de la mort d'autrui tant que sa page d'histoire avance. Le choc des Bêtises est porteur de calamités titanesques mais ce qui me désole est bien plus petit, à notre portée : les partis idéologisés prennent fait et cause chez nous pour l'un ou l'autre de ces deux cons ! Des écoles de pensée réputées comme la vieille Action française roulent pour Vladimir Poutine parce que ses buts proclamés résonnent dans la boîte à musique maurrassienne sur la fréquence nationaliste et accessoirement, parce qu'il veut détruire l'organisation de l'Union européenne, bouc émissaire commode des extrêmes en mal d'analyse. C'est une manière de promouvoir le droit du plus fort dans le sillon bismarckien qui stipule que la force prime le droit, très loin de l'esprit français classique qui reste la règle chez eux ou le devrait. Très loin de la philosophie antique si chère au Martégal, on y bégaie la régurgitation du modèle échoué d'une monarchie aléatoire, confisquée maintenant par la ruse, au lieu de proclamer les principes helléniques de vérité éclairés par la raison. On se vautre dans le virilisme des montreurs d'ours en patrouillant des cartes anciennes depuis longtemps périmées. Dans la fermentation d'idées courtes, on en vient à applaudir le singe qui conduit.

Plus grave, parce que finalement, d'un bord comme de l'autre, ces partis bloqués sur le rêve enchanté d'un passé souvent glorieux mais bien inutile à l'époque quantique, nous constatons que deux méga-scélérats sont parvenus au pouvoir au travers des processus d'essence démocratique, même fortement viciés. Cette voie d'accès empruntée par des tyrans en devenir devrait ouvrir la discussion sur le régime politique commun et ses bugs, d'autant qu'on a déjà vu le phénomène se produire dans le passé, avec des millions de morts à la clé. On en viendra finalement un jour à retirer la gouvernance de l'essence-même des nations à la Loi du Nombre, dès qu'on aura inventé la règle substitutive. Du moins souhaitons-le ! Mais revenons-en à l'Alliance.

Fondée en 1949 pour faire pièce aux menaces explicites de l'Union soviétique, elle arrimait les Etats-Unis à l'Europe occidentale pour sa défense et figeait la température de la guerre froide née du blocus de Berlin (1948). Contrairement à une idée reçue, l'Alliance atlantique ne fut pas une création hégémonique de Washington mais une manœuvre diplomatique européenne réintégrant la puissance nucléaire américaine sur le continent pour balancer le test réussi de la première bombe atomique soviétique. L'Europe s'inféodait d'elle-même à l'Empire ne pouvant à la fois se reconstruire et se défendre, tout en restant indécise quant à la place laissée à la nouvelle Allemagne bientôt dénazifiée. L'effondrement subit de la Russie soviétique et du Pacte de Varsovie quarante ans plus tard aurait dû redéfinir le paradigme sécuritaire de l'Europe de l'Ouest, au lieu de quoi, par paresse et confort des habitudes, les missions de l'Alliance furent simplement redéfinies et ses effectifs nationaux débandés mais pas son administration. Celle-ci avait besoin de vivre, elle se trouva des OPEX (Yougoslavie, Afghanistan) et considère aujourd'hui sa possible implication sur le théâtre indo-pacifique, bien loin de l'Atlantique nord.
Avec la réduction drastique des moyens engagés sur un front très hypothétique, les pays européens ont pu récupérer des crédits de développement et de sécurité sociale laissant une charge indue aux Etats-Unis qui compensaient leur implication budgétaire par la prise de commandes dans le domaine des armements. Obama nous en avait prévenus - c'est la Chine mon souci - Trump le fait : Demerden Sie sich ! On sait depuis une bonne dizaine d'années que la prise en charge raisonnable de l'effort de défense européenne exige non pas un budget à hauteur de 2% PIB mais de cinq ! Ce qui fatalement va rendre leur liberté de mouvement aux millions de bras cassés vivant chez nous d'allocations, qui sont aussi des électeurs. On en revient vite aux effets délétères de la Loi du Nombre privilégiant l'immédiat à la perpétuation de l'espèce. Ce blog n'est pas rémunéré pour donner des solutions à tout, mais elles existent sans être politiquement correctes. Vous les devinez déjà.

ALSP !

3 commentaires:

  1. Pourquoi, sacrebleu, faut-il que nos congénères soient si nombreux à être aussi abouliques et, osons-le... aussi cons ? En tout lieu et quelque soit le pédigrée. Que nous peuplions encore cette Terre tient du miracle. JYP

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    1. Dans le monde ultra-dangereux qui n'ous est imposé, tous les pays ayant un PNB dépassant les mille milliards de dollars vont se doter de la bombe atomique. Ainsi ce n'est pas l'espèce humaine qui va disparaitre par la loi des lemmings mais la planète terre elle-même. Question 1 : le Créateur laissera-t-il détruire sa créature ? Question 2 : y a-t-il un créateur ? Bonne soirée.

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    2. Eternelle question restée à ce jour sans réponse. Patientons encore un peu si ces dingues nous en laissent le temps !

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