12 juillet 2026

La promesse du crépuscule

Les sondages post-appel de Marine Le Pen sont bons dans tous les classements des candidats à l'élection présidentielle. L'écart qu'elle avait sur son dauphin bouche-trou a été récupéré instantanément, elle a terminé la semaine passée à 36%, qui était son score à lui en hausse de quatre points sur celui du mois de juin. Le binôme démarre dans une configuration plus rassurante, l'expérience de l'âge à l'Elysée, la vigueur de la jeunesse à Matignon. Elle a la hargne de la dernière chance ; bon communicant, il apprend à ne pas insulter l'avenir. Ils n'ont qu'un adversaire : Jean-Luc Mélenchon ; le reste va se chier dessus dans la fadeur des catalogues électoraux. Mais comme dit dans le billet cité ci-après, il ne suffira pas de crier au "fachisme", les gens s'en foutent, le fascisme n'imprime plus. Mélenchon est assez intelligent pour s'en apercevoir.

Ce billet est la continuation du numéro 2627 titré De l'exaspération d'un peuple. Les gens sont excédés à un point tel que l'éventualité d'une élection à un tour n'est plus un cauchemar ou un rêve, c'est selon. Quatorze points à gagner sur neuf mois, ça ne fait que 1,6 point de plus par mois. Deux "Lyannah" et un "Nahel" et le compte est bon !
Le rejet massif du président sortant et celui de la classe politique aux affaires fait le lit du populisme, qui n'est que l'expression d'incompréhensions cumulées. Tout part à vau-l'eau - inutile d'en refaire l'inventaire - et les "gens" ne demandent finalement rien de plus qu'un Etat assurant l'ordre et la justice élémentaire. Nous en sommes très loin. La République embourgeoisée s'avère impuissante aux yeux de tous. Sera-t-elle remise en question quand l'électorat fera la courte échelle à un dictateur à la romaine capable de détourner les eaux de l'Alphée et du Pénée ? Ses défenseurs ne font pas la toise face aux défis maintenant explicites parce qu'ils se couchent à la première contrariété électorale.

En face du binôme infernal, les candidats majeurs fouillent leur liste de courses en croyant nous intéresser par un catalogue de mesures indispensables, comme l'avait fait François Mitterrand en 1980 avec les cent-dix propositions pour la France tirées du Programme commun de la Gauche. Mais quarante-cinq ans de gabegie sont passés par là. L'électeur désabusé est saoulé de mesures, pour la plupart prises sous le coup de l'émotion, et veut d'abord de l'autorité. Qui incarne l'autorité dans le panel testé chez les sondeurs ? Le Pen et Mélenchon ! Eric Zemmour n'en serait pas loin mais il a un léger défaut de charisme.

Evidemment que je n'ai aucun conseil à donner à quiconque, mais une campagne à l'économie, exploitant les faits divers qui vont bien, suffira à propulser le tandem Le Pen-Bardella en tête du premier tour de l'élection. Au second tour, on élimine après avoir choisi au premier, disait Charles Pasqua. S'il est sûr que la gauche plurielle se ralliera sans difficulté à Jean-Luc Mélenchon pour faire barrage à "l'extrême-droite", elle ne totalise quand même aujourd'hui qu'un tiers de l'électorat susceptible d'urner.
Quels arguments pour se dilater ?
Je n'en vois pas tant elle est empêtrée dans ses contradictions en rallumant la mèche de l'antisémitisme quand les fils de Sion furent de toujours la colonne vertébrale du parti. Dans l'autre camp, il sera plus difficile de mobiliser à droite - Retailleau n'imprime toujours pas - et la décision se jouera donc au centre, dans ce marais des velléités qui ne sert qu'à ça et propulse les candidats de la grisaille dans des équilibres politiques en un "juste milieu" qui n'est plus de saison dans l'esprit des gens. Ils vomissent les accords d'appareils. Vivement des élections à un seul tour !

Plus largement, toute l'Europe voit ses dogmes fondateurs contestés. Après la victoire de Fratelli d'Italia en Italie, les partis Reform UK et Alternative für Deutschland se font un film. Leurs résultats électoraux sont prometteurs parce que les gens réagissent comme en France : assez de bla bla, de l'autorité et que le charbonnier reste maître chez lui. Le soutien non dissimulé de la Dream Team de la Maison Blanche aux partis nationalistes est-il susceptible d'actionner les agents de la CIA sur zone, à côté de la manipulation savante des réseaux sociaux ? la Sûreté nationale de chacun des pays visés doit être sur le qui-vive quand on sait la puissance des fabrications numériques, même si ça a foiré en Hongrie. Mais, fait adroitement, l'ingérence américaine peut donner le coup d'épaule nécessaire au dernier moment. Pour revenir à nos moutons...

Combien d'abstentionnistes voleront au secours de la victoire de l'un ou de l'autre au second tour de l'élection présidentielle est la grande interrogation. Nous n'irons pas plus loin aujourd'hui, sauf à relever qu'en ce moment, le ticket LP-B gagne les doigts dans le nez (clic). On reviendra plus tard sur le "troisième tour social" annoncé déjà par les battus d'avance, et sur les élections législatives s'ensuivant qui permettront ou pas de gouverner. L'autre sujet observable, c'est en France l'impréparation manifeste de l'Etat à l'Adaptation.

Petite liste non ordonnée sans commentaires à l'usage des âmes simples :

  • insuffisance de l'escadrille de bombardiers d'eau anti-incendie ;
  • non-climatisation des hôpitaux généraux, parfois vétustes, parfois neufs ;
  • retard du déploiement de l'énergie nucléaire permettant l'électrification générale des transports et des foyers ;
  • impuissance des pouvoirs publics à faire débroussailler les propriétés en zone de feu
  • retard dans la gestion des précipitations hivernales pour contrer le stress hydrique estival
  • maintien d'un système de recours infinis contre tout projet structurant

Parce que la France a organisé la COP21 en 2015, la classe politique française s'est affairée à diminuer les émissions de gaz à effet de serre pour montrer l'exemple et faire la leçon au monde, comme d'habitude, en oubliant que nous ne pesons presque rien dans cet encrassement planétaire. Au final, notre réduction d'un tiers de ces émissions depuis 1990 est à mettre à notre crédit et le ciel est plus bleu, mais ne nous servent à rien puisque, depuis la mort du président Chirac, les frontières n'arrêtent plus l'atmosphère très polluée de l'étranger.
Malgré ce bon résultat, le rythme de réduction des émissions est quand même jugé insuffisant pour bloquer la porte du four en 2050. Donc il faudra immanquablement s'adapter à la dégradation du climat et prendre des mesures fortes à hauteur de la pile de bières que stockeront les hangars froids du marché de Rungis. Exprimer ces mesures est simple, les décider et les faire appliquer, presque impossible.

Si les énergies renouvelables (barrages hydroélectriques mis à part) sont des sources d'appoint non négligeables, elles sont insuffisantes et intermittentes eu égard aux contraintes de production d'un pays industrialisé (ou qui veut le redevenir). Seule l'énergie nucléaire donne les watts nécessaires décarbonés. Mais pour réduire et stopper plus tard l'importation directe ou indirecte des énergies fossiles, Jean-Marc Jancovici prône la décroissance organisée pour résoudre l'équation climatique en diminuant nos besoins. La classe politique le condamne déjà parce que la croissance annule normalement les erreurs de cap et estompe la dette. Nous avons perdu la dévaluation monétaire, nous ne pouvons pas perdre aussi l'illusion d'une croissance. Les politiques comptent bien survivre au réchauffement.

Ce n'est pas une question de moyens, mais d'arbitrages au sein de la dépense publique et d'autorité sur les acteurs étatiques, pour commencer. Notons que nos législateurs refusent de réduire cette dépense qui récompense leurs clients ; pas plus tard qu'hier, l'un d'eux réclamait le remboursement des implants capillaires ! Faudrait en parler à Infantino avec sa tête de nœud. Mais nous ne développerons pas plus loin aujourd'hui la puérilité du député lambda ; il fait trop chaud.

Petite anecdote avant de se quitter. De tous les grands leaders conviés au sommet de l'OTAN d'Ankara, seule Giorgia Meloni a rapporté dans la valise son 357 Magnum (délicat présent d'Erdoğan gravé à son nom) jusqu'au Palais Chigi où il est exposé maintenant dans le salon des cadeaux diplomatiques de la présidence du Conseil. Tous les autres grands fragiles ont failli tourner de l'œil à l'idée de passer leur propre douane ! En avoir ou pas !

Avis sans frais : par ces chaleurs, Steppique Hebdo suspend sa parution pour un mois à dater de ce soir jusqu'au 15 août.
Je vais faire poser une clim d'Adaptation !


#2629

05 juillet 2026

Le pape Léon coupe les ponts

Le temps est à l'orage. On se croirait au lendemain du Quinze-Août. Et ça tombe bien puisque le Supérieur Général de la Fraternité sacerdotale saint Pie X (FSSPX) invoque la Vierge Marie pour faire rapporter le décret d'excommunication pris le 2 juillet par le Préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi au terme d'une procédure d'apaisement qui n'a abouti qu'à la consécration schismatique de quatre évêques à Ecône.

La presse catholique en ligne et en kiosque en parle d'abondance, mais il faut commencer par les deux sites originateurs que sont Vatican News et La Porte Latine. Nous n'entrerons pas dans la relation besogneuse des faits depuis la première excommunication prononcée par le pape Jean-Paul II en 1988, mais pour la faire courte, le pape actuel a prévenu la FSSPX que la consécration d'évêques en dehors de son autorité signerait le schisme et couperait la FSSPX de l'Eglise de Rome. Les hiérarques de la Fraternité sont passés outre le 1er juillet, le pape a excommunié tout le monde le lendemain.

Il est patent que les responsables de la FSSPX ont méjugé le pape Léon. Ce n'est pas un discutailleur. Il étudie, prévient, juge, tranche et coupe ! En fait, c'est un prélat américain formé au Pérou contre les Evangéliques et le Sentier lumineux, qui ne s'en laisse pas compter. Quarante ans d'ondulations pontificales les ont trompés. La FSSPX se retrouve devant le même mur que celui du pape polonais qui ne supportait pas la contestation.

Le nœud gordien est tranché. Un pied dehors, un pied dedans, telle fut la stratégie perdante de la FSSPX qui s'est crue investie d'une mission divine de régénérescence de l'Eglise conciliaire, abusivement modernisée selon elle par Vatican II. En reculant dans le fauteuil, on notera que c'est toujours le Vatican qui a cherché un modus vivendi pour garder cette branche attachée à l'arbre. Après l'allègement des sanctions par Benoît XVI, l'autorisation de confesser et de célébrer des mariages donnée par le pape François, puis l'accueil d'une messe tridentine dans la basilique Saint-Pierre de Rome donné par Léon XIV, rien n'y fit, la Fraternité est restée inébranlable.

Contrairement à ce qui se dit dans la presse généralement bien informée, ce n'est pas le rite en latin ou les gestes célébrant le sacrifice de la messe qui sont en cause, mais tout le droit canon issu du concile contesté. Mais comment contester un concile et rester, ou vouloir rester, dans l'institution ?

Que je sache, Luther, théologien de son temps, voulut réformer l'Eglise de Rome et dut en prendre son parti : La putain rouge de Babylone refusait de se dissoudre dans sa réforme. Il établit donc sa propre confession en dehors d'elle. C'était clair ! Pourquoi la FSSPX s'est-elle enferrée dans un dialogue à sens unique avec la Sainte Inquisition romaine, rebaptisée autrement par Pie X. C'est pour moi une énigme et le restera, dès lors que le raidissement est la réaction la plus visible au décret d'invisibilisation. La Frat ne plie pas mais ne donne pas non plus son projet d'avenir. N'est-il pas temps d'ouvrir une Eglise libre de la Tradition ?

Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi a publié la procédure de réintégration des clercs repentis. C'est aussi dur que les sentences de Dom Bernard Gui d'il y a sept siècles et clairement destiné à barrer l'accès des repentis aux communautés diocésaines qu'ils pourraient ensemencer aux rites du schisme. Tout y est provisoire comme si les docteurs de la Foi anticipaient des rechutes dans l'erreur, les repentis sont présumées relaps en devenir.

D'aucuns dans la sphère catholique voudraient débattre du bien-fondé de cette excommunication, en convoquant les positions respectives. Il n'y a rien à débattre. Il n'y a pas de pouvoir du Demos dans l'Eglise catholique. Les espaces de débat sont les conciles. Ils s'ouvrent et ils se ferment. Dans l'intervalle, c'est une monarchie absolue faite d'obéissance au pouvoir suprême, et même si le collège des évêques a l'habitude d'échanges entre ses membres, cette habitude est un clapet de décompression du refus d'évolution des mœurs qui remonte des diocèses. Pour le dicastère, il n'y a plus rien à discuter. C'est une fin de non-recevoir. Le Supérieur général Pagliarani, dans son ultime tentative d'imposer sa vision passablement douceureuse, ne l'a pas encore compris, mais sa base, si ! Il n'y a plus débat.

L'excommunication va conditionner les relations à la marge qu'entretenait la FSSPX avec des communautés situées à sa périphérie comme les associations scoutes, les royalistes, les princes et plus généralement la contre-révolution. Les manifestations patriotiques intégrant un office religieux ne pourront pas accueillir des prêtres schismatiques à sa célébration sauf à rompre elles-aussi avec l'Eglise de France, et dans un autre domaine, des familles en vue dans la classe politique française ne pourront plus mettre leurs enfants dans une institution du schisme. Je pense au comte de Paris actuel. Mais l'été va passer là-dessus, sans pour autant que la situation de rupture ne s'améliore ; au Vatican, la page est déjà tournée.

Reste à comprendre pourquoi cette affaire explose aujourd'hui. Que la FSSPX ait besoin de pasteurs pour guider ses ouailles (600.000 fidèles revendiqués) n'est pas douteux. Mgr Fellay et Mgr Galarreta approchent des 70 ans. Mais qu'ils passent outre l'avertissement sans frais du pape Léon XIV signale une méconnaissance de la stratégie pontificale.

Le pape forme ses bataillons en préparation de plusieurs menaces qu'il perçoit, sans doute pour moi : l'intelligence artificielle en passe de gouverner le monde en lieu et place des dirigeants politiques ; mais aussi la mise en œuvre très prochaine de la physique quantique qui démultiplie le décryptage de toutes les sûretés en tous domaines ; en enfin le risque d'affrontement des empires vers une troisième guerre mondiale, possiblement nucléaire. S'y ajoute une conflagration mondiale plus lointaine mais presque sûre par la ruée des populations tropicales vers des territoires plus tempérés où elles risquent de survivre tout simplement. Il y a de quoi faire.

Face à ces pronostics, le pape juge que l'Eglise doit être unie avec lui sans arrière-pensées et dans toutes ses institutions. L'heure n'est plus à la dispute théologique, le sexe des anges (même si c'est une affabulation) n'est plus au programme. Il n'attend pas non plus le secours d'églises concurrentes dans un œcuménisme bon teint. Finalement il a quelque chose en lui de Jules II.

ALSP !



Liens utiles à copier :
  1. https://laportelatine.org/actualite/declaration-de-foi-catholique-adressee-au-pape-leon-xiv
  2. https://www.vaticannews.va/fr/pape/news/2026-06/pape-derniere-lettre-fraternite-sacerdotale-saint-pie-x.html
  3. https://laportelatine.org/actualite/sacres-episcopaux-ce-que-labbe-pagliarani-a-dit-aux-membres-de-la-fraternite-saint-pie-x
  4. https://laportelatine.org/actualite/communique-de-la-maison-generale-a-lissue-des-consecrations-episcopales
  5. https://laportelatine.org/actualite/lettre-au-saint-pere-concernant-le-decret-du-dicastere-pour-la-doctrine-de-la-foi
  6. https://www.vaticannews.va/fr/eglise/news/2026-07/le-schisme-de-lefebvre-se-repete-apres-38-ans.html
  7. https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2026-07/consecrations-episcopales-lefebvristes-excommunication-decretee.html
  8. https://www.vaticannews.va/fr/vatican/news/2026-07/pretres-et-laics-lefebvristes-procedure-de-retour-communion.html
  9. https://www.vatican.va/roman_curia/pontifical_councils/intrptxt/documents/rc_pc_intrptxt_doc_19960824_vescovo-lefebvre_it.html (notes de 1996)
  10. https://riposte-catholique.fr/archives/218096 (fermeture des églises et chapelles FSSPX)

28 juin 2026

De l'exaspération d'un peuple

Comment cinquante millions d'Américains MAGA de la classe moyenne inférieure ont-ils pu porter à la présidence des Etats-Unis une caricature d'Ubu-roi sans avoir vu la pièce ? A défaut d'avoir vu ou lu la pièce, ils l'ont apprécié au jour le jour pendant quatre ans lors d'un mandat précédent achevé sur l'assaut de la démocratie en Amérique, pour paraphraser Tocqueville ; et l'ont rétabli dans ses attributs de Roi des singes. Il faut un peu chercher pour comprendre parce que ça va nous servir.

Brave Leo (IA) y voit cinq raisons :
  1. Le désir de contrôle et de stabilité : dans un contexte d’incertitude mondiale, Trump a rassuré une partie de l’électorat en promettant de restaurer l’ordre social, le contrôle des frontières et la maîtrise des prix, contrairement à l’image de perte de contrôle associée aux démocrates.
  2. La faiblesse de l’adversaire démocrate : la candidature de Kamala Harris a été entravée par l’impopularité persistante de Joe Biden et un manque de charisme ou de maîtrise des enjeux par rapport à Trump, ce qui a découragé certains électeurs démocrates.
  3. La défiance envers le système politique : une confiance historique en berne envers le gouvernement et le Congrès a favorisé un candidat anti-establishment qui promet de « drainer le marais » à Washington.
  4. L’appui médiatique et culturel : la popularité de Trump a été soutenue par un écosystème médiatique conservateur (comme Fox News) et des influenceurs majeurs (comme Joe Rogan), tandis que les réseaux sociaux ont amplifié sa polarisation.
  5. Le soutien de la classe ouvrière : sa critique de la mondialisation et ses propositions de tarifs douaniers ont résonné auprès des Américains blancs de la classe ouvrière, ressentis comme appauvris par la délocalisation des emplois.
S'y est ajouté, selon ce que j'ai retiré de mes contacts, un ras-le-bol général des privilèges raciaux (affirmative action), de l'exposition parfois outrageante de minorités tapageuses (LGBT+), du wokisme de souche universitaire dans tous les compartiments sociaux et de la cancel culture qui a renversé des statues et fait amener le drapeau confédéré dans les Etats pauvres du Sud profond. En fait, l'exaspération était telle que le cheval de Caligula avec le même programme aurait été élu. Le peuple n'en pouvait plus d'être contenu dans les fers de la Connerie solidaire sauf pour eux.

Je vais éviter de reprendre les cinq points ci-dessus, sauf à noter que le troisième a été décisif. Je vais également oublier de donner le niveau de progression de toutes les promesses de désinfection du pays correspondant à ce contrat électoral passé par une vedette de la téléréalité. Le déficit d'exécution des tâches est manifeste, jusqu'à entrer en guerre au loin, ce qui était un tabou. Ce n'est pas mieux réalisé que chez nous après deux mandats au centre-deux. Et justement :

50/156 millions de votants représente 32%. C'était à la Noêl le socle de départ du binôme Le Pen/Bardella pour la présidentielle d'avril 2027 que le pré-scrutin de l'IFOP a relevé à 36% la semaine passée. Pour bien comprendre, le fringant président du RN est à 14% de la majorité absolu qui lui éviterait le second tour. Mais restons calmes et constatons que les cinq facteurs de la victoire MAGA s'appliquent chez nous.

Ce que demandent les Français actifs ce n'est pas la lune, ni les lendemains qui chantent, mais le simple bon sens, celui qui a déserté les sphères de pouvoir, addictées à la satisfaction des apporteurs de voix. Le vice qui nous a conduit au désastre de l'Etat est auto-immune au régime démocratique appliqué à un peuple qui ne l'est pas. Un peuple qui accepte sans broncher des syndicats subventionnés et des partis de la revendication permanente un troisième tour social après une élection à deux tours, n'a pas l'imprégnation démocratique des peuples voisins : 36% des gens rejettent le forçage des idées artificielles voire absconces, échouées partout, et réclament une gestion raisonnable de la nation que l'Etat, confisqué par une bourgeoisie d'affaires qui n'arrête pas la culbute, est devenu incapable de fournir.

  • Les actifs comprennent les comptes sociaux parce qu'ils ont des budgets familiaux à gérer et contrairement à ce que les syndicats brandissent, n'ont pas d'autres exigences dans leurs futures pensions que de justice et de bons comptes pérennisant le système.
  • Les actifs ne sont pas tous bien payés mais ne sont pas jaloux - ceux qui ne foutent rien, eux, le sont - et quand ils veulent améliorer leur statut professionnel et social, ils maudissent les entraves administratives à tous bons motifs sauf à les concerner eux !
  • Les actifs ne sont pas racistes - les communautés professionnelles sont depuis longtemps des lieux de mixité raciale - par contre les oisifs et les assistés le sont à leur endroit.
  • Les actifs sont fatigués de voir leur argent distribué à un ramas de fainéants qui peinent à se lever pour aller vérifier leurs droits à la CAF. Mais surtout :
  • Les actifs travaillent plus que la loi en dispose s'ils y trouvent leur compte et ils attendent de l'avenir la rupture des carcans.
    En fait, l'état républicain actuel les emmerde dès lors qu'il les brime, ne les protège pas et exige toujours plus d'impôt pour nourrir les inactifs et les lubies idéologiques de la Casta.

Ils constatent que le "fameux pacte républicain" a été rompu par ceux-là même qui le chérissaient tout en laissant l'Etat régalien s'effondrer sur lui-même.
Justice et Education sont les bateaux ivres de la République qui n'existe plus que comme place parisienne. Et le plus visible et le plus destructeur dans l'opinion, c'est la mansuétude envers les casseurs de plus en plus nombreux pour lesquels l'institution met des gants judiciaires, d'une incroyable lâcheté pour les forces de l'ordre, alors qu'il suffirait d'ôter le cran de sûreté. La gestion des émeutes de Nahel dans l'impassibilité générale des pouvoirs publics est restée incomprise pour le reste du monde.

In fine, ils ont le sentiment que l'Etat profond (le point 3 des "cinq raisons") se moque d'eux en se camouflant derrière une logorrhée de courtier d'assurances pour mieux les embobiner en captant toujours plus d'impôt. Je serais dans la politique, que je commencerais à me méfier. Il y a eu les Bonnets Rouges, les Gilets jaunes, crescendo, que feront les prochains ? Il y a largement de lanternes sur les Champs Elysées pour une Fête éclairée de la Fédération !

Parti comme c'est parti, le champion du Rassemblement national a toutes les chances d'accéder au sommet de la République. Jusqu'ici on ne lui oppose que des imprécations d'un autre âge et personne n'attaque avec de vrais arguments leur programme électoral, sauf à se focaliser sur la précarisation des migrants et la fragilisation du secteur associatif, lequel détourne de l'argent qui serait mieux employé ailleurs. Il ne suffira pas de crier au "fachisme", les gens s'en foutent, le fascisme n'imprime plus.
Par contre, un programme économique décadent dans un pays endetté jusqu'au cou avec les trois déficits structurels, impossibles à combler sauf au canon de marine, donnerait prise à des contradictions d'experts, de vrais experts. De même, une capitulation munichoise au bénéfice de la Russie renouerait avec un déshonneur dont on s'était vacciné. Au lieu de quoi, on entre dans le vacarme des idées courtes à mesure que les sondages confirment l'issue future de la campagne présidentielle, laquelle n'est pas encore finie quand même.

Pas sur Sirius, la bonne gestion d'une nation est à notre porte : celle de la Confédération helvétique : le déficit budgétaire y est interdit et un peuple mature démocratiquement y commande.

ALSP !