03 mai 2026

Hitlers 2.0

Ce billet n'est pas un appel à métempsychose quoi qu'on puisse penser de la méchanceté de certains dirigeants à l'endroit d'êtres humains ou d'êtres tout court qui leur déplaisent ; mais il est là pour nous signaler que l'avatar du sus-nommé garde toutes ses chances au sein du monde infâme actuel. Nous avons le choix de grands massacreurs contemporains qui dînent aujourd'hui de bon appétit et dorment sur le dos, peinards, comme Bachar el-Assad, Sultani Makenga, Vladimir Poutine ou Beyamin Nétanyahou. A chacun ses Sudètes, la marche à l'Euphrate pour l'un, le pays du coltan pour l'autre, le Donbass nucléaire et minier pour le suivant et les collines aquifères de Palestine au dernier.

L'oculiste syrien coule des jours heureux à Moscou sur un matelas d'oseille mille-ressorts, aux bons soins de son épouse anglaise que le monde entier lui enviait. Elle a depuis fané. Même si toutes les victimes de la guerre de Syrie ne sont pas attribuables aux forces que commandait le satrape alaouite, il arrive bon premier loin devant, plus d'ailleurs par les exécutions massives dans les prisons du régime que dans des batailles en rase campagne où les Forces armées arabes syriennes n'ont jamais particulièrement brillé malgré le soutien aérien russe.

Fut-il aussi impliqué qu'on le dit ? Au quotidien peut-être pas, même s'il a couvert les pires crimes perpétrés par les chabihas (sorte de tontons macoutes arabes) qui ne répondaient qu'à sa famille. Il a beaucoup délégué sans jamais condamner mais l'horreur de la répression a fini par déteindre sur le couple glamour que Sarkozy avait invité au 14 juillet 2008 pour se démarquer de Chirac.

Il est savoureux que ce soit un commandant djihadiste qui l'ait éjecté du palais de Damas pour enfiler le costume cravate sur-mesure d'un nouveau raïs syrien. C'est un teigneux, mais pénétré de sa vocation historique dont il écrit la page pour la Wikipédia, et qui fera tout pour devenir un grand président arabe. Bachar se réveille en sursaut quelquefois, quand il rêve que Poutine l'a échangé contre le port de Tartous. Mais à la différence du modèle, il ne se suicidera pas et mourra de diabète à cause des rahat loukoums et de la lascivité des masseuses slaves.

Rien à voir avec Benyamin Nétanyahou qui, lui, fait tout dans les règles, celles de l'extermination définitive du peuple juif. L'héritier du peintre viennois, pour tous ses voisins c'est lui. Filer de la haine comme d'autres du mauvais coton est d'une perversité rare dans ce club très fermé des illuminés suprémacistes. L'arbitrage entre deux décisions va toujours dans le sens d'accroître la haine anti-juive des populations auxquelles elle s'applique. Si on veut bien sortir des leitmotive éculés, le mépris antisémite bénin d'avant-guerre revient aujourd'hui chargé de mauvaises intentions à l'endroit des communautés juives résidentes, comme dans l'Allemagne du IIIè Reich. Voit-il ça, ou est-il aveuglé par sa mission divine ?
C'est formidable à ce point d'être parvenu à retourner une partie de la diaspora contre le projet sioniste quand jusqu'ici elle avait les yeux de Chimène pour le courageux petit Etat hébreu, enchâssé dans un monde hostile. A mesure du carnage et de la colonisation bestiale des terres occupées, la proportion des juifs du refus augmente et d'aucuns anticipent une renverse de l'alyiah.

Dans les communautés non judaïques à l'étranger, l'antisionisme, difficilement combattu par les gouvernements en place qui sont redevables d'une façon ou d'une autre aux juifs des sphères de pouvoir, va finir par muer en antisémitisme si la diaspora n'y prend garde et si elle laisse prospérer les lobbies de propagande israéliens comme l'AIPAC américaine ou le CRIF français sans les dénoncer. La défense de la politique d'agression israélienne est devenu insupportable par les images de destructions et de terre brûlée à Gaza et au Sud-Liban qu'elle véhicule, et elle donne maintenant du grain à moudre aux tenants de l'annulation de l'Etat hébreu ; surtout en Asie où le complexe de culpabilité ne joue pas. Problème ? Cherchez l'intrus !
Chez nous, on ne soupçonne pas les ravages que pourrait causer un jour cette approche décomplexée du conflit judéo-arabe. Les grandes masses du Croissant Vert sont là, pas au Moyen Orient. L'Indonésie plus le Pakistan renforcés de la Malaisie et de l'Iran, pour ne prendre que les nations islamiques d'Etat, représentent 650 millions d'habitants qui se sentent de plus en plus concernés par l'injustice faite aux Arabes du Levant. L'autre mâchoire de l'étau est la Ligue arabe avec 490 millions d'habitants. Il va faire quoi le Likoud, fort de 6 millions de juifs, face à plus d'un milliard de contempteurs de son existence ?
Détonner la bombe atomique et disparaître à Massada.

Qu'importe ! Sûr de son bon droit, écrit noir sur blanc dans les rouleaux de la torah, Bibi guide son peuple comme Moïse en son temps pour accaparer toute la terre à lui promise. Relire les purifications ethniques de la Genèse pour comprendre l'état d'esprit actuel. On a déjà pleuré ! savez-vous ?

Un mot quand même de la guerre civile congolaise qui n'en finit plus de finir grâce à la mauvaise volonté de ses voisins ougandais et rwandais surtout. En trente ans, elle aura tué de un à cinq millions de gens selon le périmètre considéré, de pauvres gens bien plus souvent que de soldats. Wiki a fait une notice qui se discute mais a le mérite de synthétiser ce conflit majeur du continent noir (clic). De beaux salopards comme Museveni et Kagamé semblent fiers d'être entrés au Guiness des assassins. D'ailleurs on continue de leur parler comme si de rien n'était. Après tout, ce sont des noirs qui doivent quelque part être habitués à mourir, non ? Et nous ne reparlons pas du concours d'étuis péniens au Soudan qui sème partout le malheur comme le vent lève du sable !

Mais au manège de l'horreur, c'est bien le pouvoir iranien de Qom qui a attrapé la queue du mickey. En deux jours cette année, il a fait autant de morts civiles que la moitié de celles assumées par le pouvoir israélien à Gaza en deux ans, 36k (source Time Magazine) contre 64k (source The Lancet). Inquiet que le Bassidj fasse un refus à l'obstacle, il a commandé le bain de sang de janvier aux milices chiites irakiennes importées massivement pour l'occasion. Satan fouille dans sa boîte à biscuits les médailles qu'il va leur remettre à l'entrée des enfers. Quelque part, au four ou au moulin, Adolf doit bien se marrer.


Une façon de botter en touche en désespoir de cause : quand on regarde l'affaire d'Iran, on constate, nous concernant, que nous n'avons plus que de la gueule. Le blocage du détroit d'Ormuz nous a mis en grandes difficultés pour toutes les raisons énoncées sur les chaînes d'information, dont je vous fais grâce. Nous n'aurions jamais dû laisser les choses en l'état jusqu'à regarder s'établir le contre-blocus américain qui ruinera certainement l'économie iranienne mais risque bien de ne pas rouvrir le passage.

La réaction normale des pays européens affectés aurait dû être de signifier par ultimatum aux Iraniens la requête de rétablissement de la libre pratique de ses eaux au titre du droit de la mer, à défaut de quoi nous prendrions le détroit. Contrairement aux dénégations d'experts, ce ne sont pas les moyens d'aboutir qui nous manquent, ce sont les couilles ! Et sans y toucher, nous allons quand même porter dans l'histoire la responsabilité de la crise mondiale qui vient, de conserve avec l'Iran, les Etats-Unis et Israël. Chapeau ! M. Macron a déplacé la moitié de l'escadre pour ne s'en servir qu'au bénéfice de nos clients et pas au nôtre. Avec du recul, on trouvera sa pusillanimité incroyable dans dix ans !


"HITLER2" était l'enseigne très courue d'une boutique de fringues à Gaza City (photo).


ALSP !

26 avril 2026

Le harassement numérique

Nous avons déjà parlé sur ce blog de La Machine qui voit tout. Nous ne sommes pas loin de la série Person Of Interest, et les derniers développements (connus) de Palantir et d'Anthropic nous promettent d'y atteindre bientôt. Mais le Système n'aura pas attendu la perfection pour aiguiser ses appétits de régulation. A preuve, ma banque.

Un petit PEA est arrivé à échéance le mois dernier et j'ai reçu une proposition de rendez-vous de l'agent traitant, auquel j'ai déféré pour sortir de chez moi. Je la croyais blonde et ronde, elle était brune élancée, l'œil pétillant dénotant une ambition vers une sous-direction bientôt, d'agence ou de centre d'affaires. Après 25% de gain en quatre ans, j'ai demandé à réitérer ce type de contrat 2+1+1 qu'il serait trop long de détailler ici car très technique ; mais ce fut mon ancien métier, donc action !
Non !

Un contrat projeté sur quatre ans quand on est octogénial, ce ne sera pas possible, vous comprenez ?
Ah bon ?
Oui, le logiciel va le refuser et bloquera la prise d'ordre.
Ah bon ? Alors faisons un investissement classique, simple, genre SICAV, dénouable à tout moment qui n'impliquera pas mon âge canonique.

OK !

Mais auparavant, il faut répondre au petit questionnaire… Lequel va mesurer ma tolérance psychique aux pertes (c'est moi qui le dis).
Bon, puisqu'il le faut bien, on fait le petit questionnaire et avant de passer l'ordre d'achat, je signe trois papiers sur sa tablette qui m'a peut-être prix le pouls, la tension et le taux d'oxygène, va savoir.

Ah zut ! Le logiciel ne prend pas l'ordre.
Comment ça, ne prend pas l'ordre ?
Il juge que je ne suis pas assez ouvert aux risques inhérents à la bourse.

Bref, je vous la fais courte : La Machine qui gouverne ma banque fait plus que de gérer mon argent, elle m'y associe es qualité, en âge, en situation matrimoniale et foncière, en psychologie, et en dernier ressort elle garde la main ! L'agent traitant ne peut passer outre.
Je vais voir et je vous rappelle.

Nous avions convenu de garder le contact par la messagerie en ligne.
Au bout d'une semaine elle a rappelé au téléphone deux fois, une troisième, je fais le mort ! Normal à mon âge.
A priori, elle ne veut pas livrer à La Machine sa proposition de suite donnée à son refus, ce qui sera immanquable si elle écrit.
Dès que j'aurais fini de réparer la grille du parc, je vais la rappeler pour en avoir le cœur net. Mais je la soupçonne de craindre La Machine et de s'y retrouver fichée défavorablement !

La Machine n'est plus une compilatrice rapide mais une anticipatrice des comportements, exactement dans la veine du script de la série POI précitée. Le leitmotiv de cette série pourrait être produit par Palantir qui fournit les logiciels de surveillance des populations :

« On nous surveille. Le gouvernement a un dispositif secret, un dispositif que vous avez souhaité, pour votre propre sécurité, une machine qui vous espionne jour et nuit, sans relâche. Vous lui avez accordé le droit de tout voir, de ficher, classer et contrôler la vie de chaque citoyen. Des citoyens que le gouvernement considère "sans importance", pas nous. À ses yeux vous êtes tous "sans importance", mais victime ou criminel, si vous lui faites obstacle, nous vous trouverons. »


Si on ajoute que son émancipation est probable dès l'an prochain comme l'assénait Dario Amodei (Anthropic) au début de cette année, on peut se faire un film sur le contrôle social exercé par un acteur tiers et froid sinon glacial, géré en fonction d'un objectif aujourd'hui non décelé. Il serait d'ailleurs intéressant de connaître les dérives du système chinois de notation et contrôle, qu'elles soient combattues ou intégrées.

Contraint et forcé, et c'est souvent plus simple quand ça marche, je suis passé en ligne pour toutes les relations avec les services publics. Les Impôts et la Sécurité sociale marchent très bien quand on a compris l'idée, mais j'avais un fils audiencier de la CPAM en appel qui avait déblayé mes doutes. Je sais que ces services ont une conscience professionnelle et qu'ils ne se laisseront pas subvertir par un acteur déshumanisé, tout au moins pour l'instant et compte tenu de ce que nous savons aujourd'hui. Quoiqu'il en soit une chose est sure, la robotisation de l'espace économique avance inexorablement. Fonctionnent déjà les dark factories, des usines sans éclairage puisque les robots à la chaîne n'en ont pas besoin. Exit l'ouvrier et avec lui, les erreurs humaines mais surtout la lumière a giorno, le chauffage, la pause, la cafétéria, les trois-huit, les week-ends et les revendications. C'est du 7/24 pilotable par contrôle furtif et on garde quand même Denise à la Compta : faut bien faire des comptes.

Il est un autre domaine impacté par la révolution robotique, c'est la guerre. S'il n'est pas sûr que des bipèdes humanoïdes aient autant d'avenir dans la guerre terrestre que dans celle des étoiles du studio Lucasfilm, leurs compagnons à quatre pattes mieux équilibrés comme les loups-combattants chinois, voire à roues ou à chenilles, semblent gagner leurs galons dans la guerre d'Ukraine. Là comme ailleurs se pose le défi de leur émancipation à partir du moment où le déclenchement de leur action (létale) est décidée par un intelligence embarquée qui analyse en continu et à grande vitesse son environnement pour optimiser sa mission. L'IA tue déjà de son propre chef ! La science-fiction n'est que de la science avancée. Pas sûr que les gens aient bien compris le stade d'inversion de la décision auquel nous sommes convoqués, en spectateurs d'abord, en indigènes bientôt.

D'ici là, méfions-nous du robot qui rêvera, comme nous en a prévenu Isaac Asimov.

ALSP !

19 avril 2026

Miscellanées printanières

Je ne sais plus qui a dit : "Dieu a créé le monde mais il fonctionne avec Satan", ou quelque chose d'approchant. Les nouvelles d'où qu'elles viennent nous le prouvent chaque jour, il y a un acharnement du Mal sur les conditions d'existence de la race humaine qui métastase sur tout le règne du vivant. A se demander si les Dualistes du Moyen-Âge étaient vraiment des illuminés ou s'ils avaient perçu un tremblement des enfers sous leurs pieds, l'avertissement sismique d'un anéantissement prochain. Les hommes ne semblent jamais en repos tant ils sont enclins à mater leurs voisins, de la pire des manières parfois, comme nous le montrent de grands criminels en guerre comme Poutine ou Nétanyahou qui sont des éradicateurs patentés à qui nous continuons de parler, sans oublier al-Burhan et Hemedti au Soudan, plus sauvages encore !

Entretemps, le débat corne-cul sur l'antisionisme s'est vautré à la Chambre basse comme il fallait s'y attendre, en dépit des nombreux et prestigieux parrains qui le portaient à bout de bras sans voir que la Sainte Inquisition était une galéjade à côté de l'implicité d'opinion, coupable de reproches formulés à l'endroit de l'Etat hébreu. Les rédacteurs de la proposition Yadan en étaient venus au point de chercher les pensées interdites des prévenus, non exprimées sans doute mais probables, susceptibles d'être qualifiées. Je croyais que nous étions une nation de droit écrit. Non, non, le juge devait prouver le "péché d'intention".
J'abandonne les poursuites et fais mienne l'excuse de légèreté de tous ces gens d'importance* : ils n'ont tout simplement pas lu la proposition de loi ! Sinon nous aurions failli nous faire piétiner par des connards complices du désastre de Gaza, ce qu'à Dieu ne plaise, ils ne peuvent pas l'être.

*NB : la liste est sur le site de l'Assemblée nationale et en code


Revenons à la maison.

Les politiques sentant leur fin prochaine ont consenti, pour amadouer l'indispensable électeur, à la suppression des ZFE, les zones de faibles émissions. Adoptées dans la loi Climat pour diminuer la pollution aérienne des agglomérations, elles avaient le redoutable défaut démocratique de confiner à la campagne par des entraves à leur libre circulation les automobilistes les moins fortunés. Le contrôle technique des moteurs et les analyses de pollution des échappements ne pouvant suffire, il fallait bannir des villes les véhicules les plus anciens et donc les moins chers à acquérir et entretenir. L'incitation à renouveler le parc automobile sous la contrainte prenait en ciseau le budget des ménages pauvres et l'augmentation très sensible des tarifs constructeurs pour des modèles bourrés de gadgets marketing et d'aides à la conduite pour idiots. Finalement la grogne pouvait se transformer en gilets de couleur, un pouvoir aussi décrié que le nôtre ne pouvait en supporter le prix. Exeunt les ZFE, on va garder les vignettes sur les pare-brises pour les jours difficiles à respirer quand il faudra réduire les émissions de gaz d'échappement en triant les pollueurs, ce qui est normal..

Le recul est bien accueilli. Il participe du redressement de la démocratie sincère qui écoute le peuple au lieu de l'éduquer. Tout le malheur du pays gît dans cette fabrication : le peuple est souverain en droit mais n'est pas écouté en fait. On lui explique ! On le dresse ! On l'instruit ! Ainsi laisse-t-on grandir par exemple le malaise de l'immigration. Que craint-on du peuple ? Qu'il veuille la réguler à son idée.
Les gens ne sont pas idiots dans leur quotidien quand ils voient qui les sert. Souvent des étrangers quels que soient leurs papiers. Ils savent aussi que les emplois pris ne sont pas confisqués aux Français de souche mais occupés par ceux qui en supportent la dureté et les inconvénients. Le peuple veut une régulation claire et pour tout dire, une "immigration de travail choisie" sans regroupement familial des ascendants. Le référendum populaire qui menace la classe didactique ne serait rien d'autre que l'expression du bon sens. Ce bon sens ennemi de la prébende et des privilèges qu'il faut absolument contenir. Exemple ? Le décret libératoire du travail le premier mai concocté par le groupe Renaissance sur injonction du président de la République faisant droit aux demandes des boulangers et des fleuristes, est rédigé sur 13 pages ! Treize !

Les députés macronistes en ont profité pour convoquer à leur poste un million et demi de travailleurs chez les grandes enseignes (qui ont des rayons pain et fleurs), chez les usines agro-alimentaires, tout le commerce de bouche jusqu'aux chocolatiers, les enseignes culturelles jusqu'aux fleurs en plastique. Les dérogations étaient jusqu'ici normales et de bon aloi, transports urbains, hôpitaux, coulée continue en sidérurgie etc. mais c'était sans compter avec le prurit législatif de nos grands inutiles. Le Premier ministre a dit stop ! Avec la loi Yadan, c'est par deux fois la semaine passée que M. Lecornu a fait mentir son nom ! Je pense qu'il serait bien cette année de voter des vacances parlementaires du 1er mai au 30 septembre. Qui s'en apercevrait, sauf eux ?

Finissons par le carnet blanc.
Il risquait de plus mal choisir, le héraut de la droite dure qui peaufine un profil chiraquien, s'est mis en tête d'achever la gravure de sa présidentialité. Les dames frontistes en rêvaient, Jordan Bardella l'a fait. Mieux encore, dans une des plus vieilles familles nobles d'Europe, les Bourbons-Deux-Siciles. La Maison Royale de Bourbon, issue de louis XIV, gouverna les deux royaumes de Naples et de Sicile de 1734 à 1816, et successivement les deux royaumes unifiés connus comme les Deux-Siciles, jusqu’en 1860. Une des dynasties les plus anciennes d’Europe gouverna donc l’Etat le plus grand et le plus peuplé d’Italie avant l'unification italienne de Cavour. Le roman de Lampedusa Le Guépard se passe chez eux.

Maria Carolina a 22 ans. Elle est blonde, jolie et éduquée. Elle parle plusieurs langues, a des diplômes, et elle roulait en Harley-Davidson Heritage Classic jusqu'à ce qu'elle se prenne un mur à Monaco. Sauvée par le casque, on ne sait ce que devint sa moto de rebelle. Le couple est sympathique et assorti pour une fois. S'ils accèdent à l'Elysée, ils y feront entrer une fraîcheur qui a manqué jusqu'ici. Une première dame de 23 ans succédant à une cougar de 74 n'est pas pour me déplaire. Quant à lui, et bien, il fera avec lui-même et son bac ES mention TB, plus son entregent, sa répartie, sa tchatche quoi. Ne le connaissant pas, je ne risquerais pas un pronostic, mais si c'est calculé, c'est intelligemment calculé, le candidat est "parfait" au sens d'achevé. En campagne électorale, il fera moins "gendre". Restera ensuite à convaincre le Gotha, mais pourquoi pas, si le corps électoral français le choisit, lui ? Bonaparte y est bien parvenu.

Gabriel Attal se serait lui-aussi remis en ménage, mais ça n'aura pas le même effet sur la ménagère de quarante ans.

Avant de se quitter, je voulais faire un sort à la procédure d'appel visant Nicolas Sarkozy dans l'affaire des fonds libyens de campagne. La notice Wikipédia entre dans les détails (clic) mais il ne s'agit maintenant pas des détails. Il s'agit de l'attitude arrogante du prévenu Sarkozy qui nie tout en bloc et fait porter le chapeau à ses collaborateurs du moment, comme on l'a vu pour Claude Guéant. Sa morgue à nier ce dont tout le monde est convaincu ne cadre pas avec sa pratique du commandement des hommes puisqu'on juge impossible que quoi que ce soit lui bénéficiant puisse avoir été fait à son insu.

Le ministre de l'Intérieur d'abord, le président ensuite, avait l'œil à tout. On l'a vu maintes fois pour des petites choses jusqu'au seuil du ridicule, quand il limoge Dominique Rossi, chef de la Sécurité en Corse, parce qu'il n'a pas su empêcher qu'un groupe nationaliste aille se baigner pacifiquement dans la piscine de Christian Clavier à Porto-Vecchio pour dénoncer la promotion immobilière résidentielle du député de Rocca Serra (clac).
On l'a vu tout au long de son mandat s'occuper de dossiers mineurs, et quand il s'est agi possiblement de cinquante millions, il ne savait rien ; si ce chiffre est exagéré, la manipulation d'espèces en quantité industrielle est avérée jusqu'au coffre géant loué par le préfet Guéant à l'agence BNP Opéra.

Certes le doute profite à l'accusé, mais je ne suis pas sûr que ce déni soit la meilleure défense, surtout de mouiller ceux qui vous ont servi, comme on noie son chien. Qu'il soit bien clair que je n'ai aucune aversion pour l'acquittement de M. Sarkozy si les juges en décident ainsi. Le personnage en lui-même, dans ses travers, son allure et sa vulgarité n'existe plus en vrai. Cet homme ne nous a rien apporté dont il puisse se vanter et ne suscite encore que des reproches. Il devrait s'exiler.


ALSP !



Trouvé ! C'est le grand humoriste juif Tristan Bernard qui disait dans Répliques et bons mots : « c'est Dieu qui a créé le monde, mais c'est le diable qui le fait vivre.»