28 juin 2026

De l'exaspération d'un peuple

Comment cinquante millions d'Américains MAGA de la classe moyenne inférieure ont-ils pu porter à la présidence des Etats-Unis une caricature d'Ubu-roi sans avoir vu la pièce ? A défaut d'avoir vu ou lu la pièce, ils l'ont apprécié au jour le jour pendant quatre ans lors d'un mandat précédent achevé sur l'assaut de la démocratie en Amérique, pour paraphraser Tocqueville ; et l'ont rétabli dans ses attributs de Roi des singes. Il faut un peu chercher pour comprendre parce que ça va nous servir.

Brave Leo (IA) y voit cinq raisons :
  1. Le désir de contrôle et de stabilité : dans un contexte d’incertitude mondiale, Trump a rassuré une partie de l’électorat en promettant de restaurer l’ordre social, le contrôle des frontières et la maîtrise des prix, contrairement à l’image de perte de contrôle associée aux démocrates.
  2. La faiblesse de l’adversaire démocrate : la candidature de Kamala Harris a été entravée par l’impopularité persistante de Joe Biden et un manque de charisme ou de maîtrise des enjeux par rapport à Trump, ce qui a découragé certains électeurs démocrates.
  3. La défiance envers le système politique : une confiance historique en berne envers le gouvernement et le Congrès a favorisé un candidat anti-establishment qui promet de « drainer le marais » à Washington.
  4. L’appui médiatique et culturel : la popularité de Trump a été soutenue par un écosystème médiatique conservateur (comme Fox News) et des influenceurs majeurs (comme Joe Rogan), tandis que les réseaux sociaux ont amplifié sa polarisation.
  5. Le soutien de la classe ouvrière : sa critique de la mondialisation et ses propositions de tarifs douaniers ont résonné auprès des Américains blancs de la classe ouvrière, ressentis comme appauvris par la délocalisation des emplois.
S'y est ajouté, selon ce que j'ai retiré de mes contacts, un ras-le-bol général des privilèges raciaux (affirmative action), de l'exposition parfois outrageante de minorités tapageuses (LGBT+), du wokisme de souche universitaire dans tous les compartiments sociaux et de la cancel culture qui a renversé des statues et fait amener le drapeau confédéré dans les Etats pauvres du Sud profond. En fait, l'exaspération était telle que le cheval de Caligula avec le même programme aurait été élu. Le peuple n'en pouvait plus d'être contenu dans les fers de la Connerie solidaire sauf pour eux.

Je vais éviter de reprendre les cinq points ci-dessus, sauf à noter que le troisième a été décisif. Je vais également oublier de donner le niveau de progression de toutes les promesses de désinfection du pays correspondant à ce contrat électoral passé par une vedette de la téléréalité. Le déficit d'exécution des tâches est manifeste, jusqu'à entrer en guerre au loin, ce qui était un tabou. Ce n'est pas mieux réalisé que chez nous après deux mandats au centre-deux. Et justement :

50/156 millions de votants représente 32%. C'était à la Noêl le socle de départ du binôme Le Pen/Bardella pour la présidentielle d'avril 2027 que le pré-scrutin de l'IFOP a relevé à 36% la semaine passée. Pour bien comprendre, le fringant président du RN est à 14% de la majorité absolu qui lui éviterait le second tour. Mais restons calmes et constatons que les cinq facteurs de la victoire MAGA s'appliquent chez nous.

Ce que demandent les Français actifs ce n'est pas la lune, ni les lendemains qui chantent, mais le simple bon sens, celui qui a déserté les sphères de pouvoir, addictées à la satisfaction des apporteurs de voix. Le vice qui nous a conduit au désastre de l'Etat est auto-immune au régime démocratique appliqué à un peuple qui ne l'est pas. Un peuple qui accepte sans broncher des syndicats subventionnés et des partis de la revendication permanente un troisième tour social après une élection à deux tours, n'a pas l'imprégnation démocratique des peuples voisins : 36% des gens rejettent le forçage des idées artificielles voire absconces, échouées partout, et réclament une gestion raisonnable de la nation que l'Etat, confisqué par une bourgeoisie d'affaires qui n'arrête pas la culbute, est devenu incapable de fournir.

  • Les actifs comprennent les comptes sociaux parce qu'ils ont des budgets familiaux à gérer et contrairement à ce que les syndicats brandissent, n'ont pas d'autres exigences dans leurs futures pensions que de justice et de bons comptes pérennisant le système.
  • Les actifs ne sont pas tous bien payés mais ne sont pas jaloux - ceux qui ne foutent rien, eux, le sont - et quand ils veulent améliorer leur statut professionnel et social, ils maudissent les entraves administratives à tous bons motifs sauf à les concerner eux !
  • Les actifs ne sont pas racistes - les communautés professionnelles sont depuis longtemps des lieux de mixité raciale - par contre les oisifs et les assistés le sont à leur endroit.
  • Les actifs sont fatigués de voir leur argent distribué à un ramas de fainéants qui peinent à se lever pour aller vérifier leurs droits à la CAF. Mais surtout :
  • Les actifs travaillent plus que la loi en dispose s'ils y trouvent leur compte et ils attendent de l'avenir la rupture des carcans.
    En fait, l'état républicain actuel les emmerde dès lors qu'il les brime, ne les protège pas et exige toujours plus d'impôt pour nourrir les inactifs et les lubies idéologiques de la Casta.

Ils constatent que le "fameux pacte républicain" a été rompu par ceux-là même qui le chérissaient tout en laissant l'Etat régalien s'effondrer sur lui-même.
Justice et Education sont les bateaux ivres de la République qui n'existe plus que comme place parisienne. Et le plus visible et le plus destructeur dans l'opinion, c'est la mansuétude envers les casseurs de plus en plus nombreux pour lesquels l'institution met des gants judiciaires, d'une incroyable lâcheté pour les forces de l'ordre, alors qu'il suffirait d'ôter le cran de sûreté. La gestion des émeutes de Nahel dans l'impassibilité générale des pouvoirs publics est restée incomprise pour le reste du monde.

In fine, ils ont le sentiment que l'Etat profond (le point 3 des "cinq raisons") se moque d'eux en se camouflant derrière une logorrhée de courtier d'assurances pour mieux les embobiner en captant toujours plus d'impôt. Je serais dans la politique, que je commencerais à me méfier. Il y a eu les Bonnets Rouges, les Gilets jaunes, crescendo, que feront les prochains ? Il y a largement de lanternes sur les Champs Elysées pour une Fête éclairée de la Fédération !

Parti comme c'est parti, le champion du Rassemblement national a toutes les chances d'accéder au sommet de la République. Jusqu'ici on ne lui oppose que des imprécations d'un autre âge et personne n'attaque avec de vrais arguments leur programme électoral, sauf à se focaliser sur la précarisation des migrants et la fragilisation du secteur associatif, lequel détourne de l'argent qui serait mieux employé ailleurs. Il ne suffira pas de crier au "fachisme", les gens s'en foutent, le fascisme n'imprime plus.
Par contre, un programme économique décadent dans un pays endetté jusqu'au cou avec les trois déficits structurels, impossibles à combler sauf au canon de marine, donnerait prise à des contradictions d'experts, de vrais experts. De même, une capitulation munichoise au bénéfice de la Russie renouerait avec un déshonneur dont on s'était vacciné. Au lieu de quoi, on entre dans le vacarme des idées courtes à mesure que les sondages confirment l'issue future de la campagne présidentielle, laquelle n'est pas encore finie quand même.

Pas sur Sirius, la bonne gestion d'une nation est à notre porte : celle de la Confédération helvétique : le déficit budgétaire y est interdit et un peuple mature démocratiquement y commande.

ALSP !

21 juin 2026

Voir !

L'intensité de la géopolitique appliquée au pays des complications donnerait matière à des analyses stratégiques pouvant nous ouvrir les portes de l'Institut des hautes études de la Défense nationale, voire pourquoi pas de l'Ecole de guerre ; mais si un peu d'humour ne nuit pas, trop fait rire !

La libéralisation à marche forcée (vote unanime à mains levées de 176 mesures de décollectivisation) de l'économie cubaine ôte tout motif d'intervention aux Etats-Unis (cf. Le Devoir).
Le Parti communiste cubain a compris le principe de Tancrède : "il faut que tout change pour que rien ne change". Et ça tombe bien car le chat échaudé Donald Trump en Iran ne va pas se jeter dans un autre piège à cons, même en face de Mar-a-Lago !

Il a compris que Caracas était un coup de chance (les Russes se sont couchés) et va se recentrer sur les fastes présidentiels, les choses faciles et spectaculaires, sa popularité, la célébration de soi, mais plus jamais dans les conneries sionistes de son vassal rétif qui ne rêve que de jouer à Whack-a-mole. Il se pourrait aussi qu'il lâche le nain maléfique de Saint-Pétersbourg qui vient d'enfiler la tunique percée du looser, promet l'enfer et le redoute, si d'aventure il déplaisait à son suzerain chinois. Ce lundi de toutes les chaleurs, nous ne parlerons pas non plus de canicule qui ne rime avec rien, mais de bonheur. Si, si !

Finalement, au soir d'une longue vie, je crois que le bonheur est dans la vue. Et la plus saisissante des vues est la vue de la mer au loin. Les corniches de Nice sont impressionnantes, de la haute corniche on voit sur l'horizon la Corse accroupie, mais le bâti est trop dense en bas. Immense, infinie, n'aboutissant pas, comme on la voit par tous les temps depuis la route de Soubès qui descend du Larzac sous le Cirque du Bout du monde (D25 azimut 135°), voire plus près, au petit col de Bel Air sur la vieille route de Juvignac (D619 azimuts 120-150°), c'est la mer du Golfe du Lion qui a ma préférence.

Au matin de là-haut, la brume des étangs surchauffés estompe le lido de la frontière des mondes jusqu'à ce que la brise de terre la chasse. Apparaît alors comme un miroir parfait posé à plat Mare Nostrum. L'entièreté de notre civilisation a navigué sur ces eaux. Nous sommes les enfants du monde gréco-romain. Nous sommes nés de la Guerre de Troie.

La majesté des bateaux que l'on devine avancer ne peut jamais lasser. Puis quand on quitte la tonnelle pour recharger le seau à glace du Casanis, on devine au retour que le même a bien avancé. Cette lenteur des mobiles crée un effet de sérénité à nul autre pareil. La mer c'est du bonheur pur. La mer et son mystère d'antan c'est aussi le berceau des légendes. Ils y sont tous les monstres de l'antiquité tardive, Kraken et Scylla, Leviathan et Charybde jusqu'au Basilosaurus effrayant et l'Hydre déchaînée. Mais mon préféré est la Tarasque de Tarascon à l'haleine fétide qui avec ses crocs de dragon se repaissait des voyageurs emmenés par le Bas Rhône. Le courant ligure emportait leurs ossements jusqu'aux Saintes et plus loin au Cap d'Agde où d'autres monstres tapis dans les gouffres de l'Auraris passaient la barre pour les broyer. Imaginez ce bruit mécanique épouvantable ajouté au vacarme des éléments furieux par force 9. Les sirènes d'Orphée étaient des rosières à côté ! On n'a pas construit la chapelle de la Genouillade pour rien.

Justement certains jours, le miroir se pixélise et fume parfois, la mer est si grosse qu'on ne voit plus l'horizon qui est devenu flou. C'est le jour du surf-casting au gros. On peut sortir maintenant des requins qui ont passé le canal de Suez et remontent le tombant des abysses. La nuit, on ne peut que la deviner, à moins qu'un effet d'optique qu'on appelle réfraction terrestre, n'allume partout les phares en les rapprochant de vous. Les deux pieds sur l'estran de Carnon, j'avais observé jadis des alignements incroyables des phares de l'Espiguette, Beauduc et Faraman sur 60 kilomètres. La mer toujours recommencée qui se brise à vos pieds dans un chuintement qu'elle répète à l'infini.

Il n'y a pas si longtemps, avec nos trois départements d'Algérie, ce miroir était un lac français. Fermons la parenthèse, elle n'eut que cent trente ans !

Le rêve à la mer c'est bien sûr le bateau. Il ne le faut pas bien grand en Méditerranée même si la houle est cassante. Une carène de 18 pieds non pontée, voile et petit moteur va le faire pour les sorties à la journée. 25 pieds habitables permettront de partir trois jours et 30 d'y vivre deux mois (l'aisance est au cube de la longueur). Si vos finances vous permettent de l'entretenir, préférez les carènes traditionnelles en bois pontées, et possiblement gréées à la latine, c'est le top du bonheur et une gueule d'amour quand on envoie tout. Méfiez-vous des petits bateaux en Méditerranée, il n'y a pas d'anse, de crique ou d'aber où se réfugier en cas de changement de temps ; et préférez les quillards lestés pour la tranquillité.
Non seulement, les bateaux traditionnels ont des coques à déplacement confortables, mais vous en serez fiers et les amis viendront tout seul.

Si vous faites construire votre bateau - aidez la filière - essayez pour bordé le bois moulé en sandwich sur balsa debout résiné, le tout fini à l'époxy, intérieur et extérieur avant vernis anti-UV. Ca marche, j'en ai fait un en double il y a quarante ans, il navigue toujours. On ne sort ces coques que pour vérifier les chocs et repasser l'antifouling, elles ne se calfatent pas ni ne se délaminent comme les coques en polyester (osmose).
Pour le profil, se fier aux bateaux professionnels du port d'anneau ; ils sont construits par l'expérience puisqu'il faut sortir tous les jours pour en vivre. Fermons la parenthèse, sinon on va faire toute la semaine.

La vue c'est du bonheur, mais contrairement à la haute montagne immobile et minérale, la mer est un bouillon vivant, sous les risées ça grouille. Le miroir est une illusion, comme les vrais de chez Saint-Gobain.
Nous finissons par un sonnet classique français, avec une pensée pour ceux qui ne voient pas ou ceux qui ne voient plus.

--ooo000ooo--



Les ajoncs éclatants, parure du granit,
Dorent l’âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin, brillante encor par sa barre d’écume,
La mer sans fin commence où la terre finit.

A mes pieds c’est la nuit, le silence. Le nid
Se tait, l’homme est rentré sous le chaume qui fume.
Seul, l’Angélus du soir, ébranlé dans la brume,
A la vaste rumeur de l’Océan s’unit.

Alors, comme du fond d’un abîme, des traînes,
Des landes, des ravins, montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail.

L’horizon tout entier s’enveloppe dans l’ombre,
Et le soleil mourant, sur un ciel riche et sombre,
Ferme les branches d’or de son rouge éventail.

(José-Maria de Heredia, Les Trophées 1892)



ALSP !

14 juin 2026

Chaud devant !

La semaine passée nous avions hélas un choix de défunts pour faire une eulogie vibrante, entre Bernadette Chirac (93 ans), Lyhanna Rameau-Bernard (11 ans) et Charlie Dalin (42 ans). Nous avons partagé la tristesse de tous, surtout quand la mort n'est pas à l'heure. Celle de la petite de Fleurance est une abomination politique. Le héros est quand même le circumnavigateur qui a gagné la course en solitaire la plus difficile au monde à bord d'un monocoque de vingt mètres, sans assistance et sans escale, en souffrant d'un cancer intestinal de la taille d'un pamplemousse ! Mais la page se tourne et c'est du climat qu'il s'agit ce matin. A la mi-juin, on crève de chaleur.

Le sud de la France importe le climat espagnol de plaine et le sud de l'Espagne celui du Maroc. Ce n'est pas une prévision alarmiste comme les aiment certains qui en vivent, mais un fait constaté. Quand on risque de mesurer 40°C à Paris avant le solstice d'été comme il est annoncé sur les ondes, on peut se demander combien il nous reste de temps avant de rebaptiser "ramblas" les Champs Elysées. La déformation "omega" du jet-stream qui nous avait caniculé au mois de mai était un avertissement. Il semblerait que le déstockage massif de climatiseurs d'appartement y a répondu jusque dans le nord.

Il devient difficile de nier le réchauffement climatique et/ou météorologique. Certaines plaines du Mid-West américain sont déjà à 122°F, pas loin de la température de Vallée de la Mort, et El Niño est annoncé sévère pour cette année ! Lutter au niveau des Etats et des grandes métropoles contre les causes du dérèglement n'est pas inutile même si les courbes anticipent l'ouverture prochaine du four mondial et l'invivabilité croissante de toute la zone inter-tropicale humide. Que faut-il faire sinon au niveau de chacun quand on a réduit ses propres émissions de gaz à effet de serre en modérant nos déplacements, en privilégiant les productions non transportées (locales), en économisant l'eau et le courant électrique etc... : pas grand chose finalement. A part de s'adapter !

L'adaptation au changement a toujours eu mauvaise presse dans les milieux écologiques combattants car elle entamait l'exigence indiscutable de réduire puis de cesser les émissions industrielles et de transport (en gros) afin de « sauver la planète ». Sauf que la "planète" en a vu d'autres et ne risque rien. Elle continuera à tourner autour du soleil et son climat changera lentement jusqu'à ce qu'elle nous ait détruits, cuits, carbonisés ! S'il est vrai que la cause première de tout ce désastre est bien la surexploitation de la terre par l'espèce humaine, il est logique qu'elle en soit un jour éradiquée naturellement. Peut-être restera-t-il des communautés de témoignage enfouies à l'ombre des cavernes comme sur Arrakis. D'ici là, nous devons nous adapter.

J'ai l'intuition que le corps s'adapte, peut-être même avant l'esprit. J'essplique :

Je me souviens enfant du Midi l'été où, passé 32°C à l'ombre, la journée était insupportable et les nuits peu réparatrices. Plus tard, 40°C à l'ombre en Basses Cévennes sans un souffle de vent vous mettaient en danger si vous oubliiez de boire et mouiller votre tête sous le chapeau de paille. Je ne parle pas des canicules atroces du Paris minéral et réverbérateur car il y a des refuges dans les monuments - je recommande le Panthéon cette semaine aux Parisiens sans clim.
Cette semaine, il fera jusqu'à 37-38 dans la capitale et la petite couronne, mais 32 au Havre et 29 à Dieppe ! La mer est un bon amortisseur des furies météorologiques. Mais nous commençons à nous adapter et nous nous préparons à franchir la séquence sans se désespérer, alors que l'alarme était grande il y a vingt ans. Je me souviens d'une escale technique à Malé aux Maldives où le bord nous avait autorisés à venir prendre l'air sur la passerelle de débarquement sans descendre sur le tarmac pour se dégourdir un peu. Quelques-uns dont moi y allèrent, et quel ne fut pas le choc de l'air extérieur à 34°, à littéralement vous couper le souffle ! Singapour derrière - c'était alors ma destination - était aussi à 34°C et, bien que préparé à la chaleur, je me traînais toute la journée, attendant la brise de mer du soir. Seule cette brise de nuit qui passait sous la sablière du toit de la maison - l'ouverture périmétrique fait au moins 25cm de hauteur - permettait de ne pas mourir de suffocation. Aujourd'hui, avec un peu de préparation et de l'eau fraîche, je supporte les 34° avec un simple ventilateur colonial. Et je pense pouvoir un jour arriver à tenir les 39° avec une préparation plus sérieuse. Le corps a modifié ses échanges thermiques en conséquence.

On s'y fait donc, du moins le corps s'y adapte. Reste à adapter son esprit, au détriment parfois de la culture générale. Qui attaquerait L'Etre et le Néant de Sartre par ces grandes chaleurs ? Ou Le Soulier de Satin ! Beaucoup de gens se font une montagne de la chaleur, attisée par les chaînes d'information en continu qui vivent du scandale climatique. Il faut se raisonner tout en se préparant, et à la limite, couper le poste ! On apprendrait beaucoup des peuples tropicalisés dans leur approche du "mauvais temps" où tout brûle. Ça tombe bien, où la chaleur poisseuse ne dépasse pas 55°C le désert avance ; des gens d'expérience arriveront en masse bientôt.
Sacré Raspail qui avait tout vu au plafond de son imagination de romancier. Le Camp des saints, c'est tout à fait ça : "leur nombre est comme le sable de la mer". Nos enfants auront de quoi s'occuper si le livre est toujours en vente.

Avant de conclure, je vous passe la dernière, bien placée dans l'apocalypse qui vient : la déforestation à motifs mercantiles imperturbables, combinée au réchauffement climatique, risque de transformer à terme l'Amazonie en savane, perturbant le cycle de l'eau et augmentant les sécheresses tout autour. Conjugué au phénomène d'oscillation cyclique de la chaleur des eaux du Pacifique, la dégradation de l'Amazonie prendrait le continent sud-américain en tenaille, ce qui pourrait forcer les populations locales à bouger. Ils ont déjà de terribles déserts : celui très froid de Patagonie orientale ou l'Atacama brûlant du Chili. Les latinos surchauffés prendront-ils le Gulf Stream vers chez nous ? Beaucoup sont arrivés en Espagne.


Conclusion

S'adapter, c'est aussi se prendre en charge soi-même pour n'avoir pas à convoquer les réseaux civils à son secours. Et ça commence par un régime alimentaire adapté aux fortes chaleurs. Que nous dit l'IA Brave Leo de mon navigateur ?

« En cas de canicule, le meilleur régime alimentaire privilégie des aliments riches en eau, légers et faciles à digérer pour maintenir l'hydratation et limiter la production de chaleur interne. Il faut consommer en priorité les fruits et légumes comme la pastèque, le melon, le concombre ou la tomate, les viandes blanches ou le poisson, ainsi que les laitages frais (yaourts, fromages blancs), et éviter les plats trop gras, salés ou sucrés.» (le menu en pied d'article)

L'IA a du bon sens, c'est à ça qu'on la reconnaît !
Entretemps, le Secrétaire américain au Commerce Howard Lutnick a enjoint la direction d'Anthropic de fermer l'accès à ses deux modèles surpuissants d'intelligence artificielle, Mythos 5 et sa déclinaison bridée grand public, Fable 5, après avoir appris qu'une entreprise était parvenue à contourner tous les garde-fous mis en place pour ces modèles réputés détecter et exploiter des failles de cybersécurité avec une rapidité et une acuité inédites (source 01net). N'importe quel site informatique est pénétrable par ces outils et nous n'en sommes pas encore aux codes quantiques qui sont annoncés détruire tout chiffrement des transmissions.
La sûreté du monde, déjà passablement compromise par les sociopathes de pouvoir, serait annulée carrément par ces machines développées par l'homme, avant qu'elle ne se développent par elles-mêmes ; ce qui est peut-être déjà le cas, puisque j'apprends qu'on leur fait donner des cours de morale par des professeurs de philosophie. Ceci dit, avec la chaleur, le grand jasmin de l'escalier est à fond, on en aurait presque la tête qui tourne à l'emprunter !

ALSP !



*** Menu du Jour ***


1.- Aliments à privilégier
  • Fruits et légumes riches en eau : pastèque (92 % d'eau), melon, concombres, tomates, salades et radis, consommés crus ou en soupes froides comme le gaspacho.
  • Protéines légères : poisson blanc, volaille, œufs et crustacés, de préférence froids ou tièdes pour éviter de réchauffer la cuisine.
  • Laitages frais : yaourts et fromages blancs, qui apportent à la fois des protéines et une forte teneur en eau (environ 90 %).
  • Féculents légers : salades de pâtes, riz ou quinoa, en quantités raisonnables pour fournir de l'énergie sans alourdir la digestion.
2.- Aliments et boissons à éviter
  • Viandes grasses et plats riches : viande rouge, charcuterie, fritures et plats en sauce, qui sont difficiles à digérer et augmentent la température corporelle.
  • Excès de sucre et sel : sodas, jus industriels, pâtisseries et chips, qui favorisent la déshydratation ou la rétention d'eau excessive.
  • Alcool et excès de caféine : ces boissons ont un effet diurétique qui accélère la perte d'eau et déshydrate l'organisme.
3.- Conseils d'hydratation et de préparation
  • Boire régulièrement : consommer au moins 1,5 à 2,5 litres d'eau par jour, sans attendre la soif, en alternant avec des infusions ou des jus de fruits frais maison.
  • Repas froids et légers : privilégier les plats froids, les crudités et les portions plus petites pour réduire l'effort de digestion et la sensation de chaleur.
  • Éviter la cuisson à haute température : limiter l'usage du four ou des mijoteuses pour ne pas surchauffer l'habitation et l'organisme.