14 juin 2026

Chaud devant !

La semaine passée nous avions hélas un choix de défunts pour faire une eulogie vibrante, entre Bernadette Chirac (93 ans), Lyhanna Rameau-Bernard (11 ans) et Charlie Dalin (42 ans). Nous avons partagé la tristesse de tous, surtout quand la mort n'est pas à l'heure. Celle de la petite de Fleurance est une abomination politique. Le héros est quand même le circumnavigateur qui a gagné la course en solitaire la plus difficile au monde à bord d'un monocoque de vingt mètres, sans assistance et sans escale, en souffrant d'un cancer intestinal de la taille d'un pamplemousse ! Mais la page se tourne et c'est du climat qu'il s'agit ce matin. A la mi-juin, on crève de chaleur.

Le sud de la France importe le climat espagnol de plaine et le sud de l'Espagne celui du Maroc. Ce n'est pas une prévision alarmiste comme les aiment certains qui en vivent, mais un fait constaté. Quand on risque de mesurer 40°C à Paris avant le solstice d'été comme il est annoncé sur les ondes, on peut se demander combien il nous reste de temps avant de rebaptiser "ramblas" les Champs Elysées. La déformation "omega" du jet-stream qui nous avait caniculé au mois de mai était un avertissement. Il semblerait que le déstockage massif de climatiseurs d'appartement y a répondu jusque dans le nord.

Il devient difficile de nier le réchauffement climatique et/ou météorologique. Certaines plaines du Mid-West américain sont déjà à 122°F, pas loin de la température de Vallée de la Mort, et El Niño est annoncé sévère pour cette année ! Lutter au niveau des Etats et des grandes métropoles contre les causes du dérèglement n'est pas inutile même si les courbes anticipent l'ouverture prochaine du four mondial et l'invivabilité croissante de toute la zone inter-tropicale humide. Que faut-il faire sinon au niveau de chacun quand on a réduit ses propres émissions de gaz à effet de serre en modérant nos déplacements, en privilégiant les productions non transportées (locales), en économisant l'eau et le courant électrique etc... : pas grand chose finalement. A part de s'adapter !

L'adaptation au changement a toujours eu mauvaise presse dans les milieux écologiques combattants car elle entamait l'exigence indiscutable de réduire puis de cesser les émissions industrielles et de transport (en gros) afin de « sauver la planète ». Sauf que la "planète" en a vu d'autres et ne risque rien. Elle continuera à tourner autour du soleil et son climat changera lentement jusqu'à ce qu'elle nous ait détruits, cuits, carbonisés ! S'il est vrai que la cause première de tout ce désastre est bien la surexploitation de la terre par l'espèce humaine, il est logique qu'elle en soit un jour éradiquée naturellement. Peut-être restera-t-il des communautés de témoignage enfouies à l'ombre des cavernes comme sur Arrakis. D'ici là, nous devons nous adapter.

J'ai l'intuition que le corps s'adapte, peut-être même avant l'esprit. J'essplique :

Je me souviens enfant du Midi l'été où, passé 32°C à l'ombre, la journée était insupportable et les nuits peu réparatrices. Plus tard, 40°C à l'ombre en Basses Cévennes sans un souffle de vent vous mettaient en danger si vous oubliiez de boire et mouiller votre tête sous le chapeau de paille. Je ne parle pas des canicules atroces du Paris minéral et réverbérateur car il y a des refuges dans les monuments - je recommande le Panthéon cette semaine aux Parisiens sans clim.
Cette semaine, il fera jusqu'à 37-38 dans la capitale et la petite couronne, mais 32 au Havre et 29 à Dieppe ! La mer est un bon amortisseur des furies météorologiques. Mais nous commençons à nous adapter et nous nous préparons à franchir la séquence sans se désespérer, alors que l'alarme était grande il y a vingt ans. Je me souviens d'une escale technique à Malé aux Maldives où le bord nous avait autorisés à venir prendre l'air sur la passerelle de débarquement sans descendre sur le tarmac pour se dégourdir un peu. Quelques-uns dont moi y allèrent, et quel ne fut pas le choc de l'air extérieur à 34°, à littéralement vous couper le souffle ! Singapour derrière - c'était alors ma destination - était aussi à 34°C et, bien que préparé à la chaleur, je me traînais toute la journée, attendant la brise de mer du soir. Seule cette brise de nuit qui passait sous la sablière du toit de la maison - l'ouverture périmétrique fait au moins 25cm de hauteur - permettait de ne pas mourir de suffocation. Aujourd'hui, avec un peu de préparation et de l'eau fraîche, je supporte les 34° avec un simple ventilateur colonial. Et je pense pouvoir un jour arriver à tenir les 39° avec une préparation plus sérieuse. Le corps a modifié ses échanges thermiques en conséquence.

On s'y fait donc, du moins le corps s'y adapte. Reste à adapter son esprit, au détriment parfois de la culture générale. Qui attaquerait L'Etre et le Néant de Sartre par ces grandes chaleurs ? Ou Le Soulier de Satin ! Beaucoup de gens se font une montagne de la chaleur, attisée par les chaînes d'information en continu qui vivent du scandale climatique. Il faut se raisonner tout en se préparant, et à la limite, couper le poste ! On apprendrait beaucoup des peuples tropicalisés dans leur approche du "mauvais temps" où tout brûle. Ça tombe bien, où la chaleur poisseuse ne dépasse pas 55°C le désert avance ; des gens d'expérience arriveront en masse bientôt.
Sacré Raspail qui avait tout vu au plafond de son imagination de romancier. Le Camp des saints, c'est tout à fait ça : "leur nombre est comme le sable de la mer". Nos enfants auront de quoi s'occuper si le livre est toujours en vente.

Avant de conclure, je vous passe la dernière, bien placée dans l'apocalypse qui vient : la déforestation à motifs mercantiles imperturbables, combinée au réchauffement climatique, risque de transformer à terme l'Amazonie en savane, perturbant le cycle de l'eau et augmentant les sécheresses tout autour. Conjugué au phénomène d'oscillation cyclique de la chaleur des eaux du Pacifique, la dégradation de l'Amazonie prendrait le continent sud-américain en tenaille, ce qui pourrait forcer les populations locales à bouger. Ils ont déjà de terribles déserts : celui très froid de Patagonie orientale ou l'Atacama brûlant du Chili. Les latinos surchauffés prendront-ils le Gulf Stream vers chez nous ? Beaucoup sont arrivés en Espagne.


Conclusion

S'adapter, c'est aussi se prendre en charge soi-même pour n'avoir pas à convoquer les réseaux civils à son secours. Et ça commence par un régime alimentaire adapté aux fortes chaleurs. Que nous dit l'IA Brave Leo de mon navigateur ?

« En cas de canicule, le meilleur régime alimentaire privilégie des aliments riches en eau, légers et faciles à digérer pour maintenir l'hydratation et limiter la production de chaleur interne. Il faut consommer en priorité les fruits et légumes comme la pastèque, le melon, le concombre ou la tomate, les viandes blanches ou le poisson, ainsi que les laitages frais (yaourts, fromages blancs), et éviter les plats trop gras, salés ou sucrés.» (le menu en pied d'article)

L'IA a du bon sens, c'est à ça qu'on la reconnaît !
Entretemps, le Secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick a enjoint la direction d'Anthropic de fermer l'accès à ses deux modèles surpuissants d'intelligence artificielle, Mythos 5 et sa déclinaison bridée grand public, Fable 5, après avoir appris qu'une entreprise était parvenue à contourner tous les garde-fous mis en place pour ces modèles réputés détecter et exploiter des failles de cybersécurité avec une rapidité et une acuité inédites (source 01net). N'importe quel site informatique est pénétrable par ces outils et nous n'en sommes pas encore aux codes quantiques qui sont annoncés détruire tout chiffrement des transmissions.
La sûreté du monde, déjà passablement compromise par les sociopathes de pouvoir, serait annulée carrément par ces machines développées par l'homme, avant qu'elle ne se développent par elles-mêmes ; ce qui est peut-être déjà le cas, puisque j'apprends qu'on leur fait donner des cours de morale par des professeurs de philosophie. Ceci dit, avec la chaleur, le grand jasmin de l'escalier est à fond, on en aurait presque la tête qui tourne à l'emprunter !

ALSP !



*** Menu du Jour ***


1.- Aliments à privilégier
  • Fruits et légumes riches en eau : pastèque (92 % d'eau), melon, concombres, tomates, salades et radis, consommés crus ou en soupes froides comme le gaspacho.
  • Protéines légères : poisson blanc, volaille, œufs et crustacés, de préférence froids ou tièdes pour éviter de réchauffer la cuisine.
  • Laitages frais : yaourts et fromages blancs, qui apportent à la fois des protéines et une forte teneur en eau (environ 90 %).
  • Féculents légers : salades de pâtes, riz ou quinoa, en quantités raisonnables pour fournir de l'énergie sans alourdir la digestion.
2.- Aliments et boissons à éviter
  • Viandes grasses et plats riches : viande rouge, charcuterie, fritures et plats en sauce, qui sont difficiles à digérer et augmentent la température corporelle.
  • Excès de sucre et sel : sodas, jus industriels, pâtisseries et chips, qui favorisent la déshydratation ou la rétention d'eau excessive.
  • Alcool et excès de caféine : ces boissons ont un effet diurétique qui accélère la perte d'eau et déshydrate l'organisme.
3.- Conseils d'hydratation et de préparation
  • Boire régulièrement : consommer au moins 1,5 à 2,5 litres d'eau par jour, sans attendre la soif, en alternant avec des infusions ou des jus de fruits frais maison.
  • Repas froids et légers : privilégier les plats froids, les crudités et les portions plus petites pour réduire l'effort de digestion et la sensation de chaleur.
  • Éviter la cuisson à haute température : limiter l'usage du four ou des mijoteuses pour ne pas surchauffer l'habitation et l'organisme.

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