11 janvier 2026

L'ordre et le droit

Sur un plateau télévisé, Henri Guaino a surpris son auditoire la semaine passée par une analyse plus fine des conséquences de l'enlèvement du président vénézuélien, en séparant à l'international l'ordre et le droit. Le tambour médiatique bat la mesure du droit international alors qu'il n'est qu'une idéologie. Pour les plus jeunes de nos lecteurs, les grandes dates du droit international sont 1648 avec la Paix de Westphalie, 1815 avec le Congrès de Vienne, 1919, la Conférence de la paix de Paris et 1969, la Convention de Vienne. On notera qu'à chaque fois, la réunion des puissances impliquées acte la supériorité des uns et l'acceptation des autres ; c'est donc bien un faisceau de rapports de force qui fonde le droit au moment considéré, jusqu'au prochain aggiornamento consécutif au renversement du rapport précédent. En ce sens, c'est une certaine idée du monde qui va s'imprimer dans les relations internationales et qui va écraser l'idée précédente. C'est donc bien une idéologie. Guaino, 1 point, Guaino, one point !

Ce n'est pas l'intervention de Donald Trump à Caracas qui aurait ruiné le droit international mais bien les transgressions précédentes de traités signés sur la seule base de la confiance et du respect de la parole donnée. On citera pour faire court le traité de Minsk entre la Russie, l'Ukraine, la Grande Bretagne et les Etats-Unis ; et le traité de non-prolifération nucléaire auquel la République islamique d'Iran a adhéré. Le droit international ne règne pas longtemps sur les affaires du monde s'il se résume à une version adulte du jeu de "chat-perché". On vient de le voir au Vénézuéla, qu'en sera-t-il au Groënland si Grand Condor s'enhardi dans le spectaculaire inégalable de la téléréalité ? Par contre, comme le dit très justement M. Guaino, si le droit international a été bafoué par la mafia Trump, c'est l'ordre international en a pris un sacré coup par le rapt de des époux Maduro à Caracas ! Toute l'Amérique latine est impactée avec deux cibles imminentes plus une différée (selon les sources généralement bien informées) : La Havane, Bogota et accessoirement Managua.

Cuba est un pays complètement failli par le castrisme qui faisait mouiller les mitterrandiennes, et son existence même est une insulte à l'intelligence de l'espèce mais surtout à l'imperium américain. La Colombie, présidée par un ancien guérillero du M-19, est le producteur de référence de la cocaïne consommée par l'Occident. C'est devenu un péché mortel, et Petro le faraud devrait s'en souvenir. Quant à Daniel Ortega qui colle à sa réputation de grand bandit sandiniste du Nicaragua, ses écarts sont désormais surveillés, surtout s'ils concernent l'immigration clandestine.
Reste que l'obstacle majeur à l'hubris trumpien est double : le Mexique à sa porte qui est outré des conditions faites à ses ressortissants émigrés économiques aux Etats-Unis, et le Brésil qui cherche à affirmer une certaine forme de puissance au sein des BRICS sans toutefois convaincre. Mais il faut en venir maintenant au viol de souveraineté, soulevé par les détracteurs de Trump.

Là encore, Henri Guaino dirige le faisceau de la lampe où il faut, en expliquant que la souveraineté en soit n'est pas négociable, parce qu'elle n'est pas un principe d'existence des nations par essence. Nul ne devrait défendre la souveraineté d'autrui parce qu'elle n'est qu'une affirmation volontaire et appropriée de l'entité qui se considère souveraine dans tel ou tel domaine, et pas du tout l'effet du droit. La revendication de souveraineté doit s'appuyer sur un schéma de force qui la protège. A défaut, c'est du vent. On va peut-être le toucher du doigt au royaume de Danemark dans l'affaire du Groënland. Copenhague n'est souveraine à Nuuk qu'aussi longtemps qu'elle pourra y faire la police parmi les agitateurs stipendiés par les services américains. On attend qu'elle en mette en cabane ! A défaut de quoi, le gouverneur Julie Wilche pourra reprendre le ferry avec quelques cadeaux d'adieu dans sa valise, après que les Américains auront un par un acheté les électeurs convoqués à "leur" référendum. C'est bien le cas d'école qui boucle la démonstration : la souveraineté s'affirme et se défend ; elle appartient tout entière au "souverain". Elle est fractionnée, cessible aussi et, contrairement à ce que disent les tenants de la droite dure, elle n'est pas inaliénable.

Reste la force. Elle fonde la puissance qui tient en respect les contempteurs d'une nation. Si on comprend bien qu'elle ait été dénigrée par les penseurs européens après deux guerres mondiales nées en Europe, le concept aurait dû se revisiter au terme d'une analyse stratégique qui nous aurait montré que la seule "force" du droit ne pouvait rivaliser avec la force brute. Si elle n'est pas d'application première dans les différends entre nations, on doit y adosser au moins l'affirmation de souveraineté et toute autre revendication vitale pour notre pays. Je crois M. Macron conscient de ce vide structurel français commencé sous Chirac et aggravé par Sarkozy, mais nous revenons de si loin que la reconstruction d'une force globale est un chantier démesuré pour ses petits bras. Gabriel Attal, dont la position n’est guère éloignée de celle du président Macron sur les affaires internationales, nous dit Philippe Bilger, a souligné que « nous n’avions plus les moyens de nos indignations » — ce qui est vrai — mais surtout que « les démocraties devaient dorénavant retrouver la voie de la force, si elles souhaitent que le droit prévale de nouveau » (in Le Figaro). Pour le moment elles n'en ont que la voix ! Et ça ne va pas suffire.

Dans le cadre d'une thèse, on devrait ouvrir maintenant un paragraphe "Force et Ordre" selon Bruno Retailleau avec une dérivée conclusive "Force et Droit". La justice sans la force est inaudible ; la force sans la justice est une satrapie, vous avez quatre heures ! Mais comme nous ne faisons pas de thèse puisque Pascal a tout dit, nous allons nous en priver. A la place de quoi nous parlerons du Mercosur.

On qualifie cet accord de "libre-échange" laissant croire au défoncement de portes jusqu'ici entrouvertes, alors qu'il n'est qu'un accord douanier sélectif sur quotas. Avant de s'énerver, les syndicats agricoles devraient relire la page de la Wikipédia qui les concerne ici. Il y verraient que les filières françaises ne seront pas plus au bord de la ruine qu'elles ne le sont déjà, savoir :

La plupart des œufs "pâtissier" fournis à l'agro-alimentaire viennent déjà d'Ukraine. Pour cent raisons dont une : il faut deux ou trois ans de démarches pour construire un poulailler industriel en France. Mais par la connexion de l'épidémie de dermatose bovine, la critique se concentre actuellement sur l'augmentation des importations de viande. C'est un dossier plus compliqué que vous ne l'apprendrez sur les barrages, et je vous conseille d'aller voir d'abord le dossier de la profession en cliquant ici. Vous serez surpris.

Rien ne dit que la viande de premier choix sudaméricaine soit inférieure à la viande de premier choix française, et pourquoi parler de concurrence déloyale sur la viande de transformation quand on sait que notre agro-industrie consomme de la vache laitière de réforme française piquée aux antibiotiques toute sa vie, certes sur prescription de tiers mais piquée tout de même ? Bonjour les spaghettis bolognaises ! Le dossier ad hoc de l'Institut de l'élevage nous dit aussi que le plus gros client des viandes sudaméricaines et de beaucoup, c'est la Chine populaire. Il n'en sont pas morts et ils s'y connaissent autant que nous.


Bibliographie élémentaire du droit international :
  1. Westphalie 1648
  2. Vienne 1815
  3. Versailles 1919
  4. Vienne 1969

ALSP !

04 janvier 2026

Fantômes

Les fantômes n'existent pas… séparément de nous. Ils n'ont pas d'autonomie, de libre arbitre, d'intentions bonnes ou mauvaises, de destin à eux, ni aucune curiosité, ils ne souffrent pas, ne nous en veulent de rien, et ne se cachent pas sous des draps ! Les fantômes existent au cœur du transit de nos synapses, ils sont en nous, créés en permanence en notre esprit, ils sont parfois insistants et nombreux. Les fantômes sont exclusivement des souvenirs que nous composons à notre façon pour enjoliver ou dégrader le passé, ou pour corrompre la quiétude du présent en les arrachant à leur silence. Les pires à supporter sont ceux des vivants, car il existe aussi les fantômes de nos souvenirs d'antan.

Au quotidien ou chaque jour j'ai souvenance de moments neutres, lents, de la farine d'ennui, pétris de la pulsation de la ville à laquelle on ne veut pas se mêler ; mais aussi du souvenir d'un passé riche en chocs, ceux de l'émerveillement, d'un bonheur toujours fugace, de peurs subites et subies, de découragement profond et de joies éphémères; mais sans doute le plus redoutable des souvenirs est d'être confronté à la dégradation naturelle d'un humain que vous avez aimé et que vous ne reconnaissez plus.

A croiser son regard, en image ou en vrai, la douleur de la ruine en marche s'insinue en vous si profondément que vous ne pouvez plus la localiser pour la combattre. Il faut alors changer de fantôme, en chassant de l'écran mental l'image qui s'est définitivement imprimée dans votre mémoire et que vous ne supportez plus. "Les amours, les emmerdes", il vaut souvent mieux qu'elles ne remontent pas. Alors ?

Alors on commente l'actualité politique, des catastrophes, des tueries, des guerres, n'importe quoi pour oublier la Lolita blonde aux cheveux courts qui vous intimidait jusqu'à vous ôter la parole ; en redoutant qu'elle soit devenu aujourd'hui une mégère acariâtre et velue, tannée par les soucis de la vie. Encore si elle était morte, la triste évolution serait stoppée et l'image de sa beauté, celle de son allure assurée, son "chien" auraient été figés avant de devenir insoutenables à repenser. C'est le drame de Brigitte Bardot.

Le jour de mes dix-huit ans, serrant ma carte d'identité dans mon portefeuille, je suis allé au cinéma voir Le Repos du guerrier. Vous vous souvenez ? BnF Collection.

Artiste à la plastique irréprochable, mise en scène et lumière par des talents exceptionnels, Brigitte Bardot ne frappa jamais son public par les dialogues qu'on lui imposait ni par les chansons auxquelles elle s'essaya. Pour les textes, il y avait Godard et Bresson. Mais les cinéphiles ne rataient aucun de ses films où apparaitrait une fois encore la déesse de l'amour. Me restera le figement du film amoureux de Vadim : Et Dieu créa la femme ! Sa mort, qu'on dit paisible, a débondé des torrents de mièvreries jusqu'au summum de la canonisation aux Invalides, comme des insultes d'une rare bassesse pour les idées qu'elle avait entre les oreilles. Elle disait qu'elle aimait les mecs, les vrais mecs, ce qui n'est pas tendance, à gauche surtout où l'impuissance se surmonte par la logorrhée. Les bande-mous se jettent toujours dans les explications. Brigitte Bardot n'aura survécu que trois mois à l'autre monstre sacré du grand écran, Claudia Cardinale († 87 ans) passée à la politique plus tard quand elle mit Jacques Chirac dans son lit, la nuit où mourut Diana Spencer.

Une mort d'importance à l'écran de l'an fini fut pour moi Léa Massari († 91 ans). Bien sûr, elle a "imprimé" son caractère d'actrice italienne dans le film sulfureux de Louis Malle Le Souffle au cœur. Sulfureux, déviant, inconvenant, démoniaque pour certains. Massari exsudait par tous ses pores ce fameux profumo di donna italien, celui de l'Etreinte promise, comme d'autres la piété, et c'est curieusement La Croix qui fit l'eulogie la plus convenue (clic). C'était une époque différente, celle du siècle passé qui avait tant connu d'horreurs (quatre génocides au compteur), avec une liberté différente, une liberté de ton et de pensée (Desproges et les Juifs) que les moins de vingt ans ne connaîtront sans doute jamais parce qu'il y a maintenant des lois pour penser. Votre opinion est un délit qui, s'il n'est pas référencé dans le Code civil, l'est sûrement dans le codex médiatique. On vient de voir encore ces jours-ci la nécrologie à fleur de haine de la presse de référence. On l'a vu avec Blanche Gardin, ruinée par un mot. Brisons là !

Cette première semaine est aussi la première du deuxième quart de siècle, en espérant qu'il ne soit pas le "second". Oui, j'avoue, c'est nul, mais il n'est pas sûr que l'apocalypse nucléaire ne se déclenchera pas avant 2050. Les empires revenus et leurs clients représentent une menace humanitaire existentielle. Ils ne fourbissent que des armes de destruction massive, pas même massive, de destruction parfaite, complète, achevée de l'espèce humaine, une communauté comprimée à fond dans ses contradictions premières et suicidée par sa propre science. Sauf à les désagréger, les empires ! En attendant le Golem sauveur, revenons à nos vœux.
Que 2026 voit le succès des armes ukrainiennes et l'arrêt des souffrances de ce peuple admirable.
Qu'Eva Braun vienne à « Dolgiye Borody » avec deux jerrycans d'essence !
Que périsse le nain maléfique, cause stupide de tout ce malheur.
Que les tyrans descendent au tombeau de leur hubris comme Nicolás Maduro !
Bonne Année quand même !

ALSP !

28 décembre 2025

Au gui l'An neuf !

L'année 2026 sera adossée à la guerre d'Ukraine. Deux ans avant sa mort, Anna Politkovskaïa se savait au menu de l'ogre après avoir écrit La Russie selon Poutine (Buchet Chastel, Paris 2005). Elle y annonçait l'ouverture des portes de l'enfer. Personne ne la crut et chacun versa sa larme plus tard. Vingt ans après, il est des "dirigeants" demandeurs de dialogue avec le petit tchékiste, parce qu'il a la bombe et que ça fera la photo qui va bien sur les réseaux sociaux. Je ne trouve plus les mots.

« En Russie, il y a déjà eu des dirigeants avec une vision du monde semblable. Ce qui a conduit à des situations tragiques. A des bains de sang. Aux guerres civiles. Je ne veux rien de tout cela. C’est pour cette raison que j’ai pris en grippe ce tchékiste soviétique typique qui s’avance en foulant les tapis rouges du Kremlin vers le trône de la Russie. Il m’est impossible d’accepter que l’hiver politique s’attarde de nouveau en Russie pour plusieurs décennies. Je voudrais vivre encore un peu. Je désire vivement que nos enfants soient libres. Et que naissent nos petits-enfants libres eux aussi. Par conséquent, je désire vivement que le dégel arrive au plus vite. Mais nous seuls, et personne d’autre, pouvons faire monter la température de l’hiver russe au-dessus de zéro. Attendre que le dégel vienne du Kremlin, comme cela s’est produit sous Gorbatchev, est aujourd’hui stupide et irréaliste.» (Anna Politkovskaïa in Le Monde)


Ce n'est pas tant la paix qu'il faut souhaiter pour la nouvelle année que la défaite militaire de la Russie, vaincue à l'Arrière qui finalement n'aura pas tenu. Crève Poutine ! sera le leitmotiv de 2026. Et que le suivent en enfer les capitulards français qui souhaitaient sa victoire. Ils ne manqueront à personne. Quant à la diplomatie de boulevard à l'enseigne des deux ânes, comment dire ? la crise russe est sa pierre de touche ; par notre refus à l'obstacle des fonds souverains russes, elle nous aura coûté ce qui nous restait de prestige. Ça c'est fait !

2026 sera l'année de tous les dangers en France pour au moins une raison, c'est la dernière d'un mandat présidentiel de dix ans parcouru par un élu qui n'a su quoi en faire. La dixième année sera-t-elle celle de sa révélation ou celle de la liquidation d'un emploi qui l'a tellement déçu ? Ils osent tout, vous le saviez ? Mais la vraie question n'est-elle pas de deviner si la France se relèvera des crimes et méfaits d'une présidence adulescente. Si ce fut toujours le cas dans le passé, ce passé n'augure rien pour l'avenir d'une situation inédite dans notre histoire. Nous avons longuement dénoncé l'état calamiteux de l'Etat français pour ne pas y revenir en fin d'année ; il n'a jamais touché si bas le fond ! Un conseil à ceux qui peuvent le mettre en pratique : libérez-vous des effets interventionnistes de l'Etat quotidien pour surmonter ses dérèglements ultimes et ceux de la purge financière qui les suivra. En un mot simple : "Tenez-vous loin du FMI !". Ceux qui sont dans la tenaille, les plus nombreux… resteront dans la tenaille.

La roue du désordre politique prendra des tours au soir du 12 février si la Cour d'Appel confirme la condamnation de Marine Le Pen pour pillage des fonds européens. Elle ne ralentira pas jusqu'aux municipales du mois de mars - front républicain à l'essai - qui seront une répétition de l'élection présidentielle d'avril-mai 2027. L'année 2026 sera donc celle de la démagogie la plus exacerbée, où les politiciens influents chercheront à transformer le peuple en foule pour surfer sur ses émotions. Nous atteindrons le niveau moral le plus bas de la démocratie représentative. A cette heure, ne se déclare aucun candidat sérieux en capacité d'affronter le moloch républicain. Les gens sérieux ont démissionné de toute ambition politique, ça tache ! Je parle de ceux qui maîtrisent les équations quantiques et conçoivent nos avions, nos fusées, nos bateaux, nos centrales… Ne restent que les bateleurs de la Fatigue démocratique, les munichois de la réforme. Mon député est le pur produit de cette supercherie qui vise à éduquer le peuple pour n'avoir pas à l'écouter. Alors s'ouvrira la porte aux idées courtes, aux solutions faciles, à la doctrine sans doctrine sauf la haine d'autrui de loin, aux promesses infinançables, aux dénonciations répétées à l'envi jusqu'aux ratonnades. Beau pays que sera celui de la révolte des "enfants gâtés", et pourtant :

Nous sommes encore dans le Top-5 mondial pour certaines productions dans l'aéronautique, l'astronautique, la navale, les moteurs nucléaires, l'optique, les locomotives, et inégalés dans le luxe pur, le patrimoine culturel et la gastronomie. Nous avons dévissés partout ailleurs même si nous présentons de beaux restes, comme dans l'architecture, le tourisme éduqué ou l'artisanat d'art. Gouvernés par le bon sens et retrouvant le goût du travail, nous pourrions remonter en deux générations, mais le virus de l'envie, le cancer des privilèges et la revendication de droits infondés nous plombent irrémédiablement. Fasse le Ciel que je n'aie rien compris.

Parle d’un país mòrt que ne sap pas si viu d’enguera.
D’un país mòrt dins sas romecs ;
Dins la rulha de sas levadas,
D’un país que s’oblida se-mesme.
[ Marcèla Delpastre (1925-1998) ]



En attendant, meilleure année pour tous, forçons-nous à y croire.


ALSP !