Dès l'annonce de candidature de Jean-Luc Mélenchon, l'affrontement tauromachique est promis, la presse file la métaphore de Charybde en Scylla entre peste et choléra. La France sous la coupe des extrémistes ! Quelle horreur, chère Médème !
Mais peut-on encore parler d'extrêmes quand leur réunion convoque la moitié du corps électoral à leur succès (sondage Toluna du 4 mai à 48%) ? Evidemment non. Ce ne sont pas des partis "extrêmes" mais des électeurs radicalisés et nombreux qui le plus souvent vomissent les partis politiques. Il faut dire que c'est très facile !
Le dynamitage d'une classe politique impuissante et dévirilisée ne peut être une surprise, à voir l'accumulation des calamités de toute sorte au terme d'un mandat de 45 ans (1981, l'an I de la dégringolade). Le dégagisme vaincra inexorablement en avril de l'an prochain sans qu'il ne nous assure pour autant d'aucune guérison. C'est la nation, la société qui est malade. Patiemment détruite pour son opposition à l'entropie européenne, la nation se désagrège tant par la veulerie imposée d'en haut que par la communautarisation imparable de la société due à l'injection massive d'étrangers en bas.
Plutôt que d'endiguer ces dérives néfastes à la perpétuation des Français tels qu'ils sont, les médicastres politiques et médiatiques ont profité de ces 45 ans pour arroser l'électorat, en suscitant même ses caprices, afin qu'il les laisse vivre sur la bête en établissant leur pouvoir, jusqu'à former une église laïque avec son évangile et ses curés, ce qui a aggravé l'émiettement. Mais ceci n'explique pas un rejet populaire aussi massif.
Fondamentalement, la marée montante des partis radicaux est causée par le même déni, celui du détournement du principe constitutionnel de souveraineté du peuple. Les élites ne l'écoutent pas, elles l'éduquent à leur profit et s'en méfient tellement qu'elles truquent par tous moyens son expression dans les scrutins. Le scandale du référendum de 2005 aurait dû provoquer une insurrection, il n'en fut rien, le coq était chapon.
Le peuple instinctif doit être canalisé dans l'expression de ses attentes et doit penser droit afin que la partition démocratique soit jouée jusqu'à la fin et que la Casta perdure et s'engraisse. Ainsi furent concoctés des modes de scrutin complexes, absolument impossibles à expliquer à qui n'est pas français. Normalement les votes devraient être reçus comme ils viennent et les élus chargés de former entre eux le gouvernement central du pays. S'ils n'y parviennent pas, cela n'est pas dû aux électeurs foutraques mais à l'incapacité des élus à surmonter leurs différences au bénéfice de l'intérêt général. Autant dire que dans une impossible coalition d'idées, le scrutin visé s'est trompé de candidats et qu'il faudrait le refaire en excluant tous les sortants sans exception et sans limite dans le temps, à vie, quoi !
Appliquer les revendications du peuple est aussi le meilleur moyen pour qu'il juge ses propres exagérations et soit dessillé d'illusions construites par les planteurs de coton de la République. La maturité politique n'est atteignable que par l'expérience des choix par celui qui choisit. Au lieu de quoi la classe politique déresponsabilise l'électeur, surtout à gauche. La démonstration en vraie grandeur de la démocratie en action est faite aux Etats-Unis d'Amérique où chacun touche du doigt maintenant les effets désastreux du populisme orange qui a conduit au sabotage de la protection sociale et à l'inflation des prix par un réarmement douanier. S'y ajoute la découverte de la lâcheté de beaucoup de parlementaires qui va renforcer l'antiparlementarisme de souche signalé par une forte abstention chronique. La prébende à vie reste leur objectif indépassable, on le savait, la preuve en est faite. Comme chez nous !
Le constat d'affliction qui va suivre déplorera la relégation des sciences fondamentales, à l'exclusion de l'intelligence artificielle, puis la fracturation ethnique de la société que les lois contre la ségrégation raciale avaient eu tant de mal à réduire. Revenons chez nous.
Verra-t-on un duel de second tour entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon ?
C'est plus que probable par défaut. La concurrence n'est pas au niveau de l'enjeu mais il faut comprendre déjà que la social-démocratie qui sous-tend toutes les actions des partis proclamés de gouvernement de droite comme de gauche, expire. Le phénomène est européen, jusqu'au Royaume Uni où le pire des systèmes à l'exclusion de tous autres voit venir vers le 1O Downing Street un Mussolini de cirque. Ça ne marche qu'avec une redistribution copieuse, or les caisses sont vides et les pays européens - même l'Allemagne - empruntent pour se réarmer, le canon entrant en concurrence avec le retraité improductif. C'est ce qui explique la gazéification du parti socialiste français : il n'y a plus de harengs à jeter du balcon !
Edouard Philippe est un pleutre avéré qui va perdre en substance à mesure du déroulement de la campagne électorale.
Raphaël Glucksmann et Gabriel Attal sont juifs dans une période où ce marqueur est assez dévalorisé. Le premier n'a pas d'épaisseur ; le second, très intelligent, est quand même un bébé Macron dont les gens ne veulent plus, et il a des mœurs minoritaires qui peuvent le plomber.
Bruno Retailleau n'imprime pas, et il n'y peut rien !
Reste à venir Boris Vallaud qui a du nerf mais qui est plombé par son appartenance au système ancien, on verra.
Hors les murs de la Casta, Jean-Luc Mélenchon est le "candidat de métier" de la-gauche-dans-ses-bottes ! Il n'y a pas photo.
Sa carrure de tribun intarissable correspond bien à l'exercice démagogique d'une campagne électorale brutale et populiste. Cultivé, jamais pris au dépourvu, incendiaire parfois, il peut faire mal à son adversaire et…… vaincre ! Ce serait quoi la suite ? Nul ne le sait dès lors que les promesses de campagne n'engagent que ceux qui les entendent. Déroute économique quasi sure si le programme archaïque est appliqué. Banqueroute déclarée à Bruxelles, tutelle du FMI, on peut dérouler le fil. Le Venezuela pour finir ! Rions !
Si Jordan Bardella l'emportait - j'ai quand même un gros doute parce qu'il lèvera au second tour un "mur républicain" fait de tout ce qui n'est pas lui et d'abstentionnistes inquiets pour cette fois - s'il l'emportait donc, l'aventure déboucherait sur la même déroute qu'avec JL Mélenchon, à moins qu'il n'ait le réflexe de "mélonisation" comme on appelle aujourd'hui le pragmatisme. Le motif de ce revirement pourrait être la découverte de la ruine des finances publiques et l'arrêt des prises en pension des bons du Trésor par les émirs du Golfe qui auront d'autres chats à fouetter. Bien expliqué au peuple, ça peut passer.
Sous les ordres du starter, les autres sont déjà hors course, et nous ne les citerons pas pour ne fâcher personne. Sinon quoi ?
Ici sur le 49ème parallèle, les lézards sont tous sortis. Je les compte. La goutte froide de la météo les a un peu surpris, aussi n'ont-ils pas fini de parcourir tout leur appartement - on ne peut parler de territoire pour un lézard - qu'il a fallu déjà rentrer au chaud. Les petits ne sont toujours pas sortis.
C'est une espèce stupide qui se noie facilement et se laisse écraser dans la feuillure des portes sans crier. Aussi les craindrai-je moins quand Mars attaquera. Avez-vous remarqué que le lézard adulte se cache dans son immobilité et vous suit du regard en mesurant constamment votre distance. Le lézard enfant est moins farouche parce qu'il ne sait rien de la cruauté de la vie et détale trop tard.
Le monde des butineuses s'est reconstitué. Aucun changement. J'ai tué quelques reines de frelons - à la raquette électrique c'est létal - peut-être cela les a-t-il aidées. Par contre les passereaux sont très rares, à moins qu'ils ne couvent au nid ; aussi je laisse encore monter les haies.
ALSP !
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