17 mai 2026

Marianne et les nains

Bruno Retailleau m'a contacté. Enfin, j'ai reçu de sa main polycopié un questionnaire listant six de "mes" préoccupations en me demandant de les classer par ordre d'importance de 1 à 6. Puis quelques autres réponses imposées à cocher. Rien de déroutant, rien d'original, rien de nouveau. Le politicien vendéen fait une étude de marché pour placer le plus adroitement possible le produit de sa campagne, dit autrement, le programme électoral le plus susceptible d'extraire des voix en nombre. On est là dans une démarche clairement démocratique qui consiste à mouler ses idées sur le facteur "chance de plaire".

Quand on entre en lices sur cette base pour présider le pays durant cinq ans en disposant de pouvoirs plus étendus que n'en avaient les rois de France, réputés profiteurs d'une monarchie absolue, on fait monter l'image d'un démagogue de caricature. Le pays n'a pas les moyens de s'abandonner à ses humeurs, il doit être gou.ver.né ! Et si M. Retailleau n'a pas envie d'entrer dans les arcanes du contrat social en tous ses recoins, qu'il se saisisse du domaine régalien et promette d'y mettre bon ordre à moyens constants. Car tout part de là !
Le pays est déboité de ses fondamentaux. Pour le reste, que le domaine public soit remis aux forces vives de la nation, en évitant les apparatchiks de la République, pour qu'elles mettent en ordre notre société, ce qui reviendra à décaper à l'acide sa bureaucratie.

Décentralisons verticalement et horizontalement, en mettant le peuple dans ce travail ! On y reviendra.

J'attendais que le champion de la droite territoriale assène un programme de redressement qui nous dévie de la catastrophe annoncée par M. Bayrou sur la Dette et les déficits partout. M. Bayrou a été chassé par les députés déstabilisés dans la prébende, mais le mur des réalités approche et nous allons nous y fracasser. Le candidat LR doit trouver en lui les mots de bon sens qui convaincront l'électeur que l'heure est grave. Au lieu de quoi, il demande à chacun ce qui lui ferait plaisir !!!

Je n'ai pas le souvenir de présidents de la Vè République qui soient venus quémander des idées au corps électoral, même si on se doute bien que les Français ont été sondés pour savoir ce qu'ils pensaient de tout ça. La démarche normale, loyale, est de dire ce qu'on va faire et ce qu'on ne va pas faire.
Et à Dieu vat !

On me dit dans l'oreillette qu'il a un programme sur son site (clic). Vous y retrouverez les titres habituels de la droite française. Des centaines de propositions détaillées nous confirment que le président veut s'occuper de tout, en intentions du moins, mais son travers besogneux annonce une implication méthodique dans le contingent.

La mère de toutes les réformes est la réduction de la dépense publique, ce que Macron avait refusé à Bruno Le Maire. Ce coulage à la soviétique de la richesse produite nous oblige à faire la course des nations dans des galoches trois fois trop grandes pour nos pieds. Essayez de chausser du 55 au prochain marathon de votre ville pour comprendre l'impossible défi.
Donc on doit dégraisser le mammouth pour désaturer l'économie générale du pays, et récompenser le succès, la créativité et l'innovation. C'est du Deng Xiaoping ! Ça a marché sur un peuple complètement anémié par le communisme sinisé, alors pourquoi pas chez nous ?

C'était aussi l'intention de départ de l'équipe de Donald Trump mais il a mis à découvert les catégories fragiles ou inadaptées, les vouant à une misère profonde pour respecter un principe d'économie sociale qu'il est incapable de mettre en action. Il faut donc garder l'oeil ouvert sur la situation réelle des gens d'en bas, sans le filtre des associations qui vivent sur la bête. Pas simple ! Mais une nation qui exclut certains des siens n'en est plus une bientôt. Brisons là et passons dans la cour des grands.

La nation qui a inventé le chemin de fer est si abâtardie qu'elle ne sait plus faire. C'est l'histoire de la ligne à grande vitesse Londres-Birmingham vers Manchester, Sheffield et Leeds qui ne peut s'achever ni en temps ni en livres, faute de coordination dans son ingénierie. Le fond d'écran affiche cent milliards de livres sterling sans garantie d'achèvement - un second canal de Panama - et les autorités anglaises mettent le mouchoir sur le Brexit pour appeler des entreprises françaises qui finiront l'ouvrage presque normalement.

Ont pris les choses en main, Vinci, Bouygues, Eiffage, Systran (SNCF+RATP) ; et Alstom-Hitachi fournira les trains rapides. Comme quoi, quand le politique et les bureaux s'effacent, nous, nous savons encore faire ! Inutile que ces messieurs des plateaux politiques se rengorgent de ce succès, ils n'y sont strictement pour rien, ce qui explique tout. Mais il y a aussi une cour des très grands.

SpaceX prépare activement son introduction au Nasdaq de New-York cette semaine. Si l'excitation interplanétaire vous titille, c'est le moment de souscrire et rêver. Quelques chiffres : le groupe attend 1750 milliards de dollars de valorisation aux premiers jours et veut lever 80 milliards d'argent frais. La valorisation progressive du groupe est prévue jusqu'à 7500 milliards de dollars à mesure qu'avanceront ses projets intersidéraux (source Financial Times). Pour mémoire le Pib français est bloqué à +/-3000 Md$.
Aller sur mars convoquera la construction d'un réseau de data centers capable de fournir cent térawatts de puissance informatique. Les plus gros data centers terrestres produisent actuellement deux gigawatts (50000 fois moins : 1TW=1000GW).

Pour récompense à son génie managérial, Elon Musk bénéficierait d'un plan de rémunération de mille milliards par attribution d'actions préférentielles à mesure de l'accroissement de la valorisation du groupe par paliers de 500 milliards. Dit autrement, ici, nous avons décroché ! Nous allons débattre des franchises de l'assurance-maladie, du reste-à-charge et de la retraite par répartition infinançable par le travail produit avec réticence. Le candidat Retailleau, pour y revenir, n'a pas Le Plan. Il farfouille dans les mesurettes et les slogans, cherchant à plaire aux grenouilles de l'étang. Il n'imprime pas ! C'est ce que je lui ai écrit dans le petit espace prévu pour mon commentaire dans la circulaire que j'ai reçue. Bon, en attendant le reportage Steppique Hebdo sur Mars, montons au ciel.

Dans une semaine, nous commémorerons l'irruption de l'Esprit saint dans le Cénacle de Jérusalem, un certain 10 mai de l'an 30 de notre calendrier actuel. Cinq cents langues de feu se posèrent sur cinq cents têtes pour signifier la reprise en compte de notre destin par la puissance invisible, ouvrant le comput de la fin des temps jusqu'à l'achèvement du salut de l'humanité. L'Esprit les dota de toutes des langues de la création pour prêcher partout la Révélation. A voir l'état du monde, il y a urgence d'informer tout le monde avant la sixième extinction. Même si l'affaire est somme toute récente rapportée à la vie terrestre de l'espèce humaine (1996 ans seulement), il fallait bien que ça finisse un jour. Le combat des hégémons combiné à l'effondrement du paradigme climatique nous y précipite.

A combien de générations sommes-nous de la fin du monde ? Enfin, la planète survivra, elle, mais le vivant qui la peuple peut-être pas. Le message de la Pentecôte commence à se lire sur l'horizon de nos civilisations. Vous comprenez mieux pourquoi SpaceX veut établir une colonie d'un million d'homo sapiens sur Mars ? Ce n'est pas une lubie au prix vendu. Combien de fois plus cher que la Tour de Babel !

ALSP !

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