L'autre pays coalisé dans la guerre n'est pas dans la boucle diplomatique, même si Donald Trump signale que Benyamin Netanyahou a été informé ensuite de la teneur de l'accord par un coup de fil séparé (source TS). Il est traité comme le cousin de province dont l'insistance agace. Au même moment, Tsahal est passé au nord du Litani ! Rien ne les arrêtera. Les autres sont du bétail.
Israël va-t-il comprendre que son acharnement à vitrifier un glacis sécuritaire autour de lui n'est pas vendeur de la cause sioniste qu'il a dévoyée ? La diaspora juive américaine commence à renâcler sous la pression des groupes pro-palestiniens et juge que le projet colonial d'apartheid n'est plus sur la trajectoire de renaissance d'un pays sûr pour les juifs, et accepté de ses voisins donc inclusif. Mais la crainte de la guerre aérienne persane coagule un soutien important de la population israélite et fatigue toutes les autres communautés. Le ministre Ben-Gvir pointe du doigt maintenant les Arabes israéliens comme une cinquième colonne prête à trahir. On leur a défendu déjà de descendre aux abris en cas d'alerte aérienne. Sans doute bientôt seront-ils stigmatisés comme "squatters" à l'image des Philistins de Gaza, résidents bibliques eux-aussi pourtant !
Il serait de bon ton, dans le cadre d'une future entrée à l'Institut, de jauger maintenant les mesures promises par l'accord américain de Pentecôte, mais la duplicité de tous les acteurs est telle qu'il serait vain de s'y fier. Notons quand même que trois ennemis d'Israël étaient au téléphone de la conférence, le Turc, le Pakistanais, et le Séoudien qui revient de son abandon moral des bédouins de Palestine. On ne peut dire non plus que le maréchal égyptien soit très attentif aux intérêts de l'Etat hébreu qui n'en finit plus de lui causer des soucis au Sinaï. Le Koweit n'était pas là, ni le sultanat d'Oman, ni l'Irak, pourtant tous très concernés.
Quoiqu'il en soit, la junte de Téhéran détient en ses mains le détroit d'Ormuz et la survie de Doubaï, plus les usines de dessalement d'eau de mer sur la côte arabe. \Ça équivaut à une dissuasion nucléaire ! Les excités du cabinet israéliens en sont pour leurs frais. Trump est dans la nasse et entend-il la petite musique de l'opinion qui lui serine de s'être fait avoir par Bibi.
L'autre bombe du week-end (sourire) c'est le coming out de Gabriel Attal à Mur-de-Barrez. Le journal Centre-Presse de Rodez a fait le reportage pour signaler une ferveur populaire non feinte tant à l'endroit d'un jeune politique ayant marqué des points qu'à l'annonce de sa candidature offensive à la présidence.
C'est par ici (clic). Il faut dire qu'à côté du maire empoté du Havre qui a peur de son ombre et du canal Seine-Nord, le choix est vite fait, comme nous le montre le ralliement de certaines figures de la macronie. Sa campagne ne fait que commencer, c'est un bon candidat avec beaucoup de répartie mais la tectonique des plaques politiques jouera aussi son rôle. Les thématiques centrales de son programme sont l’école, les salaires, les frontières et l’intelligence artificielle. Ce qu'attendent les Français, ce n'est pas le catalogue Manufrance que feuillettent les journalistes en mal d'audience ou de chronique, mais une image convaincante du nouveau pouvoir dans l'esprit vrai de la constitution présidentielle de 1958, face aux défis monstrueux du pays. Gabriel Attal doit surplomber tout ça.
Sur la même estrade médiatique, Raphaël Glucksmann signe un livre ! Faisant fi du désintérêt populaire pour l'essai politique, l'enfant du sérail bobo parisien intellectualise son approche, pour se rassurer peut-être du faible écho qu'il suscite. Surfer sur le succès d'une élection de liste qui n'intéresse pas l'opinion quand on n'imprime pas, conduit à minorer l'enthousiasme des premiers jours jusqu'à l'oubli. La coterie habituelle de la gauche bourgeoise peut se rallier si le parti officiel sort un mauvais candidat, ce qui est probable, mais elle ne suffira pas cette fois à réitérer la promotion fulgurante de 2017. Glucksmann n'a pas la niaque. Il en restera un livre pour caler l'armoire.
Ce sera tout pour cette fois. J'ai mon béret à repasser pour le prochain Canon Français.
ALSP !